Ecureuils : Autopsie d’une semaine en enfer (3)

Sans point à l’issue des deux premières journées des qualifications de la Can 2023 disputées en juin dernier, les Ecureuils sortent à nouveau bredouilles de cette fenêtre internationale. Deux matches amicaux perdus, 1-0 contre la Mauritanie et 3-1 devant le Madagascar, Moussa Latoundji a perdu la clé du succès et les joueurs sont arrivés à bout. Un échec à tous les étages.

Un management défaillant

C’est qui le vrai patron? La réponse à cette question vaut des milliards actuellement dans le sillage du football béninois. On ne sait pas vraiment qui décide de la marche à suivre. La gestion managériale générale douteuse  déteint sur le fonctionnement de la sélection nationale. Cette dernière qui n’a pas de boussole. L’absence de projet cohérent depuis le départ de Michel Dussuyer en novembre 2021 et le vestiaire qui a (enfin) explosé  sont des signes palpables que l’équipe du Bénin n’a plus de patron.Personne n’incarne le leadership ou n’assume les hautes responsabilités autour de la sélection réellement. L’arbre qui cachait la foret a visiblement perdu ses branches depuis que les résultats ne suivent plus. La navigation à vue et l’improvisation ont des limites. Depuis le quart de finale de la Can Egypte 2019 la pente est tellement glissante que le retour à la case départ n’est plus loin. Avant le retour sur le devant de la scène en terre égyptienne, le Bénin avait passé dix années à espérer une Can et nous pouvons enfin réaliser pourquoi. D’où la question de départ : C’est qui le patron? Car ce dernier est attendu pour prendre des décisions fortes pour le renouveau ou la relance de la machine Ecureuil.

Latoundji s’est sabordé

Applaudi à Antalya en mars dernier, six mois plus tard il est aussi fragile que tout. C’est le destin de tout technicien dont les résultats ne répondent pas aux attentes. Revenons d’abord sur les derniers résultats quatre défaites d’affilées sur les quatre derniers matches. Huit buts encaissés et deux marqués. Le Bénin n’avait plus connu une série pareille depuis treize années. Intérimaire de base qui attendait un nouveau numéro un devant lui puis confirmé sur la pointe des pieds, Latoundji n’a pas eu un staff digne d’une équipe nationale à son goût. D’abord , il n’a jamais eu la mainmise sur son vestiaire qui lui a rapidement échappé. Ensuite ses choix tactiques et techniques ont été discutables qui ont sans doute conduit à son échec sur le terrain. Le bilan est négatif. La fin de cycle qui se dessinait sous la fin de l’ère Dussuyer a explosé sous le technicien béninois qui n’aura pas réussi à relancer la dynamique. C’est plus qu’une évidence que la marche a été trop haute pour l’ancien attaquant de Metz malheureusement.

Les joueurs « perdus »

Quid de l’implication des joueurs sur ces derniers mois. C’est facile de faire un procès au sélectionneur qui est le premier responsable des résultats mais les premiers concernés étaient aussi sur la pelouse. On peut remettre en cause le manque d’implication de certains joueurs sur le terrain comme en dehors. Les écarts de langages de certains qui pourrissent l’ambiance. Les problèmes extra-sportifs qui frustrent d’autres, le manque de discipline dans la vie de groupe. L’envie et de solidarité, ces deux facteurs qui ont été la clé de la réussite sous Dussuyer II  ont disparu. Le technicien français pourrait s’estimer heureux chez lui dans le Sud de la France d’avoir quitté le navire avant le naufrage.

Géraud Viwami

Author: Geraud V.

Rédacteur en chef ! Passionné de foot un peu trop attaché aux Écureuils du Benin. @GerovinhoV

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