A 27 ans, il dispute sa première CAN dans la peau du gardien numéro Un des Guépards, titulaire contre le Botswana et le Sénégal au premier tour après son retour de suspension, c’est un joueur-clé de l’effectif du haut de ses 22 capes, 9 clean sheet et une passe décisive à son actif, Marcel Dandjinou, le dernier rempart de Kruger United (Afrique du Sud) parle de ce premier tournoi majeur de sa carrière. Alors que, le Bénin s’apprête à disputer les huitièmes de finale face à l’Egypte le 5 janvier prochain, il a donné son avis sur les Pharaons, le tournoi, son nouveau rôle et les ambitions de l’équipe. Entretien.
En arrivant, en huitièmes de finale le Bénin a déjà fait le plus dur ?
« Je ne pense pas. En 2019, le Bénin était déjà en quarts de finale, le plus important c’est d’aller encore plus loin que ça. On ne peut pas dire qu’on déjà fait plus dur en atteignant les huitièmes. Il faut avoir un peu d’ambitions aussi. «
Perdre 3-0 contre le Sénégal avec des buts « évitables », ça un peu beaucoup pour un gardien…
« Jouer contre le Sénégal, qui est une grosse nation de foot, il fallait rester costaud, ne pas commettre des erreurs. Malheureusement ce n’était pas le cas. On a pris des buts qu’on pouvait éviter. Avec le travail du staff et une prise de conscience collective, on va faire mieux face à ce type d’adversaire parce qu’ils n’ont pas besoin qu’on leur fasse des cadeaux pour faire la différence.«
C’est votre première CAN avec un début parfait contre le Botswana lors de la deuxième journée avec un clean sheet et une première victoire historique…
« Pour un gardien de but, c’est toujours bien de faire des clean sheet. Je l’ai eu et la victoire a suivi aussi. C’est important pour la confiance dans ce genre de tournoi. C’était mon premier match et on arrive à gagner ce qui n’était jamais arrivé. C’est quelque chose de spéciale. »

Vous êtes le numéro Un dans les buts de la sélection béninoise depuis presque deux ans, porter ce rôle change beaucoup de chose pour vous au sein de l’équipe?
« Forcément ça change, les regards déjà. Tu sais que tu vas jouer avec tout le soutien du groupe. Sur le terrain, il faut communiquer avec sa défense, avec de la rigueur, créer les liens pour bien défendre ensemble. C’est une nouvelle manière de voir aussi l’équipe jouer. Tu dois inspirer de la confiance à tes coéquipiers. Il y a de la pression parce que c’est beaucoup de responsabilités, je me suis adapté et j’essaye de progresser à chaque match pour assumer. »
Partir de l’UNB et ESAE et finir par disputer une CAN, c’est un bel accomplissement…
« On peut le dire parce qu’honnêtement en faisant ce parcours, si on m’avait dit que j’allais jouer une CAN pour mon pays et être dans les buts, j’allais accepter sans regarder derrière. C’est un travail de longues années qui se concrétisent par ce moment. Il y a encore certainement des choses à faire derrière, pourquoi pas ? Pour l’instant je savoure et je profite pour remercier tous ceux qui ont contribué à mon évolution jusqu’ici, c’est aussi le fruit de leurs efforts. »
A l’issue de ce premier tour, comment jugez-vous, le niveau du tournoi, l’ambiance et les équipes ?
« Le niveau est vraiment élevé, il ne faut pas se mentir. On l’a vu de près en jouant contre le Sénégal, il y a quelques jours. C’est un grand tournoi, quand tu joues contre Sadio Mané qui a été Top 3 du Ballon d’Or. Il y a de très bonnes équipes, comme le Maroc qui joue à domicile, on a vu hier aussi la Côte d’ivoire championne en titre avec un joueur extraordinaire comme Amad Diallo. La CAN c’est vraiment le top. »
En huitièmes de finale ce sera l’Egypte, favorite, comment on part sur ce genre de rencontre?
« On sait que sur le papier, ils sont favoris. C’est à nous de faire ce match avec beaucoup d’engagement et de détermination, d’envie de faire de bonnes choses dans ce match. On connait l’objectif : c’est jouer pour faire les quarts de finale. Avec le mental et la force qu’on va mettre dans ce match en terme d’impact, nous pourrons le faire. «
Premier jour de l’année 2026, vos voeux pour nos lecteurs et nos fans…
« Je leur souhaite une bonne année et le plus important la santé. Que Dieu nous garde. Ciao. »
Entretien réalisé par Géraud Viwami à Rabat (Maroc)