David Kiki (32 ans) du FC Voluntari n’a jamais caché son attachement à ses origines à travers le Kiki Football Challenge, l’arrière gauche double champion de Roumanie aux 52 capes avec la sélection béninoise et deux CAN disputées est la tête pensante d’un tournoi de football qui devient un rendez-vous immanquable à Missérété dont la deuxième édition s’est achevée, il y a quelques jours, nous parle de ses ambitions pour la formation, le football de jeunes au Bénin et mieux encore. Entretien sans filtre.
Vous avez décidé d’offrir un moment spécial à votre communauté avec un tournoi, d’où est partie cette idée ?
L’idée du Kiki Football Challenge est partie d’une volonté simple : offrir un moment spécial à notre communauté et à la jeunesse de Missérété. Je voulais créer un événement qui rassemble toutes les générations autour du football, mais aussi créer de la joie, du spectacle et un véritable esprit de communauté. C’est ainsi qu’est née l’idée du Kiki Football Challenge.
Alors parlez-nous de ce tournoi en détails…
Le tournoi est composé avec 16 équipes issues de tous les arrondissements de la commune de Missérété . L’objectif est de promouvoir le football local et de donner de la visibilité aux jeunes talents.
Lors de la première édition, j’avais offert des maillots et des ballons aux 16 équipes. Pour cette deuxième édition, nous avons continué dans cet esprit avec des enveloppes financières aussi pour soutenir.

Quels sont vos objectifs sur le moyen terme avec une telle organisation ?
À moyen terme, mon objectif est de faire grandir le tournoi, d’attirer davantage d’équipes et de partenaires, surtout de donner encore plus de visibilité aux jeunes talents. Je souhaite aussi que ce tournoi devienne un rendez-vous sportif important et durable à Missérété.
« J’ai quitté le Bénin assez jeune pour poursuivre mon rêve, mais depuis que je suis parti, je n’ai jamais oublié d’où je viens«

Vous êtes un produit de France football Benin académie est-ce une manière de préparer le terrain pour aboutir sur un vrai projet de formation ?
Pour l’instant, mon objectif est surtout de permettre aux jeunes de s’épanouir, de montrer leur talent et, pourquoi pas, de se faire repérer pendant les vacances grâce au tournoi. Pour la suite, on verra progressivement.
Vous êtes partie assez tôt du Benin , pensez-vous investir dans la durée dans le football local à l’issue de votre carrière?
Oui, bien sûr. J’ai quitté le Bénin assez jeune pour poursuivre mon rêve, mais depuis que je suis parti, je n’ai jamais oublié d’où je viens. J’ai toujours essayé d’apporter mon aide dans différents domaines, parfois sans forcément le montrer. Et j’aimerais continuer à redonner à mon pays à travers le football et aider les jeunes à leur tour.
Il y a un nouveau bureau à la tête de la FBF, vous avez vu des jeunes passés en sélection et vous avez connu le haut niveau quels sont les axes à travailler sur la formation béninoise ?
Je pense qu’il faut surtout renforcer la formation dès le plus jeune âge, comme ils ont commencé à le faire avec les jeunes à Missérété et avec le centre qu’ils construisent à Lokossa. Mais il faut aussi renforcer le travail avec les clubs de première division. Après plusieurs années au haut niveau, je peux dire que la détection ne suffit pas : il faut un véritable encadrement, une bonne préparation physique et mentale, et surtout un accompagnement régulier. Il faut donner aux jeunes les moyens de progresser et de se confronter progressivement aux exigences du haut niveau pour pouvoir, demain, intégrer nos sélections nationales.
« Aux jeunes, je dirais de travailler, le talent seul ne suffit pas d’être disciplinés, patients et surtout de ne pas se comparer aux autres«
Selon vous à l’état brut quels sont les trois plus gros talents béninois que vous avez croisé dans votre carrière de près ou de loin ??
Je dirai David Djigla, Chabel Gomez et Stéphane Sessegnon je le voyais comme celui qui allait nous ramener un ballon d’or africain. Mais Djigla pour moi il avait toutes les qualités pour évoluer au très haut niveau. Gomez avait un truc spécial je le voyais faire une meilleure carrière
Que faut-il à un jeune béninois qui part de son cocon natal comme toi qui veut réussir au foot ?
Je sais ce que ça représente de quitter sa famille, son confort et ses repères pour aller chercher sa chance. Aux jeunes, je dirais de travailler, le talent seul ne suffit pas d’être disciplinés, patients et surtout de ne pas se comparer aux autres. Certains vont réussir rapidement, d’autres vont devoir attendre et travailler davantage, mais il ne faut jamais envier le parcours de quelqu’un. Chacun a son chemin. Moi, j’ai connu des moments difficiles très difficiles que j’ai pas envie de dire , mais j’ai continué à croire en moi et à travailler. La discipline, c’est ce qui te permet de rester concentré quand personne ne te regarde. C’est ça que je veux transmettre aux jeunes : ne jamais abandonner son rêve.
Un dernier mot sur votre changement de club cet été après des derniers mois difficiles à Bucarest
J’ai connu des moments difficiles au FCSB, notamment avec le manque de temps de jeu, et cela ma coûté beaucoup mais j’en ai tiré des leçons. Aujourd’hui, je vois ce changement comme un nouveau départ, avec l’envie de retrouver du plaisir sur le terrain et de montrer que j’ai encore beaucoup à donner.
Entretien réalisé par Géraud Viwami
