20 décembre 2010 – 20 décembre 2011 : Le point après une année de crise

 

 

Le Dahomey a connu son 1er août 1960 et son 26 octobre 1972, le Bénin son 28 février 1990. Le football béninois a connu son 20 décembre 2010. Tout semblait pourtant bien parti entre le controversé Moucharafou Anjorin et le généreux Sébastien Ajavon. Le 20 décembre 2010, ce dernier démissionne avec 12 autres membres. Depuis, une année est passée.

Aubay

C’est dans un hôtel de luxe qu’a commencé le séisme du 20 décembre 2011. 12 membres de la fédération ont démissionné. Tant et tant d’événements se sont enchaînés. Entre équilibre et déséquilibre, les forces se sont neutralisées pour mieux nuire à un football déjà bien mal classé.

 

Moucharafou Anjorin : 30% du temps de crise passé en prison

Dans ce bras de fer engagé avec ses anciens alliés, Moucharafou Anjorin a laissé des plumes et sur plusieurs ailes. Deux mois seulement après le début de la crise, le président de la fédération a commencé à faire des allers-retours entre la brigade économique et financière et la gestion quotidienne du football. On sentait bien le vent tourner, les choses se compliquer. Mis dans une situation inconfortable et en attendant la décision du Tas sans cesse reportée, Moucharafou Anjorin a fini par craquer face au juge Opinta, malgré ses appuis çà et là. L’affaire Mtn a eu raison du président de la fédération qui deviendra l’hôte de marque de la prison civile de Cotonou durant plus de 4 mois. Ce fut une rude expérience pour lui, certainement, mais aussi pour le monde du football laissé sans vrai patron. On n’est jamais le même homme avant et après la prison. On rebondit, mais quelque chose change toujours malgré les apparences…

 

 

L’autre Fifa : un mythe est tombé

Sur le plan institutionnel, la Fifa a dû se mouiller jusqu’au bout, sans boire la tasse devant le redouté Tas (tribunal arbitral du sport), la grande institution a fini par désavouer ses propres lettres tant déifiées en Afrique. Un mythe est tombé, par la faute d’un « ami » qui s’est fait piéger et infiltrer par un lobby assez puissant. Sébastien Ajavon et ses alliés ont réussi à démontrer qu’en  réalité la Fifa (des couloirs, et des réseaux) ne peut que faire des suggestions dans les cas des crises internes. Cette seule leçon vaut bien mieux que toutes les belles paroles dites et écrites sur cette crise.

 

 

Sébastien Ajavon : Qu’a-t-il perdu ?

C’est difficile de gagner quoi que ce soit dans une crise. On y perd toujours. Certains un peu plus que d’autres. En décidant de quitter la tête de la Ligue du football professionnel et ce monde « pourri où on salit votre nom chaque jour », Sébastien Ajavon espérait prendre de la hauteur. Mais quand on fréquente la pourriture, elle laisse des traces sur vous. Son image en souffert de cette crise. Ses adversaires essayant de le faire passer pour un « milliardaire arrogant ». Mais dans la réalité des choses, c’est peut-être à lui que l’histoire va donner raison. Il a osé démissionner pour rendre public le malaise qui couvait, il a fermé son centre de formation pour montrer qu’on peut savoir s’arrêter quand les issues sont bloquées. On peut passer de longues heures à en débattre, au finish, ni vous ni moi n’avons versé un copeck au Cifas. Cette décision peut faire mal, mais elle devrait surtout interpeller chacun de nous sur l’environnement structurel de notre football.

Enfin, Sébastien Ajavon dans ce football-là, a perdu beaucoup d’argent. Mais faut-il plaindre ce redoutable homme d’affaires qui sait que la roue peut tourner ? Seuls ceux qui dépendaient de sa générosité peuvent aujourd’hui avoir des soucis ? Ajavon a perdu cette année le foot, le foot a perdu Ajavon. Le grand perdant, à votre avis, ce serait qui ? Tout le football en pâtit et c’est une évidence. Sans se voiler la face.

 

 

La sélection en lambeaux…

Ils ont pris une raclée 2-6 devant la Côte d’Ivoire sans pouvoir réagir. Ils ont connu la honte et ensuite l’humiliation face au Rwanda à Porto-Novo 0-1. Honnêtement, on a touché le fond ! Ceci est tellement intime, tellement blessant qu’aucune autorité n’a osé aborder ces sujets-là en public. A la face du monde, on a été atteint dans notre moral de fan de foot, de supporters fiers de leur équipe nationale. Et après 3 coupes des nations disputées sur les 4 dernières, on méritait mieux. Et nous voici là maintenant à la croisée des chemins. Peu à peu, la belle génération s’est éteinte de 2004 à 2011. On a rien préparé, et la pilule semble bien amère. 2011 a été très sombre pour notre football, car la crise n’a rien arrangé.

 

Le championnat sans un monstre sacré nommé Requins Fc

C’est le plus grand échec de l’année dans la résolution de la crise des clubs. En essayant d’arracher les clubs à leurs propriétaires, on a ouvert la route à d’autres problèmes. Les Requins à deux semaines du début de saison se demandaient encore à qui appartenait le club où Sessègnon s’est révélé ! C’est si idiot et absurde que personne ne devrait se montrer fier de ce genre de situations. Le temps une fois perdu, le club a évidemment refusé de s’engager dans le championnat tout comme les Mambas Noirs. La malédiction semble poursuivre notre football, malgré la « disponibilité du président de la Fédération sorti de prison une semaine avant les 365 jours de crise !

 

Auteur : Rolland

journaliste sportif...

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