Sélection nationale de Football : Amoros, un grand nom face à un grand chantier

 

Il a signé mercredi pour deux ans et pour lui, une nouvelle aventure démarre. Va-t-il créer une nouvelle dynamique ? Sûrement. Mais face à deux compétitions imminentes et avec une génération à bout de course, le technicien français va-t-il faire du neuf avec du vieux, ou bien va-t-il bâtir pour l’avenir ?

Aubay

Il est un grand nom du football français des années 1980-90, mais il n’est pas un grand sélectionneur. A la limite, le nom du Bénin a plus de côte dans le monde du football que le sien. Autant en 2008, Michel Dussuyer a été précédé de son palmarès de sélectionneur de la Guinée ayant disputé un quart de finale, autant Amoros reste un débutant en la matière. Il n’en est pas moins compétent. Mais face aux enjeux qui l’attendent et attendent notre football, les délais seront courts, très courts. Le premier élément important reste la passation de pouvoir, la transmission de la base de données sur le foot béninois.

 

Quels joueurs pour quelle sélection ?

Le terrain est vierge. Comme toujours. Au niveau de la fédération béninoise de football, en l’absence de toute direction technique, on a du mal à transmettre les bonnes listes aux nouveaux sélectionneurs. Les statistiques sur les temps de jeu des joueurs et les postes où ils jouent n’existent presque pas. Voilà le premier chantier qui attend Manuel Amoros. Connaître les joueurs. Au moment où la génération Ogunbiyi arrive au bout du rouleau, le défi est grand. Dans nombre de pays, on regarde vers l’avenir, mais au Bénin, on regarde encore trop en arrière pour espérer passer à autre chose que la génération 2004-2008. Et pourtant, il va bien falloir reconnaître que le temps fait son œuvre et que cette génération peut être d’un apport trop limité, bien loin des prestations de 2004, 2008 et 2010. Les joueurs sont en majorité en fin de parcours et devraient être remerciés, si le but est de construire sur 5 ans la sélection qui nous offrira de plus grandes victoires. Dans cette logique, les joueurs du championnat actuel constituent la réponse, et avec eux, les quelques talents qui sortent des centres de formation, du projet brésilien et de la diaspora. Le choix de la patience, contrairement à celui de la précipitation. La sélection béninoise, en épuisant la génération Ogunbiyi sur 3 coupes d’Afrique de nations est à un tournant important de son histoire. Amoros n’est pas gâté, mais on va lui demander de gagner ! Le système a broyé une vingtaine de sélectionneurs en 10 ans, et Amoros devra faire avec.

 

Le poids du système

Gagner. Obtenir coûte que coûte une qualification pour la Can 2013. C’est ambitieux et noble. Mais à quel prix ? Les budgets vont encore s’alourdir cette année avec les 4 matches prévus pour les qualifications expresses pour Afrique du Sud 2013. Sans la boussole qui devrait être la direction technique nationale, le ministère des sports ne peut que s’engouffrer dans la brèche ouverte depuis 10 ans par le système en place : construire notre football par le sommet. Ainsi, le recrutement de Manuel Amoros devient une affaire d’Etat, et les budgets suivront certainement, pour au bout du rouleau aboutir à l’enrichissement d’un système aux ambitions limitées.

 

 

Auteur : Rolland

journaliste sportif...

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