Champion du Bénin 2025, la saison d’après le titre ressemble au fil des mois à un piège sans fin pour Dadjè Fc. Relégable après 13 journées de Ligue 1, le club d’Aplahoué souffre dans tous les sens du terme. Humilié devant son public ce mardi par Hodio quatre buts à zéro, l’équipe locale en agonie s’est présentée avec douze joueurs et n’a même pas pu terminer la rencontre.L’enfer.
Vice-champion en 2024 derrière Coton. Dadjè est resté sur sa dynamique jusqu’à passer un tour de la Coupe CAF avant de tomber contre les marocains de Berkane , futur vainqueur, au second tour. Au plan local, le club a maintenu la concurrence la saison suivante pour être sacré au bout du suspens en juin 2025 devant Coton qui était triple champion en titre. Un premier titre national historique, bien fêté. Les joueurs ont d’ailleurs touché un prime d’un million de francs CFA dans la foulée. Tout allait bien avant la déluge.
Une préparation bâclée
Sous tutelle de la Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB), la direction du club a changé de main mais elle n’arrive pas à tenir les rênes visiblement. Le club marque le pas dès la reprise l’été dernier. Avant la Ligue des Champions en septembre dernier, l’équipe retrouve le chemin de l’entraînement moins de dix jours avant son entrée en lice. La préparation est bâclée, les conditions de voyage pour les matches Africains ne sont pas réunies, résultat : Une élimination précoce au premier tour contre les libyens d’Al Ahli Tripoli (0-0, 1-0). Puis, le quotidien se durcit au fil des semaines dans les affaires domestiques en attendant le championnat. Les primes de signatures des nouvelles recrues sont bloquées, les salaires prennent du retard à tomber. Le dernier paiement date de septembre 2025. Depuis, plus rien n’a été payé. Le chaos financier tend l’atmosphère à tous les étages dans le club. Les joueurs sont désabusés et lancent l’alerte. Les supporters du club prouvent leur attachement en faisant parvenir une cagnotte cotisée pour donner un coup de main mais cet élan de solidarité ne suffira pas.
Koné s’en va , tout s’écroule
Les mois passent mais la direction est toujours limitée financièrement au point de proposer officiellement via un courrier officiel adressé aux joueurs une réduction de trente-cinq pour cent sur leurs émoluments en novembre dernier. Une requête rejetée par le groupe. L’effectif commence par se vider. Les joueurs étrangers sont les premiers à lever le camp face aux impayées et à la galère qui se prolongeait. Selon plusieurs sources, le club voyage dans des conditions difficiles pour les matches à l’extérieur. Se déplacer même du camp de base au terrain d’Aplahoué pour les séances d’entraînement devenait « dur ». Dans un élan de survie après les départs prématurés. Le coach Yaya Koné, artisan du premier titre et qui arrivait à motiver son groupe malgré toutes les difficultés craque à son tour. Le technicien ivoirien pose sa démission en fin novembre dernier. Tout va s’écrouler. L’équipe est confiée au fidèle adjoint Patrick Agbéninou mais le navire tangue sérieusement. En déplacement à Banikoara pour la 12e journée contre Bani Gansé, le club s’est déplacé avec un effectif réduit de seize joueurs dont treize joueurs de champ le 14 décembre 2025.La pause imposée par la participation du Bénin à la CAN Maroc 2025 n’offre pas de répit au club. Les problèmes sont intactes. Ce mardi à la reprise, pour la réception de Hodio, le champion en titre a présenté un effectif amoindri de dix joueurs dont deux gardiens pour son match de la 13e journée. L’équipe alignée au coup d’envoi était composée de dix joueurs. Incroyable. Mené quatre buts à zéro au bout de 78 minutes de jeu, l’arbitre arrête le match avant la fin. L’humiliation était totale. Sportivement le club a coulé avec sept défaites en treize matches, dix-septième sur dix-huit. Comment le modèle de gestion du club a-t-il pu s’effondrer entre deux saisons sans reprise en mains ? C’est la question que tous les supporters et observateurs se posent, sinon c’est l’enfer à Aplahoué.
Géraud Viwami