Entretien : Mounié « ça me rend fier parce qu’on parle aussi du Bénin grâce à moi »

Steve Mounié (22 ans) qui réussit ses débuts en Première division anglaise a accordé un entretien à nos confrères de Sofoot.com. L’attaquant international béninois d’ Huddersfield parle de vie en  Angleterre, des Ecureuils et de son doublé inaugural.

Pourquoi rêve-t-on de rejoindre la Premier League ?

En fait, c’est un objectif que je m’étais fixé depuis le départ. Parfois, il y a des objectifs que l’on se fixe et qu’on ne pense pas pouvoir atteindre, mais au fil de ma carrière, j’ai vu que j’en étais capable. Finalement, ça s’est donc concrétisé cet été et me voilà en Premier League. J’en suis le plus heureux.

Qu’est-ce qui t’attirait particulièrement dans ce championnat ?

À l’heure actuelle, c’est le meilleur championnat du monde : il est diffusé dans plus de cent pays, des milliards de personnes regardent la Premier League donc en matière de diffusion, c’est le top. Qualitativement, c’est pareil, il n’y a que des bons footballeurs et quand tu es compétiteur, tu as envie de te confronter aux meilleurs, c’est normal. Venir ici, pour moi, revenait à devenir un meilleur joueur.

Comment t’es-tu retrouvé à Huddersfield ?

J’ai appris l’intérêt d’Huddersfield quand j’étais en sélection nationale, avec le Bénin. Tout a ensuite été très vite, j’ai été touché par leur discours, le système de jeu que m’a présenté le coach, la philosophie de l’équipe et j’avais aussi envie de retrouver un club similaire, dans la mentalité, à ce que j’avais à Montpellier. Rapidement, je me suis dit que, pour faire ses débuts en Angleterre, il n’y avait pas mieux que ce club là. Je sais que je vais bosser, qu’on va me faire progresser, mais c’est aussi un pari personnel parce que je pense qu’à l’heure actuelle, tout le monde nous voit descendre en fin de saison. J’aime bien relever les challenges, comme j’ai pu le faire avec Nîmes (il a été prêté à Nîmes lors de la saison 2015-2016 alors que le club avait une pénalité de huit points en début de saison, ndlr). Changer de pays en était un aussi, pour découvrir de nouvelles choses.

Avant cet appel, qu’est-ce que tu connaissais d’Huddersfield ?

Honnêtement, rien du tout. Je n’en avais jamais entendu parler. Après, j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire du club et j’ai découvert qu’il avait remporté le championnat d’Angleterre trois fois de suite (en 1924, 1925, 1926, ndlr). Une fois sur place, j’ai rapidement compris qu’Huddersfield était un club historique, que tout le monde avait du respect pour son histoire. Si en France la majorité des gens n’arrive certainement pas à prononcer le nom, en Angleterre, c’est autre chose (rires).

Quels souvenirs gardes-tu de tes premiers jours sur place ?

Je ne vais pas te cacher qu’au début, je n’ai pas eu la chance d’avoir du beau temps. Mais là, on discute et il y a un grand ciel bleu, je suis en T-shirt, c’est magnifique. La température est raisonnable, ce n’est pas encore choquant, mais on verra en hiver. Sinon, mon adaptation a été assez rapide parce que j’avais déjà des petites bases en anglais, pas de souci pour rouler à gauche non plus…

Justement, David Wagner, ton entraîneur à Huddersfield, a souligné la qualité de ton anglais à ton arrivée et a même expliqué que ça avait été décisif pour te recruter. C’est un coach reconnu partout en Angleterre aujourd’hui pour ce qu’il a fait avec le club. Qu’est-ce que tu retiens de cette rencontre ?

Son discours m’a tout de suite parlé, surtout que c’est quelqu’un qui accorde une grande confiance aux jeunes joueurs. Quand il m’a expliqué la façon de jouer de l’équipe, la façon dont il souhaitait m’intégrer dans son système, je me suis dit que ça allait marcher et que j’allais me battre pour ce coach. C’est quelqu’un qui donne envie qu’on s’arrache pour lui.

L’an passé, Wagner avait décidé d’emmener le groupe sur une île en Suède, pour muscler sa préparation. Tu n’as pas eu cette chance toi ?

Je n’étais même pas au courant, mais cette année, c’est resté plus classique. Ce qui m’a changé surtout, c’est qu’on a énormément travaillé avec ballon, même en préparation, ce qui est rare. Bon, après, on n’a pas eu beaucoup de jours de repos, mais c’est normal, c’est la prépa donc on avait deux entraînements par jour, ça rigolait pas. On est footballeurs, on est payés pour ça.

Il y a des joueurs qui t’ont impressionné déjà ?

Oui, bien sûr, surtout Philip Billing, un grand milieu danois qui est très impressionnant. Déjà, il fait deux têtes de plus que tout le monde donc il est balèze et techniquement, il est très fort. Pour être franc, je suis arrivé là et je n’ai vu que des bons joueurs. Tu en as quelques-uns qui sont un peu au-dessus, mais tu n’as surtout pas un gars à propos de qui tu vas te dire : « ah ouais, celui-là il est un peu en dessous » .

Tu te souviens de l’avant-match à Selhurst Park samedi dernier ?

Déjà, il n’y avait pas besoin de nous motiver. C’est le premier match de la saison, le premier match de Premier League pour certains, on attendait ça depuis le début de la préparation. D’autres attendaient même ça depuis la fin de la saison dernière. Finalement, on est arrivés sur le terrain, on s’est battus comme des chiens et on a réussi à ramener la victoire (3-0). Moi, j’ai préparé ce match comme les autres, c’est un match de football, qu’on soit en Angleterre ou ailleurs : le terrain, c’est le même, le ballon aussi et les mecs en face ont deux bras, deux jambes… Je ne vais pas faire des choses différentes parce que je suis en Angleterre, en Chine ou je ne sais où.

Marquer un doublé dès son premier match, c’est déjà différent.

Oui, surtout que c’est la première fois de ma carrière que je marque un doublé dès mon premier match. Forcément, j’étais plutôt content de ma performance, mais, au-delà de ça, la performance collective du groupe a été très belle, c’est le plus important. Les supporters attendaient ça depuis 45 ans donc gagner 3-0 d’entrée à Crystal Palace, c’est assez exceptionnel.

Après la rencontre, tu as parlé de ton idole Didier Drogba à la presse. Tu t’en inspires ?

Pour moi, c’est un exemple à suivre, notamment sa carrière. Tous les Africains le prennent en référence. C’est important d’avoir des exemples comme ça, pour s’en inspirer ou pouvoir même faire mieux si possible. Je pense que tous les joueurs regardent des vidéos de Ronaldinho ou d’autres pour travailler. Moi, c’est Didier Drogba, comme je peux regarder des vidéos d’autres attaquants. Il faut toujours s’inspirer des meilleurs attaquants si on a la volonté d’en faire partie. Il n’y a pas de secret.

 

Plusieurs joueurs français se sont perdus en allant à Londres, c’est aussi pour ça que tu as choisi Huddersfield ?

Tu sais, je suis quelqu’un d’assez discret et calme donc je ne suis pas le genre à sortir tout le temps. Je suis plutôt casanier, je vais à l’entraînement, je me repose… Pour se relâcher, il y a les vacances. Pendant la saison, que je sois à Paris ou à Londres, je ne vais pas faire de trucs bizarres. Mon choix n’a été que sportif.

Quitter Montpellier a été compliqué ?

Au début, j’ai eu un peu de mal oui, surtout que ma copine est restée à Montpellier. Je ne peux pas cacher que ça a été difficile de laisser tout ça derrière moi surtout que j’ai grandi dans le sud. J’y ai passé dix-huit ans de ma vie donc décider de partir au fin fond de l’Angleterre alors que tu as toujours vécu dans le sud de la France, ça peut faire peur. J’ai eu cette crainte, mais aujourd’hui, même quand j’ai quelques jours de repos, je n’ai pas forcément envie de rentrer.

 

Petit, tu blaguais avec tes potes sur le fait de représenter un jour le Bénin. Aujourd’hui, tu comptes sept sélections, tu as même déjà marqué. Comment ça se passe ?

Si tu veux, l’équipe nationale a commencé à m’appeler quand j’étais en 19 ans nationaux. Pour moi, c’était un peu tôt, mais quand je me suis senti prêt, j’y suis allé. Il n’y a rien de plus beau que jouer pour son pays, que rendre fière sa famille. Mes parents sont rentrés au pays aujourd’hui donc c’est encore plus fort. Tu vois, quand on dit qu’un joueur béninois a signé en Premier League pour tant d’argent, ça me rend fier parce qu’on parle aussi du Bénin grâce à moi. On reste un petit pays qui essaye de se développer donc chaque détail comme un transfert en Angleterre est positif.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR MAXIME BRIGAND POUR SOFOOT.COM

Angleterre : ce qu’on attend de Mounié à Huddersfield

Steve Mounié (22 ans) fera ses débuts en première division anglaise ce samedi après-midi, son nouveau club Huddersfield se déplace au Selhurst Park pour affronter Crystal Palace pour la première journée de PL. Voici trois choses qu’on attend de la saison de l’attaquant international béninois.

 

S’imposer dans le jeu

On s’accorde tous à dire qu’il a le physique pour faire face à la rugosité de la Premiere League (190 m). Steve Mounié a bien gagné en masse athlétique depuis ses débuts professionnels en aout 2015.  Excellent pivot apprécié pour son jeu de tête et son jeu dos au but, il a le bagage pour le championnat anglais. Son coach David Wagner en dit déjà le plus grand bien « Il a les attributs physiques pour s’imposer en Premiere League, nous l’avions déjà remarqué l’année dernière en Ligue 1 française » disait-il lors de la présentation du joueur.  Il aura pour principal concurrent, l’attaquant belge Laurent Depoitre recruté en provenance de Porto pour une place de titulaire à la pointe de l’attaque des Terriers. Etre un titulaire régulier serait déjà une première bataille à gagner et le joueur même en est conscient «Benjamin Stambouli, qui a joué à Tottenham, m’a prévenu que physiquement ça tapait fort en match comme à l’entraînement. Du coup, j’ai accentué un peu la musculation ces derniers temps. Je vais rester cool, tranquille. Bien concentré sur le job» Après avoir convaincu en Ligue 1 française, il défiera cette saison sans doute les meilleurs défenseurs au monde dans des matches de prestige comme face au Big Six et prouver qu’il a le niveau pour rivaliser.

Passer la barre des dix buts

Mounié c’est l’homme des premières. Première saison pro en ligue 2 française à Nîmes, il claque 11 buts. Première saison en Ligue 1 française avec Montpellier la saison dernière  il signe 14 réalisations. Ses premières lui réussissent, Alors il va passer la barre des 10  buts? Vous y croyez ? On espère qu’il en fera de même en PL. Attaquant de surface, Mounié marque énormément à l’intérieur des seize mètres et est très adroit de la tête, des qualités louées en PL. Recrue la plus cher du club (13 millions d’euros) pendant la préparation il a déjà marqué son territoire avec quatre buts marqués.  Mais c’était des matches amicaux on  ne demande qu’à voir en matches officiels. Ça commence ce samedi.

Faire mieux que Sèssegnon et Gestede

Mounié sera le troisième international béninois a porté les couleurs d’un club anglais après Stéphane Sèssegnon (Sunderland et West Brom) et Rudy Gestede (Cardiff, Aston Villa et M’Boro). Le premier détient le record de matches disputés sur une saison (36 avec Sunderland en 2011-2012) . Le montpelliérain détient également le record du nombre de buts inscrit, 25 en cinq saisons et demi. Son total le plus élevé sur une saison est de 7 bijoux.

Le second a la triste réputation d’avoir été relégué avec tous ses clubs, dernière en date avec M’Boro l’exercice précédent. Se maintenir avec le promu Huddersfield sera une belle réussite pour la natif de Parakou.

Le joueur béninois le plus cher de l’histoire sait déjà sur quels tableaux chassés pour entrer encore plus dans les annales.

Géraud Viwami

Amical: Mounié marque encore !

Steve Mounié prend déjà ses marques à Huddersfield, pour son troisième match amical face aux allemands de Sandhausen cet après-midi , l’attaquant béninois inscrit son deuxième but de la pré saison. Huddersfield s’est incliné 3-2, Mounié a signé le deuxième but des Terriers de la tête à la 77e minute.

Géraud Viwami 

Entretien : Steve Mounié, «Je me trouvais au Bénin, en sélection, lorsque j’ai appris l’intérêt de Huddersfield»

L’international béninois a accordé un entretien à nos confères FranceFootball, il parle de son transfert en Angleterre, de la saison à venir et Louis Nicollin.

Auteur de 14 buts en L1 avec Montpellier en 2016/17, Steve Mounié a pris le large et a répondu favorablement à l’offre de Huddersfield Town, promu en Premier League. L’attaquant béninois raconte ses premiers pas outre-Manche. Et assure qu’il est prêt au défi.

«Vous voilà joueur de Huddersfield Town depuis le 5 juillet dernier. Comment se sont déroulées vos premières heures avec votre nouveau club ?

C’est la découverte d’un nouveau pays, le début d’une nouvelle aventure. Une langue différente à apprendre, et un peu d’adaptation à avoir comme par exemple au niveau du climat, de la nourriture. Ensuite, question entraînement, les séances se font beaucoup avec ballon. Même le travail d’endurance, on le fait avec le ballon. C’est légèrement différent que ce que j’ai pu voir en France. Ils insistent aussi beaucoup sur la prévention des blessures.

La nourriture, le climat, c’est pas trop dur ?

(Il sourit.) Il y a certains trucs un peu marrant. Par exemple, à la collation, on mange des pâtes, du poulet, de l’omelette. En France, généralement, ce sont plutôt des choses sucrées. Il faut s’adapter ! Le matin, tu as des œufs avec des beans… À l’anglaise ! Le climat ? C’est sûr que Montpellier et Huddersfield (NDLR : à 305 kilomètres au nord de Londres, entre Leeds et Manchester), ce n’est pas vraiment la même situation. Mais depuis que je suis arrivé (NDLR : jeudi 6, notre interview a été réalisée le jeudi 13), j’ai eu cinq jours de soleil. Donc ça va. Il ne fait pas 35 degrés comme à Montpellier mais c’est agréable. Le temps ne pèse donc pas sur mon moral pour le moment.

Rendez-vous en hiver alors…

Oui ! Même si je pense que ça va changer dès septembre.

Revenons rapidement sur votre très belle saison 2016/17, la première complète en Ligue 1 et la première dans la peau d’un titulaire. Avec 14 buts et 2 passes décisives, était-ce une saison inespérée ?

Pas du tout. En commençant la saison, lors du stage de préparation, Frédéric Hantz nous avait demandé de noter sur un petit papier le nombre de buts qu’on souhaitait marquer. J’avais inscrit 12. Dès le début de la saison, je savais que j’étais capable de le faire. Je n’ai pas été surpris par mes capacités à pouvoir marquer en Ligue 1. Ma saison avec Nîmes, en Ligue 2, avait déjà gonflé ma confiance. À Montpellier, je m’attendais à avoir un temps d’adaptation bien sûr, mais je savais que je pouvais scorer. 

Si on fait une rétrospective de ces dernières semaines, comment s’est déroulé ce transfert ? Vous vous y attendiez ?

Pas forcément. Je me trouvais au Bénin, en sélection, lorsque j’ai appris l’intérêt de Huddersfield. Au début, je ne connaissais pas du tout le club. Je me suis renseigné sur le coach, l’équipe, sa manière de jouer. Le projet, au contraire du climat, m’a plu dans son ensemble (il sourit). Je me suis dit que je pouvais m’inscrire dedans : être un promu avec le challenge de prouver qu’on n’est pas là pour rigoler.

Un départ était inéluctable pour vous cet été ?

J’attendais de voir si j’avais des offres, sans me prendre la tête plus que ça. Rester une saison de plus à Montpellier m’allait très bien également. Il s’est avéré que l’offre de Huddersfield était très intéressante pour moi au regard de mon style de jeu et pour ma progression personnelle. Découvrir un nouveau pays, parler une nouvelle langue, dans ma vie personnelle, c’est une expérience enrichissante. Ça faisait huit ans que j’étais à Montpellier, donc changer d’air ne pouvait pas me faire de mal.

Quelle a été votre réaction quand on vous a annoncé qu’un club de Premier League souhaitait vous recruter ?

Je n’ai pas eu de réaction particulière. Je m’y attendais au regard de ma saison dernière. Après, c’est vrai que je ne pensais pas que les offres arriveraient si tôt. J’en suis très content.

Y avait-il d’autres offres ?

Avant Huddersfield, non, aucune autre proposition de Premier League. Ce n’est qu’après ma signature que j’ai eu d’autres sollicitations. Mais c’était trop tard.

Votre bizutage en chanson, c’est déjà fait ?

Non, pas encore. Cela se passera sûrement lors du prochain stage en Autriche.

Et vous allez chanter quoi ?

Je chante toujours “Juicy” de Notorious B.I.G. Je chante anglais, c’est déjà pas mal. Je ne parle pas très bien la langue, mais je commence à comprendre la majeure partie de ce qu’on me dit. Ce n’est pas encore parfait.

Vous étiez bon en anglais à l’école ?

J’ai toujours été un élève très studieux. Bon, l’anglais n’était pas ma langue favorite, je préférais plutôt l’espagnol, que j’avais commencé assez tôt au collège. Mais le fait d’avoir passé plusieurs vacances dans des pays anglophones comme la Barbade ou les États-Unis, m’a fait progresser. En arrivant en Angleterre, je n’étais pas complètement perdu

Jouer en Angleterre, c’était un rêve de gosse ?

C’était davantage un objectif que je me suis toujours mis en tête. Aujourd’hui, j’y suis, je peux donc cocher la case “objectif atteint”.

La Premier League, ça vous fait tout de suite penser à quoi ? Aux stades mythiques ? Aux stars ?

C’est le Championnat le plus relevé et le plus compétitif au monde. Il n’y a que des internationaux, que des grandes équipes, que des stades pleins. Il n’y a rien de plus excitant que d’évoluer là où jouent les meilleurs. J’ai hâte de commencer.

Y a-t-il un stade plus qu’un autre que vous avez envie de découvrir ?

Il y en a plein ! Je suis déjà passé devant l’Etihad Stadium (Man City) qui a l’air magnifique. L’Emirates Stadium (Arsenal), Stamford Bridge (Chelsea), pfiou… Tous les stades sont magnifiques ! En fait, j’ai plutôt hâte de jouer pour la première fois à domicile pour apprécier l’ambiance qu’il peut y avoir. En deux jours, 20 000 abonnements se sont vendus ici !

C’est aussi ça qui vous a motivé…

Faire perdurer ce club en Premier League est un vrai challenge. Tout le monde ne s’attend pas à ce qu’on reste. C’était la même chose pour Leicester. Quand ils sont montés, personne n’imaginait qu’ils allaient devenir champions. J’espère qu’on sera le nouveau Leicester.

Vous avez été acheté 13 millions d’euros. C’est quelque chose qui peut vous mettre la pression ?

Non, ce n’est pas vraiment une forme de pression, mais je sais que je suis le record du club au niveau des transferts et qu’il y a beaucoup d’attentes. Je donnerai tout ! Je ne vais rien inventer parce que je suis le joueur le plus cher. Maintenant, c’est le travail, l’adaptation à un Championnat très physique. Je ne pense pas que je serai véritablement prêt dès le premier match. Mais avec le travail, je vais m’accrocher.

Y a-t-il un secteur où vous vous êtes dit que vous alliez devoir insister dessus pour vous mettre au niveau exigé ?

Je ne me sens pas en-dessous du niveau. Mais je sens que la dimension physique est différente, c’est vrai. L’arbitre siffle rarement, c’est d’ailleurs pour ça que c’est si intense. Il faut prendre le rythme.

Que répondez-vous aux gens qui vous voient partir en Angleterre après une saison en Ligue 1 et qui estiment que vous allez faire comme les Thauvin ou Cabella, à savoir vite revenir en France ?

Sans critiquer les qualités de Thauvin ou Cabella, je n’ai déjà rien à voir avec ce type de joueurs. Je n’ai pas le même gabarit, pas le même style de jeu. Eux sont plus des joueurs techniques. Et, ensuite, pourquoi moi je ne réussirais pas ? Chacun a une capacité d’adaptation différente. On en reparlera en fin de saison, pour évoquer la difficulté de la chose. Je n’ai pas peur de ça.

Rendez-vous le 12 août pour la première journée face à Crystal Palace, avant votre première à domicile devant Newcastle…

Les premiers matches sont primordiaux. Ce ne sera pas face au top 5, mais c’est dans ces moments-là qu’on se doit de prendre le maximum de points.

Pour terminer, en tant que joueur formé à Montpellier, le décès de Louis Nicollin a forcément dû vous toucher…

Quand je l’ai appris, j’étais en Angleterre pour ma visite médicale. Ça m’a fait un choc. Même si je ne le voyais pas énormément au centre de formation, on savait qu’il était présent, on sentait sa présence. C’est lui qui a construit ce club, et sans lui, je ne serai pas là où je suis. Louis Nicollin, quand on le voyait, on se disait qu’il était immortel, qu’il serait toujours là. Même là, en parlant, j’ai l’impression qu’il est toujours là. Je représente encore toutes mes condoléances à sa famille.»

Entretien réalisé par Thimoté Crépin pour France Football

Huddersfield : Mounié débloque son compteur en amical

En stage de préparation avec son nouveau d’Huddersfield, Steve Mounié (22 ans) a ouvert son compteur hier en match amical contre Bury. Les Terriers se sont imposé 3- 1 avec un but égalisateur de l’attaquant international béninoisà la 54e minute. C’était son deuxième match sous ses nouvelles couleurs.

Transfert : Mounié plus cher que Giroud !

Après l’officialisation de son transfert à Huddersfield  aujourd’hui Steve Mounié (22 ans) est devenu le joueur béninois le plus cher et pas que.

Son transfert vers Huddersfield a été officialisé aujourd’hui  pour un montant de 13 millions d’euros plus 2,5 millions d’euros en bonus, Steve Mounié (22 ans) est devenu le transfert la plus grosse vente de Montpellier. Il bat un record précédemment détenu par Olivier Giroud. L’international français avait quitté Montpellier pour Arsenal en 2012 pour 12 millions d’euros. Formé au club et après une seule saison complète en équipe fanion, l’international béninois a permis à son ancien club de réaliser une belle plus-value.

Dans son nouveau club, Mounié arrive comme le plus gros achat de l’histoire du club.  Les Terriers n’ont jamais autant misé sur un joueur. Mounié a battu le record d’Aaron Mooy recruté il y a quelques jours pour 12 millions en provenance de Manchester City.

Géraud Viwami

Transfert : Huddersfield officialise Mounié, qui devient le béninois le plus cher de l’histoire

Dans les tuyaux depuis plusieurs  jours c’est désormais officiel, Steve Mounié (22 ans) s’est engagé pour quatre ans avec Huddersfield en Premiere League anglaise pour  un transfert estimé à 13 millions d’euros en provenance de Montpellier et devient le footballeur béninois le plus cher de l’histoire.

Steve Mounié va découvrir l’Angleterre la saison prochaine.  L’attaquant aux 14 buts en 35 apparitions avec Montpellier en Ligue 1 la saison dernière a été transféré à Huddersfield promu en première division anglaise. Le club héraultais qui vient de perdre son président légendaire Louis Nicollin touche un chèque de 13 millions d’euros. L’opération a été officialisée ce jour et confirme les propos du joueur dans un entretien que nous avons relayé hier « Je suis un Terrier » surnom des joueurs d’Huddersfield. Mounié a signé un contrat de quatre ans et devrait toucher un salaire hebdomadaire d’un plus de 60 mille euros.

De l’autre coté de la Manche, Mounié sera en concurrence notamment avec le belge Depoitre arrivé de Porto il y a quelques semaines et le congolais Elias Kachunga meilleur buteur du club la saison dernière en deuxième division anglaise (12 buts). Le club qui a validé son ticket pour l’élite anglaise à l’issue des play off aura pour mission première de se maintenir.

Joueur béninois le plus cher !

A 22 ans seulement, le natif de Parakou s’offre un record de prestige en devant le joueur béninois le plus cher de l’histoire. En effet avec un transfert estimé à 13 millions d’euros, il devance Rudy Gestede  passé de Blackburn à Aston Villa pour 8,4 millions d’euros à l’été 2014 et Stéphane Sèssegnon passé du Mans au PSG en 2008 contre un chèque de 8 millions d’euros.

Géraud Viwami

Entretien : Mounié « je suis un Terrier  »

En partance pour Huddersfield, Steve Mounié (22 ans) a accordé un entretien  à nos confrères  de  Lindépendant.fr l’attaquant international béninois qui va quitter Montpellier parle essentiellement de son futur club en Premiere League anglaise. En attendant l’officialisation des deux clubs, Mounié a bel et bien confirmé son départ et validé sa future destination. 

Vous devriez désormais jouer dans le grand monde, la Premier League. En signant en Angleterre, vous changez de dimension…

L’Allemagne m’attirait aussi (Fribourg l’avait contacté). Mais l’Angleterre, c’est « The place to be ». Le rêve quoi ! Vous imaginez, évoluer à l’Emirates Stadium, Old Trafford, Anflield Road… Défier Manchester City, United, Arsenal, Liverpool, Tottenham… ça fait rêver. Me projeter marquer un but face à de telles équipes, rien que d’y songer, j’ai les poils qui se hérissent. L’ambiance est fabuleuse dans les stades. A Huddersfield, les 20 000 abonnements (John Smith’s Stadium contient 24 500 places) sont partis en un rien de temps. Quand j’étais petit, je portais un maillot d’Arsenal. J’étais supporter des Gunners parce qu’il y avait plein de joueurs français. Mais maintenant, je suis un « Terrier » (nom des joueurs d’Huddersfield). Je vais découvrir l’Angleterre, moi qui n’y ai jamais mis les pieds.

Connaissez-vous le calendrier d’Huddersfield ?

Nous allons à Crystal Palace, puis nous recevons Newcastle avant de disputer un tour de Coupe je crois. Les premiers matches, il va falloir que je marque mon territoire. Car en Angleterre, ça ne rigole pas, vous êtes bidon et vous être mis au placard. Même si vous avez coûté 13 millions d’euros. Rien que pour la montée, le club a touché 200 millions de droits TV. Alors recruter un avant-centre à 20 millions au mercato, ça ne leur fait pas peur.

Pourquoi avoir, a priori, choisi Huddersfield plutôt que Watford, l’autre club anglais qui souhaitait votre venue ?

À Huddersfield, les choses ont tout de suite été claires. Ils me veulent, je veux y aller, point. À Watford, le président est également propriétaire du club italien de Udinese. Le club souhaitait me recruter pour me prêter dans la foulée dans le club du Frioul, en Italie. Non, je n’étais pas d’accord.

Votre ex-coéquipier à Montpellier Stéphane Sessegnon, le capitaine du Bénin, qui a joué à West Brom ou Sunderland, vous a-t-il donné des conseils sur les travers à éviter en Angleterre ?

J’ai aussi discuté avec mon coéquipier de Montpellier Yacouba Sylla (Mali), qui a joué à Aston Villa. C’est amusant mais les deux m’ont invité à prendre un préparateur physique privé. Maintenant, à Huddersfield, l’entraîneur est Allemand. Ça doit bosser pas mal, alors peut-être que cela ne sera pas utile. Benjamin Stambouli, qui a joué à Tottenham, m’a prévenu que physiquement ça tapait fort en match comme à l’entraînement. Du coup, j’ai accentué un peu la musculation ces derniers temps (sourires). Ils m’ont également mis en garde contre le piège des filles qui sont de mèche avec les tabloïds pour déclencher des scandales. Avec moi, pas de danger. Je vais rester cool, tranquille. Bien concentré sur le job.

 

Huddersfield, c’est aussi le pays du XIII… Vous iriez soutenir les Dragons Catalans quand ils affronteront les Giants?

Malgré ma fibre catalane, je n’apprécie que très modérément le rugby. Alors je ne vous promets pas vraiment d’aller supporter les Dragons.

Quels souvenirs conserverez-vous de vos années Montpellier ?

J’y ai passé neuf années tout de même. Une très belle maison. Que de bons souvenirs avec ce titre de champion de France de CFA2. Et puis j’ai aussi participé au sacre de l’équipe une en Ligue 1. Bien sûr que je suis triste de quitter l’Hérault. Mais avec le chèque que va toucher le club, je me dis que c’est un bon renvoi d’ascenseur. Mais pour moi, tout a commencé à Nîmes en Ligue 2 il y a deux ans. Un club qui avait démarré le championnat avec moins 8 points et avec lequel je me suis éclaté en marquant 11 buts. Et puis dans le Gard, quelle passion. Là-bas, je suis arrivé enfant et j’en suis parti homme.

 

  • Réalisé par Arnaud Hingray pour Lindépendant.fr

 

Transfert: une offre anglaise insuffisante pour Mounié.

Promu en Premiere League anglaise la saison prochaine , Huddersfield s’intéresse à Steve Mounié (22 ans). Une proposition serait arrivé sur la table de Montpellier selon Esprit Pallaide. Mais l’offre transmise est bien loin des 10-12 demandés par Montpellier pour son  meilleur buteur (14 buts) en 2016-2017. Le club pourrait bien renchérir si la concurrence se manifeste à suivre.

Géraud Viwami