Afrique – Mondial 2018 : L’Afrique du Nord reçue 3 sur 5 !

Depuis que l’Afrique a droit à 5 représentants en coupe du monde (2002), jamais les pays du Nord du continent n’ont réussi à placer 3 représentants. Cette fois-ci, c’est fait. La « faute » au Ghana et à la Côte d’Ivoire, pas à leur niveau habituel, en transition entre générations ou tout simplement face à des adversaires Maroc et Egypte plus solides ? Un peu des trois !

Les pays d’Afrique du Nord ne représentent que 10% des pays affiliés à la Caf, même si pour les places en coupe du monde, cette région parvient souvent à envoyer 20 à 40% des représentants. Une question de moyens économiques, de meilleure structuration en général qui permettent à la région la moins peuplée d’optimiser sa représentativité.

Les équipes d’Afrique noire, (en plus grand nombre), doivent leur bonne représentativité à leurs talents évoluant très tôt en Europe et leurs icônes emblématiques (Eto’o, Drogba, Ayew, Gyan, Diouf) qui ont permis depuis 1998 aux pays subsahariens de combler le retard d’infrastructures et d’organisation. Tous ces avantages sont combinés à la difficulté pour les nord-africains de jouer dans la chaleur humide, sur des pelouses en moins bons états avec des conditions de réception parfois « limites ».

Cette fois-ci, l’Afrique du Nord revient en force face à une Afrique sub-saharienne dont les représentants les plus réguliers depuis 2006 : Côte d’Ivoire et Ghana ainsi que le représentant le plus emblématique, le Cameroun, ont pâti de plusieurs manques.

Les Eléphants pour leur part ont dû intégrer beaucoup de nouvelles choses : Un coach qui découvre l’Afrique, une demi-douzaine de nouveaux titulaires ou nouveaux leaders (Zaha, Cornet, Bailly et consorts). Le renouvellement de génération, la transition entre la génération Drogba/ Yaya Touré et celle actuelle est compliquée malgré le talent des nouveaux arrivants. Et malgré la présence de Gervinho et Salomon Kalou pour assurer le passage de flambeaux.

Le Ghana doit également faire face à la même question de transition générationnelle combinée une instabilité du staff technique.

Les Lions Indomptables du Cameroun, champions d’Afrique en titre ont eu du mal à lutter contre un environnement nocif avec un sélectionneur constamment sous le feu des critiques et une fédération inexistante.

La représentation du continent africain aura donc un accent arabe. Une première qui sera scrutée en Russie.

Aubay

Rémi Amavi, ancien international béninois : « Les Eléphants ont été exemplaires »

 

Rémi Amavi avec Didier Drogba dimanche au lendemain de la victoire ivoirienne

De retour de Malabo où il s’était rendu pour suivre ce match, Rémi Amavi qui depuis 8 ans vit en Guinée Equatoriale analyse ici cette défaite du pays co-organisateur.

« Ce qui a fait la différence dans ce match, c’est le professionnalisme ivoirien. On a vu un comportement exemplaire de la part des ivoiriens. Des joueurs qui ont envie sérieusement, de gagner quelque chose pour leur pays.

La Guinée équatoriale a fait son meilleur match

Personnellement, je m’attendais à un score du genre. Je savais que si la Côte d’Ivoire mettait un but avant la pause, on risquait d’avoir un score aussi lourd. Je crois que la Guinée équatoriale, tactiquement a fait son meilleur match. Mais quand on prend deux équipes bonnes tactiquement, c’est la plus forte sur le papier qui l’emporte.

Sauf surprise, le prochain vainqueur

Malheureusement le football réserve des surprises. Sinon, la meilleure équipe du tournoi sur tous les plans, c’est la Côte d’Ivoire et je pense qu’elle va remporter la Coupe, sauf cas imprévisible et elle pourrait même remporter 2013. »

 

Propos recueillis par Aubay à Bata

 

Ministère des sports : Didier Akplogan face à la crise du football et la répartition équitable des ressources

 

 

Si Modeste Kérékou a été précédé par la réputation de son père et la sienne propre du fait de son passage à l’assemblée nationale, Didier Akplogan n’est connu que de connaisseurs du sport et des arcanes du pouvoir. Le nouveau ministre en terrain quasi-connu a d’importants défis à relever.

Il a été conseiller à la communication du chef de l’Etat pendant 5 ans. Il connaît donc les arcanes du pouvoir. Pour ce spécialiste de la communication, passionné de volley-ball devenu président de la fédération de la même discipline en janvier 2010, être ministre est un défi. Plus qu’une récompense. La balle lancée dans le camp de Didier Akplogan. Face à lui, une vingtaine de fédérations qui repensent à l’ère Montcho. Ce dernier, premier ministre des sports nommé par Boni Yayi était aussi président de fédération, celle d’athlétisme. Il a décidé de la répartition « démocratique et à part égale » des ressources du ministère des sports. En son temps, l’équipe nationale junior de volley-ball a pu prendre par au championnat d’Afrique de sa catégorie. La plupart des fédérations ont engrangé plus de 25 millions par an contrairement aux miettes (2 millions) qu’elles encaissaient les années auparavant. C’est donc dans ce sens que l’arrivée de Didier Akplogan fait sauter de joie les « petites » fédérations qui s’endettent pendant que le football s’engraisse. L’équité dans la répartition des ressources est donc la nouvelle clé du développement transversal du sport au Bénin. Didier Akplogan a donc un défi à relever, qui est par exemple d’en donner plus que prévu aux handballeurs juniors béninois  qualifiés pour deux coupes du mondes dans la même année. Au lieu de filer comme ses prédécesseurs, plus de deux millions par exemple pour aller jouer un match de foot au Burundi ou au Rwanda.

 

La crise au football, comme un os dans la gorge

Sur les 3 dernières années, à chaque ministre, ses crises. Etienne Kossi a connu la crise des fédérations d’Athlé, de Cyclisme et de Tennis. Modeste Kérékou a connu celle du football. Depuis décembre 2010, le football béninois est face à une crise, sans doute la plus grave de son histoire. Le gouvernement ayant posé un acte important en conseil des ministre, en validant la lettre de sommation adressée à la Fédération, Didier Akplogan a donc une balise, pour attaquer le sujet.  La résolution de cette crise est une question de carrure et de poigne. Modeste Kérékou avec son nom arrivait à faire trembler les plus récalcitrants, dans un camp comme dans l’autre. Attaquer un « Kérékou », c’est attaquer un symbole de la république, le père ayant encore beaucoup de ramifications partout. Didier Akplogan n’a pas l’avantage du pédigrée, mais son passé récent à la présidence lui garantit, on l’espère, des entrées auprès du chef de l’Etat. Ceci lui sera utile car dans cette crise, des interférences nuisibles viennent de partout dans le système du pouvoir. C’est un casse-tête qu’il peut résoudre en limitant la casse. En devenant ministre des sports, il est devenu une cible et devra donc en tenir compte.