Deuxième meilleur buteur de l’histoire de la sélection nationale béninoise avec 23 réalisations, Steve Mounié (31 ans), blessé au genou, manquera les débuts des qualifications de la CAN 2027 contre le Burkina Faso et la Mauritanie. Palier l’absence du capitaine – buteur n’est pas aisé car le Bénin n’a remporté aucune des trois dernières rencontres officielles manquées par son taulier. Comment gérer la vie sans lui ?
Si Amir Abdou le sélectionneur comorien du Burkina Faso a mentionné son absence en conférence de presse, Mounié est considéré comme la menace majeure par tous les adversaires du Bénin désormais. L’attaquant d’Augsbourg qui se remet toujours de sa blessure au genou contractée depuis mai dernier est resté en Allemagne. Le numéro 9 est craint et les chiffres parlent pour sa réputation. 23 buts au compteur, deuxième meilleur buteur de l’histoire de la sélection béninoise derrière Stéphane Sèssegnon (24 buts), le record lui est déjà promis malgré ses 31 ans. Promu capitaine en septembre 2023 par Gernot Rohr, le brassard l’a transcendé car depuis qu’il a le bras garni, l’attaquant a planté 9 pions. Personne ne fait mieux sous le maillot national sur cette même période. Pivot de qualité dont le jeu de tête fait l’unanimité même dans la sphère mondiale, il est un finisseur tout aussi redouté même si son style de jeu fait parfois débat. Son efficacité et son poids dans le jeu à la pointe de l’attaque béninoise ne sont plus à prouver. Ce n’est pas pour rien que ses absences sont difficiles à remonter. Les trois derniers matches officiels manqués par Mounié se sont tous conclus par des défaites avec un seul but marqué. Mounié-dépendance ? En novembre 2025, il était déjà absent face au Burkina Faso dans un match amical lourdement perdu 3-0 avant la CAN. L’ancien montpelliérain aurait pu avoir des retrouvailles chargées d’émotions sur la pelouse du stade du 4 août à Ouagadougou où il a fait ses débuts sous le maillot du Bénin en novembre 2015 contre les Étalons. Rendez-vous manqué.
Comment jouer sans Mounié ?
Rohr doit régler un casse-tête tactique sur les deux premières journées des qualifications face au Burkina Faso et la Mauritanie sans son capitaine et fer de lance. La tâche est loin d’être facile mais les options se dessinent aussi pour occuper le poste axial de l’attaque dans son 4-3-3 basique. La première mène à Aiyegun Tosin, le lorientais souvent excentré sur un flanc quand le 9 habituel est présent en sélection nationale, est le candidat logique pour retrouver une position où il évolue régulièrement dans l’Hexagone. A la recherche d’une nouvelle prestation référence depuis des mois avec les Guépards, entre les prestations en demi-teinte où diminué physiquement, il tient une belle fenêtre de tir pour faire mieux que marquer des points mais porter l’attaque béninoise. Une belle occasion à saisir pour se mettre aussi en confiance après un début de saison en berne chez les Merlus. La deuxième option arrive d’Amérique du Nord. Milieu offensif ou ailier de prédilection, utilisé contre toute attente à son arrivée aux USA dans l’axe de l’attaque, Rodolfo Aloko est aussi une alternative. Le joueur de Charlotte a même débuté le match amical contre le Niger en juin dernier dans cette position quand Mounié était déjà forfait. Reste à savoir s’il sera reconduit encore. Enfin, la dernière option se nomme Joseph Ede Oloko, attaquant de surface qui cartonne avec 25 buts en Lettonie. Si le buteur bénino-nigérian est qualifié administrativement dans les délais, on devrait le voir gratter quelques minutes à défaut de bousculer la hiérarchie comme premier choix.
Géraud Viwami
