Ecureuils : Imorou et Kiki en difficulté, le coté gauche en péril ?

Restés à quai à la fin du mercato hivernal et  à un mois de la prochaine trêve internationale où le Bénin jouera le Lesotho en double confrontation pour la 3e et 4e journée des qualifications de la Can Cameroun 2021, Michel Dussuyer peut-il réellement compter sur David Kiki et Emmanuel Imorou dont les situations en club ne sont pas les meilleures.

 

Kiki, abonné absent.

Barré par la concurrence et pas dans les choix du coach de Brest Olivier Dall’Oglio , Davidi Kiki (26 ans) ne compte qu’une seule apparition sur le banc en coupe de la ligue avec le groupe professionnel du club breton en octobre dernier contre Metz. Romain Perraud (22 ans, 17 matches en L1) et Ludovic Baal (33 ans , 11 matches en L1) sont les préposés au poste d’arrière gauche. L’international béninois s’entraîne normalement avec l’équipe fanion sans disputer la moindre minute. L’ancien niortais a  aligné 4 matches et 2 buts avec la réserve en Nationale 3 (cinquième division). Sa dernière apparition date de novembre 2019. Insuffisant pour un international de son calibre. Alors qu’on attendait à ce qu’il aille chercher du temps ailleurs sur  le dernier mercato hivernal comme c’était le cas la saison dernière où il a avait été prêté au Red Star en Ligue 2 sur la seconde partie de saison, cette fois-ci il n’a pas bougé du club auquel il est encore lié jusqu’en juin 2021. Sauf improbable retournement de situation ou blessure, sa situation pourrait ne pas bouger sur la seconde partie de saison, son avenir en sélection nationale serait  vraiment menacé dans un futur proche.

Imorou, un peu trop bas ?   

Et si on devrait se faire à l’idée qu’on ne reverrait pas à nouveau Emmanuel Imorou de sitôt au  niveau professionnel. L’arrière gauche de 31 ans a contre toute attente décidé de rejoindre Evian en Régional 1 (6e division) , en septembre dernier , afin de partir sur un projet qui lui plaisait après avoir refusé des offres dans le Golf, de Lemans en Ligue 2 et Atromitos en D1 grecque. L’ancien clermontois va donc terminer la saison dans son club actuel puisqu’il n’a pas été transféré cet hiver. S’il a été écarté du groupe des Ecureuils en septembre et octobre, Manu a disputé les deux premières journées des qualifications de la Can 2021 face au Nigéria et la Sierra Leone en novembre 2019 mais la différence physique de niveau s’est vite remarquée notamment au match aller à Uyo. David Kiki l’a d’ailleurs supplée en cours de match. Pour le trentenaire, continuer à évoluer à ce niveau amateur sur la durée ne fait pas de lui un candidat crédible sportivement pour le niveau international  malgré son expérience.

Le sélectionneur devra faire face à véritable casse-tête en mars prochain entre s’accrocher aux deux latéraux gauche qui étaient à la dernière Can mais qui sont en situation difficile ou lancer d’autres jeunes de la scène locale notamment. Le côté gauche de la défense béninoise est en bien péril.

Géraud Viwami

 

Ecureuils : Les 23 à la loupe , le chouchou 

Jusqu’à l’entrée en lice du Bénin le 25 juin prochain contre le Ghana à Ismaila pour le compte de la première journée de la Can Egypte 2019, Bjfoot.com vous propose de découvrir les 23 joueurs retenus par Michel Dussuyer. Portrait du jour consacré à David Kiki. Episode 5.

 

Quatre années après ses débuts en équipe nationale , il va découvrir la coupe d’Afrique des Nations à 25 ans. L’arrière gauche qui n’a pas connu les sélections de jeunes a débarqué avec un parcours inhabituel.

Rapidement installé comme titulaire sur le côté gauche de la défense béninoise , il disputé quatre matches sur six pendant les qualifications de la Can 2019. A la clé , on retiendra sa passe clé sur le but de la victoire inscrit face au Togo en mars 2019. Le brestois doit faire face à une forte concurrence avec Emmanuel Imorou qui l’avait relégué sur le banc en octobre 2018 sur la double confrontation face à  l’Algérie. Latéral offensif mais aussi solide sur ses appuis défensifs , l’ancien chamois a régulièrement justifié ses titularisations. Juste techniquement , il est aussi puissant que appliqué. Dans un rôle d’arrière gauche classique ou piston dans un milieu à cinq , il connaît le poste.  Garçon discret , il est devenu l’un des chouchous du public.

Sa carrière débute à Missrété dans le Sud-Est du Bénin , repéré et formé par l’Académie France Bénin Football de Jules Sourou Kodjo. Il arrive en France grâce à un partenariat de ses formateurs et l’ASM Belfort. Arrivé dans l’Hexagone comme un attaquant , c’est en jouant plus bas sur le terrain qu’il va percer sur le tard. Après trois saisons en championnat de France amateur , le club est promu en National en 2015 mais va perdre un joueur-clé. Cet été-là , il devient international béninois et signe son premier contrat professionnel avec Niort en Ligue 2 française à 22 ans. Il va s’y imposer comme premier choix à son poste. A l’été 2017 , Brest candidat à la montée le recrute. Cette saison , en Bretagne il joue peu , deux matches sur la première partie. Pas dans les plans de Jean-Marc Furlan et en quête de temps de jeu , il est prêté en janvier au Red Star pour six mois. Aligné à sept reprises il ne peut empêcher la relégation des franciliens.

A la reprise , encore lié aux bretons pour deux ans il va retrouver son club promu en Ligue 1 la saison prochaine.

Evalué à 700 mille euros sur Transfermarkt , l’Ecureuils compte sur la Can pour marquer les esprits et revenir plus fort dans l’élite et séduire son nouvel entraîneur Olivier Dall’Oglio qui a succédé à Jean-Marc Furlan sur le banc de Brest.

Géraud Viwami.

Fiche de joueur
David Enagnon Kiki, arrière gauche, 1m80, 25 ans
Club actuel : Red Star (France) preté par Brest (France)
international depuis : Juin 2015
nombres de capes : 17
surnom : le président (en référence à son style toujours posé balle au pied)

Entretien : David Kiki « je suis là pour bosser et changer tout ça »

De retour d’une blessure à la cheville avec Brest, David Kiki (24 ans)  nous accordé un entretien exclusif sans langue de bois. L’arrière gauche international béninois parle sa situation en club, du  nouveau sélectionneur des Ecureuils, des ambitions du groupe, le match contre l’Algérie et de ses références à son poste. Entretien.

La saison dernière vous avez joué 9 matches seulement soit 810 minutes, après votre arrivée en fin de mercato à Brest et cette saison après  8 journées vous attendez toujours votre première apparition en Ligue 2, est-ce une adaptation trop compliqué pour vous ?

C’est vrai que l’année dernière je n’ai pas joué beaucoup de matches et celle-ci aussi j’attends ma première titularisation en championnat. Dans le football il faut être patient je le suis. Je bosse à l’entraînement. Je bosse dur pour pouvoir changer tout ça et la saison est encore longue donc on verra bien.

La marche entre Niort et Brest semble trop haute pour vous….

C’est vrai qu’à Niort j’étais titulaire indiscutable (Ndlr : 59 matches en 2 saisons en Ligue 2) mais j’avais besoin d’un nouveau challenge pour avancer par rapport à mes objectifs. Les conditions dans lesquelles je suis venu à Brest sont un peu différentes. Il y avait déjà un titulaire au poste avant que je n’arrive, qui travaillait déjà avec le coach, qui connaissait son système. Donc je suis là pour bosser et essayer de changer tout ça.

Ce changement prend visiblement du temps, c’est votre quatrième saison en professionnel et si on fait un bilan à mi-parcours…

Dans une carrière il y a des hauts et des bas dans chaque expérience j’en tire le meilleur pour m’enrichir et avancer. Par rapport à mon parcours si je dois le refaire, je n’ai rien à changer si je dois le refaire je referai la même chose. Je ne regrette rien du tout dans mes choix.

La saison écoulée Brest a lutté jusqu’aux barrages pour la montée en Ligue 1, cet échec a-t-il traumatisé le groupe ?

On était si près du but, c’est vrai qu’on a échoué au pied du podium. Cela prouve qu’on avait la capacité d’atteindre notre objectif donc cette année, le groupe est encore plus remotivé pour faire mieux.  Le groupe est bien.  L’objectif reste le même : faire plus que l’année dernière, accrocher les trois premières places ou même finir devant s’il faut.

«  Ma cheville va bien »

Actuellement vous êtes diminué par une blessure à la cheville, vous avez déjà récupéré ?

J’ai fait l’IRM et on a vu que rien n’avait été touché. Donc il y avait juste de l’eau donc les médecins du club m’ont fait une infiltration pour sécher l’eau. Cela a été fait donc j’ai repris les entraînements et tout va bien.

Vous avez fait votre retour avec les Ecureuils contre le Togo à Lomé en début de mois, c’était un derby difficile pour vous ?

C’était un derby donc on s’attendait à un match compliqué avec beaucoup de duels. En plus c’était sur un synthétique donc ce n’était pas  évident. L’objectif c’était de faire un résultat. On fait ce qu’on était venu chercher. Personnellement c’est vrai que le synthétique ne m’a pas facilité la tâche par rapport à ma cheville qui était un peu souffrante. Mais c’est vrai que cela m’as un peu empêché de faire mon football. Mais j’ai joué, j’ai bien défendu offensivement je n’ai pas beaucoup attaqué. L’objectif est atteint. Pour l’instant on va se préparer pour le prochain match contre l’Algérie.

Justement en sélection vous avez un nouveau sélectionneur, Michel Dussuyer qui vous a confié un nouveau rôle de piston gauche, vous voyez déjà la patte du technicien ?

Ça s’est très bien passé, le nouveau coach est venu avec un nouveau système, son staff et ses principes. Ils ont mis les choses au clair dès le début donc chacun sait quel rôle il doit jouer. Tout est carré. Pour l’instant tout va bien. Je pense que ça va nous apporter certaines choses qui vont nous permettre d’avancer.

Vous découvrez un nouveau poste sur le terrain qui vous convient ?

C’est vrai qu’on vient de jouer un match seulement dans ce dispositif. Je ne sais pas si le prochain le match coach va remettre le même système. En ce qui me concerne, je suis arrière gauche avant tout.  Mon rôle c’est de défendre et attaquer. Qu’on joue à une défense à  quatre ou à trois comme récemment, je ferai toujours mon job. Maintenant c’est sure qu’en 3-4-3, j’ai plus de liberté offensivement après le rôle numéro un c’est de bien défendre et bien occuper le couloir.

« On a tiré des leçons de l’échec de  la Can 2017 »

Vous étiez en France cet été pendant le sacre de la France en coupe du Monde comment avez-vous vécu de l’intérieur de l’Hexagone cet événement ?

Le titre de champion du monde de l’équipe de France, c’est des moments qui ne se produisent pas tout le temps donc c’est inouï. Franchement c’était le feu, ça pétait partout. C’est historique, il y avait vraiment de l’ambiance, j’étais content pour eux, ce qu’ils ont fait.

Avec le Bénin vous avez manqué de près la qualification pour la Can 2017 désormais le groupe est toujours aussi motivé qu’il y a quelques années ?

Le match au Mali est passé, cette Can est passée. Heureusement que nous sommes passés à autre chose.  Cette défaite nous a fait mal mais… On a déjà commencé de nouvelles qualifications pour la Can 2019. On a tiré des leçons de cet échec pour mieux  se préparer. C’est pour ça déjà le match contre le Togo on l’a entamé d’une autre manière que d’habitude. On l’a bien préparé, on était bien en place. On sait pourquoi on est là. L’objectif reste le même c’est pour la qualification pour Cameroun 2019. Je pense que tout le groupe même s’il y a des nouveaux ou des anciens qui reviennent, l’objectif reste le même pour toute l’équipe. On est motivé, prêts à l’aller au combat quoiqu’il arrive. Titulaire, sur le banc ou en tribunes, tout le monde a le même objectif. On est fixé là-dessus. Tout le monde se donne à fond, il y a plusieurs matches, on se donne à fond pour chaque et à la fin on fera le point.

Vous aviez été formé attaquant et au fil du temps en passant par Belfort vous êtes devenu arrière gauche ?

Au centre de formation France Benin Football au Bénin, je jouais milieu offensif gauche. Quand je suis arrivé en France j’ai toujours joué à ce poste en jeune, des fois milieu droit. C’est quand je suis monté en équipe première à Belfort en CFA (Ndlr : Championnat de France Amateurs, désormais appelé National 2) que j’ai dépanné une fois parce que l’arrière gauche était blessé et comme j’étais gaucher, le coach m’as fait jouer à ce poste. Il avait trouvé que j’étais mieux là, comme je partais de loin avec ma puissance j’apportais beaucoup. Du coup il m’a maintenu à ce poste quelques matches, c’est de là que tout est parti. Maintenant je préfère jouer arrière gauche, j’aime bien avoir de l’espace devant moi je suis attiré par but aussi. Je me sens plus à l’aise. Défensivement, j’aime bien les duels, défendre on a peu ça dans le sang en Afrique. Cela ne m’a posé aucun problème pour jouer à ce poste. Maintenant je me régale, je me sens à l’aise, je prends du plaisir à défendre et attaquer.

Vos références à ce poste …

Ça n’a pas changé (rires) Marcelo, Alaba , et Mendy aussi , c’est des joueurs que je suis régulièrement, ce sont mes références.

Pour finir… 

si j’ai un truc à dire c’est de remercier ceux qui me suivent sur ma page Facebook , Instagram et Twitter ,je reçois pleins de  messages d’encouragements et tout. Qu’ils continuent à me donner de la force. ça fait toujours plaisir pour te dire des choses qui te font du bien. Merci aux supporters béninois qui font le déplacement à chaque match comme à Lomé dernièrement.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Transfert : Brest officialise l’arrivée de Kiki !

Comme nous l’annoncions il y a une heure , David Kiki  (23 ans) s’est engagé pour trois saisons avec Brest en provenance de Niort cet après-midi. Son arrivée a été officialisé par son nouvelle via ce tweet. L’international béninois quitte Niort qui l’a lancé en professionnel en Ligue 2 française après deux bons exercices.

Transfert : Kiki va quitter Niort !

L’arrière gauche de Niort David Kiki (23 ans) devrait quitter le club dans les jours à venir. L’international béninois serait tout proche de s’engager avec Brest , un autre club de Ligue 2 française. Brest avait manqué les barrages pour la montée pour un point , 4e au pied du podium la saison dernière ,le club dirigé par Jean-Marc Furlan est actuellement 11e après 4 journées en ce début de saison. Titularisé  à trois reprises en championnat avec Niort, l’ancien de Belfort devrait rejoindre un candidat déclaré dans la course à la promotion en Ligue 1 en fin de saison. En reconstruction, Sochaux (Ligue 2)  aussi s’est aligné sur le profil du gaucher béninois qui aurait préféré Brest.

Arrivé à Niort à l’été 2015, l’ancien pensionnaire de France-Bénin-Football est apparu à 54 reprises pour 3 buts en championnat avec les Chamois.

Géraud Viwami