Tp Mazembé : Comme une lettre d’or dans le football mondial

 

L’Afrique a organisé en un an et demi quatre compétitions majeures du football mondial. Les coupes du mondes Nigeria 2009 des cadets et Egypte 2009 des juniors, ainsi que la coupe des confédérations. Et enfin, la coupe du monde 2010 de football en Afrique du Sud. Le plus grand rendez-vous du sport mondial après les jeux olympiques. Si dan les catégories d’âge on retiendra la finale perdue à domicile par les Eaglets du Nigeria face à la Suisse, on gardera pour la postérité la victoire ghanéenne face au Brésil en finale du mondial égyptien des moins de 20 ans. 2009 a donc préparé 2010 avec la coupe des confédérations durant laquelle l’Afrique du Sud n’a pas été sportivement à la hauteur, mais avait déjà anticipé sur les ambiances dans les stades.

2010 arrive avec le mois de juin et cette si attendue coupe du monde qui dès le premier jour affichait 94.000 spectateurs au Soccer City de Jo’ Burg avec le match nul entre l’Afrique du Sud et le Mexique (1-1). Les 6 représentants se montreront bien en dessous du niveau mondial. On gardera en mémoire les performances ghanéennes. Le quart de finale du Ghana (éliminé aux tirs au but par l’Uruguay) durant le mondial 2010 sud-africain a permis de sauver la compétition.

L’année 2010 s’en va finir avec sur le continent, les coupes des clubs. Le doublé du Tp Mazembé est resté un événement purement continental en novembre. Le monde était loin de savoir que quelques semaines plus tard, les stars de Lubumbashi allaient conquérir le monde.

Face aux grandes équipes venues du monde entier, dont l’Inter Milan de Samuel Eto’o, c’est bien le Tp Mazembé qui  porte plus loin les couleurs du continent en se hissant en finale de la coupe du monde des clubs. La compétition est certes moins médiatisée, mais elle demeure un des piliers de la FIFA qui marque chaque année au mois de décembre la dernière pierre de l’édifice des compétitions. C’est d’ailleurs la seule qui se dispute chaque année, tel un comparateur permanent, un baromètre des confédérations s’agissant des clubs. Alors qu’à chaque fois les clubs africains ont échoué à quelques pas de la finale, le Tp Mazembé a décidé d’entrer dans l’histoire en s’offrant les chances d’y parvenir.

Une finale. Rien de plus. C’est le cadeau de noël qu’ont offert à leur public les joueurs de la Rd Congo. Un symbole de réussite, un exemple de régularité qui n’est pas sans rappeler celui des Black Stars ghanéens qui ont gardé le rythme et la même ossature d’une année à l‘autre en jouant la carte de la stabilité et du travail. Les succès se ressemblent et les enseignements qu’on en en tire sont les mêmes. L’Afrique peut gagner là où les autres gagnent. Les secrets de la réussite sont les mêmes.

Aubay

Zone Afrique : Si le TP Mazembe peut, nous pouvons

 

Au centre de l’Afrique, ils sont aussi au cœur de l’actualité depuis plus d’une dizaine d’années. La guerre qui n’ose pas dire son nom mais qui fait chaque jour des dizaines de morts dans la quasi-indifférence générale. La RD Congo est un des grands malades de l’Afrique. Il ne suffit pas de dire que son sous-sol est riche, très riche. Qu’a-t-on fait de ces richesses ?

La plus belle pépite de ces dernières années n’est pas sortie du sol, mais est due à l’imagination et à l’argent d’un homme, Moïse Katumbi, gouverneur de la province du Katanga qui est la grande dépositaire des minerais les plus rentables. Et cette pépite, c’est le Tout Puissant Mazembe, connu autrefois sous l’appellation Englebert du nom du célèbre manufacturier de pneumatiques qui finançait l’équipe.

A Lubumbashi, le succès, ou plutôt le doublé du Tp Mazembé en ligue africaine des champions 2009 et 2010 a sonné comme un réveil. Une révolution de rose. Dans une Afrique où le football se hisse au rang de religion populaire, les performances régulières du Tp Mazembé s’inscrivent en lettres d’or. Au lendemain du sacre de la Rd Congo lors du premier Championnat d’Afrique des nations début 2009, le club de Lubumbashi a maintenu le pays au sous-sol paradisiaque, dans le firmament du football continental. Il s’agit du plus spectaculaire retour au premier plan d’un club qui avait végété depuis les années glorieuses du TP Englebert, première équipe à avoir remporté deux fois le titre de champion d’Afrique, première équipe à disputer quatre finales consécutives. Et puis ce fut le trou ou presque quatre décennies durant

Cette réussite prend tout sens dans un contexte de conflits, de viols, de réfugiés, bref d’instabilité. Avec cette fonction politique et une vocation de club populaire, on espère une meilleure pérennité au Tp Mazembé au sommet du football africain, bien que le football soit une activité fragile. 

Tout repose sur le projet et une continuité dans la mise en œuvre de véritables structures. Il ne faut pas chercher ailleurs la grande différence entre les grands clubs du Nord et les clubs des pays subsahariens. En Afrique noire, il y a des générations de dirigeants et de joueurs qui offrent à un moment donné à leurs clubs, des titres et la gloire. Sans aller au-delà de l’instant, au-delà des primes et des médailles. C’est, hélas le plus fréquemment, le triste lot des hommes du Sud à la merci d’un revers de fortune ou d’un désamour du public. Le héros de la veille est souvent le premier haï du lendemain. Ici, plus qu’ailleurs, on vit dans l’instant sans se soucier de l’avenir

Bâtir un projet sur le long terme afin de montrer la voie à tout un continent. Telle est la base de la problématique qui s’offre au Tp Mazembé. Les infrastructures mises en place ces derniers mois dressent le lit d’un projet ambitieux qui peut réveiller l’ensemble des clubs du Sud. Le Tp Mazembé peut servir de référence, de modèle, à condition de maintenir le cap et d’avoir constamment en tête que chaque jour, il remet sa notoriété en jeu, que les victoires d’hier ne sont pas garantes des victoires d’aujourd’hui et que le public, impitoyable, pardonne rarement les échecs quand ils se présentent, si grand soit le club qu’il a chéri la veille.

Aubay