Issa Hayatou: « Je pense à raccrocher et à partir »

 

A l’issue d’une deuxième édition du CHAN qui lui a donné satisfaction, le Président de la Confédération Africaine de Football (CAF) a confié à RFI qu’il ne briguerait sans doute pas un nouveau mandat en 2013. Il s’est dit également stressé à l’idée que l’Afrique voie son quota de places diminué au mondial 2014.

Un mot sur vous personnellement, est-ce que vous allez vous représenter comme président de la CAF ?

C’est un peu précoce d’en parler. Il reste encore deux ans et demi. Mais, je dis en toute sincérité, en ce qui me concerne, j’ai envie d’arrêter. Parce que c’est contraignant. Ce n’est pas si facile. J’ai 37 ans de carrière dans le football et c’est beaucoup. En plus, je suis à la FIFA, je suis au CIO, c’est très contraignant tous ces déplacements. On est tout le temps dans les avions, on est tout le temps stressé. Regardez: cette semaine nous aurons à départager le nombre d’équipes qui doivent représenter les Confédérations à la Coupe du monde 2014 au Brésil. Je suis déjà stressé de savoir si l’on va nous redonner les six places que nous avions en Afrique du Sud ou bien si nous allons en perdre. Ce sont autant de choses qui pèsent sur les épaules du président ! Vous voyez le stress avec lequel j’aborde chaque matin le problème du football africain. J’ai 65 ans, je crois qu’il est temps que je pense à raccrocher et partir. Ceci dit, je ne sais pas ce que les Africains penseront de ça. Mais moi, personnellement, je voudrais partir, je vous le dis en toute sincérité.

 (Rfi)

Election au Comité exécutif de la CAF : Le Béninois Anjorin battu par le Ghanéen Kwesi Nyantakyi…

 

Mercredi 23 février à Khartoum, le miracle n’a pas eu lieu. La Zone Ouest B sera représentée par le ghanéen Kwesi Nyantaki, Président de la Fédération ghanéenne de football depuis décembre 2005. Moucharafou Anjorin n’y est pas arrivé. Le gouvernement béninois lui avait pourtant donné son onction, des moyens financiers et a tout fait pour qu’il ne soit pas inquiété par la justice dans l’affaire Mtn. Retour à la case-départ. Moucharafou Anjorin ne pourra plus utiliser l’argument des élections à la Caf pour justifier ses ennuis avec les 72% des acteurs du football béninois.

Le Nigéria affaibli, l’Ufoa secoué ?

Au-delà de l’élection, c’est une légère recomposition de la Cfa qui s’observe avec l’absence du Nigéria dans l’instance dirigeante africaine et aussi internationale. Les soupçons de corruption qui ont valu des sanctions à Amos Adamu ont exempté ce dernier dans le choix des représentants africains à la Fifa, et ont également pénalisé l’autre candidat nigérian au poste de représentant de la Zone Ouest B. Le Nigéria est affaibli.

Au plan de la géopolitique du football ouest-africain, les choses pourraient changer. Evincé en 2007 par l’alliance entre le Bénin et le Nigéria, à travers les amitiés personnelles de Moucharafou Anjorin avec Amos Adamu, l’ivoirien Anouma pourrait revenir à l charge. L’Union des fédérations ouest-africaines de football (Ufoa ou Wafu en Anglais) pourrait encore connaître quelques secousses pour balayer les alliés d’hier, aujourd’hui grands perdants des élections à la Caf.

Aubay

Cinq nouveaux entrants

La 33e Assemblée Générale de la CAF qui s’est tenue le mercredi 23 février à Khartoum a procédé au renouvellement de six des postes de membre du Comité exécutif de la CAF.

Comité exécutif de la CAF

Zone Nord

Tarek Bouchamaoui (Tunisie), seul candidat

Zone Ouest A

Almamy K.Camara (Guinée), réélu

Zone Ouest B

Kwesi Nyantakyi (Ghana), 34 voix

Zone Centre

Constant Omari (RD Congo), seul candidat

Zone Centre-Est

Leodegar Tenga (Tanzanie), 34 voix

Zone Sud

Kalusha Bwalya (Zambie), 38 voix

Les 53 associations nationales membres de la CAF ont participé au vote

Membres de la CAF au Comité exécutif de la FIFA

L’Ivoirien Anouma et l’algérien Raouraoua élus

La 33e Assemblée Générale de la CAF qui s’est tenue le mercredi 23 février à Khartoum a procédé au renouvellement de deux des postes de membre du Comité exécutif de la FIFA.

Le Comité exécutif de la FIFA Mohamed Raouraoua (Algérie), 39 voix Jacques Bernard Anouma (Côte d’Ivoire), 35 voix, réélu. Les 53 associations nationales membres de la CAF ont participé au vote.

Extraits du discours du Président Hayatou

 

–          Mise en place de l’imagerie à résonance magnétique (IRM).   

Le Président de la CAF est revenu sur l’autre événement de ce début d’année, l’organisation par le Rwanda de la CAN U-17 et la mise en place de l’imagerie à résonance magnétique (IRM).   

«  Nous avions décidé de procéder à des IRM pour tous les joueurs. L’imagerie à résonance magnétique permet d’établir avec certitude l’âge des joueurs. Certains qui avaient dépassé l’âge requis, ce qui aurait faussé l’esprit du jeu, ont été écartés de leurs sélections.

A compter de la prochaine édition, nous allons étendre ce contrôle médical à toute la phase éliminatoire. Cela va coûter de l’argent à la CAF, mais nous nous devons de le faire afin de mettre un terme aux tricheries, volontaires ou involontaires ».

« Le Rwanda a organisé la CAN U-17 de façon remarquable et devant sa réussite il a décidé de se porter candidat à l’organisation en 2016 la quatrième édition du CHAN ».

–         Sur la situation financière de la CAF

« La situation est très saine. Nous avons dépassé nos objectifs, en grande partie grâce aux recettes générées par la CAN, et ce en dépit de dépenses qui ne cessent d’augmenter. Mais nous devons demeurer très vigilants dans le monde globalisé qui est le nôtre. Gouverner c’est prévoir. Prévoir que la situation géopolitique et économique en constante évolution peut avoir des incidences sur les recettes du football ».

Le Président a, en évoquant avec beaucoup d’émotion les deux départs importants qui concernent les deux vice-présidents de la Confédération Africaine de Football, le Général Seyi Mémène, atteint par la limite d’âge et Molefi Oliphant qui ne se représente pas aux élections du Comité exécutif.

 « Pour moi, il n’y aura ni vainqueur, ni vaincu. Les élus ne seront pas plus grands; les battus ne seront pas plus petits. Ils resteront ce qu’ils sont. Des hommes et des partenaires loyaux oeuvrant tous ensemble pour le renforcement et le rayonnement du football africain ».

Concernant les accusations de corruption qui ont secoué la CAF, il s’en est tenu à la présomption d’innocence.

« Toutes les personnes poursuivies ont engagé des voies de recours dont l’issue n’est pas aujourd’hui connue.

Je m’en tiens, par conséquent, à la présomption d’innocence ».

En guise de conclusion le Président Hayatou s’est adressé aux associations nationales : « j’aimerais demander à chacune de nos associations qu’elle fasse en sorte que les relations avec les pouvoirs politiques soient des relations apaisées. Encore trop souvent des conflits entre ministère des sports et fédération entraînent des situations confuses qui ne sont pas de nature à renforcer le football de leur pays. Je sais que des responsables politiques confondent parfois leur département et la fédération de football.

Parfois je m’adresse directement à eux, aujourd’hui c’est à vous que je m’adresse. Je le répète. Notre football ne peut pas vivre sans l’argent gouvernemental. Les associations doivent en tenir compte tout comme les responsables politiques ».

Enfin il a une dernière fois salué le Soudan pour « la formidable réussite de son accueil ».