Fédération béninoise de football – Victorien Attolou va prôner le Rassemblement et la Rénovation

Moucharafou Anjorin a transmis les clés par voie d’huissier

Une dizaine de jours après la décision de la cour d’Appel de Cotonou, la fédération béninoise de football change de tête avec Victorien Attolou. Le nouveau président fera à Porto-Novo ce matin à 10h une déclaration en 3 axes : Remerciements, Rassemblement et Rénovation.

Aubay

Ce lundi 23 juillet marque le début du mandat de Victorien Attolou et de son bureau élu le 04 février 2011. Au fil de la bataille juridique nationale et internationale ponctuée des courriers « non décisionnels » de la Fifa, c’est le début de la fin d’une crise qui n’a que trop durée. Le début de la fin, car le peuple du football est divisé en deux. Pas forcément deux parties égales, tant la morale et la légitimité plaident contre Moucharafou Anjorin qui a battu tous les records d’impopularité. Victorien Attolou, ce chef d’entreprise officiant dans les bâtiments et travaux publics remerciera tous ses soutiens dans une bataille très longue. «Il entend désormais rassembler tout le peuple du football », souligne-t-on de source proche du nouveau président de la Fbf. L’essentiel de son adresse sera consacré à la réconciliation. Il tendra donc la main à l’aile moins dure de la crise dans le camp Anjorin et surtout aux plus farouches opposants.

Enfin, dans son discours très attendu qui fera date et marquera un nouveau départ, une nouvelle ère, l’ex-président des Caïmans du Zou parlera de rénovation du football, explique la même source. Celui qui a conduit à la victoire le 04 février 2011 la liste « Renaissance du football » devrait également à travers ses premiers mots, montrer ses intentions vis-à-vis des partenaires institutionnels. Le gouvernement béninois et la très réticente – et c’est un euphémisme- Fédération internationale de football association (Fifa).

Fervent militant de la transparence, ce passionné de football dont le père fut secrétaire général de la fédération béninoise ne part pas du néant, loin de là…Et sa bataille contre Moucharafou Anjorin lui a permis de savoir à quel point la planète foot est complexe.

 

De la décision à la passation…

Jeudi 12 juillet peu avant 10h, Moucharafou Anjorin sait que la cour d’Appel de Cotonou vient de le frapper au cœur. Les heures qui suivent donnent lieu au début du déménagement des locaux de la Fbf à Porto-Novo. Malgré un courrier de la Fifa, celui qui est désormais dans le collimateur de la justice va recevoir samedi par voie d’huissier un extrait de la décision comportant les conclusions. Mais la version finale se fait attendre. Les supputations vont bon train. Une semaine passe, et c’est jeudi 19 juillet au soir que « la minute », c’est-à-dire la décision complète, d’une quarantaine de pages va être disponible. Tout va alors très vite. Moucharafou Anjorin reçoit copie par huissier vendredi. A la mi-journée, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Moucharafou Anjorin transmet par voie d’huissier à Victorien Attolou, les clés du siège de la Fbf et envoie un rapport dont le contenu  n’est pas encore dévoilé. En réponse, le nouveau président de la Fbf fixe la date du lundi 23 juillet pour la passation de service et invite son prédécesseur à s’y présenter. En vain. Victorien Attolou précisera également qu’en cas de contrevérité dans l’état des lieux du siège transmis par l’ancien président, « ceci lui sera opposable », rapportent nos sources.

Le silence du gouvernement désarme la thèse de l’ingérence

Le ministère des sports, qui a pris l’initiative de reconnaître Moucharafou Anjorin et son bureau coopté après l’aval du Conseil des ministres a choisi la voie du silence. Deux analyses nous sont inspirées par cette attitude. Premier aspect, le ministre des sports déçu par la défaite judiciaire de Moucharafou Anjorin avec qui les relations tissées sont au beau-fixe, a décidé de garder ses distances. Les tenants d’une thèse de la connivence du ministre des sports avec la Fbf sont donc servis. Mais attention, qui ne dit mot consent aussi…et ce silence montre bien que le gouvernement ne va pas sauver une fois encore le soldat Anjorin.

Deuxième aspect, le gouvernement en plein bras de fer contre les magistrats se refuse d’intervenir dans la bataille juridique entre membres d’une même association pour éviter d’irriter encore plus les juges. Dans le même ordre d’idées, le ministère des sports, fait preuve de sagesse en se tenant à l’écart, car en réalité, un seul mot de l’Etat béninois équivaudrait à une «ingérence dans les affaires du football ». Principal argument utilisé en Afrique par la Fifa pour menacer les pays de suspension. Dans le cas d’espèce, Moucharafou Anjorin ayant soumis un appel devant un tribunal ne peut se soustraire à la décision de ce dernier. On peut noter ici que contrairement aux autres cas en Afrique, ce n’est pas le ministère des sports qui fait plier un président de fédération, mais la justice, 3e pouvoir dans un état de droit.

Aubay

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