Football/Dissolution puis réhabilitation des Ecureuils : Agir d’abord, réfléchir après : quel désastre !

 

Tant d’énergies dépensées, de passions déchaînées pour en arriver à quoi ? A un revirement de 180 degrés. Les plus hauts responsables de la fédération béninoise de football se sont ravisés, moins de 3 mois après leur surprenante décision de  dissoudre l’équipe nationale du Bénin en plein progrès malgré les mauvais résultats de la Can Angola 2010. La fédération est ainsi entrée à reculons dans le Guinness des records, ou presque. Après la fameuse annonce internet pour rechercher des footballeurs à la veille de la Can 2008, la fédération béninoise de football n’arrive toujours pas à sortir de l’ornière et à faire des choix clairvoyants sur le nettoyage de l’écurie, surtout au sommet. Et le temps presse !

On a eu honte, franchement en lisant la presse étrangère. Même des personnes qui ne connaissent rien au foot en Europe ont essayé d’en savoir plus sur cet événement inédit. C’est vrai qu’on dit souvent que le Bénin est le laboratoire de la démocratie, mais de là à être le laboratoire du piétinement et des décisions d’humeur…Il y a quelque inquiétude  à avoir sur l’avenir du football béninois sur l’échiquier international. Pour les plus sceptiques, c’est la pire des gestions du football de haut niveau !

Et voilà. On en était aux excuses, à faire le point de ceux qui avaient signé ou pas. On devrait être finalement à 9 joueurs sur 23. Mais depuis samedi, cette étape est du passé. On est bien fixés. Tous ceux qui seront sélectionnés parmi les 23 ex-bannis pourront rejouer en sélection. Sans aucun rituel spécial. Alors comment a-t-on pu prendre une telle décision, sachant qu’on ne peut gérer les meilleurs et les plus expérimentés par des humeurs  et que les bons joueurs ne se ramasse pas à la pelle au sein des clubs de football béninois, qui commencent à peine à renouer lentement avec ce que c’est qu’un vrai championnat national, lieu de construction des talents nationaux ? Qui a décidé de distraire les béninois à ce point ? Pourquoi avoir attendu le temps d’une crise de lèse majesté des joueurs contre leurs dirigeants pour suspendre une équipe construite pendant des années avec des milliards des contribuables, pourquoi avoir été pendant des années sourds aux critiques objectives sur la façon dont les Ecureuils ont été toujours confectionnés avec des naturalisés –accusés de manquer de patriotisme- pour décider d’autorité de jeter le bébé avec le bain ?  

Le très sérieux homme d’affaires Sébastien Ajavon n’irait pas jusque-là, si ce n’est pour changer quelque chose dans le système existant avant son avènement à la fédération.

Dès les jours qui ont suivi la décision, il a été mis en minorité, et son intransigeance au micro de la télévision nationale a mis à nu les divergences internes avec le président de la fédération. « Aucun des 23 ne reviendra.» Il a mis de l’eau dans son vin, constate-t-on depuis samedi dernier. Aujourd’hui, les mêmes médias qui avaient soutenu que la fédération n’a jamais reçu les excuses, viennent révéler que les Ecureuils se sont excusés…

La dissolution a été faite par communiqué largement diffusé tout comme les excuses de quelques Ecureuils. La réhabilitation des 23, quant à elle, aura emprunté les couloirs des médias…

 Les Ecureuils locaux : ils ont fait ce qu’ils étaient capables de faire

Du Niger au Nigeria, ils ont disputé en un mois, 4 matches, encaissant 7 buts sans marquer le moindre. Et cela a ouvert les yeux aux dirigeants du football, que la nouvelle Ligue1 avait besoin de temps pour grandir. Les échéances approchant, aucun sélectionneur sérieux ne voudrait venir officier au Bénin sans Sessègnon et compagnie. Alors, retour à la case-départ. Le terrain est préparé pour les sélectionneurs désireux d’encadrer le Bénin. Ils auront l’équipe A et non B.

 Dussuyer payé sans bosser

Pendant ce temps, c’est Dussuyer qui continue à prendre son salaire, sans bosser. Le technicien français ayant obtenu un règlement à l’amiable qui prévoit qu’il perçoive jusqu’en juin son salaire de sélectionneur national A. Et nous y voilà. Qui a dit que le Bénin était un pays pauvre aux ressources limitées où les gaspillages sont dénoncés par la société civile ? Allons voir ailleurs.

Maillots déchirés, chantage et indiscipline et puis quoi encore ?

Qui veut noyer son chien l’accuse de rage. Ogunbiyi déchirait son maillot après chaque match. En français normal, on aurait dit que le N°11 des Ecureuils « coupait les longues manches de ses maillots car il avait chaud. » Cela a été agité par des responsables de la fédération. N’ayant pu prouver ce genre de choses, ils ont évoqué les cas de chantages. Cette pratique a été initiée et encouragée par des responsables de la fédération. Demander plus pour gagner plus. La fédération aussi ayant eu plus que d’habitude. Tout comme les travailleurs du ministère des sports qui se sont répartis des primes de qualification. La kermesse, quoi !

Entre raison populaire et paix des braves

A l’annonce de la dissolution, les réactions des béninois avaient été dans la majorité des cas, une surprise puis un désaveu total des responsables. Les mois sont passés et beaucoup affirment que le peuple a eu raison des dirigeants. Mais la vérité semble encore moins évidente.

La dissolution était un prétexte pour donner l’impression que quelque chose allait changer. Que les comportements qui avaient cours dans les arcanes du football béninois et à son sommet avant Ajavon allaient s’estomper.  Mais là, non. Ne lui démontre-t-on pas ainsi que sa seule volonté ne pourra rien changer aux mauvaises pratiques instaurées entre joueurs et dirigeants qui jouent le « je t’aime moi non plus » à longueur de saisons ? Pourvu que chacun y trouve son compte. L’Etat béninois étant le bailleur éternel avec comme complices temporaires les ministres successifs.

La dissolution, c’était juste de la distraction, une mauvaise blague qui remet au grand jour les tares du management sportif au Bénin ? Dommage, que de temps perdu et de moyens gaspillés sur l’autel de décisions impulsives et incohérentes ! Et comment réintégrer ceux qui avaient été traités comme des bagnards, sans laisser des traces, la rancœur, l’amertume, la méfiance, la perte de cohésion et de l’âme de l’équipe, la recherche d’un nouvel entraîneur qui vaille la peine et qui s’avère difficile, gérer l’équipe avec la même vieille machine rouillées au sommet du football ? Il faut s’y prendre avec beaucoup d’humilité et de moralisation de la direction et de l’encadrement pour plus de motivation et d’efficacité.

Aubay