Origine du surnom “Ecureuils”

Depuis sa création en 1970, l’équipe nationale de football du Bénin a hérité du surnom d’écureuils. Au fil des années, plusieurs soulèvements ont été enregistrés contre ce surnom alors que la plupart des grosses écuries en matière de foot porte des surnoms plutôt de nature à impressionner dans le style lions, aigles, léopards, guêpes(d’accord un peu moins celui là), guerrier braves (la Namibie y a échappé bel, parce que “rats du désert”, ça faisait un peu trop écrasable), diables rouges…

Mais bon sang, pourquoi “écureuils”? Pourquoi pas “Jarre trouée”, ou “canari”. Ah j’oubliais, le Brésil l’avait déjà réservé celui-là (Seleção Canarinha ou Auriverde pour dire Sélection Petit Canari ou Vert-doré).

Plusieurs symbolismes sont donnés au terme écureuils en fonction de la région du monde.  Ainsi en Europe, les écureuils étaient considérés autrefois avec une grande méfiance. Les mythes des Germains du Nord relatent l’existence d’un écureuil appelé Ratatöskr (« dent de rat ») qui ne cessait de monter et de descendre sur le tronc de l’arbre du monde Yggdrasil (voir Frêne) et semait la discorde entre l’aigle installé sur sa cime et le serpent Nidhogr, en racontant à chacun ce que l’autre avait dit de lui (si seulement on pouvait faire au moins pareil à la CAN!!). L’écureuil fut aussi rapproché du dieu germain Loki. Cet animal roux qui fuit sans cesse à toute vitesse et ne se laisse jamais attraper fut considéré à l’époque chrétienne comme une véritable incarnation du Diable.

Pour les indiens d’Amérique, avoir la force de l’écureuil se dit de l’homme qui est toujours en mouvement. Rêver d’un écureuil est une invitation à se préparer pour un grand changement (Yayi devrait peut-être revoir ces affiches pour les prochaines élections?). Il apprend aussi à réserver son énergie pour un besoin ultérieur mais aussi à réserver son jugement pour l’avenir.

En héraldique (science qui étudie les armoiries) l’écureuil est le symbole de la prévoyance, de l’agilité, de la vivacité et de l’indépendance ou bien encore des contrées boisées (Après tout ce n’est pas aussi mauvais que ça le surnom). S’il est d’azur, il symboliserait la foi dans le commerce, s’il est de sable il symboliserait « un homme juste qui corrige les vices »(Ah oui, pour ça on a beaucoup à corriger!!). Nicolas Fouquet, intendant général des finances de Louis XIV, portait sur ses armes un écureuil accompagné de la devise “quo ne ascendet ?” (jusqu’où ne montera-t-il pas ?). Et au Bénin alors?

Norbert Imbs, Inspecteur des PTT sera le premier président de l’histoire de la Fédération béninoise de football qui donnera le nom d’écureuils au joueurs béninois de l’époque aux petits gabarits mais très agiles et « débrouillards »( ok pour les Sessegnon, Seka and co, mais pas sûr que les Omotoyossi et Chrysostome soient du même avis).

Norbert Imbs, un des premiers arbitres internationaux africains (notre popularité ne date pas de l’époque de Codjia pour ceux qui se le demandaient), aura été le père du football béninois, reconnut pour son combat contre l’ingérence de la politique dans les affaires du football au temps du régime militaire marxiste de Mathieu Kérékou (1972-1989). Il  tirera sa révérence le dimanche 21 février dernier à Cotonou à l’âge de 93 ans. Il a été inhumé dans l’après-midi du Vendredi 19 Mars dernier au cimetière Pk 14 route de Ouidah. L’équipe de bjfoot présente ses condoléances à sa famille et au foot béninois. Qu’il repose en paix!

C’était l’instant histoire sur bjfoot…