Découverte : Ogoulola, du quartier au banc des Ecureuils

A 17 ans et 4 mois il a battu un record de précocité en prenant siège dimanche dernier sur le banc des Ecureuils contre la Gambie au stade Mathieu Kérékou, Ibrahim Ogoulola, le milieu de terrain prometteur des Requins vit un réveil éveillé. Récit d’un gamin passé de son quartier à l’équipe nationale en une année scolaire.

Il n’a pas eu sa première cape avec les Ecureuils mais il a vécu une après-midi qu’il n’oubliera pas de si tôt dimanche dernier. Quand nous l’avons rencontré le lendemain il ne réalisait toujours pas «je me disais que ce n’était pas vrai. j’étais touché et j’ai pleuré» disait-il. Avant d’en arriver à cette forte sensation dominicale, il a d’abord fait face à une première semaine de travail parmi ses idoles. Travailleur, il a été franc sur ses difficultés d’adaptation «la première séance à été dure. J’ai dû m’adapter au rythme des pros. Il y a eu l’ambiance lors du bizutage qui m’as mis à l’aise dans le groupe» nous a t-il raconté.

5 matches 2 buts avec les A’

Il faisait partie de la génération des juniors disqualifiés lors des qualifications de la Can 2017. Ensuite il a rejoint les Requins lors du tournoi de mis en jambe. Avec les Awissi-Wassa, il tape dans l’œil de tous malgré sa jeunesse et son gabarit peu impressionnant.

Avant d’être intégré chez les A, «Ib» a d’abord fait forte impression chez les A’ pour la préparation des qualifications du Chan 2018, où il s’est discrètement et progressivement imposé. Convoqué par Omar Tchomogo lors des premiers stages de la sélection locale en février dernier, il a vite gagné sa place de titulaire. En mars, il était aligné d’entrée au Caire  contre les Pharaons locaux. C’était sa première apparition sous les couleurs nationales et il avoue que son baptême n’a pas été facile « De tous nos matches amicaux c’était le plus difficile. Les égyptiens étaient trop rapides. Le rythme était élevé» analyse t-il. Mais il conserve sa place dans le milieu à trois du sélectionneur et rend des copies propres lors des quatre matches de préparation suivants. Il signera son premier but international contre le Burkina Faso à Cotonou le 21  mai dernier au stade Mathieu Kérékou (2-2). Il confirme sa bonne réussite du moment en marquant quelques jours plus tard contre Ghana à Accra (1-1). Lors du dernier match de la série face à la Côte d’ivoire à Abidjan, «Ib» se montre une fois encore à la hauteur. Quelques jours plus tard il fait partie des huit locaux intégrés à l’équipe  fanion  face à la Gambie pour la première journée des qualifications de la Can 2019.

Un peu d’Iniesta et de Verratti

Sa jeune carrière a débuté dans son quartier il y a quelques années à la Jeunesse Sportive de Wologuèdè. Puis il rejoint l’As Dongat en 2013 en troisième division amateur. A l’époque il était encore attaquant « j’étais attaquant de pointe, pour notre premier match de la saison à René Pleven contre Joaca , nos milieux étaient absents. Le coach Frédéric Acakpovi m’a replacé au milieu. Puis j’ai été désigné homme du match» Depuis cette performance  il a changé de poste . Doté d’une bonne vista et d’une qualité technique au dessus de la moyenne il fait aussi parler son intelligence de jeu. Il est aussi à l’aise dans un rôle de relayeur qu’en meneur de jeu.

Des qualités qui ne sont pas passées inaperçues. Il a impressionné des cadres de la sélection selon ses propres confidences  « Michael Poté m’a dit que je devais prendre plus d’initiatives pour plus servir les attaquants. Steve Mounié voulait à l’entraînement qu’on soit dans la même équipe pour que je lui fasse des passes» Des mots qui ont motivé le gamin qui veut devenir un mix entre Marco Verratti et Andres Iniesta. « Iniesta j’apprécie son comportement et son respect de l’adversaire. Verratti je prendrai ses gestes défensifs et sa manière d’organiser le jeu »

En attendant d’atteindre le très haut niveau, cet élève en classe de terminale littéraire  a vécu un réveil éveillé la semaine dernière car  « en novembre 2015 lors du match Bénin -Burkina Faso, je voulais toucher Stéphane Sèssegnon et j’ai été bousculé par les agents de sécurité. Et me voilà entrain de m’entraîner avec lui. Si on me l’avait dit je n’aurai pas cru»

Géraud Viwami

 

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