Football/ Interview avec Gustavo Carlos, formateur des académiciens en Côte d’Ivoire : Je pense que la génération qui arrive est plus forte

gustavo carlos,

 

 

Il est brésilien et ceci explique certainement pourquoi les joueurs ivoiriens qu’il a formés en compagnie de Jean-Marc Guillou portent des surnoms brésiliens. De Maestro à Gervinho, Gustavo Carlos livre son analyse sur les générations dorées du foot ivoirien et parle de Sessègnon.

Réalisée à Old Akradé (Est du Ghana) par Aubay

Gustavo Carlos, après 20 ans en Afrique au service du foot burkinabè puis surtout ivoirien, quel bilan tirez-vous ?

Le bilan est positif, parce que l’Afrique est plein de talents naturels. Les joueurs sont costauds physiquement et aussi intelligents dans le jeu. Ils sont aussi bons techniquement. C’est donc facile de faire la formation en Afrique, parce que les parents aussi facilitent le recrutement des joueurs. Je suis très content de mon travail ici.

Il y plus d’une dizaine d’années, vous avez commencé avec Jean-Marc Guillou à Sol Béni. Quelle comparaison faites-vous aujourd’hui entre les différentes générations que vous avez formées ?

Je pense que la génération qui arrive est plus forte.

 Sur quel plan ?

Au niveau technique et au niveau mental. Ils ont un mental plus costaud. Je pense qu’ils vont réussir à s’imposer plus facilement dans les clubs européens que leurs aînés de la première promotion. Ceci parce qu’on a amélioré la formation, les entraînements et aussi  dans les détections, on a pris des plus costauds. Ils sont donc techniquement et physiquement forts. Ils ont de bons gabarits. Et je pense que la Côte d’Ivoire va être plus forte.

Qu’est-ce qui fait la force  de la Côte d’Ivoire par rapport à vos concurrents en Afrique de l’Ouest  comme le Nigeria, le Ghana, le Mali et le Sénégal ?

La formation, justement. Le niveau de la formation est meilleur en Côte d’Ivoire présentement et c’est pour quoi on est numéro1 en Afrique actuellement. On fait un meilleur travail qu’auparavant. Par contre, les talents au Nigeria et au Ghana sont plus nombreux.

Qu’est-ce manque à la génération Drogba pour remporter une grande compétition ?

Un bon coach pour faire une bonne coupe d’Afrique et un bon parcours en coupe du monde. On n’a pas encore eu la chance d’avoir un bon coach.

Pour vous qui les avez connu en 1993, que ce soit Maestro Didier Zokora, Copa Barry, Aruné Dindane etc. Qui était le meilleur à ses débuts et n’a pas réussi à être plus haut aujourd’hui?

Aruna Dindané. Il était le meilleur de tous. Aujourd’hui au niveau sportif, il n’a pas la même réussite que Yaya ou Kolo. C’est peut-être ses choix de clubs ou encore le fait qu’il soit resté trop longtemps en Belgique.

Dans la génération que vous formez aujourd’hui à Ivoire Académie, pensez-vous qu’il y a des joueurs exceptionnels ?

Si. Il y en a deux. Moustapha Noël que j’ai surnommé Aruna, et Jean Aholou. Ils ont des talents différents de celui d’Aruna. Ce sont des génies.

Dans l’organisation du foot ivoirien aujourd’hui, que faut-il améliorer pour avoir de meilleures performances ?

Il y a beaucoup de choses à améliorer. Surtout les terrains.  Les pelouses ne sont pas agréables. Il y a aussi l’absence des championnats de jeunes. C’est ce qui est important et qui reste à faire en Côte d’Ivoire.

Le Brésil vous manque-t-il ?

Toujours. Mon pays natal me manque, mais ça ne me fait pas défaut !

 

Pour la Can à venir, selon vous entre le Sénégal, le Ghana et la Côte d’Ivoire, quel est le favori ?

C’est la Côte d’Ivoire. Si elle arrive à produire un meilleur jeu que présentement elle peut gagner. Mais vous savez, dans le foot, ce n’est pas souvent le favori qui gagne. Ce n’est pas facile. Il faut jouer d’abord.

Depuis 20 ans que vous êtes en Afrique, quel est l’événement ou le joueur qui vous a le plus marqué ?

Jay Jay Okocha. Parce qu’il est complet. Pied gauche, pied droit, le dribble facile. Il était merveilleux.

 

 

 

Parlons de Sessègnon, notre perle à nous au Bénin. Pourquoi n’a-t-il pas joué à l’académie de l’Asec ?

La pratique à l’académie était de recruter chaque 3 ans. On fait jouer 5000 voire 5500 jeunes et on en prend 20 avec lesquels on travaille 5 ans avant de sortir la promotion. Quand j’ai découvert Sessègnon, la promotion en place était plus jeune que lui. Salomon Kalou, Yaya Touré et consorts étaient plus jeunes. Et donc il n’a pas pu entrer à l’académie au même moment que ceux-là. Sa découverte avait été faite plus tard au moment où la liste était arrêtée. Je le lui ai expliqué.

 

Auteur : Rolland

journaliste sportif…

1 réflexion sur « Football/ Interview avec Gustavo Carlos, formateur des académiciens en Côte d’Ivoire : Je pense que la génération qui arrive est plus forte »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *