Football : Les dessous d’un système générateur d’échecs et de semi-victoires

 

 

 

Allons-nous continuer à soutenir un système qui a ruiné notre pays financièrement pendant les 10 dernières années, et qui salit depuis quelques mois notre image ? Allons-nous continuer à soutenir des hommes, des pions, aux détriments d’une organisation mieux réfléchie ?

 

Aubay

Ils ont dépensés 277 millions de francs Cfa pour aller à Accra en mars, et en octobre, les caisses sont si vides que l’équipe n’est internée à l’hôtel que la semaine du match ! Dites-nous que vous avez toujours raison…et vous dira aujourd’hui que la prison n’est même pas là où tous les acteurs de ce système doivent crécher, mais l’asile ! Depuis dix ans, l’équipe nationale n’a pas de base. Du défunt hôtel de la plage à la récente Atlantic Beach hôtel, en passant par le défunt hôtel Croix du sud, le sun beach hôtel, le Plm Alédjo, ou encore le Sheraton, ils ont fait le tour, entre quête effrénée de ristournes et querelles intestines pour choisir les hôtels hébergeurs. Combien a-t-on dépensé dans des hôtels ? Cet argent, croyez-moi, peut servir à en construire au moins deux ! Et quand en début de semaine on demande à un responsable de proposer un hôtel sur Porto-Novo, il produit un devis plus élevé que tous les hôtels de meilleurs standings de Cotonou ne pouvaient en proposer ! Résultat des courses : l’équipe vit à Cotonou, s’entraîne à Porto-Novo. Ce qu’il faut relever à ce stade est que malgré les motards accélérateurs de trajets, le nombre de kilomètres parcourus restent le même ! Les Ecureuils qui évoluent à domicile font ainsi du mardi au dimanche quelques 80 kilomètres par jour pour s’entraîner ! C’est du jamais vu. La faute à qui ? A personne évidemment ! Vous cherchez une solution ? Donnez d’abord à l’équipe un hôtel précis avec un terrain d’entraînement juste à côté. Et après, on pourra dire que nous sommes une nation de foot. Voilà qui réduirait les budgets et bien d’autres choses.

 

Drapeau salit, moral en berne

Le bilan de ces éliminatoires n’est pas juste une catastrophe, mais un séisme dont l’onde de choc devrait toucher chacun et tous y compris le premier des béninois, l’élu légitime du peuple. L’image est salie, le drapeau par terre et l’honneur est bien atteint tout comme le moral. A-t-on déjà essayé, à travers l’Insae (institut national des stats, pour faire court) de faire une étude sur le moral des béninois quand les Ecureuils gagnent ? Ce serait une façon de quantifier l’investissement public et les retombées positives sur le contribuable. Pas une seule victoire à domicile en 3 matches face à des équipes qui au classement Fifa sont bien loin de nous et qui n’ont qu’une participation à la Can dans leur palmarès. L’expérience acquise depuis 10 ans n’a pas été capitalisée, parce que la cupidité et l’absence de vision de ceux qui gèrent notre football sont flagrantes.

 

La valse des sélectionneurs : une instabilité qui rappelle la période des coups d’Etat

On a fait une liste non exhaustive des hôtels, voulez-vous savoir combien de sélectionneurs notre football a consommé en 1 an ? Trois. Chacun avec une vision différente du football. Avions-nous jamais atteint une croissance économique de 5% pendant la période d’avant 1972 où les coups d’Etat s’enchaînaient à longueur d’années ? Je pense que non. Alors, comment pouvons-nous croire qu’en changeant de sélectionneurs aussi rapidement, on puisse accroître nos performances sportives ? Nous utilisons ce parallèle avec les coups d’Etat pour que ceux qui ne sont pas fans ou experts de foot comprennent mieux. Et il en est autant des joueurs. Le Bénin doit en avoir utilisé une bonne quarantaine durant les éliminatoires. Le noyau est inexistant. Beaucoup de personnes auraient aimé qu’on s’attarde sur les joueurs, le sélectionneur quasiment sans adjoint crédible. Trop loin des réalités comme Oumar Tchomogo qui ne vit pas au Bénin, ou encore inexpérimenté comme Alohoutadé. On n’a pas eu de staff. Et puis, pourquoi tirer sur une ambulance au lieu de préparer la salle d’urgence et panser les plaies ? Déverser sa bile ne sert à rien, et c’est bien pourquoi après ce genre de match, il nous est difficile d’écrire un article, sans au moins 24 heures de recul ! Sinon on vitriolerait tout le monde, par excès de passion.

 

Des hommes, des pions et pas d’organisation

Monsieur Anjorin est présumé innocent. Mais il est en prison. Malgré cela, personne ne veut lui faire comprendre que sa situation est délicate et que dans les pays qui se respectent on devrait le prier de partir, quitte à revenir plus tard. Non, on veut le maintenir et créer un système à deux vitesses. En taillant pour ses adversaires un nouveau costume. Tout ça pour plaire à des hommes et non pour faire avancer notre football avec une organisation précise. Alors, on a des pions et pas d’organisation. Et ce comportement du politique reflète les pratiques dans les arcanes de la sélection depuis des années. Pas de championnat de football. Résultat, chaque responsable de la fédération vient avec les noms des sélectionnables en promettant l’enfer au sélectionneur. Il vaut mieux en rire pour ne pas choper un infarctus.

Et ensuite, certaines personnes ont cru utile de déclencher des polémiques sur la non-sélection de leurs stars préférées : Ogunbiyi et Omotoyossi. Ces deux joueurs sont talentueux, nous sommes mêmes fans ! Le premier est sur la fin de carrière, le second change de clubs comme il change de chaussures, faut de bons conseillers. Les parrains de ces deux joueurs déclenchent des cyclones, vicient l’atmosphère pour le sélectionneur quand à chaque fois qu’ils ne sont pas en sélection. Et quand ils y sont, ils deviennent les « cas » à gérer par le sélectionneur. Talentueux et capricieux, ils sont des pions utilisés par des personnes lorsque cela arrange ou non. Tout ceci parce que durant 10 ans de gestion, ces parrains-là n’ont pas compris que des centres de formation et de bons championnats auraient produit 4 Ogunbiyi et Omotoyossi plus disciplinés !

Voilà qui nous ramène à nos vraies réalités. Et nous renvoie à d’autres modèles. Sommes-nous prêts à devenir plus mature ? Une chose est sure, dans 9 mois, une autre aventure recommence, et tant que le ver serait dans le fruit, rien de bon ne sera tiré de notre foot. Le dire, c’est être réaliste, pas pessimiste. Ceci vaut pour nous tous, pas juste pour un ministre des sports sur la tête duquel tout tombe sans qu’il ne sache vraiment d’où ça vient.

Aubay

 

 

 

 

 

Auteur : Rolland

journaliste sportif...

1 pensée sur “Football : Les dessous d’un système générateur d’échecs et de semi-victoires”

  1. Diagnostic complet et révélateur de nos tares! seulement, je voudrais ajouter que l’actuel ministre et complice de tout ce qui nous arrive, tant son discours est en contradiction avec ses actes, c’est dommage!

    Papa Yan

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