Cristallisation des positions et tentative de réconciliation : Didier Akplogan face à la prochaine décision du TAS

Le 26 ou le 29 juillet. Voilà les deux dates parmi lesquelles le tribunal arbitral du sport (Tas) choisira une seule pour l’audience tant attendue entre les deux parties. Pendant ce temps, chaque camp compte ses cartes et l’Etat béninois semble malgré tout attentiste. Le ministre Akplogan espère une réconciliation, mais le Tas pourrait trancher et donner raison à un camp ou l’autre, sans conciliation.

Aubay

« D’entrée, je vous dis que moi je ne suis pas juge, je ne suis pas magistrat. Donc je ne peux pas juger de qui a raison ou non. Et je réalise aujourd’hui que c’est ce que les gens attendent de moi et ils n’auront pas ça de moi. » Voilà une réponse à nous accordée par le ministre des sports dans laquelle le mot « juge » nous ramène au tribunal. Le Tas, pourquoi pas. Puisque cette dernière semble le dernier recours. Plus loin, le ministre des sports poursuit « …Et même s’il y a eu des fautes à des endroits, il y a des personnes compétentes pour décider dans notre pays. Le pouvoir judiciaire est séparé de l’exécutif. A ce niveau, on pense à la justice béninoise avec l’affaire Mtn etc. Mais ceci n’est pas pour le moment le cœur de notre sujet. En précisant : « Les fédérations sont des associations régies par la loi 1901. Elles ont leurs règles bien précises, il existe également des structures faîtières, comme la Caf et la Fifa pour le foot qui ont leurs principes et méthodes. » Là, le ministre reconnaît explicitement la primauté des textes et des instances internationales. Alors, que fera l’Etat béninois de ce cas, Attendre ou agir ?

A bas le Tas, vive le Tas ?

La suite du discours est nuancé et mixte et on y relève la crainte des instances internationales et la réaffirmation de l’autorité de l’Etat. «Nous avons le devoir de faire un certain nombre de choses qui permettent de concorder pour y arriver. Aujourd’hui s’ils ont un conflit, qu’ils règlent ça entre eux, qu’ils aillent aux tribunaux, à la Caf et la Fifa s’ils le veulent. Mais nous avons le droit de veiller à l’ordre public. Tant qu’ils n’ont pas troublé l’ordre public nous n’intervenons pas. Je veux dire que le fond de la question est en cours d’analyse, que le TAS statue. »

En évoquant le Tas et le fait qu’il va statuer, le ministre montre une certaine attente par rapport à cette procédure-là. Normal. Mais dans les lignes précédentes, il démontre que le gouvernement veille et veillera aux grains. Jusque-là, on ne voit pas vraiment le rôle du gouvernement. Sauf le 15 avril où une partie a tenu une assemblée générale sans l’autre camp, avec la bénédiction des forces de l’ordre. Le ministre Kérékou a bien souligné que des délégués fictifs étaient dans la salle avec des envoyés de la Fifa. Le rôle de l’Etat est flou ou tout au moins pas assez clair.

Alors, Didier Akplogan veut-il restaurer l’autorité de l’Etat dans le dialogue, face à la décision imminente du Tas ? La réponse à cette question reste difficile car le ministre ne s’avance pas vraiment sur le sujet. Son but étant une réconciliation au forceps. Mieux vaut un mauvais arrangement qu’un bon procès disent les sages. Le ministre Akplogan semble avoir choisi cette voie. Mais dans un camp comme dans l’autre, est-on de cet avis ?

« J’aurais souhaité, qu’on trouve une solution interne plutôt que de nous battre à l’international» lâche Didier Akplogan toujours dans l’interview du lundi dernier accordée à l’Autre Quotidien. Et pourtant, en voyant la toute puissance des instances internationales, on se demande bien comment le ministre Akplogan peut agir si le Tas donnait raison à un camp. Cela va renforcer une seule partie qui s’imposera même au ministre des sports. Même si la phrase « nous n’avons pas peur des instances internationales» donne l’impression que le Bénin peut toujours faire fi du Tas. Ce qui reste bien difficile, voire impossible, le ministre Akplogan ayant lui-même clamé « je vous dis que moi je ne suis pas juge, je ne suis pas magistrat.» Alors, il sera contraint de constater la décision du Tas. Imposera-t-il quand même alors aux protagonistes de travailler ensemble ?

Didier Akplogan : « Nous n’avons pas peur des instances internationales »

Après quelques semaines à la tête du département ministériel de la jeunesse, des sports et des loisirs, le nouveau ministre Didier Akplogan, arrivé en pleine crise du football béninois a bien voulu s’ouvrir à l’Autre Quotidien sur sa politique et sa vision des questions du sport, de la jeunesse et des loisirs. Il apporte des éclairages sur la gestion de la crise du football, sans langue de bois.

 (extraits)

Parlant de la crise du football, quels sont vos sentiments  par rapport à cette crise qui paralyse le sport-roi et comment envisagez-vous régler cette cacophonie, pour éviter le gaspillage des énergies et de l’amour du public pour le football?

Avant d’aborder la crise, je voudrais poser des principes, des bases. Le premier est que je suis ministre de la jeunesse des sports et des loisirs. Je ne suis pas que ministre des sports, même si je faisais abstraction du reste, et que je suis ministre des sports uniquement, aujourd’hui j’ai 22 fédérations à gérer, et le football n’est qu’une discipline. Et si j’avais décidé de faire abstraction des 21 autres disciplines pour ne retenir que le football…Si je n’étais que ministre du football, rien que dans le football, j’ai celui des jeunes, des femmes, des étudiants, des militaires à gérer ainsi que les infrastructures sportives. Il y a un paquet de choses dans le foot. Donc la fédération de football, est très importante. Mais je n’ai pas que ça à faire, je vais lui consacrer le temps qu’il faut mais  cela n’occupera pas l’essentiel de mon temps et n’occultera pas  les autres fédérations qui ont aussi besoin d’attentions. Ceci dit, mon choix n’est pas d’ignorer la crise qui secoue le foot. Et le foot ne peut pas se développer dans la crise. D’entrée, je vous dis que moi je ne suis pas juge, je ne suis pas magistrat. Donc je ne peux pas juger de qui a raison ou non. Et je réalise aujourd’hui que c’est ce que les gens attendent de moi et ils n’auront pas ça de moi. Et même s’il y a eu des fautes à des endroits, il y a des personnes compétentes pour décider dans notre pays. Le pouvoir judiciaire est séparé de l’exécutif. Les fédérations sont des associations régies par la loi 1901. Elles ont leurs règles bien précises, il existe également des structures faîtières, comme la Caf et la Fifa pour le foot qui ont leurs principes et méthodes. Nous avons le devoir de faire un certain nombre de choses qui permettent de concorder pour y arriver. Aujourd’hui s’ils ont un conflit, qu’ils règlent ça entre eux, qu’ils aillent aux tribunaux, à la Caf et la Fifa s’ils le veulent. Mais nous avons le droit de veiller à l’ordre public. Tant qu’ils n’ont pas troublé l’ordre public nous n’intervenons pas. Je veux dire que le fond de la question est en cours d’analyse, que le TAS statue. Tout ce que nous voulons, c’est que le football se poursuive dans le sens du progrès, c’est qu’il n’y ait plus de bruits, qu’on puisse se donner la main. Nous voulons que les deux parties puissent se parler afin que nous ayons un seul championnat et que les jeunes qui sont derrière, nous puissions les former, et leur présenter le bon exemple. Il faut qu’on puisse libérer, dégager le terrain.

Mais est-ce que vous vous sentez soutenu dans cette action de réconciliation des deux parties que beaucoup de choses divisent ? Avez-vous des appuis parce que tout seul ce n’est pas évident?

Il n’y a pas de langue de bois, je suis ouvert. J’ai rencontré les parties protagonistes, les extrémistes et les modérés. Je crois que les têtes de pont ne sont pas des extrémistes. Donc nous avons engagé les discussions. Et vous savez dans les négociations, il y a toujours les moments où certains bluffent, ou intimident, certains utilisent, à profit, ce moment pour qu’on puisse avancer. Mais toujours est-il qu’il y a des personnes solides sur lesquelles on peut compter dans la négociation. Parce que j’aurais souhaité, qu’on trouve une solution interne plutôt que de nous battre à l’international. Et j’ai eu d’autres initiatives venant de joueurs, d’enfants, de personnes de certains niveaux qui pensent exactement comme l’Etat, et qui vont nous aider à trouver des solutions. Mais il faut qu’on y aille vite parce qu’on n’a pas beaucoup de temps.

 « Je ne laisserai jamais faire deux championnats, ni deux fédérations dans notre pays »

Vous n’êtes pas pour deux championnats, le pays doit-il attendre indéfiniment que les dirigeants règlent leurs contradictions ?

Il faut clarifier certaines choses, on dit que le ministre a interdit les championnats et fermer les stades. Je n’ai pas eu besoin de faire ça. Des deux parties, il y en a une qui a nommé un directeur de ligue ; ils ont initié des championnats, ce que j’ai découvert dans la presse. Ils ont oublié que le ministère des sports existait, que l’Etat pouvait contribuer d’une manière ou d’une autre. C’est quand ils ont buté sur les portes fermées des stades, qu’ils ont trouvé la nécessité de nous adresser des courriers pour annoncer la reprise des championnats. Mais je vous invite à aller voir l’état des stades. Nous venons de récupérer le stade René Pleven d’Akpakpa, quand il pleut la pelouse est impraticable. Donc un peu partout c’est comme ça. Nous avons besoin de travailler sur les infrastructures. Moi, personnellement, je ne laisserai jamais faire deux championnats, ni deux fédérations dans notre pays. Mais toujours est-il que si quelqu’un essaye de faire obstacle à la réconciliation nous nous opposerons à la personne.

On reproche au gouvernement de trop investir dans le football qui déçoit  évidement ; pensez-vous investir dans les autres  « petites » disciplines qui parfois ramènent plus de résultats, comme les handballeurs qui ont récemment été médaillé de bronze en Inde et qui sont en partance pour la Grèce ?

Le handball n’est pas une petite discipline, il n’y a pas de petite de discipline. Seulement que le football a pris de l’avance en s’imposant chez le public, c’est le sport-roi. Dans notre pays c’est le sport qui a le plus vite avancé. Alors je ne vais pas dire qu’il y a trop d’argent dans le foot, il n’y a pas assez d’argent dans le sport. Et malgré tout ce qu’on investit, cela ne suffit pas pour développer le foot. Même si en évaluant l’effort financier de l’Etat, on doit reconnaître qu’il a assez fait. Il faut aussi féliciter ceux qui ont apporté des moyens. Je pense à  Sébastien Ajavon, qui a boosté le foot. Il faut féliciter Moucharafou Anjorin et les autres. Ils ont tous fait ce qu’ils peuvent. Aujourd’hui je pense qu’il faut trouver avec l’Etat le moyen de s’entendre pour mieux faire. Nous avons environ 0.4 % du budget national  au ministère des sports. Il faut trouver le moyen d’élever jusqu’à 1%  pour relever le foot et les autres disciplines. Maintenant il y a les ressources additionnelles qu’il faut redistribuer. Ces ressources, on peut les trouver auprès de tous les organismes qui investissent dans la jeunesse et les sports.

« Nous n’avons pas peur des instances internationales »

En septembre prochain les Ecureuils jouent le Burundi, comment pensez-vous régler la question de la direction technique nationale ?

Vous voulez me pousser à dévoiler les plans que nous avons ! Et nous ne pouvons pas avancer à visage découvert, à cause de la crise de la fédération de foot, parce que nous ne voulons pas griller ces plans. On ne peut pas choisir quelqu’un sans qu’il ne plaise ou déplaise à l’autre. Et il y a un ensemble d’éléments qui font que nous sommes obligés d’anticiper. Nous pensons à des solutions qui sont en cours et que nous ferons accepter au moment opportun aux acteurs du foot s’ils arrivent à se réconcilier. Ils nous ont aussi proposé des plans qu’on a rejetés. Il faut être honnête, les deux matches restants dans les éliminatoires ne sont pas fondamentaux. On ne compte pas sur ses matches pour aller à la Can, on joue par fair-play. Le Bénin va jouer ses matches pour respecter ses engagements, pour ne pas être lâche. On n’a plus de chance de se qualifier, mais nous allons jouer sans y consacrer énormément de moyens. Nous mettrons juste le nécessaire qu’il faut. La Can 2013, n’est pas très loin, la préparation va commencer début 2012, donc si nous n’anticipons pas, nous aurons la tête dans l’eau. Mais tout ceci passe par une solution à la crise, et sans douleur. Nous n’avons pas peur des instances internationales

Didier Akplogan : « Le sport occupe la majeure partie de la population mais n’a jamais eu 0,5% du budget national»

Alors dites-nous est-ce des questions de moyens ou d’organisation ?

Je dirai l’un et l’autre. Je disais tantôt que la réflexion doit précéder l’action. Il faut avoir une politique, il faut avoir un plan, mais il faut surtout avoir les moyens. Je me demande si même en période de crise économique on ne devrait pas classer ce ministère parmi les prioritaires parce que la plus grande partie de la population est ici. Nous occupons la majeure partie de leur temps mais pourtant nous n’avons jamais eu 0.5 % du budget national. C’est paradoxal, mais je peux comprendre parce que nous n’avons jamais mis une véritable politique en place. Nous sommes en train de mettre cette politique  en place et nous allons demander les moyens qu’il faut. Peut-être que cela aboutira, ou pas. Mais nous allons mettre cette politique en place. C’est un ensemble de choses : la ressource humaine, la formation, les infrastructures, les évènements etc. tout cela fait qu’on a besoin de moyens, de gros moyens.

Interview exclusive / Le ministre Didier Akplogan et la crise du football béninois

 

 

Après quelques semaines à la tête du département ministériel de la jeunesse, des sports et des loisirs, le nouveau ministre Didier Akplogan, arrivé en pleine crise du football béninois a bien voulu s’ouvrir à l’Autre Quotidien sur sa politique et sa vision des questions du sport, de la jeunesse et des loisirs. Il apporte des éclairages sur la gestion de la crise du football, sans langue de bois.

 (extraits)

Parlant de la crise du football, quels sont vos sentiments  par rapport à cette crise qui paralyse le sport-roi et comment envisagez-vous régler cette cacophonie, pour éviter le gaspillage des énergies et de l’amour du public pour le football?

Avant d’aborder la crise, je voudrais poser des principes, des bases. Le premier est que je suis ministre de la jeunesse des sports et des loisirs. Je ne suis pas que ministre des sports, même si je faisais abstraction du reste, et que je suis ministre des sports uniquement, aujourd’hui j’ai 22 fédérations à gérer, et le football n’est qu’une discipline. Et si j’avais décidé de faire abstraction des 21 autres disciplines pour ne retenir que le football…Si je n’étais que ministre du football, rien que dans le football, j’ai celui des jeunes, des femmes, des étudiants, des militaires à gérer ainsi que les infrastructures sportives. Il y a un paquet de choses dans le foot. Donc la fédération de football, est très importante. Mais je n’ai pas que ça à faire, je vais lui consacrer le temps qu’il faut mais  cela n’occupera pas l’essentiel de mon temps et n’occultera pas  les autres fédérations qui ont aussi besoin d’attentions. Ceci dit, mon choix n’est pas d’ignorer la crise qui secoue le foot. Et le foot ne peut pas se développer dans la crise. D’entrée, je vous dis que moi je ne suis pas juge, je ne suis pas magistrat. Donc je ne peux pas juger de qui a raison ou non. Et je réalise aujourd’hui que c’est ce que les gens attendent de moi et ils n’auront pas ça de moi. Et même s’il y a eu des fautes à des endroits, il y a des personnes compétentes pour décider dans notre pays. Le pouvoir judiciaire est séparé de l’exécutif. Les fédérations sont des associations régies par la loi 1901. Elles ont leurs règles bien précises, il existe également des structures faîtières, comme la Caf et la Fifa pour le foot qui ont leurs principes et méthodes. Nous avons le devoir de faire un certain nombre de choses qui permettent de concorder pour y arriver. Aujourd’hui s’ils ont un conflit, qu’ils règlent ça entre eux, qu’ils aillent aux tribunaux, à la Caf et la Fifa s’ils le veulent. Mais nous avons le droit de veiller à l’ordre public. Tant qu’ils n’ont pas troublé l’ordre public nous n’intervenons pas. Je veux dire que le fond de la question est en cours d’analyse, que le TAS statue. Tout ce que nous voulons, c’est que le football se poursuive dans le sens du progrès, c’est qu’il n’y ait plus de bruits, qu’on puisse se donner la main. Nous voulons que les deux parties puissent se parler afin que nous ayons un seul championnat et que les jeunes qui sont derrière, nous puissions les former, et leur présenter le bon exemple. Il faut qu’on puisse libérer, dégager le terrain.

Mais est-ce que vous vous sentez soutenu dans cette action de réconciliation des deux parties que beaucoup de choses divisent ? Avez-vous des appuis parce que tout seul ce n’est pas évident?

Il n’y a pas de langue de bois, je suis ouvert. J’ai rencontré les parties protagonistes, les extrémistes et les modérés. Je crois que les têtes de pont ne sont pas des extrémistes. Donc nous avons engagé les discussions. Et vous savez dans les négociations, il y a toujours les moments où certains bluffent, ou intimident, certains utilisent, à profit, ce moment pour qu’on puisse avancer. Mais toujours est-il qu’il y a des personnes solides sur lesquelles on peut compter dans la négociation. Parce que j’aurais souhaité, qu’on trouve une solution interne plutôt que de nous battre à l’international. Et j’ai eu d’autres initiatives venant de joueurs, d’enfants, de personnes de certains niveaux qui pensent exactement comme l’Etat, et qui vont nous aider à trouver des solutions. Mais il faut qu’on y aille vite parce qu’on n’a pas beaucoup de temps.

 

 « Je ne laisserai jamais faire deux championnats, ni deux fédérations dans notre pays »

Vous n’êtes pas pour deux championnats, le pays doit-il attendre indéfiniment que les dirigeants règlent leurs contradictions ?

Il faut clarifier certaines choses, on dit que le ministre a interdit les championnats et fermer les stades. Je n’ai pas eu besoin de faire ça. Des deux parties, il y en a une qui a nommé un directeur de ligue ; ils ont initié des championnats, ce que j’ai découvert dans la presse. Ils ont oublié que le ministère des sports existait, que l’Etat pouvait contribuer d’une manière ou d’une autre. C’est quand ils ont buté sur les portes fermées des stades, qu’ils ont trouvé la nécessité de nous adresser des courriers pour annoncer la reprise des championnats. Mais je vous invite à aller voir l’état des stades. Nous venons de récupérer le stade René Pleven d’Akpakpa, quand il pleut la pelouse est impraticable. Donc un peu partout c’est comme ça. Nous avons besoin de travailler sur les infrastructures. Moi, personnellement, je ne laisserai jamais faire deux championnats, ni deux fédérations dans notre pays. Mais toujours est-il que si quelqu’un essaye de faire obstacle à la réconciliation nous nous opposerons à la personne.

 

On reproche au gouvernement de trop investir dans le football qui déçoit  évidement ; pensez-vous investir dans les autres  « petites » disciplines qui parfois ramènent plus de résultats, comme les handballeurs qui ont récemment été médaillé de bronze en Inde et qui sont en partance pour la Grèce ?

Le handball n’est pas une petite discipline, il n’y a pas de petite de discipline. Seulement que le football a pris de l’avance en s’imposant chez le public, c’est le sport-roi. Dans notre pays c’est le sport qui a le plus vite avancé. Alors je ne vais pas dire qu’il y a trop d’argent dans le foot, il n’y a pas assez d’argent dans le sport. Et malgré tout ce qu’on investit, cela ne suffit pas pour développer le foot. Même si en évaluant l’effort financier de l’Etat, on doit reconnaître qu’il a assez fait. Il faut aussi féliciter ceux qui ont apporté des moyens. Je pense à  Sébastien Ajavon, qui a boosté le foot. Il faut féliciter Moucharafou Anjorin et les autres. Ils ont tous fait ce qu’ils peuvent. Aujourd’hui je pense qu’il faut trouver avec l’Etat le moyen de s’entendre pour mieux faire. Nous avons environ 0.4 % du budget national  au ministère des sports. Il faut trouver le moyen d’élever jusqu’à 1%  pour relever le foot et les autres disciplines. Maintenant il y a les ressources additionnelles qu’il faut redistribuer. Ces ressources, on peut les trouver auprès de tous les organismes qui investissent dans la jeunesse et les sports.

 

« Nous n’avons pas peur des instances internationales »

En septembre prochain les Ecureuils jouent le Burundi, comment pensez-vous régler la question de la direction technique nationale ?

Vous voulez me pousser à dévoiler les plans que nous avons ! Et nous ne pouvons pas avancer à visage découvert, à cause de la crise de la fédération de foot, parce que nous ne voulons pas griller ces plans. On ne peut pas choisir quelqu’un sans qu’il ne plaise ou déplaise à l’autre. Et il y a un ensemble d’éléments qui font que nous sommes obligés d’anticiper. Nous pensons à des solutions qui sont en cours et que nous ferons accepter au moment opportun aux acteurs du foot s’ils arrivent à se réconcilier. Ils nous ont aussi proposé des plans qu’on a rejetés. Il faut être honnête, les deux matches restants dans les éliminatoires ne sont pas fondamentaux. On ne compte pas sur ses matches pour aller à la Can, on joue par fair-play. Le Bénin va jouer ses matches pour respecter ses engagements, pour ne pas être lâche. On n’a plus de chance de se qualifier, mais nous allons jouer sans y consacrer énormément de moyens. Nous mettrons juste le nécessaire qu’il faut. La Can 2013, n’est pas très loin, la préparation va commencer début 2012, donc si nous n’anticipons pas, nous aurons la tête dans l’eau. Mais tout ceci passe par une solution à la crise, et sans douleur. Nous n’avons pas peur des instances internationales.

 

 

 

Didier Akplogan : « La fédération de football est très importante »

Didier Akplogan, ministre des sports

 

Pour la crise du football, quels sont vos sentiments  par rapport à cette crise qui paralyse le sport-roi et comment envisager régler cette cacophonie pour éviter le gaspillage des énergies et l’amour du public pour le football?

Avant d’aborder la crise, je voudrais poser des principes, des bases. Le premier est que je suis ministre de la jeunesse des sports et des loisirs. Je ne suis pas que ministre des sports, même si je faisais abstraction du reste, et que je suis ministre des sports uniquement, aujourd’hui j’ai 22 fédérations à gérer, et le football n’est qu’une discipline. Et si j’avais décidé de faire abstraction des 21 autres disciplines pour ne retenir que le football…Si je n’étais que ministre du football, rien que dans le football, j’ai le football des jeunes, des femmes, de formation, des étudiants, des militaires, j’ai les infrastructures. Il y a un paquet de choses dans le foot. Donc la fédération de football, est très importante. Mais je n’ai pas que ça à faire, je vais lui consacrer le temps qu’il faut mais  cela ne va pas occuper l’essentiel de mon temps et occulter les autres fédérations qui ont aussi besoin d’attentions. Ceci dit, mon choix n’est pas d’ignorer la crise qui secoue le foot. Et le foot ne peut pas se développer dans la crise. D’entrée, je vous dis que moi je ne suis pas juge, je ne suis pas magistrat. Donc je ne peux pas juger de qui a raison ou non. Et je réalise aujourd’hui que c’est ce que les gens attendent de moi et ils n’auront pas ça avec moi. Et même s’il y a eu des fautes à des endroits, il y a des personnes compétentes pour décider dans notre pays. Le pouvoir judiciaire est séparé de l’exécutif. Les fédérations sont des associations régies par la loi 1901. Elles ont leurs règles bien précises, il existe également des structures faîtières, comme la Caf et la Fifa pour le foot qui ont leurs principes et méthodes. Nous avons le devoir de faire un certains nombre de choses qui permettent de concorder pour y arriver. Aujourd’hui s’ils ont un conflit, qu’ils règlent ça entre eux, qu’ils aillent aux tribunaux, à la Caf et la Fifa s’ils le veuillent. Mais nous avons le droit de veiller à l’ordre public. Tant qu’ils n’ont pas troublé l’ordre public nous n’intervenons pas. Je veux dire que le fond de la question est en cours d’analyse, que le TAS statue. Tout ce que nous voulons c’est que le football continue, c’est qu’il n’y ait plus de bruits, qu’on puisse se donner la main. Nous voulons que les deux parties puissent se parler afin que nous ayons un seul championnat. Pour que les enfants qui sont derrière, puisque nous donnons priorité à la formation, puissent avoir de l’exemple. Il faut qu’on puisse libérer, dégager le terrain. »

 

 

l’intégralité à lire

Le ministre Didier Akplogan veut bannir l’amateurisme et la gestion personnelle

Passation de service au ministère des sports

Le palais des sports a abrité mardi en fin de matinée la passation de pouvoir de Modeste Kérékou à Didier Akplogan Djibodé, nouveau ministre des sports.

 

Aubay

« Sortir les secteurs jeunesse, sports et loisirs des sentiers battus ». La déclaration est ambitieuse et n’a surtout rien de personnel, car le nouveau ministre précise qu’être à ce poste-là n’est « pas une promotion sociale personnelle (…) mais pour accomplir le projet de société du président Boni Yayi. Après avoir tracé le cadre général, Didier Akplogan lance un premier avertissement qui stipule en substance que « l’amateurisme et la gestion personnelle des affaires sportives sont à proscrire ». Troisième étape d’un discours-éclair, l’inévitable match Bénin- Côte d’Ivoire face à la crise fratricide. « J’appelle les différents protagonistes de la crise à se mobiliser pour l’exploit » a lancé le ministre Akplogan avant de demander aux médias de jouer le rôle d’apaisement et mobilisation dans le cadre du match de dimanche.

Enfin, le ministre des sports annonce pour première action une rencontre avec les fédérations et les associations non fédératives pour une meilleure planification. Il exhortera les acteurs à « retrousser les manches pour aller plus loin».

 

Se méfier des groupes d’intérêts et du conservatisme

Avant le ministre entrant, c’est Modeste Kérékou fort de ses 11 mois et 9 jours passés à la tête des sports qui va énoncer les défis « importants et pas faciles » qui attendent le ministre Akplogan. « Les réformes sont difficiles car touchant des intérêts de groupes constitués aux relais insoupçonnables ». Il citera entre autres comme actes attendus, la relecture de la charte des sports et les documents d’application, la poursuite du règlement définitif de la crise au sein de la Fbf, la formation des coaches et des trésoriers des fédérations. Au plan des infrastructures, c’est le stade de Natitingou qui doit mériter les attentions, suggère le ministre Kérékou, ceci en raison de la fête de l’indépendance dans cette ville. Le ministre sortant évoquera aussi les baux litigieux des stades (le stade René Pleven par exemple), et également la pose des sièges au stade de l’Amitié.

En attendant les discours des deux ministres, c’est le message de la responsable du syndicat-maison qui a fait sensation. Madame Mondé évoque les « difficultés de la gestion des hommes dans un environnement de plus en plus corrompu ». Elle « regrette le conservatisme » qui sévit dans ce ministère. Comme il y a 11 mois, elle a conseillé au nouveau ministre de savoir « distinguer le bon grain de l’ivraie ».

Elle fera un clin d’œil à Modeste Kérékou qui aura satisfait « une petite partie des revendications» des syndicats.

 

Didier Akplogan porté par ses réseaux

La passation de service au Bénin est l’occasion de voir les réseaux d’amis et de sympathisants du nouveau ministre. Mardi au palais des sports, on a pu mesurer la densité du gratin réuni pour assister à la prise de pouvoir de Didier Akplogan. La famille, avec le chef des Akplogan Djibodé d’Allada et ensuite le cercle élargi des anciens amis à l’Université. Un réseau bien étendu qui part de la société civile à la fédération béninoise de football ! Le clan des volleyeurs, pas si nombreux, mais si important pour celui qui reste président de la fédération de volley-ball. Et enfin, la plus influente certainement, le clan des désormais ex-collaborateurs du nouveau ministre pendant qu’il était à la présidence de la république. Le cercle est large.

 

6 passations en 6 ans !

En février 2005, au lendemain de la médaille de bronze décrochée par les Ecureuils Juniors à Cotonou, Valentin Houdé a quitté la tête des sports. Jean-Baptiste Edayé l’a remplacé. Ce dernier, en avril 2006 cèdera sa place à Théophile Montcho. Juin 2007 verra Galiou Soglo s’installer aux commandes avant de céder en octobre 2008 le siège à Etienne Kossi. C’est Modeste Kérékou qui en juin 2010 viendra remplacer l’ingénieur des télécoms qui aura géré la Can 2010. Didier Akplogan s’est installé aux commandes et devient le 6e ministre en 6 ans et 4 mois ! La longévité de Valentin Houdé (presque 5 ans) reste un record à battre ! Didier Akplogan pourrait bien le faire, s’il sait s’y prendre…Bonne chance !

Aubay

 

Un Didier ministre pour un Didier joueur !

Eliminatoires Can 2012 / Bénin – Côte d’Ivoire du 5 juin

Le cadeau n’est pas empoisonné ! Il est beau. Car si Boni Yayi a attendu les périodes creuses du football les fois précédentes (à part Montcho qui a été sauté en pleine victoire 4-1 face à au Togo en juin 2007), cette fois-ci, c’est à une semaine d’un match « capitalissime » qu’il a nommé Didier Akplogan. Face à l’équipe de Didier Drogba, le nouveau ministre a donc peu de temps pour comprendre les rouages et les combines qui entourent un tel match. Ce genre de rencontres arrive une fois tous les deux ans et c’est l’occasion pour les acteurs principaux du système de changer de voiture. Car en amont, le budget alloué par l’Etat est costaud et les recettes du match assez conséquentes. C’est donc une vache à lait que le nouveau ministre prend en train de se faire traire ! Il a un virage à négocier donc, dès sa première semaine de travail. La crise étant, il ne lui sera fait aucun cadeau. Les spécialistes du foot et notamment des Ecureuils sont aux aguets. Bonne chance, Didier Akplogan.

Ministère des sports : Didier Akplogan face à la crise du football et la répartition équitable des ressources

 

 

Si Modeste Kérékou a été précédé par la réputation de son père et la sienne propre du fait de son passage à l’assemblée nationale, Didier Akplogan n’est connu que de connaisseurs du sport et des arcanes du pouvoir. Le nouveau ministre en terrain quasi-connu a d’importants défis à relever.

Il a été conseiller à la communication du chef de l’Etat pendant 5 ans. Il connaît donc les arcanes du pouvoir. Pour ce spécialiste de la communication, passionné de volley-ball devenu président de la fédération de la même discipline en janvier 2010, être ministre est un défi. Plus qu’une récompense. La balle lancée dans le camp de Didier Akplogan. Face à lui, une vingtaine de fédérations qui repensent à l’ère Montcho. Ce dernier, premier ministre des sports nommé par Boni Yayi était aussi président de fédération, celle d’athlétisme. Il a décidé de la répartition « démocratique et à part égale » des ressources du ministère des sports. En son temps, l’équipe nationale junior de volley-ball a pu prendre par au championnat d’Afrique de sa catégorie. La plupart des fédérations ont engrangé plus de 25 millions par an contrairement aux miettes (2 millions) qu’elles encaissaient les années auparavant. C’est donc dans ce sens que l’arrivée de Didier Akplogan fait sauter de joie les « petites » fédérations qui s’endettent pendant que le football s’engraisse. L’équité dans la répartition des ressources est donc la nouvelle clé du développement transversal du sport au Bénin. Didier Akplogan a donc un défi à relever, qui est par exemple d’en donner plus que prévu aux handballeurs juniors béninois  qualifiés pour deux coupes du mondes dans la même année. Au lieu de filer comme ses prédécesseurs, plus de deux millions par exemple pour aller jouer un match de foot au Burundi ou au Rwanda.

 

La crise au football, comme un os dans la gorge

Sur les 3 dernières années, à chaque ministre, ses crises. Etienne Kossi a connu la crise des fédérations d’Athlé, de Cyclisme et de Tennis. Modeste Kérékou a connu celle du football. Depuis décembre 2010, le football béninois est face à une crise, sans doute la plus grave de son histoire. Le gouvernement ayant posé un acte important en conseil des ministre, en validant la lettre de sommation adressée à la Fédération, Didier Akplogan a donc une balise, pour attaquer le sujet.  La résolution de cette crise est une question de carrure et de poigne. Modeste Kérékou avec son nom arrivait à faire trembler les plus récalcitrants, dans un camp comme dans l’autre. Attaquer un « Kérékou », c’est attaquer un symbole de la république, le père ayant encore beaucoup de ramifications partout. Didier Akplogan n’a pas l’avantage du pédigrée, mais son passé récent à la présidence lui garantit, on l’espère, des entrées auprès du chef de l’Etat. Ceci lui sera utile car dans cette crise, des interférences nuisibles viennent de partout dans le système du pouvoir. C’est un casse-tête qu’il peut résoudre en limitant la casse. En devenant ministre des sports, il est devenu une cible et devra donc en tenir compte.