Sans aucune contestation c’est une icône nationale et son parcours est aussi respecté à l’échelle internationale. Stéphane Sèssegnon a marqué de son empreinte le football béninois au-delà de nos frontières.Au micro ce notre confère Hermann Amegan de la télévision nationale, à 42 piges , il a annoncé sa retraite cette semaine. Recordman du nombre de buts en sélection du Bénin, 24 réalisations, trois phases finale de Can disputées, l’ancien capitaine des Ecureuils devenus Guépards parti de la terre battue des Requins de l’Atlantique a brillé en France et Angleterre à son prime. Personne n’oubliera son mythique numéro 17 avec le Bénin. On a retracé sa carrière en dix points marquants comme le meneur qu’il était. Au revoir, la légende. Préparez vos mouchoirs.
1- A Créteil, comme un diamant brut
Après avoir traumatisé les adversaires par ses coups de reins dans les rues d’Abidjan en étant adolescent, surnommé « Diego Pourri », il explose dans le championnat béninois sous le maillot des Requins au début des années 2000. Attraction et chouchou des supporters Awissi-Wassa à Cotonou, il passe vite le cap en signant son premier contrat professionnel en France à Créteil en Ligue 2 le 1er juillet 2004. Il profite du projet de jumelage entre la ville de Cotonou et celle du 94 en France. Son premier match officiel en pro était contre Reims et le 24 était son premier numéro de maillot. Les débuts de celui qu’on appelait déjà le Diamant Noir.
2-Explosion au MUC 72
Auteur de 10 buts en 68 apparitions chez les cristoliens, le milieu offensif commence à se faire un nom dans l’Hexagone qui ne laisse pas les clubs de l’élite insensibles. Lemans, pensionnaire de Ligue 1 le recrute en juillet 2006. Sèssegnon qui n’avait que 22 ans prend son modeste numéro 28 pour se fondre dans la masse dans un effectif où il y avait les ivoiriens connus comme Gervinho, Romaric Ndri et le brésilien Tulio de Melo. Sous les ordres de Rudi Garcia puis Frédéric Hantz, en deux saisons il affole toute la France en 70 apparitions pour 6 buts et 9 passes décisives. Il est devenu une certitude voulue par tous.

3-Le rêve parisien
A l’été 2008, Sèssegnon devient la première recrue du PSG sur ce mercato estival mais il a fallu qu’il tienne tête à Henri Legarda le président manceau de l’époque pour rallier la capitale dans un transfert estimé à 8 millions d’euros. Record béninois en ce moment. Il était déjà suivi à cette époque par les clubs anglais comme Arsenal et Newcastle. A 24 ans, il était le joueur béninois le plus cher de l’histoire. A Paris, il sera présenté avec le numéro 10 légendaire arboré précédemment par les brésiliens Rai et Ronaldinho ou encore le nigérian Jay Jay Okocha. Le béninois débarque dans un vestiaire de prestige entouré des internationaux français, Claude Makélélé, Mickael Landreau et Ludovic Guily.

4-La période dorée
A Paris, Sèssegnon éclabousse la Ligue 1 de son talent, utilisé dans un couloir comme ailier, il terrorise avec sa puissance et ses dribbles. Sa force technique enchante les supporters parisiens, sous Paul Le Guen sa première saison est une franche réussite. Il voit son contrat prolonger d’une saison avec une revalorisation salariale à la clé. Le béninois est nommé aux Trophées UNFP pour le titre de meilleur joueur de la saison 2008-2009 aux cotés des français Yohan Gourcuff, vainqueur, André-Pierre Gignac et du brésilien Michel Bastos. Sèssegnon figure dans l’équipe type de la saison 2009. Unique béninois de l’histoire à signer cette performance. L’année suivante, il remporte la coupe de France en 2010, son unique trophée avec le club francilien. Tout allait si bien dans la capitale.

5-Le clash et le départ hivernal
En 2009-2010, Sèssegnon ne savait pas encore qu’il n’irait pas au bout de l’exercice avec le PSG où il était encore sous contrat. Une altercation avec son entraîneur Antoine Kombouaré précipite son départ de l’autre côté de la Manche à la mi-saison. Alors qu’il figurait sur les tablettes de Chelsea, dans un contexte de transfert sous fond de tension il sera transféré à Sunderland en janvier 2011 contre un chèque de 7 millions d’euros. Après 11 buts, 19 passes décisives en 105 apparitions il quitte le PSG, six mois avant l’arrivée des qataris. Il ouvre sa parenthèse anglaise.
6-Black Cat and Little Drogba
En rejoignant , les Black Cats à 26 ans pour un bail de trois ans et demi en 2011 , Sèssegnon devient le premier béninois à évoluer en Premier League. Les anglais découvrent et sont sous le charme du génie béninois qui sera régulièrement utilisé dans un rôle d’attaquant axial avec son numéro 28. Le béninois croise le chemin du milieu anglais Jordan Henderson et l’attaquant ghanéen Gyan Asamoah comme coéquipiers à l’époque . Son coach, Steve Bruce l’avait même surnommé Little Drogba à cause de sa polyvalence sur le front de l’attaque. Après trois saisons et demie avec 97 matches pour 18 buts et 17 passes décisives, Sèssegnon à 29 ans est vendu à West Brownwich, toujours en Premiere League pour environ 6 millions d’euros dans les dernières heures du mercato, le 2 septembre 2013. Il partage le vestiaire avec l’attaquant français Nicolas Anelka notamment. Il passe trois saisons remplies chez les West Midlands : 98 matches, 8 buts et 6 passes décisives. Fin de la parenthèse anglaise.

7-Les aventures de fin
En septembre 2016, il était encore sans club quand son ancien mentor Hantz en poste à Montpellier lui offre un retour en Ligue 1 française. A 32 ans, il enchaîne deux saisons en Hérault. Ensuite, il tente l’aventure turc à Genclerbirligi entre 2018 et 2020 en ayant connu la première et la deuxième division. Au club, il découvre un jeune nommé Arda Guler qui se relèvera quelques années plus tard aux yeux du monde entier. Après quasiment deux années d’inactivité suite à son départ de la Turquie, il refoule les pelouses pour une aventure inattendue est sous les couleurs de Sirens Fc à Malte en 2022 pour disputer les 21 ultimes matches de sa carrière. Sa dernière danse à 37 ans.
8-Arrivé comme une promesse et reparti avec des records
Alors qu’il portait encore les couleurs de Requins Fc dans le championnat local, Sèssegnon effectue ses débuts en match officiel avec le maillot de la sélection béninoise en 2004. Il arbore d’entrée son numéro 17 qui ne quittera plus son dos pendant 19 ans sur la scène internationale avant son dernier en septembre 2023 à Maputo contre le Mozambique. Il détient le record du nombre de sélection 89 capes et du meilleur buteur avec 24 buts.

Capitaine et Légende nationale
En septembre 2010, Sèssegnon est promu capitaine de l’équipe nationale par le sélectionneur Jean-Marc Nobio. Pendant treize années, il assume son rôle de leader sur le terrain et en dehors. En compagnie de Khaled Adénon, c’est le seul joueur du Bénin à avoir disputé trois phases finale de Can, 2008, 2010 et 2019. Une longevité et un parcours qui mérite du respect car il n’a jamais failli avec le maillot de la sélection béninoise. Dans la tourment comme dans les moments décisifs, il a toujours su porter son pays malgré les critiques. Ce n’est pas qu’un simple joueur qui part à la retraite , c’est une légende et un modèle à suivre.
10- Pour le plasir , pour la route
On a gardé le meilleur pour la fin, il est impossible d’évoquer la carrière de Sèssegnon sans penser à ses gris-gris. On a sorti un top 3 pour vous. Regalez-vous. Tu vas nous manquer , Capi !
En match amical de pré-saison face au Sporting du Portugal, Sèssegnon sur cet enchaînement enrhume son adversaire qui blesse malheureusement sur l’action. Point faible ? Trop fort
En coupe de la Ligue contre Lens, Sèssegnon fait parler sa magie entre trois adversaires en inventant un dribble jamais vu. Point faible? Trop fort !
Dans un stade Général Mathieu Kérékou plein à craquer, Sèssegnon a sorti l’une des passes décisives les plus mémorables de l’histoire du football béninois pour le but de la victoire 1-0 contre l’Algérie à Cotonou. Point faible? Trop fort !
Géraud Viwami