Ecureuils : Michel Dussuyer «  je m’attends à un match difficile en Gambie»

Le sélectionneur des Ecureuils Michel Dussuyer a tenu ce matin dans les locaux du ministère des sports pour évoquer sa liste des 22 convoqués contre la Gambie pour le compte de la 5e journée des qualifications de la Can Cameroun 2019. Morceaux choisis.

Sur la qualification possible en Gambie

« A chaque match on essaye de faire le meilleur résultat possible. On a notre destin en main. On joue 24 heures avant le Togo donc on leur mettra un peu de pression. »

Sur l’absence de Stéphane Sèssegnon

« C’est un grand joueur. Il faut trouver la formule collective. La semaine de travail, l’attitude des uns et des autres pour faire la meilleure équipe possible en fonction des entraînements. Sèssegnon va nous manquer. Cela ne va pas nous empêcher d’avoir l’ambition de se qualifier. Personne ne pourra Sèssegnon. Il est très important on n’a pas d’équivalent. C’est un leader de l’équipe. Les commissions de discipline ont leur critère. Un rouge direct c’est deux matches.  Les commissions de discipline ne cherchent pas à comprendre. »

Djiman Koukou

« Il a retrouvé un club, il est dans les condition d’entraînement, un match et demi dans les jambes.  C’est un joueur d’expérience. On connaît ses qualités dans l’impact. C’est un milieu de terrain, un secteur de jeu où on n’est pas aussi fourni que ça.

Cèbio Soukou

« On le suit depuis des semaines. Il est capable d’évoluer dans plusieurs registres. En plus club il joue en neuf et demi. Actuellement il a un souci à la cheville. Normalement ce week-end il va jouer avec son club. Le niveau de la D3 allemande est professionnel. Je rappelle que nous avons des joueurs de quatrième division en sélection. Indépendamment du niveau, il y a de la qualité chez les joueurs en fonction des trajectoires. Aussi on n’a pas de joueurs en Ligue 1.  On n’a pas mieux que ça. On verra son intégration, c’est toujours bon que les joueurs viennent découvrir.»

Emmanuel Imorou

«  Il a une petite élongation mais il a repris l’entraînement collectif depuis mercredi. Je ne sais pas si son coach va le prendre pour le match contre Bordeaux en championnat ce week-end »

L’adversaire gambien

« C’est une équipe que je n’ai jamais affrontée. La Gambie a de la qualité avec des joueurs en Europe, ils ont un bel effectif. Aujourd’hui, mathématiquement, ils ne sont pas éliminés. Ils auront à cœur de faire un résultat. L’état du terrain n’est pas parfait. C’est pour les deux équipes. Je m’attends à un match difficile. Il faut faire preuve du même état d’esprit que face à l’Algérie.

Le plan de jeu

«  Je ne suis pas un coach  qui change de système tout le temps.  Je sais m’adapter au point fort et faible de l’équipe.  C’est ce point qui guide ma démarche. On a un calendrier qui n’est pas facile avec trois matches sur quatre à l’extérieur. C’est aussi un travail collectif qui permet à l’équipe de donner des garanties comme contre l’Algérie. Ce sont des critères que l’on prend en compte concernant l’organisation qu’on veut mettre en place. J’ai ma petite idée sur la stratégie à utiliser pour aborder ce match »

Sur un retour de Rudy Gestede

« Il m’a appelé. Il est prêt à revenir.  J’estime qu’il est trop tôt pour le faire revenir. Il revient de blessure aussi. Il a moins de temps de jeu que d’autres joueurs. J’ai fait le choix d’attendre un peu »

Le scénario idéal

« Que nous gagnions en Gambie et que le Togo ne gagne pas face à l’Algérie. Tous les autres cas nous obligeront à jouer un match dernier match décisif »

Géraud Viwami

Ligue 1-J1 : Abdel Bouraima, l’invité de la journée

Avant chaque journée, Bjfoot.com vous offre en exclusivité un entretien un peu décalé avec un acteur de la Ligue 1 ou 2. Pour cette première journée nous accueillons, le nouveau sociétaire d’Energie FC, Abdel Bouraima. L’ailier international béninois désigné meilleur joueur local lors des Bjfoot Awards 2017 s’est prêté au jeu en onze questions. 

Une saison réussie pour vous c’est …

Jouer le maximum de matches, faire partie des meilleurs, être le plus décisif possible. Avoir des opportunités en cours ou fin de saison c’est aussi cela le but.

Votre plus grande qualité ?

Euh (il réfléchit). L’accélération. Ah oui  je suis comme un moteur diesel (rires)

Votre rituel personnel d’avant-match ?

Je ne fais rien de particulier. A part réciter une prière. Sinon j’écoute beaucoup de musique en général.

Votre coéquipier le plus drôle ?

Sidik, c’est notre arrière gauche, un nigérian. Il nous fait trop marrer (rires) même sur le terrain il raconte trop de conneries. Il a un bon état d’esprit. Il a toujours la banane.

La phrase préférée de votre coach ?

(Il réfléchit)  je pense que c’est : Soyez sérieux, mais dis donc !

Votre idole ?

Plus jeune?  vous savez je jouais au milieu comme relayeur et j’admirais l’italien Andréas Pirlo.

Qui finira meilleur buteur du championnat ?

Humm (il réfléchit) ! Il faut se mouiller. Je vais dire un de nos attaquants à Energie, parce que je serai meilleur passeur encore (rires)

Votre équipe type  du moment ?

C’est vrai qu’on a joué qu’un seul match quand même. J’ai vu quelques équipes en matches amicaux. Je demande mon joker sur ce coup.

Les trois joueurs à suivre selon vous ?

Moi-même d’abord. Il faut faire sa propre publicité (Rires). Ensuite je dirai  Ismael Barazé de la JA Cotonou, il a un fort potentiel, il a tout ce qu’il faut pour un milieu moderne.  Il est assez technique, clairvoyant et juste dans ses choix. Hospice Ahomadégbé , le milieu offensif de l’Aspac je le kiffe parce qu’il est un joueur créatif , on l’a vu sur le match d’ouverture c’est un joueur capable de faire la différence en un contre un c’est un monstre.

A votre avis quels clubs finiront parmi les trois premiers en fin de saison?

Je vais commencer par ma maison. Energie, n’oubliez pas qu’ils ont été vice-champions en 2017. Je vois mon ancien club, l’Aspac aussi jouer le titre. Je connais assez bien l’équipe. Et puis je dirai qu’on aura une troisième équipe surprise que personne n’attend.

 Vos pronostics pour les matches de la journée ?

JA Cotonou – Dynamo Abomey  2-1, c’est pour mes potes de la JA Cotonou.

Energie Fc – Upi  ONM  2-0, avec un but marqué ça serait pas mal pour commencer.

Asvo – Béké 1-0, le promu gagnera à domicile

Tonnerres – Esae 2-1, c’est tendu à Bohicon donc la victoire leur fera du bien

Asos – Avrankou O.  1-1, c’est petit derby quand même.

Dragons – JS Pobè 3-0, c’est aussi un derby mais je vois les Dragons au dessus

Soleil – Uss Kraké 1-1, j’allais dire un nul vierge mais personne n’aime les matches sans but.

 

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

Ecureuils – Exclusivité : Michel Dussuyer « nous sommes sur la bonne voie »

Deux jours après l’exploit réalisé face à l’Algérie, nous avons croisé le sélectionneur des Ecureuils, Michel Dussuyer. Le technicien français nous   a accordé un entretien exclusif où il parle de tout. Son retour au Bénin, son effectif, ses premiers pas sur le banc béninois,  la suite des qualifications et son plan de travail. Entretien complet. 

Quand l’arbitre siffle la fin du match contre l’Algérie, vous vous dites quoi dans votre tête ?

C’est toujours pareil, quand on gagne 1-0 contre une équipe potentiellement supérieure.  On est très fiers et heureux d’avoir fait cette performance. Après c’est vrai qu’il y a eu beaucoup de tensions en seconde période parce qu’il y a eu cet arbitrage discutable qui a fait monter la tension d’un cran. Il y a avait une telle énergie dans ce stade. Ce n’était pas un calvaire. Franchement j’avais confiance en mes joueurs. Ce qu’ils étaient capables de faire. Sans arrêts, il faut les replacer, les booster, les encourager, ne pas laisser d’espace à cette équipe. Protéger notre acquis. Je n’étais pas « tremblants »  Il y a avait de l’énergie. Je ne vais pas dire « qu’ils ne pouvaient rien nous arriver » mais c’était un peu le sentiment que j’avais.

La victoire face à l’Algérie vu le contexte, un deuxième match en trois jours, trois points de retard face au favori du groupe, est-ce qu’elle est aussi grande que celle de 2009 face au Ghana ?

Non pas pour moi. Parce que le match du Ghana en plus c’était un aboutissement parce que c’était aussi. Le scénario du match fait qu’on a marqué dans les arrêts de jeu donc. Il y a avait beaucoup d’émotions en plus c’était une qualification. La victoire face au  Ghana reste un peu au-dessus.

Face à l’Algérie entre le comportement des Ecureuils à dix ou à onze ou la réaction du public qu’est-ce qui vous a le plus surpris. ?

Ni l’un ni l’autre. En fait je sais que ce groupe à de la valeur des vertus morales, prêt à se battre sur le terrain. Ils l’ont largement démontré. Je sais que les  béninois qu’ils sont en confiance et qu’ils en croient en leur équipe ils sont prêts à pousser. Je connais le public. Je n’ai pas été réellement surpris. J’étais enthousiasmé par la volonté et le courage des uns et des autres.

On vous a vu demander plusieurs fois au public de pousser les joueurs, sans lui ça aurait été compliqué  avec les dix minutes  d’arrêts de jeu interminables…

Oui ! Quand on s’est retrouvés à dix j’ai demandé le soutien parce que c’est difficile pour les joueurs, à ce moment-là le public permet aux joueurs de se sublimer, de faire encore plus d’efforts de ne pas lâcher de continuer à courir se replacer même s’ils sont fatigués. Parce qu’il y a un engouement.

Le rouge de Stéphane Sèssegnon a révélé une autre face de votre équipe, dominatrice en première période avec maîtrise et beaucoup de solidarité sur la seconde, ce rouge est finalement un mal pour un bien ?

Non ! c’est mal parce qu’on se retrouve en difficulté, on perd Stéphane pour un ou plusieurs matches. Je ne sais pas encore. C’est préjudiciable. C’est vrai que le groupe a affiché encore plus un surcroit de solidarité derrière donc ça c’est positif.

En Algérie, le Bénin a fait un  match à deux face également, comment ça se fait que l’équipe change de visage à chaque mi-temps, qu’est-ce que vous leur dites à la pause ?

Ça dépend du scénario du match.  A Blida, on était parti dans un contexte en jouant à l’extérieur sur un bon terrain qui met en valeur les qualités techniques de cette équipe d’Algérie devant son public. Donc on n’allait pas faire les fanfarons en arrivant. D’abord se rassurer sur le plan défensif et on a bien entamé le match, on ne laissait pas beaucoup d’espaces. L’objectif c’était de durer, d’énerver un peu les algériens, d’arriver à sortir, se projeter vite vers l’avant, récupérer de bons ballons. Malheureusement ça s’est un peu écroulé avec ce but sur corner. Ça a changé un peu la face des choses.

« Faut qu’on soit très fort aussi mentalement  pour aller chercher un résultat à Banjul »

 

Arrivé sans avoir le temps de faire des matches amicaux, en trois matches officiels on a vu les Ecureuils dans un 3-4-3, 4-4-2, 4-3-3 puis un 4-4-1 à dix, comment définissez-vous tactiquement votre équipe ?

Je l’ai dit en préambule lors de la première conférence de presse, un sélectionneur s’adapte d’abord aux caractéristiques de son effectif avant de s’adapter aux caractéristiques de l’adversaire. Mais je ne suis pas quelqu’un qui soit adepte de s’adapter forcément à l’adversaire. Mais plus par rapport à mon effectif aujourd’hui j’ai une situation où il y a un déficit de milieu de terrain où c’est un peu difficile. Il y avait un petit problème aussi sur le poste de latéral droit. L’idée c’était qu’on avait des défenseurs centraux, on peut les aligner. Ça va nous obliger peut être à reculer un peu sur le terrain,  récupérer des ballons un peu plus bas. Mais ça va nous donner une garantie défensive. Commencer par deux matches à l’extérieur au Togo et en Algérie. Il s’agissait de se rassurer un peu sur cet aspect. Se dire que quand on voyage qu’on soit costaud. Le retour ici à Cotonou c’était aussi une configuration où l’Algérie jouait avec un seul attaquant d’axe au départ après ils ont changé mais aussi j’aime jouer avec un milieu de terrain renforcé.

Pour avoir le contrôle du ballon ?

Déjà pour essayer de récupérer le ballon un peu plus haut et puis d’avoir une meilleure maîtrise collective.

Le Bénin a 7 points en 4 journées dans un groupe où rien n’est joué, la qualification est loin d’être acquise…

Il y a rien de fait. On a fait un pas de plus. C’est vrai qu’on est en bonne position. On a notre destin entre nos mains quoi qu’il arrive, ça c’est positif.  Bien sûre qu’il reste du chemin. On a deux matches très difficile à négocier. Parce que ce match en Gambie qui va arriver vite, on  connait un peu le contexte là-bas. Il y a un bon effectif, de bons joueurs, un terrain qui est difficile. On aura fort à faire, à nous  d’afficher  un bon état d’esprit. Même si ce n’est pas l’Algérie qu’on va rencontrer  faut qu’on soit très fort aussi mentalement  pour aller chercher un résultat à Banjul.

Si on devait faire un tableau descriptif du style de vos adversaires dans ce groupe…

Je dirai qu’entre le Togo, la Gambie et le Bénin, il y a beaucoup de similitudes. La qualité de l’effectif, les caractéristiques des  joueurs, il  y a un peu plus de leader avec la présence d’Emmanuel Adébayor au Togo, Sèssegnon au Bénin, il y en a pas encore en Gambie, il y a des joueurs qui jouent à excellent niveau là-bas. Je pense que c’est assez homogène. Après on fera une différence avec l’Algérie qui à l’un des effectifs, les plus beaux d’Afrique.

Vu la similitude entre le Togo, la Gambie et le Bénin, la  déception serait très grande si les Ecureuils n’allaient pas au bout de ces qualifications ?

Oui bien sûre.  C’est un groupe qui est difficile parce qu’il est très homogène justement donc. Notre objectif, c’est d’en sortir, c’est d’aller au Cameroun. Forcément qu’on sera extrêmement déçu si ce n’est pas le cas.

Les Ecureuils ont réalisé deux cleans sheet en trois matches, l’assise défensive est naissante par contre offensivement, un petit but en 3 matches, des progrès à faire sur l’animation offensive ?

C’est un mix de tout ça, il ne faut pas oublier qu’on a joué deux matches à l’extérieur sur les trois et que le troisième à domicile c’est quand même contre l’Algérie. C’est toujours difficile d’avoir une véritable évaluation du potentiel offensif  même si il y a des joueurs de qualités chez nous. Quelques fois j’ai reproché un peu le manque d’esprit de décision à Blida, un manque d’agressivité sur le plan offensif. Sur le retour ça  été un tout petit peu mieux. Maintenant on n’est pas toujours très précis à la finition. On travaille encore là-dessus. On va s’améliorer avec le temps.

Pour résumé, votre philosophie dans le court ou moyen terme devrait ressembler à…

Je ne suis pas dans ce registre des entraîneurs qui s’adapte  à l’adversaire, qui détruisent avant de construire quelque chose. Je suis plus dans la construction, le plaisir de pratiquer un bon jeu si possible, offrir un peu spectacle et d’avoir une maîtrise collective qui soit de qualité. Après il faut prendre des points pour se qualifier. Le deuxième aspect très important c’est le temps. Vous savez, on a beaucoup moins de temps qu’en club. On travaille quoi ? Maximum deux jours. Les 48 premières heures sont pour la récupération. Si on joue samedi ou dimanche. Quand on joue dimanche on a  mercredi et jeudi. Quand on joue samedi, on n’a que le mercredi.

Face au Togo  vous avez sélectionné 21 joueurs, puis 22 face à l’Algérie avec à chaque fois un forfait non remplacé, et pourquoi n’avoir pas pris 23 comme en règle général et l’absence aussi d’un troisième gardien ?

Pour le troisième gardien ce n’est pas une nécessité, peut-être la prochaine fois  on verra. On est toujours à temps de rappeler un gardien dans le cas échéant. C’est une  possibilité. Après la difficulté pour moi c’est de me situer par rapport à Christophe Aifimi qui est pré convoqué mais en ce moment ne joue pas en club. J’essaye d’avoir des informations précises sur lui. Ce n’est pas définitif. C’est ponctuel. Après pour les forfaits non remplacés. Je perds un milieu de terrain (Mama Seibou). Honnêtement par rapport aux critères que je retiens, au temps de jeu, aux informations que je peux avoir. C’était difficile de le remplacer.

« Jules Koundé, pour l’instant sa priorité c’est l’équipe de France »

C’est votre deuxième passage à la tête de l’équipe béninoise. Il y un lot de joueurs que vous connaissiez et des nouveaux que vous découvrez, sans comparer au groupe d’il y a huit ans comment évaluez-vous le niveau actuel de l’effectif sur les deux premiers rassemblements ?

Il y a de la qualité. Aujourd’hui on a un effectif avec un noyau de joueurs qui sont des joueurs de qualités. Après cet effectif demanderait à être un peu amplifié en quantité et qualité à certains postes.

Lesquels par exemple…

Je l’ai dit au milieu de terrain pour l’instant on est un peu en difficulté. Il y a des postes où on peut essayer de trouver un peu de qualités. Faisons avec les joueurs béninois qui sont éligibles. On n’est pas un club où on peut recruter. De toute façon ce n’est pas possible, il faut composer avec les joueurs béninois qui sont là, qui jouent, qui sont performants. On  verra. J’aurai le temps de découvrir le championnat local, de voir s’il y a des joueurs qui ont du potentiel et qui peuvent prétendre à venir compléter ce groupe des A.

En parlant du poste d’arrière droit, vous avez replacé Seidou Barazé à droite, entre Blida et Cotonou vous êtes satisfait de cette expérience ?

Seidou joue dans l’axe dans son club, comme Chaona d’ailleurs même milieu défensif. C’est un joueur qui sait s’adapter, c’est un joueur qui est vaillant, qui a du caractère, qui est présent dans les duels défensifs. On demande avant tout à un défenseur latéral de bien défendre. Après s’il apporte un plus offensif, cela n’en est que mieux mais la première des choses que j’ai demandé à Seidou surtout dans le contexte de ces deux matches  contre l’Algérie c’était de bien défendre.

Vous avez parlé de joueurs à voir, Anaane Tidjani est sorti du groupe pour le dernier rassemblement, Jean-Marie Guera est arrivé, on doit s’attendre à chaque liste à une petite surprise comme cela ?

Oui.  Même si je l’ai dit, le noyau il n’est pas très grand. J’essaye au maximum de prendre les informations sur tout le monde, c’est de projeter aussi. Les binationaux qu’on peut convaincre de rejoindre les Ecureuils. Il y a différents secteurs sur lesquels on essaye de travailler, l’objectif c’est d’enrichir ce groupe en qualité et quantité.

Puisqu’on en parle je vais évoquer des noms de potentiels binationaux et vous nous direz ce qu’il en est de leur situation par rapport aux Ecureuils ?

On y va

Jonathan Ligali qui a récemment déclaré à la BBC qu’il est prêt à rejoindre le Bénin ?

Je n’ai pas encore discuté avec lui. On va avoir une discussion certainement.

Cebio Soukou ?

Je l’ai eu, il m’a dit qu’il était prêt à venir jouer pour le Bénin. Après il faut obtenir un passeport. Il faut du temps. Il faut monter un dossier auprès de la Fifa. Avec le cas de James Olufadé au Togo, il faut être très prudent. Il faut prendre toutes les garanties avant de lancer un joueur comme ça. Je n’ai pas pu me déplacer mais comme mon adjoint Moussa Latoundji habite à Berlin pas loin de Rostock il est allé le rencontrer à ma demande. Cela s’est bien passé, il a eu un bon retour.

Yannick Aguémon ?

Il avait donné son accord. Son dossier à la Fifa est toujours en cours, on n’a pas encore reçu la réponse de la fédération française de football parce qu’il a été international chez les jeunes français. Il faut monter un dossier solliciter la FFF qui pour l’heure n’a pas encore répondu. Mais comme Yannick  je l’ai eu il y a deux semaines au téléphone, il s’est blessé assez sérieusement au genou. Il en a pour des mois en tout cas il ne sera pas éligible pour le mois de novembre c’est certain.

Colin Dagba ?

Je ne suis pas encore entré en contact avec lui. J’aimerais avoir une discussion mais on sait déjà que ce sera difficile.

Jules Koundé ?

Je l’ai eu. On a eu à échanger. Pour l’instant sa priorité c’est la France.

Femi Hollinger-Janzen ?

Je l’ai connu parce qu’il est un joueur d’origine béninoise. Il joue très peu en club pour l’instant ce n’est pas une priorité.

Le gros dossier Daniel Didavi ?

J’ai eu une discussion avec son père il y quelques temps. Pour l’instant c’est toujours un peu bloqué pour des raisons que je ne peux pas évoquer ici.

« Olivier Verdon, cela m’as surpris qu’il soit à ce niveau-là »

Parmi les joueurs que vous avez découverts au quotidien sur les rassemblements, qui vous impressionne ?

(Il réfléchit) je n’aime pas trop mettre en avant certaines individualités plus que d’autres. Je les connaissais déjà les joueurs, Steve Mounié , David Kiki , Jodel Dossou je l’ai connu tout jeune ici, David Djigla. Ce sont des joueurs dont j’avais déjà les informations donc. S’il y a un qui est très bon c’est Olivier Verdon, sur les deux matches  il a vraiment pris une dimension supplémentaire.

Il a été désigné homme du match sur Bjfoot face au Togo et très au niveau contre l’Algérie…

Il a fait trois très bons matches. C’est vrai qu’il s’est révélé sur ces matches-là. C’est un jeune joueur (Ndlr : 22 ans) il n’a pas beaucoup de vécu. Avec Bordeaux, il n’a pas beaucoup joué en pro. Il débute avec Sochaux, il a du temps de jeu. Cela m’a surpris qu’il soit à ce niveau-là. Lui aussi a beaucoup appris à travers ces matches. Cela veut dire que c’est un garçon qui a du potentiel, il est encore perfectible, il a encore de la marge. C’est de bonne augure pour lui déjà parce que je pense qu’il peut en gardant un bon état d’esprit comme il l’a actuellement il peut aller encore plus loin. Franchir des paliers et faire franchir des paliers à la sélection.

Présent dans le sillage de la sélection nationale depuis 2014, d’abord chez les U20 ensuite chez les A souvent sur le banc et vous décidez de lui offrir sa première titularisation en matche officiel et pas n’importe lequel à domicile et c’est lui qui vous fait gagner le match, Sessi d’Almeida c’est l’illustration du coaching gagnant ou est-ce une bonne étoile ?

C’est les deux. Il y a toujours une bonne étoile sur chaque joueur.  Si on lui avait dit qu’il allait marquer, il aura signé des deux mains (rires). Sessi je ne le connaissais pas. Je l’ai découvert à l’occasion des rassemblements et chaque fois il est là. Il a beaucoup d’énergie, il est présent sur les séances d’entraînements, il a un bon état d’esprit. Il a des qualités, quelques fois il est encore un tout petit peu brouillon dans son jeu. Il a un peu de déchets techniques alors qu’il n’y a pas la place pour ça. Mais en tout cas il affiche un gros mental et j’aime cela. Son match était à l’image de ce qu’il est. Beaucoup de générosité, d’engagement. Une alternance de bonnes choses et de moins bonnes. Mais c’est lui quoi. Il faut qu’il régule tout ça, il doit épurer son jeu et gommer ces petits déchets qu’il a par moment.

 

Le duel des gardiens entre Allagbé vice-capitaine en club et numéro 2 en sélection et Farnolle peu utilisé en club et numéro un chez les Ecureuils, le choix est définitif tant que vous serez en place ?

Je ne peux pas raisonner comme ça. Sur ce poste, il faut que les choses soient bien définies. Dans beaucoup de clubs ou de sélections c’est comme ça. Définir une hiérarchie, un gardien numéro un et un numéro deux jusqu’à ce que la hiérarchie soit bousculée en cas de blessure ou de contre-performance. Pour l’instant c’est comme ça, Fabien a donné satisfaction sur les matches qu’il a eu à disputer. J’ai la chance d’avoir deux bons gardiens.  Ce qui n’est pas toujours évident en Afrique. C’est une richesse pour nous. Je suis content d’avoir Saturnin, en plus d’être un très  bon gardien a un excellent état d’esprit.

En novembre avant ou après la Gambie, le Bénin va-t-il disputer un amical pour une revue d’effectif ?

Cela me parait un peu court parce que c’est dans un mois. Ce n’est pas trop la finalité. Pour le moment on va vraiment se concentrer sur ce match contre la Gambie. S’il y a des revues d’effectif à faire on le fera un peu plus tard.

A quel type de match vous vous attendez à Banjul, en sachant que les gambiens sont quasiment éliminés à moins que la réserve aboutisse contre le Togo ?

Je ne sais pas déjà il faut voir au niveau de la règlementation est-ce que le dossier a été insuffisamment fait du côté du Togo ? La deuxième chose, à ma connaissance Olufadé a participé au match aller mais pas au retour. A la limite, la Gambie pourrait récupérer deux points.

Si vous devriez analyser, chacun des trois matches disputés par le Bénin sous votre direction pour l’instant ?

Le Togo c’était un derby dans un contexte un peu difficile. Petit stade, terrain synthétique, il fallait qu’on démarre bien qu’on ramène quelque chose de Lomé. Quand on fait la photo du groupe le Togo est un adversaire direct au départ derrière l’Algérie. C’était important de prendre un point chez un adversaire direct pour la qualification, on a fait un match très solide là-bas. On a eu notre moment en seconde période. On aurait pu avoir les trois points. Mais je suis très satisfait du point pris. Le fait de bien résister ne pas concéder beaucoup de choses au Togo, c’est déjà des gages de sécurité pour la suite. En Algérie, je savais qu’on allait jouer un match difficile à Blida. L’ambiance, les gens sont chauds, il y a un nouvel élan avec l’arrivée de Belmadi, des joueurs qui ont envie de se montrer. On savait que ce serait un match délicat pour nous. Je l’ai dit ce que je regrette sur ce match. Dans l’ensemble on a fait un bon match mais ce qui est dommageable c’est de prendre des buts sur phases arrêtées alors que c’est la chose qu’on pouvait plus facilement maîtriser face à cette équipe. Deux buts qu’on doit éviter.  Il y a eu des actions où on a été pris de vitesse parce qu’il y a de la qualité en face. On aurait pris un but sur les occasions on aurait dit Ok. Mais là c’est sur des phases arrêtés, ça c’est toujours dommage. Ce corner change la physionomie du match, ça rassure les algériens, ça les mets dans le confort et nous il faut qu’on revienne. Forcément on va offrir un plus d’espace. On se met un plus dans la difficulté.

« J’ai fait cinq CAN et une centaine de matches internationaux, chaque fois on apprend toujours quelque chose »

Alors vous redécouvrez le Bénin, le cadre de vie, l’environnement de travail, vous avez choisi de rester à l’hôtel ?

Je vis comme ça ! Partout où je suis allé en Afrique j’ai toujours vécu comme ça. Ma femme a ses activités en France et moi quand je viens ici c’est beaucoup plus facile et confortable pour moi de rester à l’hôtel.

Entre le retour en Guinée, la Can 2015 puis l’aventure à la tête de la Côte d’ivoire, vous n’êtes plus le même entraîneur ?

Forcément qu’on s’enrichit. On essaye de se bonifier à chaque fois dans les expériences. J’ai fait cinq coupes d’Afrique, une centaine de matches internationaux. Chaque fois on apprend toujours quelque chose de tous les matches, de toutes les phases finales, on en retient quelque chose. Une expérience supplémentaire et j’espère une efficacité accrue. Comme l’énergie et la motivation sont là, il y aura toujours la place pour faire quelques choses.

L’une de vos plus grosses performances en Afrique est la troisième place décrochée avec les locaux ivoiriens lors du Chan 2016 au Rwanda. Vous faites déjà une projection sur le travail à mettre en place avec les joueurs locaux ?

Je vais m’occuper de l’équipe locale. Maintenant, la priorité est pour les A. Pour l’instant il y a pas encore de championnat attendons que ça redémarre. On laisse passer ce match contre la Gambie, après j’aurai le temps de me plonger dans le football local, de suivre les matches  de connaitre les joueurs, de commencer à avoir une idée du championnat local. Attendons de voir le calendrier des qualifications du Chan à venir. On est encore loin.

Vous attendez le championnat local pour résider à plein temps au Bénin ou faire les allers-retours pour superviser ceux qui sont en Europe ?

C’est un mix des deux. Je passe beaucoup de temps au pays (Bénin). Je serai parti grosso modo la moitié du temps de mes activités je le passe au pays. Le reste je les passe entre les déplacements de l’équipe A, ceux que je peux faire à droite à gauche pour superviser les joueurs. Je fais ma planification sur l’année, je m’octroi des périodes comme ça en fonction des activités, le championnat local. J’ai besoin par exemple avant le mois de mars de retourner en Europe voir les joueurs. Tout cela je planifie sur une année, quand j’ai toutes les dates.

La composition du staff, le choix Moussa Latoundji comme adjoint ?

Simplement. Il répond aux critères que je recherche par rapport à un entraîneur adjoint.

Lesquels ?

Si possible, un ancien joueur international parce que c’est important quelqu’un qui est connu et reconnu qui a déjà une expérience, un vécu. Et qui peut à l’approche des compétitions être un levier, une aide, un papa ou un grand-frère ou conseiller un tout petit peu. La deuxième chose c’est que c’est un entraîneur local. Je travaille toujours avec des entraîneurs locaux. J’essaye aussi de laisser une trace. Si je peux former quelqu’un ou aider quelqu’un à s’enrichir. Cela a été le cas avec Oumar Tchomogo en son temps. Parce que c’est moi qui lui avait mis le pied à l’étrier lors de la Can 2010 en le prenant comme deuxième adjoint puisque je travaillais avec Fortuné Glèlè.

Pas mal de rumeurs ont circulé sur la durée de votre contrat, un ou trois ans ?

Je pense être claire. C’est un contrat de trois ans avec une étape intermédiaire qui est celle de la qualification à la Can 2019. Chacun appréciera.

« On leur demande d’être performant, mettons du sérieux autour d’eux pour qu’ils ressentent la même chose. »

On a presque oublié que vous étiez sélectionneur des Ecureuils lors de l’un des épisodes les plus sombres du foot béninois en février 2010 avec la dissolution de la sélection béninoise après la Can mais vous avez accepté revenir huit ans plus tard sans rancœur, le retour était facile ?

Personne ne m’a obligé à revenir. Si je suis revenu c’est parce que j’avais envie de le faire. J’étais très déçu de la façon dont les choses ont évolué à l’époque et cette dissolution que j’ai trouvée complètement injuste. Maintenant ce n’était pas une majorité, j’étais bien ici au Bénin.  Les gens reconnaissaient mon travail, l’appréciait. Je vivais bien ici. Je me voyais continuer. J’étais à l’aise. Et puis cette dissolution est arrivée.  De la déception ? Oui. De la rancœur ? Non. Parce que partout où je suis passé par la suite. Chaque fois que je croisais des béninois il venait me saluer, ils étaient contents. Ils avaient apprécié mon passage. Je n’ai aucune rancœur. Pour une immense majorité des gens j’étais très bien. C’était un plaisir pour moi de revenir au pays et d’essayer de relever  ce challenge. Après avoir fait la dernière Can, faire une nouvelle.

Une sorte de revanche sur l’histoire ?

Non. Revanche équivaut avec rancœur et je n’ai pas sentiments négatifs. Il y a juste de se dire que je suis là. On redémarre quelque chose. Il y a un bon groupe, un bon timing pour faire quelque chose de bien quoi.

Après votre départ de la Côte d’ivoire en février 2017, comment s’est fait votre arrivée au Bénin dans les coulisses. ?

Les contacts se sont noués petit à petit. J’ai eu l’occasion d’avoir un échange avec le ministre des sports, Oswald Homeky on s’est rencontré en mai à Paris, on a eu une bonne discussion et le courant est bien passé.  Il est ambitieux, pragmatique, il sait travailler se projeter dans le temps. Si il y a des efforts à faire, il peut accompagner c’est ce qu’il a fait d’ailleurs.  . Avec le président Moucharafou Anjorin , on se connait depuis longtemps.  J’ai déposé mon dossier lors de l’appel à candidature. Il a eu la confiance de placer mon nom dans la  shorlist et je l’en remercie J’avais pris des informations sur l’environnement je savais qu’il y avait un bon groupe de joueurs. Il y avait une bonne énergie dans ce groupe. Il demandait juste à être accompagné.

Au Bénin on fait face régulièrement aux problèmes liés à l’organisation autour de la sélection, problèmes de primes, de plan vol, sur les deux premiers rassemblements tout semble parfait jusqu’ici donc…

Nous sommes  sur la bonne voie. Pas de problèmes de primes, de transports, de billets d’avion. J’essaye de m’impliquer au maximum. Faut éviter tous ces couacs ou désagréments qui arrivent pendant la semaine de stage et qui sont préjudiciables à la performance des joueurs. Donc faisons en sorte que tout soit carré que les joueurs ne se concentrent que sur le match qu’ils ont à jouer. Qu’il y a rien qui vienne polluer leur tête. Qu’il garde leur motivation intacte. Il y en a de la motivation, les joueurs que j’ai rencontrés sont très motivés pour se qualifier. Donc il faut entretenir cela en mettant autour d’eux du sérieux. On leur demande d’être performant, mettons du sérieux autour d’eux pour qu’ils ressentent la même chose.

« Parce qu’entre le niveau du football local et le niveau international. La marche est énorme. Les gens ne mesurent pas cela. »

On va terminer avec un nouveau quizz, pouvez nous en dire plus sur les cas des joueurs suivants, Rudy Gestede ?

Je l’ai eu. On a échangé. Il m’a expliqué un peu ses raisons. C’est  son choix il faut le respecter.

Donc il n’y a pas d’espoir qu’il revienne ?

Je pense qu’aujourd’hui s’il change d’avis il pourra me contacter.

Djiman Koukou ?

Il a retrouvé un club, c’est bien. Il redevient éligible. Ça tombe bien parce qu’il est dans un secteur de jeu où on  est plutôt à la recherche. J’espère qu’il va vite retrouver ses sensations parce qu’il n’a pas  joué depuis un moment. Faut qu’il enchaîne un peu de temps de jeu.

Frédéric Gounongbé ?

Il est blessé. C’est un garçon qui a beaucoup souffert. Il a beaucoup galéré.  Je l’ai appelé aussi pour lui dire qu’on était là. Qu’on ne le laisse pas tomber. C’est des moments très difficiles qu’il traverse. A soigner ses blessures, il est en Belgique actuellement.  Sa priorité était qu’il retrouve la totalité de ses moyens physiques avant qu’il retrouve un club et son meilleur niveau. Tout le discours que j’ai eu avec lui c’était surtout un  discours d’encouragements. Je suis passé aussi par ces étapes  je sais qu’on est seul dans ces moments, de savoir qu’il y a des gens qui sont là derrière.

Il y a une dizaine d’années carrément vous avez lancé,  Junior Salomon, Sidoine Oussou, Mouftaou Adou en sélection A alors qu’ils étaient des joueurs locaux, vous comptez faire de même avec la nouvelle vague qui pourrait se révéler lors de la prochaine saison ?

On verra. Je ne peux pas dire à l’avance qu’il y aura des joueurs locaux. Ça va dépendre déjà du potentiel du joueur.  J’ai toujours eu à lancer quelques joueurs locaux comme ça. Quand on les lance ils  deviennent expatriés très vite. On dit ouais il n’y a pas de joueurs locaux, il y en avait il y a quelques mois. Dès qu’ils font un match international, ils disparaissent du pays. Je regarde toujours le football local. Le fait d’être entraîneur des locaux, on va avoir des regroupements, on va travailler ensemble. De les avoir au quotidien ensemble, de travailler en profondeur. Ça va me permettre de bien les connaitre et cibler les potentiels qu’il y a. Parce qu’entre le niveau du football local et le niveau international. La marche est énorme. Les gens ne mesurent pas cela. Quand ils voient le championnat local. Il voit un joueur ressortir, ils pensent que c’est le même contexte. Non, ce n’est pas le même contexte. Le joueur qui s’exprime parmi les locaux il va falloir qu’il ait le potentiel pour franchir un palier qui est énorme. La marge est grande, il faut vraiment cibler les joueurs.

La danse sur la table dans le vestiaire

Je n’ai pas revu les images, je redoute (il éclate de rires en voyant les images sur mon téléphone)

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

Making Of

Lieu : Benin MARINA hotel au bord de piscine

Durée : 53 minutes

Boissons : Un café pour le  sélectionneur  et un jus d’ananas pour le journaliste

Habillement du sélectionneur : T shirt gris, jean, chaussettes blanches, Tongue

Temps additionnels : environ une heure à parler de foot

 

Entretien – Exclu : Moise Adilehou «  On a les armes pour les embêter »

Avant d’affronter l’Algérie à Blida demain soir, le défenseur de Levadiakos et des Ecureuils Moise Adilehou (22 ans) , arrivé à Blida hier soir , nous a accordé un entretien exclusif où il parle du duel à venir face aux Fennecs, son début de saison en club, de Presnel Kimpembe , le FC Porto  et sa rencontre avec Yaya Touré. Entretien.

 Demain soir ce sera un choc entre les deux premiers du groupe, c’est déjà une double finale en perspective ?

Bien sûre ! Je pense que si on est amené à faire un match nul ici et gagner chez nous. Je pense qu’on sera à 90% sûr d’aller à la Can. Après c’est sûr que s’ils gagnent chez eux ici demain, le match va être plus compliqué au Bénin. C’est sûr qu’il faut faire un résultat positif ici. S’ils gagnent ils vont prendre confiance. L’objectif c’est de les faire couler et on va faire le maximum on est préparé.

Vous avez pris un point à Lomé face au Togo, ce serait déjà pas mal de faire autant à Blida ?

On sait qu’à l’extérieur ce n’est jamais facile avec un peuple qui aime le foot en plus. On a pris un point à Lomé si on en prend un à Blida ça serait très bien et ça nous mettrait en confiance pour le match retour. Comme j’ai dis ce ne sera pas facile, on fera avec nos armes et on verra comment le match se déroulera.

Alors ce stage à Paris, si vous devriez faire un bilan ?         

Le stage à Paris était très court. On a pu s’entraîner dans de bonnes conditions. On a très été accueillies à l’hôtel. On a pu bien se préparer.

Aujourd’hui l’Algérie repart sur un nouveau projet avec un nouveau coach, du coup ça les rend plus jouables ?

On sait que quand il y a un changement de coach, un changement de staff on sait que toutes les cartes sont redistribuées donc ça remotive les joueurs. Après nous on se concentre sur  notre équipe.  On donnera tout pour être prêt. N’importe quelle équipe qui sera en face de nous, on sera préparé.

Vous étiez remplaçant à Lomé, un rôle difficile à tenir alors que l’équipe jouait avec trois joueurs à votre poste sur le terrain ?

Je suis un jeune joueur je dois apprendre. Le football africain et le football européen ce n’est pas le même. Donc si le coach est amené à me faire jouer je serai prêt. Déjà j’ai une grande chance de représenter mon pays donc le résultat à été positif cela veut dire que le coach a fait le bon choix. J’ai une très grande chance d’être là.

« Personne ne nous attendait là »

En club vous êtes sur une spirale positive personnellement, cette bonne vague peut vous mener à une place de titulaire sur l’une des deux rencontres face à l’Algérie ?

Je travaille pour cela au quotidien. C’est sûr que j’enchaîne les titularisations en club mais je l’ai dit en équipe nationale ce n’est pas pareil. On peut prendre l’exemple de Presnel Kimpembe , il monte en puissance au Paris Saint Germain mais il n’arrive pas à gratter des minutes en sélection française. Il faut être patient, quand on est jeune à ce poste-là il faut être patient. Maintenant c’est sûr que j’aimerais débuter un des deux matches.

Comment jugez-vous la position du Bénin dans ce  groupe où il a déjà 4 points ?

Je pense qu’on a une grosse équipe. Je pense qu’on peut faire un très bon parcours qu’on peut aller à la Coupe d’Afrique. Je pense qu’on est à notre place en étant premier exæquo. Personne ne nous attendait. Je voyais au quotidien aux entraînements qu’on avait un groupe de qualité donc si on est premier avec 4 points cela veut dire qu’on peut. Après on verra comment le match de l’Algérie se passera mais on les armes pour les embêter.

Alors la sélection béninoise elle grandit à quelle vitesse depuis votre arrivée ?

Evidemment on est en évolution surtout qu’il y a une nouvelle génération qui arrive. Je ne connaissais pas trop l’équipe d’avant. Mais je vois le capitaine Sèssegnon parler. Il nous raconte les histoires d’avant. C’est sûr que lui aussi il a remarqué que l’équipe était en évolution avec des jeunes et c’est bien pour le Bénin. Ce n’est pas tous les ans qu’on voit des jeunes joueurs qui peuvent s’imposer dans la sélection du Bénin. Il faut en profiter on a beaucoup d’année devant nous. On joue à de bons niveau et j’espère que ça va continuer. Aider le Bénin a faire un maximum de coupe d’Afrique et pourquoi pas la coupe du monde.

« Ça prouve qu’il ne faut rien lâcher. Il y trois ou quatre ans je jouais en quatrième division en France »

En club vous venez d’enchaîner trois titularisations d’affilée, ça y votre saison est lancée ?

Ça sera trop tôt pour dire ça parce que les résultats ne suivent pas. J’ai enchaîné trois titularisations mais trois défaites (rires). Je suis jeune, il y a des mecs d’expériences à côté de moi. Tout le monde aura sa chance , quand il y aura de bons résultat , quand le coach trouvera son équipe  stable qui enchaînera les bons résultats. Ça ne me surprend pas si je suis titulaire ou remplaçant parce qu’on a perdu et toutes les cartes sont redistribuées après une défaite.

D’ailleurs selon vous pourquoi vous n’avez pas débuté la saison en tant que titulaire ?

Tout simplement parce que j’ai raté la moitié de la préparation. J’ai repris deux semaines avant le début du championnat je n’étais pas prêt physiquement. L’équipe a fait une belle prestation contre l’Olympiakos lors du premier match. Je devais être patient et attendre mon tour. Au moment où on m’as donné ma chance je l’ai saisi et ça m’as fait du bien j’ai repris mes sensations. Je suis sur une bon pente on va dire par rapport au début de saison.

Vous êtes un peu orphelin de votre mentor José Anigo , parti à Panionios ?

José Anigo m’as beaucoup appris. C’est lui qui m’a lancé. C’est compliqué qu’il nous quitte comme ça alors qu’il avait fait du bon travail. C’est un nouveau coach qui arrive, c’est différent. La vie est faite comme ça. On ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut. Je suis toujours en contact avec lui. Il m’encourage beaucoup dans mon parcours et moi j’essayerais de ne pas le décevoir parce qu’il a fait c’est du bon travail. C’est lui qui m’a redonné confiance. Grâce à lui j’ai entièrement confiance en moi. Je sais qu’avec mes qualités je peux aller très haut.

Et Puis il y a ce match contre l’Olympiakos en coupe de Grèce où vous affrontez Yaya Touré…

C’était un match de coupe, ma première titularisation. C’était pour montrer au coach que j’avais les qualités pour jouer en championnat avec Yaya Touré en face. En pro on remarque pas avec qui on joue , on a juste faim , c’est à la fin qu’on se dit : ah oui c’était Yaya Touré c’est une légende etc. Sur le terrain on a les crocs c’est un humain comme moi j’ai tout donné, faire le maximum pour bloquer Yaya (rires)

On raconte que c’est le maillot le plus important que vous ayez échangé dans votre carrière ?

(rires) j’enchaîne ma troisième saison professionnelle je n’ai jamais eu la chance de rencontrer un joueur avec une telle carrière. Avoir son maillot c’est une grande fierté pour moi. Ça prouve qu’il ne faut rien lâcher. Il y trois ou quatre ans je jouais en quatrième division en France. Et là je rencontre un gars qui à une grosse carrière, qui a joué à Barcelone avec Messi , à Manchester City, qui est une légende. Je n’ai que 22 ans et j’espère que ça va continuer.

En Grèce c’est votre troisième saison pro, ça y votre carrière démarre enfin

Je suis sure une bonne lancée. Je vais enchaîner ma troisième saison en Grèce. Les gens commencent à me connaître, comme j’ai beaucoup joué l’année dernière donc. Je suis dans un bon cocon. Maintenant à moi de travailler de progresser, de prendre le maximum de matches. Je suis bien en Grèce. C’est un pays tranquille. La vie n’est pas chère. Le championnat il est relevé avec des équipes comme PAOK Salonique, AEK Athènes et l’Olympiakos qui jouent l’Europe. Franchement pour un jeune joueur qui veut progresser c’est un très bon championnat.

Vous êtes loin de l’insouciance de l’époque où vous étiez en équipe de jeunes au FC Porto ?

Au FC Porto vous vous entraînez avec des joueurs qui sont techniquement au dessus de la moyenne. Quand vous alliez en match, c’est sûr que vous allez gagner. Les installations etc ce n’est pas pareil. Aujourd’hui je suis passé pro. Je ne regrette rien. C’était une bonne expérience maintenant il faut avancer. A moi de travailler pour pourquoi ne pas toucher l’équipe senior du FC Porto on ne sait jamais. J’en garde une bonne expérience.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Entretien : David Kiki « je suis là pour bosser et changer tout ça »

De retour d’une blessure à la cheville avec Brest, David Kiki (24 ans)  nous accordé un entretien exclusif sans langue de bois. L’arrière gauche international béninois parle sa situation en club, du  nouveau sélectionneur des Ecureuils, des ambitions du groupe, le match contre l’Algérie et de ses références à son poste. Entretien.

La saison dernière vous avez joué 9 matches seulement soit 810 minutes, après votre arrivée en fin de mercato à Brest et cette saison après  8 journées vous attendez toujours votre première apparition en Ligue 2, est-ce une adaptation trop compliqué pour vous ?

C’est vrai que l’année dernière je n’ai pas joué beaucoup de matches et celle-ci aussi j’attends ma première titularisation en championnat. Dans le football il faut être patient je le suis. Je bosse à l’entraînement. Je bosse dur pour pouvoir changer tout ça et la saison est encore longue donc on verra bien.

La marche entre Niort et Brest semble trop haute pour vous….

C’est vrai qu’à Niort j’étais titulaire indiscutable (Ndlr : 59 matches en 2 saisons en Ligue 2) mais j’avais besoin d’un nouveau challenge pour avancer par rapport à mes objectifs. Les conditions dans lesquelles je suis venu à Brest sont un peu différentes. Il y avait déjà un titulaire au poste avant que je n’arrive, qui travaillait déjà avec le coach, qui connaissait son système. Donc je suis là pour bosser et essayer de changer tout ça.

Ce changement prend visiblement du temps, c’est votre quatrième saison en professionnel et si on fait un bilan à mi-parcours…

Dans une carrière il y a des hauts et des bas dans chaque expérience j’en tire le meilleur pour m’enrichir et avancer. Par rapport à mon parcours si je dois le refaire, je n’ai rien à changer si je dois le refaire je referai la même chose. Je ne regrette rien du tout dans mes choix.

La saison écoulée Brest a lutté jusqu’aux barrages pour la montée en Ligue 1, cet échec a-t-il traumatisé le groupe ?

On était si près du but, c’est vrai qu’on a échoué au pied du podium. Cela prouve qu’on avait la capacité d’atteindre notre objectif donc cette année, le groupe est encore plus remotivé pour faire mieux.  Le groupe est bien.  L’objectif reste le même : faire plus que l’année dernière, accrocher les trois premières places ou même finir devant s’il faut.

«  Ma cheville va bien »

Actuellement vous êtes diminué par une blessure à la cheville, vous avez déjà récupéré ?

J’ai fait l’IRM et on a vu que rien n’avait été touché. Donc il y avait juste de l’eau donc les médecins du club m’ont fait une infiltration pour sécher l’eau. Cela a été fait donc j’ai repris les entraînements et tout va bien.

Vous avez fait votre retour avec les Ecureuils contre le Togo à Lomé en début de mois, c’était un derby difficile pour vous ?

C’était un derby donc on s’attendait à un match compliqué avec beaucoup de duels. En plus c’était sur un synthétique donc ce n’était pas  évident. L’objectif c’était de faire un résultat. On fait ce qu’on était venu chercher. Personnellement c’est vrai que le synthétique ne m’a pas facilité la tâche par rapport à ma cheville qui était un peu souffrante. Mais c’est vrai que cela m’as un peu empêché de faire mon football. Mais j’ai joué, j’ai bien défendu offensivement je n’ai pas beaucoup attaqué. L’objectif est atteint. Pour l’instant on va se préparer pour le prochain match contre l’Algérie.

Justement en sélection vous avez un nouveau sélectionneur, Michel Dussuyer qui vous a confié un nouveau rôle de piston gauche, vous voyez déjà la patte du technicien ?

Ça s’est très bien passé, le nouveau coach est venu avec un nouveau système, son staff et ses principes. Ils ont mis les choses au clair dès le début donc chacun sait quel rôle il doit jouer. Tout est carré. Pour l’instant tout va bien. Je pense que ça va nous apporter certaines choses qui vont nous permettre d’avancer.

Vous découvrez un nouveau poste sur le terrain qui vous convient ?

C’est vrai qu’on vient de jouer un match seulement dans ce dispositif. Je ne sais pas si le prochain le match coach va remettre le même système. En ce qui me concerne, je suis arrière gauche avant tout.  Mon rôle c’est de défendre et attaquer. Qu’on joue à une défense à  quatre ou à trois comme récemment, je ferai toujours mon job. Maintenant c’est sure qu’en 3-4-3, j’ai plus de liberté offensivement après le rôle numéro un c’est de bien défendre et bien occuper le couloir.

« On a tiré des leçons de l’échec de  la Can 2017 »

Vous étiez en France cet été pendant le sacre de la France en coupe du Monde comment avez-vous vécu de l’intérieur de l’Hexagone cet événement ?

Le titre de champion du monde de l’équipe de France, c’est des moments qui ne se produisent pas tout le temps donc c’est inouï. Franchement c’était le feu, ça pétait partout. C’est historique, il y avait vraiment de l’ambiance, j’étais content pour eux, ce qu’ils ont fait.

Avec le Bénin vous avez manqué de près la qualification pour la Can 2017 désormais le groupe est toujours aussi motivé qu’il y a quelques années ?

Le match au Mali est passé, cette Can est passée. Heureusement que nous sommes passés à autre chose.  Cette défaite nous a fait mal mais… On a déjà commencé de nouvelles qualifications pour la Can 2019. On a tiré des leçons de cet échec pour mieux  se préparer. C’est pour ça déjà le match contre le Togo on l’a entamé d’une autre manière que d’habitude. On l’a bien préparé, on était bien en place. On sait pourquoi on est là. L’objectif reste le même c’est pour la qualification pour Cameroun 2019. Je pense que tout le groupe même s’il y a des nouveaux ou des anciens qui reviennent, l’objectif reste le même pour toute l’équipe. On est motivé, prêts à l’aller au combat quoiqu’il arrive. Titulaire, sur le banc ou en tribunes, tout le monde a le même objectif. On est fixé là-dessus. Tout le monde se donne à fond, il y a plusieurs matches, on se donne à fond pour chaque et à la fin on fera le point.

Vous aviez été formé attaquant et au fil du temps en passant par Belfort vous êtes devenu arrière gauche ?

Au centre de formation France Benin Football au Bénin, je jouais milieu offensif gauche. Quand je suis arrivé en France j’ai toujours joué à ce poste en jeune, des fois milieu droit. C’est quand je suis monté en équipe première à Belfort en CFA (Ndlr : Championnat de France Amateurs, désormais appelé National 2) que j’ai dépanné une fois parce que l’arrière gauche était blessé et comme j’étais gaucher, le coach m’as fait jouer à ce poste. Il avait trouvé que j’étais mieux là, comme je partais de loin avec ma puissance j’apportais beaucoup. Du coup il m’a maintenu à ce poste quelques matches, c’est de là que tout est parti. Maintenant je préfère jouer arrière gauche, j’aime bien avoir de l’espace devant moi je suis attiré par but aussi. Je me sens plus à l’aise. Défensivement, j’aime bien les duels, défendre on a peu ça dans le sang en Afrique. Cela ne m’a posé aucun problème pour jouer à ce poste. Maintenant je me régale, je me sens à l’aise, je prends du plaisir à défendre et attaquer.

Vos références à ce poste …

Ça n’a pas changé (rires) Marcelo, Alaba , et Mendy aussi , c’est des joueurs que je suis régulièrement, ce sont mes références.

Pour finir… 

si j’ai un truc à dire c’est de remercier ceux qui me suivent sur ma page Facebook , Instagram et Twitter ,je reçois pleins de  messages d’encouragements et tout. Qu’ils continuent à me donner de la force. ça fait toujours plaisir pour te dire des choses qui te font du bien. Merci aux supporters béninois qui font le déplacement à chaque match comme à Lomé dernièrement.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Togo – Bénin : le best of de la conférence de presse de Dussuyer

Avant de défier le Togo demain après-midi au stade municipal de Lomé, Michel Dussuyer a abordé longuement sujet en conférence d’avant-match dans la capitale togolaise. Morceaux choisis. 

Le contexte du match

« C’est toujours important de bien débuter. Nous sommes dans une période délicate. Tous les matches sont difficiles en Afrique. Ce sera un match engagé. On sait ce qui nous attend. Le temps est court, c’est cinq jours pour se préparer. C’est peu il faut du temps en sélection pour prendre contact. Il y a des anciens que je connais. J’ai un bon effectif avec des nouveaux que j’apprends à découvrir »

Le niveau de son effectif

«  On est dans une configuration où on a un effectif réduit. On a un effectif de qualité pour prétendre jouer notre carte à fond pour se qualifier dans ce groupe »

Le poste d’arrière droit

« On a travaillé à onze (rires) pas à dix donc il y aura quelqu’un à ce poste-là »

La hiérarchie des gardiens

« il y a une  hiérarchie qui existait avant mon arrivée , on va rester sur une forme de continuité »

La pelouse synthétique

« Les joueurs ont quelques repères fondamentaux. On a travaillé hier et aujourd’hui sur ce genre de pelouse pour qu’il prenne leurs habitudes. »

La santé du groupe

«  A part le forfait de Manu Imorou, on a avait une petite crainte pour David Kiki mais avec les soins ça va. Il sera apte »

Le niveau de l’adversaire

«  malgré qu’on soit en avance au classement Fifa , le Togo est une excéllente équipe. On aura fort à faire avec un effectif à rivaliser. L’objectif c’est la qualification. Mon style de jeu est de faire en sorte que mon équipe pratique son jeu , sans balancer. Tout ça demande du temps. »

Un plan anti-Adébayor

« Non. Sheyi tout le monde le connait. On sait de quoi il est capable. On sait tous l’importance qu’il a dans cette équipe. Il faudra être très attentif, il est capable de faire la différence »

Géraud Viwami

Niort : «Le défi, c’est de pouvoir mettre tout le monde en confiance »

Avant la réception de Clermont demain soir à René Gaillard à l’occasion de la deuxième journée de Ligue 2 française , Saturnin Allagbé , le gardien titulaire de Niort , s’est confié au site officiel de son club. son retour de blessure , la dynamique de début de saison , son nouveau rôle de vice-capitaine , la jeunesse de l’effectif ont été évoqués dans cet entretien. 

Saturnin bonjour. Heureux de retrouver la compétition après cette longue indisponibilité?
Oui, bien sûr. C’est quelque chose que j’attendais patiemment.
Aujourd’hui, je suis très content d’avoir retrouvé la compétition. Ça fait partie de mon travail, mais ce n’est pas une fin en soi. Il faut continuer.

As-tu retrouvé l’intégralité de tes sensations?
Pas totalement. À l’heure actuelle, au niveau où je suis, j’essaie de m’adapter par rapport à ma blessure et ma progression. Mais comme tout s’est bien passé, les sensations reviennent. Je travaille pour. Et, au fur et à mesure des matches, ça reviendra naturellement.

Tu diriges une défense très remaniée. C’est plus compliqué au niveau des automatismes?
Non, dans la mesure où on a fait la préparation ensemble et disputé des matches amicaux. Ce qui nous a permis de nous mettre en confiance.
Aujourd’hui, je me sens à l’aise avec eux. C’est une défense très jeune, mais on s’adapte. J’espère que notre entente va continuer.

Démarrer par une victoire, ça faisait longtemps. Rien de tel pour la confiance?
Tout à fait. Si j’ai bonne mémoire, ça doit faire dix ans que ce n’était plus arrivé.
Sincèrement, c’est vraiment quelque chose qu’on attendait, par rapport à notre préparation et notre série de matches amicaux.
On est resté dans la continuité et, pour moi, ça montre du caractère.
Quand j’ai débuté en Ligue 2, c’était déjà contre le Red Star. L’histoire se répète.

« ON AURA À CŒUR DE S’IMPOSER À LA MAISON. »

Le plus dur sera de confirmer contre Clermont?
C’est ça. On sait que ce ne sera pas un match facile. Clermont est une bonne équipe.
On a bien travaillé et ce sera à nous de hausser notre niveau. On sait que le championnat est très relevé, et on aura à cœur de s’imposer à la maison, ce qui n’a pas été notre point fort la saison dernière.
Les équipes qui jouent le haut de tableau gagnent beaucoup de matches chez elles. À nous d’essayer de faire la même chose.

À seulement 24 ans, tu fais figure d’ancien. Cela te donne plus de responsabilités?
Depuis deux saisons, j’essaie de faire au mieux dans ce rôle. Avoir une présence dans le vestiaire auprès des jeunes. Également par rapport au poste où je joue, où les responsabilités sont très grandes.
Le défi, c’est de pouvoir mettre tout le monde en confiance. C’est tous ensemble qu’on va y arriver. Sans oublier l’énorme apport de notre capitaine Ande, qui nous donne beaucoup de conseils.

Que t’inspire la jeunesse de cette équipe?
La jeunesse, c’est un peu l’euphorie. Quand on est jeune et qu’on découvre le niveau, on se donne les moyens d’être performant tous les week-ends.
Les dirigeants ont lancé un signe fort en faisant confiance à tous ces jeunes.

Comment allez-vous aborder cette rencontre contre Clermont pour tenter de l’emporter?
Dans les meilleures conditions possibles grâce à notre grosse semaine de travail.
Il faudra rester concentré de la première à la dernière seconde et, surtout, ne pas prendre ce match à la légère. On se parle beaucoup, et on sait qu’il ne faudra jamais rien lâcher.

Source: Chamoisniortais.fr 

France – L2 : Saturnin Allagbé « je suis un leader de par mon poste»

De retour de blessure après huit mois d’absence dans les buts de Niort , le gardien international béninois , Saturnin Allagbé (24 ans) a accordé un entretien à nos confrères de la Nouvelle Republique  avant la première journée de Ligue 2 vendredi dernier, il parle de sa période de rémission , son retour à la compétition , son nouveau statut dans le groupe des Chamois et des Ecureuils. 

 

Comment vous sentez-vous avant la reprise de la L2 ?

 Je suis très content. Je me sens bien. J’ai fait une bonne préparation. Cela n’a pas été facile, mais je me suis accroché. 

Cela a été difficile par rapport à votre fracture du péroné en décembre dernier ?

Quand ça fait six mois que tu n’as pas joué, que tu te soignes, c’est dur au début, mais j’ai pu revenir. Avant de reprendre la compétition, je me sens prêt. 

Comment l’avez-vous vécue, cette blessure ?

 Cela a été très compliqué. On ne s’attend jamais à une blessure. C’est arrivé à un moment où je me sentais très bien. J’étais déçu ne pas avoir pu participer aux six derniers mois de championnat avec le groupe. Personnellement, ça a été très dur. Mais voilà, aujourd’hui, c’est du passé. 

C’est une force supplémentaire ?

Oui, mais il ne faut pas précipiter les choses. Je reviens de mieux en mieux. C’est à moi, pendant les entraînements, d’être plus déterminé, et travailler plus. Encore plus que ce que je faisais d’habitude pour retrouver mon niveau. 

Comment avez-vous vécu cette deuxième partie de saison ?

 Sincèrement, c’était encore plus difficile pour moi d’être dans les gradins, à voir mon équipe dans le dur. J’étais plus stressé qu’au moment où j’étais sur le terrain avec eux. Des fois, pendant les déplacements, devant la télé, j’étais tout seul, dans mon coin, à prier pour que l’équipe gagne. Je n’imaginais pas qu’on puisse descendre. J’avais confiance dans le groupe. 


Comment voyez-vous cette saison, avec Patrice Lair comme nouveau coach ?

La préparation s’est bien passée. On a gagné quatre de nos cinq matchs amicaux. On s’est mis en confiance, même si ce n’est pas la Ligue 2. Le championnat n’est jamais facile. C’est à nous de bien l’entamer, comme on l’a fait avec les amicaux. C’est un nouveau groupe, avec beaucoup de jeunes. C’est à nous de donner tout ce qu’il y a. Le coach nous pousse à aller dans nos retranchements. Il est derrière nous tous. 


Quels rapports entretenez-vous avec lui ?

Il est proche de tout le monde. Quand on a commencé la préparation, j’étais vraiment dans le dur. Il me mettait en confiance en me disant de ne pas douter, que ça irait. A chaque fois, au début, j’avais mal, et il me disait de ne pas me décourager, que ça s’arrangerait. Il a confiance en moi, et c’est à moi de lui rendre. 


Vous avez porté le brassard de capitaine lors du dernier amical. Êtes-vous prêt à le devenir si on vous confie ce rôle ?

Cela ne sera pas une option. Ce n’est pas le brassard qui fait de moi un leader. Je le suis déjà de par mon poste. Aujourd’hui, j’essaie de me donner à fond, et le groupe sait que ce n’est pas le brassard qui va me faire parler à un joueur. C’est à moi, aussi, d’être le plus performant. Je sais que je suis un ancien dans l’effectif. Je continue à encourager tout le monde, même s’il n’y a pas le brassard. Ce n’est pas quelque chose de primordial pour moi. 


Vous aurez aussi comme objectif les qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations avec le Bénin.

C’est un objectif majeur pour nous. On ne s’est pas qualifié depuis 2010. On est dans une poule qui n’est pas facile, avec l’Algérie, le Togo et la Gambie. On doit tout faire pour se qualifier. Pour le moment, on attend de voir comment ça va se passer au niveau de la fédération par rapport au sélectionneur. Je suis concentré sur le championnat, mais si la sélection arrive, on travaillera pour cet objectif. 

Source: Nouvelle République 

Niger : Affissou Tamou « faire gagner ton équipe, c’est important »

Arrivé au pays du Sahel cette saison, l’attaquant Affissou Tamou (22 ans, 9 matches, 2 buts) s’est confié à nous sur son nouveau club l’As Douane du Niger, son adaptation et sa situation personnelle. L’international béninois nous accordé un  entretien exclusif.

Après un début de saison difficile l’As Douane termine un peu mieux cette première partie de saison ?

Effectivement. On a eu des débuts très compliqués avec peu de victoires. L’équipe ne se connaissait pas encore assez. Il y a beaucoup de nouveaux joueurs comme moi. Une grosse partie de l’équipe a été transférée dont des cadres. On découvrait la compétition et les résultats ne suivaient pas. Depuis quelques journées on perd moins. Nous sommes 9e bien loin du premier Sonidep (36 points). On joue la dernière journée de la phase aller ce week-end (15e journée). Nous sommes conscients de nos forces quand même, on se doit de remonter.

Les mauvais moments sont donc derrière vous ?

On espère en tout cas. Personne n’aime perdre. En plus dans un club habitué à jouer le haut de tableau. L’As Douane a joué en coupe Africaine il y a deux saisons à peine encore. Ce n’est pas une équipe taillée à jouer le milieu de tableau d’où la nécessité de faire une seconde phase de meilleure qualité.

Personnellement, on ne vous attendait pas au Niger au cette saison ?

C’est la vie d’un footballeur quand vous faites ce métier vous devez être prêt pour toutes les opportunités qui se présente en fonction de votre situation.  C’est un pays que je découvre, leur culture la manière de jouer et tout le reste. J’ai eu la chance d’arriver assez tôt  pendant la présaison afin d’avoir le temps de m’adapter. Car ici il fait très chaud (rires).

Vous étiez attendu en Israël l’été dernier mais ça ne s’est pas fait ?

Comme vous le dites, ça ne s’est pas fait pour plusieurs raisons. Vous savez le football professionnel a plusieurs exigences qui ne dépendent pas que de la performance du joueur. J’ai fait un essai à l’Hapoel Rishon Lezion en deuxième division. J’ai fait le stage de préparation en entier avec le club mais ça a capoté pendant les négociations on n’a pas eu d’accord avec le club. Et le marché tendait déjà vers la fin du coup je n’ai pas pu rebondir ailleurs. Ce n’est que partie remise. A mon retour l’As Douane s’est manifesté et j’ai préféré me relancer.

Alors quels sont vos objectifs avec l’As Douanes ?

Le premier c’est de retrouver du temps de jeu. Pour l’instant ça va mais je veux bien jouer plus, tous les matches si possibles. Ensuite faire gagner l’équipe, être décisif. Dans les matches j’ai créé pas mal d’occasions je ne suis qu’à deux réalisations. J’ai une quinzaine de matches pour m’améliorer. Je suis conscient de cela.

Vous êtes reconnu comme un joueur assez explosif et rapide votre positionnement sur le terrain est aussi à la base de l’influence que vous avez au sein de l’équipe ?

Bien sûr. J’ai été formé au poste d’attaquant axial mais en plus j’ai souvent été utilisé à gauche comme à droite mais je me suis très bien adapté. Et puis ça m’arrange d’être capable d’évoluer à tous les potes offensifs. A l’As Douane je joue plus souvent sur un flanc mais j’aime jouer devant les buts comme tout attaquant. On le voit aujourd’hui dans le foot moderne dès que t’es un joueur offensif, tu dois faire gagner ton équipe peu importe ton positionnement devant. Quand vous voyez un joueur comme Mo Salah avoir des statistiques incroyables avec Liverpool en Angleterre alors qu’il joue à la base sur le côté, il faut juste prendre conscience de son rôle et s’améliorer.

On s’imagine alors que vous n’allez pas rester longtemps dans le sahel…

C’est une étape intermédiaire mais pour réussir un tremplin il faut avoir le niveau qui va avec pour espérer mieux. Je ne suis pas obsédé par un départ à tout prix…

Vous n’avez rien en vue pour le mercato d’été. ?

Honnêtement je ne pense même pas à ça en ce moment. Je suis concentré sur l’As Douane, aider le club à faire une très bonne saison finir le plus haut possible en championnat ou gagner la coupe nationale en étant décisif. Bien terminer la saison c’est primordial. Après si j’ai une offre qui correspond à mes ambitions je verrai avec  mes agents. Pour l’instant je ne me précipite pas. J’avoue qu’on  a déjà refusé des destinations « bizarres » récemment. En même temps il faut reconnaitre qu’il y a des opportunités sur lesquelles on ne réfléchis pas beaucoup.

Comme ?

Le PSG ! (Rires). Non sérieusement vous comprenez déjà ce que je veux dires. Si c’est un championnat qui offre une meilleure visibilité, professionnel d’un bon niveau. Je prendrai le pari.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

 

Jour des premières : Abdel Fadel Suanon raconte…

En ce 1er avril Bjfoot.com vous présente en exclusivité la deuxième de l’année 2018 de notre série réalisée le premier jour de chaque mois où notre invité nous raconte ses premières. Pour ce mois-ci l c’est l’attaquant de Dhamk (D2 Arabie Saoudite) , Abdel Fadel Suanon (22 ans, 21  matches 10 buts) qui s’est confié à nous.

 

Premier  numéro de maillot ?

Le 8.

premier club ?

JS Komondor. C’était un club amateur populaire à Gbégamey le quartier où j’ai grandi.

Votre premier carton rouge ?

C’était avec Komondor en D3 amateur dans un match contre Astec organisé par l’ambassade du Venezuela.

premier salaire ?

Mon premier salaire professionnel était de 1000 dollars. Et c’était beaucoup à l’époque (rires)

Première voiture ?

Wolfswagen Touareg.

Premier autographe ?

C’était en Norvège en 2012 alors que j’étais en essai à Honefoss Bk.

Première sélection ?                                        

En 2010 avec les U20 contre le Burkina Faso au premier tour des qualifications de la Can.

Premier but pro ?

Je n’en ai pas mis un mais deux d’un coup. J’ai marqué un doublé avec l’Etoile du Sahel contre l’Olympique de Beja c’était ma première titularisation d’ailleurs avec Roger Lemerre. Ce jour-là (4 janvier 2014) on gagne 3-0.

Premier trophée ?

Collectivement je retiens la coupe nationale gagnée avec le Mogas en 2011 contre Dragons. On gagne 3-0 et je signe un doublé en plus.

Premier souvenir fort dans le foot ?

Mon doublé avec la sélection national espoir en qualification pour les JO 2012 on a joué contre l’Afrique du Sud j’ai été buteurs à l’aller on s’était imposé 3-1. Et au retour on perd 5-1 à l’extérieur mais je marque encore.

Première visite sur Bjfoot.com ?

2011 , je crois.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

Afrique – Coupe de la confédération : Jean-Marie Guera « une victoire favorable avant la manche retour»

Avant la réception des nigérians d’Enyimba demain après-midi au stade Mathieu Kérékou en seizième de finale de coupe de la confédération africaine nous avons rencontré Jean-Marie Guera, capitaine d’Energie Fc et héros de la qualification acquise à Conakry le mois dernier. L’ancien meneur de jeu d’Asos et du Mogas formé à l’académie France Bénin Football s’est confié à nous sur le duel africain.

Vous avez décroché qualification quasi inattendue au tour précédent devant le Hafia de Conackry ,, dans quel état d’esprit vous allez aborder la rencontre de demain soir ?

Nous partons tel un petit poucet mais avec beaucoup d’ambition quand même vu l’évènement qu’on a créé à Conackry  et au sein du public sportif béninois. Nous sommes dopés comme des soldats pour un assaut sans merci.

Vous connaissez un peu le favori nigérian ?

Je pense que le staff a pris ses dispositions par rapport à ce volet et cela a servi durant nos séances de préparation pour cette rencontre.

Alors vous découvrez le haut niveau, ça change fondamental des rencontres de championnat local…

Nous sommes actuellement sans championnat et c’est un facteur en notre défaveur. Je pense que le staff a fait un bon boulot sur la double confrontation contre le, Hafia Conakry ce qui nous a permis de gagner à Cotonou et de faire le nul synonyme de qualification au retour. Nous avons travaillé nos faiblesses comme toute équipe aspirant à une marge de progression  tout en prenant en compte le poids de la carte de visite du prochain adversaire, Enyimba. Notre équipe connait actuellement une bonne phase pour avoir joué un club de renommée africaine et régulier dans son championnat.

Une réelle différence de niveau ?

Il y a une différence sur plusieurs paramètres notamment l’identité du football adverse, le rythme est très appréciable et l’issue du match se joue sur des détails.

Quel serait le résultat idéal pour Energie demain ?

Une victoire certaine et favorable avant la manche retour.

Vous avez été le héros du tour précédent avec cette égalisation en toute fin de match, racontez-nous cet exploit personnel ?

Nous avions cru et c’est arrivé !  Je pense que j’ai été plus intelligent ou malin plutôt en appréciant mieux le rebond d’abord qui a trompé le premier défenseur ensuite la lucidité pour éliminer le second et enfin j’ai ajusté le gardien de but. C’était l’aboutissement d’un travail collectif.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Jour des premières fois : Rudy Gestede raconte…

En ce 1er mars Bjfoot.com vous présente en exclusivité la première de l’année 2018 de notre série réalisée le premier jour de chaque mois où notre invité nous raconte ses premières.  L’attaquant de M’Boro  en Championship (D2 Anglaise)  récemment blessé à la cheville, Rudy Gestede est  à l’honneur pour ce mois de mars.  

 

Votre premier numéro ?

Le  numéro 9 c’était le numéro de Ronaldo et quand tu étais attaquant il fallait porter le 9!

Votre premier club ?

Champenoux ! Un petit club en Lorraine.  C’était ma première licence. Mais le premier club structuré c’était l’US Vigy en lorraine près de Metz.

Votre premier but pro ?

Mon  premier but pro c’était en  coupe de France  contre Clermont Ferrand. Une reprise de volée après une remise de Diafra Sakho en 2010.

Votre premier carton rouge ?

En jeune j’en ai eu un pour bagarre mais chez les adultes c’est en CFA contre Beauvais j’avais 16 ans et j’ai mis une main sur un corner pour défendre mon but.

Votre premier trophée ?

En  jeune j’en ai eu quelques un mais en pro c’est champion de deuxième division anglaise en 2013 avec Cardiff.

Votre première victoire ?

Une Audi a3 s-line noire !

Le premier joueur dont vous étiez fan ?

Quand j’étais jeune j’étais fan de Thierry Henry

Votre première sélection avec le Bénin ?

En 2012 contre l’Algérie à Bida! Mon premier but également sur coup franc direct !

Votre premier amour ?

Ma femme avec qui je suis toujours je pensais avoir été amoureux plus jeune mais quand tu trouves ton vrai amour tu te rends compte que les autres ce n’était pas très sérieux.

Votre premier salaire ?  

600 francs français par mois lorsque j’avais 12 ans au FC Metz.

Première visite sur Bjfoot.com ?

Première visite sur Bjfoot ? Je ne m’en souviens plus du tout!

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Entretien :  Paterne Counou «  la saison a été sauvée avec la coupe »

Il vient de boucler un troisième exercice à plus de trente matches et une deuxième coupe du Nigéria  glanée sur trois possibles avec Akwa United , Paterne Counou (21 ans) sort d’un parcours riche dont il nous parle dans cet entretien exclusif juste après le récent sacre en coupe nationale.

 

4e en championnat, vous avez remporté la Coupe du Nigéria, il y a une dizaine de jours c’était la consécration d’une longue saison ?

Je me sens. Je suis content. On a manqué la troisième place en championnat  qualificative pour la Coupe des Confédérations pour un point. Enyimba nous a chipé cette place.  Nous nous sommes ensuite focalisés sur la coupe nationale afin d’avoir une place Africaine  la saison prochaine. Nous avons réussi à le faire,  ça fait plaisir. La saison a été longue mais sauvée avec la coupe.

Vous étiez sur le banc pour la finale face à Niger Tonardoes , vous êtes forcément déçu …

C’est toujours un regret de ne pas jouer.  L’objectif d’un  joueur c’est de jouer tout le temps. Mais quand le coach décide autrement on n’a pas le choix. Je souhaite le meilleur à mes coéquipiers sur le terrain. On est allé jusqu’aux tirs aux buts, j’en avais les pieds qui tremblaient. C’était des moments fort. C’est mieux quand tu es sur le terrain. L’essentiel a été fait, c’était de remporter cette coupe.

C’est votre troisième saison à Akwa United, comment jugez-vous personnellement votre saison ?

Avec un trophée, c’est forcément positif du point de vue collectif. Personnellement, je pense que je capable de faire encore mieux. Je m’étais fixé des objectifs de jeu , ils m’ont pas tous été atteints. J’ai manqué un peu le début de saison mais je reste concentré pour la suite puisque c’est la progression qui compte.

Vous n’avez pas l’air très satisfait visiblement…

Comme je le disais, en début de saison  on avait un nouveau coach qui avait débarqué avec ses recrues qui avaient du mal à s’adapter malgré sa confiance donc au fil des matches il a fini par donner la main aux anciens comme moi. Certaines recrues sont parties à la mi- saison d’ailleurs. J’ai manqué le début de saison aussi parce que j’étais en renégociation.

En fin de contrat, qu’allez-vous faire, prolonger ou partir ?

Je ne sais pas encore honnêtement. Il y a encore du temps. Le championnat reprend dans deux mois environ. Le marché est fermé aussi est un peu partout, on verra la suite à partir du prochain mercato mais je ne me prends pas la tête. J’ai des touches. Je suis patient.

On vous a vu le mois dernier avec les Ecureuils lors du tournoi de l’Ufoa au Ghana , une grosse première expérience sous le maillot national…

Je crois que nous avons fait un bon tournoi jusqu’à la quatrième place. C’était un tournoi assez riche d’enseignements pour moi. C’était mes grands débuts en compétition avec les Ecureuils. J’ai su gérer parce qu’on jouait chaque 48 heures ce n’était pas évident.  On a fait un bon tournoi je pense.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

Entretien : Emmanuel Imorou « En Belgique , ça va très vite d’un but à l’autre»

Cédé en prêt avec option d’achat par Caen (Ligue 1 France) au Cercle Bruges (D2 Belge), club satellite de l’As Monaco, l’arrière gauche international béninois, Emmanuel Imorou (29 ans , 7 matches cette saison) sort d’un premier mois accompli en Belgique. Dans un entretien accordé à nos confrères de France Football , il parle de vie loin de la Ligue 1. 
La Ligue 1 ne vous manque pas trop ?
Quelque part, si, ça me manque. J’aurais préféré rester en Ligue 1, c’était ma priorité. Je ne regrette en aucun cas mon choix, je m’y retrouve au final. Je continue de suivre la Ligue 1 pour garder le contact. Quand je ne joue pas au même moment, je regarde les matches. Parfois, je me concentre juste sur le match de Caen.
Quel regard portez-vous sur le bon début de saison du SM Caen ?
Je suis content pour eux. Après, je ne suis même pas surpris, dans la mesure où les joueurs qui sont arrivés apportent une réelle plus-value à l’équipe. Il fallait que la mayonnaise prenne. En soit, la qualité des joueurs est là. Le principal problème était de reprendre confiance par rapport à la saison dernière (Caen s’est sauvé lors de la dernière journée, en allant arracher le match nul à Paris, ndlr). À Caen, il ne faut jamais croire que tout est acquis, parce qu’on a vu par le passé que ça pouvait être parfois compliqué, mais ils ont les capacités pour faire une belle saison.
Il y a des joueurs de Ligue 1 qui vous manquent ?
Oui, plutôt au sein du vestiaire. Damien Da Silva, par exemple, qui est un très bon ami. On s’est vu sur Bruxelles la semaine dernière. J’ai aussi vu Dennis Appiah(Anderlecht), on était souvent ensemble à Caen. J’ai des nouvelles de Jordan Adéoti (Auxerre), dont j’étais proche. Nicolas Benezet (Guingamp), je sais que je serai amené à le revoir à un moment ou un autre, que ce soit dans le foot ou pas. On reste en contact malgré tout.
«J’ai l’impression que Paris va lâcher moins de points. Ils ont encore plus l’obligation d’être champions, avec l’arrivée de Mbappé et Neymar.»
Y’a-t-il des joueurs que vous êtes content de ne plus croiser ?
Il n’y en a pas tellement. C’est sûr qu’il y avait des joueurs dont je n’appréciais pas la personnalité, ou ce qu’ils dégageaient sur le terrain. Mais il n’y a pas de joueurs que je n’aimais pas dans le sens où j’avais peur de passer un mauvais moment (rires). Au contraire, un mec comme Neymar, j’aurais été content de l’affronter. Moi, c’est dans ces matches que je prends du plaisir. Quand j’ai joué contre Lyon, Paris, Marseille…c’est dans ces moments que le métier prend toute sa valeur.
Quelle analyse faites-vous de la Ligue 1, saison 2017-2018 ?
Je pense un peu comme tout le monde que Paris est ultra favori. On voit que Monaco, qui a perdu beaucoup de joueurs, continue d’être une grosse machine. L’année dernière, pendant très longtemps, on pensait que Monaco allait finir par craquer. Cela va beaucoup dépendre d’eux. J’ai l’impression que Paris va lâcher moins de points. Ils ont encore plus l’obligation d’être champions, avec l’arrivée de Mbappé et Neymar. Tout le monde a un peu l’image de Neymar qui sait faire des grigris. C’est bien plus que ça, dans sa qualité de passe, de déplacement, de contrôle, de vision du jeu…il est fort partout ! Ce sera compliqué pour les autres équipes, même si Lyon a quand même des résultats, Marseille reste une équipe qui doit accrocher une place européenne, et Nice aussi…
Bielsa à Lille, Ranieri à Nantes… Quel est votre avis sur les entraîneurs étrangers de L1, qui connaissent pour l’instant des fortunes diverses ?
Sur Twitter, on en parle souvent de ces débats… Je ne suis ni pro-coach français, ni pro-coach étranger… Je suis pour la meilleure solution. Je peux tout à fait comprendre qu’un club veuille avoir un coach français, ne serait-ce que pour la barrière de la langue et pour conserver une culture de club. Je peux tout aussi bien concevoir un club qui va vouloir un coach étranger pour amener des méthodes différentes. Dans le cas de Bielsa, le but est d’amener un jeu plus attirant, qui donne envie de prendre plus de plaisir dans le match, quitte à donner des points. Ce que je trouve dommage, c’est que j’ai l’impression qu’il y a un bashing avec les coaches étrangers quand ils n’y arrivent pas en France
Comment s’est passée l’adaptation à Bruges ?
Plutôt bien, parce que dans l’équipe, 90% des joueurs parlent français. Je sors d’une saison où je n’ai pas beaucoup joué (9 matches de Ligue 1 en 2016-2017), et je viens de faire sept matches en un mois. Forcément, ça tire un peu partout. On ne va pas se mentir : moi, je suis prêté, je m’y retrouve financièrement. J’avais des touches en Ligue 2, mais ce n’était tout simplement pas possible. Peut-être qu’on est perdants sur le plan de la compétitivité quand on joue le week-end, mais Bruges a des installations du niveau de la Ligue 1.
Par rapport à la Ligue 1, comment se situe votre Championnat ?
C’est la D2 belge, ce n’est forcément pas le niveau de la Ligue 1, mais il y a de bonnes individualités.Tactiquement, les équipes sont souvent coupées en deux, ça va très vite d’un but à l’autre. On a beaucoup moins la notion de bloc équipe, d’attaque plus posée, ça va beaucoup plus vite vers l’avant. Souvent, quand une équipe ouvre le score, l’autre équipe commence à se couper en deux. Mon premier match (contre Lierse lors de la quatrième journée, victoire 2-0, ndlr), c’était totalement ça, ce qui m’a d’autant plus surpris. Tu n’as pas le temps de souffler, on dirait que tu joues en 5-0-5 en fait !»
Source : France Football 

Entretien : Adilehou « j’ai eu un appel de José Anigo »

Avant de rejoindre la sélection béninoise pour affronter le Gabon en match amical en région marseillaise, Moise Adilehou (21 ans) le défenseur de Levadiakos (D1 Grèce) s’est confié en exclusivité à nous. L’ancien du Fc Porto parle de ses choix carrières, de son début de saison, des Ecureuils, de son avenir et ses modèles. Entretien.

 

Levadiakos fait un bon début saison en se positionnant en haut de tableau, 5e après 6 journées, vous avez joué la moitié des matches, vous vous sentez bien en ce moment…

Je me sens bien. Le groupe fonctionne bien. On travaille dur. J’ai joué 50% des matches. Tout le monde se sent concerné, le groupe des 28 joueurs. En étant tous concernés on ira très loin dans le championnat.

Dans ce groupe justement, à 21 ans vous êtes le défenseur le plus jeune du lot, est-ce à dire que vous avez besoin d’avoir plus d’expériences pour être davantage aligné ?

Ça c’est sur le papier. On est un groupe. Il n’y a pas de jeunes. C’est sûr qu’en termes d’années d’expérience je suis le joueur qui a le moins d’expérience mais si je suis bon je jouerai.  Il y a les joueurs plus expérimentés, je vais apprendre à côté d’eux chaque jour à l’entraînement même en match.

«Mes années de formations j’ai été mal conseillé»

Vous avez décidé de vous stabiliser en Grèce où c’est votre deuxième saison, alors le foot et la vie grecque ça ressemble à quoi ?

C’est un championnat très serré. On le voit dans ce début de saison que les petites équipes battent les grosses.  Et ces dernières peuvent être en bas de tableau. Après c’est  un championnat très compliqué il faut avoir les armes. Les grosses équipes comme le Panathinakos, l’Olympiakos , l’AEK Athènes et PAOK Salonique ,  ils arrivent à faire la différence parce qu’ils ont un gros effectif, même sur le banc. Donc à la longue ça leur permet de finir en haut de tableau. Nous on va faire avec nos armes. On va se battre. Mais je pense qu’il y a moyen d’être une surprise de finir parmi les cinq six premiers et d’avoir l’occasion de faire les barrages de l’Europa League. Maintenant la saison est longue, on verra, on vient de commencer. On a bien commencé et espérons bien finir.

Vous avez été formé à Valenciennes ensuite vous avez pas mal bougé, les équipes de jeunes du FC Porto , retour en France à Vitré et Pau en amateur puis départ en Slovaquie pour finir en Grèce , si jeune qu’est-ce qui vous fait bouger autant ?

Mes années de formations j’ai été mal conseillé. Et puis j’ai fait un an sans club.  J’ai pris de nouveaux objectifs. Je me suis bien entouré. Ce qui fait qu’aujourd’hui je suis en première division grecque. On peut dire en regardant mon CV que j’ai beaucoup voyagé etc mais chaque année j’évolue.  J’ai été en club amateur puis j’ai signé pro en Slovaquie. Après le rêve de tout footballeur c’est n’est pas de rester dans des championnats comme en Slovaquie. L’opportunité de joueur en Grèce qui est pour moi supérieur au championnat slovaque. Je n’ai pas hésité j’ai foncé. Maintenant l’année dernière j’étais à Kerkyra. Ça se passait plutôt pas mal. Le coach qui comptait beaucoup sur moi et qui voulait me lancer cette année est parti donc j’ai eu l’appel de José Anigo (Ndlr : entraîneur de Levadiakos) et le projet m’as convaincu donc je ne regrette pas. J’ai joué trois matches sur six. L’année dernière j’ai joué trois matches sur trente. Donc pour le moment je suis bien parti. J’ai beaucoup à progresser. Les cartes sont dans ma main. C’est un mal pour un bien d’avoir voyagé.

Alors la connexion avec Anigo, qui est votre coach s’est passée comment ?

J’étais dans ancien club à Kerkyra ensuite j’ai eu l’appel de mon agent qui m’as dit qu’il allait avoir peut-être l’occasion de rejoindre Levadiakos qui allait avoir un coach français qui souhaitais travailler avec moi parce que j’avais déjà une saison en Grèce. Après j’ai rejoint le groupe en stage. Le coach m’as apprécié parce qu’il voulait me voir. Et après ça s’est fait.

« La ligue des champions, c’est dans un coin de ma tête j’ai encore du chemin »

Le Fc Porto vous avez des regrets de n’avoir pas pu vous imposer quand on connait l’ouverture que donne ce club aux jeunes talents recrutés assez tôt ….

C’est sûr que passer par Porto ça attire la convoitise mais après je ne regrette rien. Aujourd’hui je suis professionnel. Il y en a dans mon équipe au Fc Porto ils sont restés cinq six ans, ils ont fait toute leur formation là-bas et aujourd’hui ils n’ont pas réussi à passer le palier. Après il faut passer à autre chose. Si j’avais eu plus d’années j’aurais appris un peu plus. J’aurai eu plus de portes de sortie. C’est dommage, c’est triste mais c’est comme ça. Je suis professionnel et je suis content de mon parcours. Parfois c’est sûr qu’être dans le confort c’est bien. Mais c’est un mal pour un bien comme on peut dire parce que tu peux en étant dans la difficulté tu apprends plus et après tu ne fais pas les mêmes erreurs.

Sur le terrain vous êtes défenseur central, vous jouez à droite ou même en milieu défensif, votre kiff c’est où ?

C’est vrai que l’an dernier j’ai pu rentrer en numéro six mais mon poste de formation c’est défense centrale et c’est le poste où je me sens le mieux.

Aujourd’hui la carrière idéale pour vous se résume à quoi…

La carrière idéale ? Je suis plutôt quelqu’un qui vis au quotidien. Ce qui serait bien pour moi c’est de jouer d’abord parce que je suis jeune. Ensuite pourquoi ne pas signer dans un gros club en Grèce et jouer la ligue des champions. C’est mon rêve. C’est dans un coin de ma tête j’ai encore du chemin, il faut d’abord que je fasse une saison pleine et après penser à ces choses-là.

Pour moi mon prochain objectif c’est de jouer le maximum de matches, apprendre et quand un grand club estimera que j’ai les qualités, il m’appellera tout simplement.

Alors vous êtes plutôt Sergio Ramos ou Thiago Silva ?

Avant j’aimais beaucoup Thiago Silva, je l’aime toujours mais bon. Si on compare sur les deux dernières années Sergio Ramos il est devant et de loin.  Il fait de grosses saisons, il gagne des titres, il se blesse rarement. J’opte plus pour Ramos.

« Je vais jouer pour mon père contre ma mère »

Sinon le défenseur modèle que vous voulez devenir doit dans cinq, six ans doit avoir quelles qualités face aux joueurs offensifs actuels…

Déjà Anigo me répète toute le temps, à chaque entraînement « t’as des qualités de vitesse », que je suis bon de la tête et il me dit que je suis à l’aise techniquement. Il me dit que j’ai tout pour réussir, à chaque fois il me le répète, il me met en confiance. Je l’écoute et j’essaye de travailler. Je pense que j’ai beaucoup à travailler tactiquement sur la concentration aussi parce que à ce poste il faut toujours être concentré. Après c’est à force de jouer les matches que je vais progresser et que mes qualités vont se perfectionner. Je pense que si on résume tactiquement j’ai beaucoup à apprendre, à force de jouer ça va venir naturellement de toute façon et de la concentration pendant 95 minutes et pas 80 minutes parce que ça paie cash au haut niveau.

Votre nom avait pas mal circulé en sélection de jeunes béninoises avant d’obtenir votre première cap en mars dernier, c’est quoi le lien avec le Bénin pour vous qui êtes né en France, ça représente quoi de porter le maillot des Ecureuils ?

En ce qui concerne la sélection, déjà je suis très fier de porter les couleurs béninoises, les couleurs de mon père. C’est  une fierté pour mon père aussi. Ensuite j’ai été contacté très tôt par la sélection béninoise. J’étais encore en centre de formation, j’avais 15 ou 16 ans je pense. Ça me touche. Parce que c’est les premiers qui ont fait le pas. J’aurai pu choisir le Togo aussi. En 2014 j’ai pu participer à un match amical à Porto- Novo contre le Nigéria avec la sélection juniore. Je me souviens c’était la première fois que je portais le maillot des Ecureuils. C’était incroyable, le public. Ce jour-là je m’en étais bien sorti. Tout le monde m’applaudissait. J’avais un sentiment énorme. Je me suis dit mon père : il peut être fier de moi. Quand j’étais en U20, c’était un objectif d’être en A. c’était un rêve.  Je me rappelle que j’étais parti les voir en match et à l’entraînement aussi. J’avais plein d’objectif je voulais être pro et jouer en sélection A et voilà aujourd’hui je suis première division grecque et je vais encore jouer avec la sélection contre le Gabon dans quelques jours. J’ai travaillé et j’ai rien lâché malgré les épreuves.

Votre mère est togolaise, en mars 2018, le Bénin va jouer contre le Togo, vous allez jouer pour votre père contre le pays de votre mère?

Franchement ça va me faire bizarre. Parce que ma mère est togolaise, je vais jouer pour mon père contre ma mère. Ça va me faire bizarre. J’espère qu’on gagnera. Sans rancune avec ma mère (rires) je pense qu’elle comprendra. Je pense même qu’elle me supportera. Elle ne suit pas trop  le foot et son bonheur c’est que je sois heureux. Après c’est sûr que si on peut le battre le Togo et comme c’est le deux premiers du groupe qui doivent se qualifier que le Togo se qualifie avec nous, ça me ferait plaisir. Il faut qu’on les bat aller-retour mais c’est mon souhait.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Entretien : Glodjinon « prendre le maximum de points »

Auteur d’une prestation très convaincante face au Cap Vert mardi dernier pour le premier tour éliminatoire du tournoi de l’Ufoa, le gardien des Ecureuils Steve Glodjinon (23 ans)   nous accordé un entretien intéressant. Le portier de la JA Cotonou nous parle sa première sortie réussie, de l’équipe béninoise et ses ambitions pour la suite la compétition et du duel de demain soir face aux ivoiriens.   

 

Après une première période totalement manquée face au Cap Vert, on a vu une équipe béninoise d’un autre niveau seconde période, il s’est passé quoi à la pause ?

L’entame de match a été un peu difficile. Nous même on s’attendait à avoir un match difficile vu la qualité l’adversaire. Ils nous ont pressés haut ce qui nous a empêchés de développer notre jeu en début de match. Donc c’est ce qui nous a gênés. A  la mi-temps, le coach a redonné les consignes on s’est réorganisé, ce qui a fait que la seconde mi-temps on a mieux joué.

Vous avez réalisé des arrêts décisifs dans ce match, vous êtes en pleine confiance, comment analysez-vous votre performance ?

Ce n’est pas facile de faire des arrêts décisifs en cours de match il faut être vraiment concentré.  C’est super d’en faire. Je suis fière de cela. Cela me donne de la confiance pour la suite de la compétition pour que les prochaines rencontres je puisse être encore plus décisif. On venu pour gagner, les arrêts c’est le fruit du travail. La confiance ça vient match après match. J’ai joué pas de mal de matches au niveau international ce qui fait que j’ai mûri un peu plus. Je continue de travailler pour pourvoir apprendre. Quand je suis en sélection A avec Fabien (Farnolle) et Saturnin (Allagbé), je suis concentré pour apprendre d’eux également.

Vous avez joué avec une nouvelle défense centrale pendant ce match, c’était un peu compliqué..

J’ai déjà eu la chance de m’entraîner plusieurs fois avec Junior Salomon et Paterne Counou chez les A. Je les connaissais un peu plus. Je compte beaucoup sur eux pour apporter un plus à la charnière centrale.

Le Bénin a passé un premier tour décisif, vous allez débuter la phase de groupe demain, qu’est ce qui est le plus important à ce niveau de la compétition ?

L’objectif c’est d’atteindre la finale. Faire tout ce qui est possible pour passer la phase de groupe et atteindre les demies. Nous sommes assez conscients.  On fera tout pour ramener une médaille. Maintenant on a gagné un premier important mais ça rentre déjà dans le passé, on va se concentrer pour la suite. On a une chance de passer les groupes,  essayé de prendre le maximum de points que nous pouvons.

Vous faites partie des joueurs les plus expérimentés de l’effectif, comment ressentez-vous la vie du groupe vous qui travaille ensemble depuis mars dernier…

Je pense que durant toute la préparation qu’on aura faite pour le Chan il y a une très bonne ambiance. Beaucoup de joies, beaucoup de plaisir. On prend du plaisir à jouer. On se concerte. C’est un groupe formidable. On travaille en harmonie, en sincérité. A  ce tournoi de l’Ufoa on a toujours un bon groupe, on essaye de communiquer pour faire avancer l’équipe.

Dans le groupe B, le Bénin va affronter des adversaires que vous avez croisé récemment en amical ou au tournoi de l’Ufoa, comment entrevoyez-vous ce premier duel de demain soir face à la Côte d’ivoire que vous avez déjà vu jouer contre le Togo ?

C’est un groupe assez relevé. Il y a de très bonnes équipes. Ils sont tous en jambe. On les a joués en match de préparation. On les connait. On a une chance d’aller au second tour à nous de la saisir. De tout mettre de notre côté pour gagner contre le Côte d’ivoire. C’est ce qui nous permettra de prendre une sérieuse option. On a vu l’équipe jouer on est assez conscient de ce qui va se passer demain. D’entrée de jeu on va essayer de les prendre en haut pour faire la différence.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Entretien : Poté « Jouer contre CR7, c’est comme un aboutissement de quelque chose »

Avant d’entrer en lice en Ligue des Champions face au Réal Madrid ce soir , l’attaquant international béninois de l’Apoel Nicosie a accordé un entretien à nos confrères de Football365.fr. Poté revient sur ce rendez-vous important,  CR7 et son nouveau club. 

Mickaël, tu as démarré un nouveau projet sportif avec l’APOEL Nicosie. Comment t’y sens-tu ?

Oui, j’ai démarré un nouveau projet c’est vrai et c’était mon ambition. Je suis quelqu’un d’ambitieux, je cours vers la fin de ma carrière ; j’avais la possibilité de rester en Turquie, mais le projet sportif est une priorité pour moi. Aujourd’hui, je suis content parce que je ne me suis pas trompé. On s’apprête à jouer la plus grande des compétitions. C’était exactement ce que je voulais et je suis très content.

 

Jusqu’où penses-tu aller dans le football ?

Je n’ai pas de limite. Tant que mon corps me permettra de jouer, je pense que je jouerai le plus longtemps possible. Dieu m’est témoin que je suis un passionné, j’aime vraiment le foot, c’est ma passion et j’ai la chance de vivre d’elle ; donc je vais pousser au maximum jusqu’à ce que mon corps et mon esprit ne suivent plus, mais ce n’est pas le cas pour l’instant. Je me sens vraiment bien avec un peu d’expérience, je n’ai aucune raison pour l’instant d’envisager quoique ce soit. Je vais essayer d’aller le plus loin possible, de gagner le plus de titres possible aussi bien individuellement que collectivement.

 

Tu t’apprêtes à jouer l’un des gros matchs de ta carrière contre le double tenant de la Ligue des Champions, le Real Madrid. Comment comptes-tu aborder ce match ?

Oui, c’est vrai, je vais jouer contre la plus grande équipe du moment. C’est une grande fierté, mais ce n’est pas une fin en soi. C’est un aboutissement de beaucoup d’années de travail et de sacrifices et c’est une belle récompense de jouer aujourd’hui dans l’un des plus beaux stades au monde contre la meilleure des équipes à l’heure actuelle, contre de grands joueurs, des exemples. C’est enrichissant et en même temps cela véhicule une bonne image en tant que joueur béninois, africain que de jouer ce match regardé par toute la planète. C’est donc quelque chose de positif pour moi. On est des ambassadeurs dans le foot et, aujourd’hui, cela passe par des matchs comme celui-là. Nous abordons ce match comme les autres matchs parce que c’est quelque chose de particulier et en même temps nous ressentons une pression positive : on n’a rien à voir avec eux mais en football on ne sait jamais. On va aller là-bas pour essayer de ramener quelque chose même si on sait que la probabilité est très basse. Mais je le répète : en football, on ne sait jamais.

 

Et qu’est-ce que cela fait de jouer contre Cristiano Ronaldo ?

Jouer contre CR7, pour moi, c’est comme un aboutissement de quelque chose. On aura l’opportunité de les rencontrer deux fois au minimum, c’est beau. Après, il n’y a pas que lui : le Real Madrid, ce n’est pas juste Ronaldo, c’est tout un club, toute une histoire, ça part du stade en passant par le coach Zidane et il y a Modric, Isco, Bale. Benzema est absent de ce match-là mais il y a Sergio Ramos, vous les connaissez tous… C’est vraiment une très grande fierté et on va tout faire pour ne pas être ridicule.

 

Tu lances à cette occasion un appel au peuple béninois au public sportif africain…

Oui un appel au peuple béninois, tout le pays sera devant la télévision parce que c’est une fierté, j’attends leur soutien, j’attends leurs ondes positives (sourires) pour m’encourager afin que tout se passe pour le mieux. Dans mon quartier là-bas, à Gbégamey à Cotonou, le match sera retransmis en direct et tout le monde est invité à aller le regarder. C’est une petite fierté, pas seulement personnelle mais aussi collective et pour tout le monde : aussi bien pour la famille, pour le pays que pour tout le continent.

Entretien réalisé par Gilles Biguezoton. Source : Football365.fr

Entretien – Côte d’ivoire : Loko (Africa Sports) « finir avec la coupe nationale ce n’est que bonheur. »

Au terme d’une seconde partie de saison réussie (14 matches, 4 passes décisives et un but)   ponctuée par la  coupe nationale ivoirienne  remportée avec l’Africa Sports, 4e du championnat , le milieu relayeur international béninois Arsène Loko (22 ans), nous a accordé un entretien exclusif où il fait le point de son exercice, parle de son parcours, sa vie en Côte en d’ivoire et son mercato.

Après une première partie de saison délicate, vous êtes bien revenu sur la phase retour (17 matches disputés) et vous gagnez un trophée, vous ne pouvez pas mieux finir… 

La première partie a été très difficile, j’ai été blessé à la cheville.  Vers la fin de la phase aller j’ai retrouvé la pelouse et petit à petit. J’ai commencé à gagner en temps de jeu. Finir avec un trophée à l’appui c’est bénéfique pour nous les joueurs et le club. Vu que l’Africa Sports jouait le titre en championnat mais on a fini quatrième. Avec la coupe nationale on a su terminer en beauté. La plus grosse satisfaction est d’être Africain la saison prochaine c’était nécessaire, c’était notre priorité. Finir avec ce trophée ce n’est que bonheur.

Personnellement comment jugez-vous votre propre saison comparée aux deux précédentes ?

Je pense que ma saison a été moyenne. Du fait que je n’ai fait qu’une partie de saison où j’ai enchaîné les matches. La phase retour a été bénéfique pour moi. J’ai marqué mon unique but de la saison. Par rapport aux autres saisons, elle a été moyenne. Le plus important aussi c’était de bien finir. C’est une grâce. Dieu m’a fait grâce de retrouver ma forme et mon niveau pour enchaîner les matches. C’était important de bien finir les matches sans se blesser.

Aujourd’hui la Ligue 1 ivoirienne est entrée dans une autre dimension avec la diffusion des matches sur la chaine cryptée Canal + , comment appréciez-vous cet apport médiatique?

C’est ma troisième saison avec l’Africa Sports, avec l’apport de Canal + et la diffusion des matches, ça a donné une autre envergure à la Ligue 1 ivoirienne vu que les matches sont suivis. C’est de bonnes augures pour nous. Ça pousse les joueurs à travailler plus et se donner à chaque match à fond. Il y a plus de concurrence, d’enjeu. Personnellement chaque joueur travaille plus pour être au niveau attendu. C’est que du bonheur parce que tout joueur évoluant en Afrique doit travailler plus pour espérer un lendemain meilleur. L’apport de de Canal + est un plus pour la Ligue 1 ivoirienne.

En parlant d’exposition, nous sommes en plein mercato, vous avez encore un an de contrat, vous envisagez un départ ?

Justement nous y sommes. Tout joueur envisage toujours un départ vers un club mieux que le précédent mais pour l’instant je suis encore sous contrat avec l’Africa Sports. Le championnat est fini. Je me concentre sur les propositions d’ici là je vais prendre une décision. Rester à l’Africa ou quitter pour une autre destination. J’espère. Pour l’instant je me penche sur les propositions avec mes contacts et j’espère avoir quelque chose de bon.

Quand on regarde votre parcours de l’académie de l’Union Sportive de la Plage à Cotonou jusqu’à l’Africa Sports vous avez beaucoup appris ?

J’ai beaucoup appris. J’ai reçu une bonne formation à l’Usp. Je remercie d’ailleurs le coach et tout le staff dirigeant et le président qui ont beaucoup contribué à mon évolution. Aussi bien quand j’étais encore au centre ou à mon arrivée en Côte d’ivoire notamment à Korogho qui était très difficile. Même quand j’ai signé à l’Africa, ils m’ont beaucoup soutenu. J’ai beaucoup progressé mais rien n’est fait encore tant qu’il y a encore à faire. C’est à moi de me donner au travail. Tout mettre en œuvre pour que ça se passe bien pour espérer jouer au haut niveau. Sincèrement j’ai beaucoup appris en Côte d’ivoire notamment dans le jeu et j’aimerais faire plus.

En parlant de haut niveau, vous étiez pensionnaire de l’académie de l’Usp avec un certain David Djigla qui était votre pote…

David Djigla était non seulement mon coéquipier, mon pote mais c’était un frère avec qui j’ai fais les classes. Ça fait plaisir de le voir à Niort. Mon souhait est qu’il aille encore plus haut parce qu’il a les qualités pour ça. Il a la volonté, il aime le travail. J’espère que les saisons à venir on pourra le retrouver à un meilleur niveau. C’est aussi le moment de dire que notre génération à l’USP c’était une belle génération ce n’est pas seulement une équipe mais une famille.

Vous êtes reconnu pour votre qualité technique, vous êtes utilisé en position de milieu relayeur ou meneur de jeu, vous avez une préférence ?

Je n’ai pas de préférence particulière par rapport au poste. Je me sens bien à ces deux postes. Maintenant je me mets à disposition du coach et par rapport à ce qu’il attend de moi de me donner à fond et de répondre favorablement à ses attentes pour le bien de l’équipe et pour ma progression  aussi. Je travaille pour être meilleur à chaque match et chaque match à ces exigences. Chaque domaine une certaine discipline tactique et certains conditions que le coach seul à le secret, c’est à lui de demander à ses joueurs de mettre en application.

La Côte d’ivoire est un pays reconnu pour sa joie de vivre mais le pays a traversé  aussi quelques crises ces dernières années, vous avez débuté au nord du pays à Korhogo  avant d’arriver dans la capitale Abidjan, récemment la ville a été secoué par les protestations des mutins, alors comment traversez-vous genre de moment ?

Cette situation est difficile à vivre. Mais grâce à Dieu avec l’Africa Sports, on a quelques dirigeants qui prennent les dispositions qu’il faut pour qu’on soit en sécurité.

Entretien réalisé par Géraud  Viwami

Entretien : Mounié « ça me rend fier parce qu’on parle aussi du Bénin grâce à moi »

Steve Mounié (22 ans) qui réussit ses débuts en Première division anglaise a accordé un entretien à nos confrères de Sofoot.com. L’attaquant international béninois d’ Huddersfield parle de vie en  Angleterre, des Ecureuils et de son doublé inaugural.

Pourquoi rêve-t-on de rejoindre la Premier League ?

En fait, c’est un objectif que je m’étais fixé depuis le départ. Parfois, il y a des objectifs que l’on se fixe et qu’on ne pense pas pouvoir atteindre, mais au fil de ma carrière, j’ai vu que j’en étais capable. Finalement, ça s’est donc concrétisé cet été et me voilà en Premier League. J’en suis le plus heureux.

Qu’est-ce qui t’attirait particulièrement dans ce championnat ?

À l’heure actuelle, c’est le meilleur championnat du monde : il est diffusé dans plus de cent pays, des milliards de personnes regardent la Premier League donc en matière de diffusion, c’est le top. Qualitativement, c’est pareil, il n’y a que des bons footballeurs et quand tu es compétiteur, tu as envie de te confronter aux meilleurs, c’est normal. Venir ici, pour moi, revenait à devenir un meilleur joueur.

Comment t’es-tu retrouvé à Huddersfield ?

J’ai appris l’intérêt d’Huddersfield quand j’étais en sélection nationale, avec le Bénin. Tout a ensuite été très vite, j’ai été touché par leur discours, le système de jeu que m’a présenté le coach, la philosophie de l’équipe et j’avais aussi envie de retrouver un club similaire, dans la mentalité, à ce que j’avais à Montpellier. Rapidement, je me suis dit que, pour faire ses débuts en Angleterre, il n’y avait pas mieux que ce club là. Je sais que je vais bosser, qu’on va me faire progresser, mais c’est aussi un pari personnel parce que je pense qu’à l’heure actuelle, tout le monde nous voit descendre en fin de saison. J’aime bien relever les challenges, comme j’ai pu le faire avec Nîmes (il a été prêté à Nîmes lors de la saison 2015-2016 alors que le club avait une pénalité de huit points en début de saison, ndlr). Changer de pays en était un aussi, pour découvrir de nouvelles choses.

Avant cet appel, qu’est-ce que tu connaissais d’Huddersfield ?

Honnêtement, rien du tout. Je n’en avais jamais entendu parler. Après, j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire du club et j’ai découvert qu’il avait remporté le championnat d’Angleterre trois fois de suite (en 1924, 1925, 1926, ndlr). Une fois sur place, j’ai rapidement compris qu’Huddersfield était un club historique, que tout le monde avait du respect pour son histoire. Si en France la majorité des gens n’arrive certainement pas à prononcer le nom, en Angleterre, c’est autre chose (rires).

Quels souvenirs gardes-tu de tes premiers jours sur place ?

Je ne vais pas te cacher qu’au début, je n’ai pas eu la chance d’avoir du beau temps. Mais là, on discute et il y a un grand ciel bleu, je suis en T-shirt, c’est magnifique. La température est raisonnable, ce n’est pas encore choquant, mais on verra en hiver. Sinon, mon adaptation a été assez rapide parce que j’avais déjà des petites bases en anglais, pas de souci pour rouler à gauche non plus…

Justement, David Wagner, ton entraîneur à Huddersfield, a souligné la qualité de ton anglais à ton arrivée et a même expliqué que ça avait été décisif pour te recruter. C’est un coach reconnu partout en Angleterre aujourd’hui pour ce qu’il a fait avec le club. Qu’est-ce que tu retiens de cette rencontre ?

Son discours m’a tout de suite parlé, surtout que c’est quelqu’un qui accorde une grande confiance aux jeunes joueurs. Quand il m’a expliqué la façon de jouer de l’équipe, la façon dont il souhaitait m’intégrer dans son système, je me suis dit que ça allait marcher et que j’allais me battre pour ce coach. C’est quelqu’un qui donne envie qu’on s’arrache pour lui.

L’an passé, Wagner avait décidé d’emmener le groupe sur une île en Suède, pour muscler sa préparation. Tu n’as pas eu cette chance toi ?

Je n’étais même pas au courant, mais cette année, c’est resté plus classique. Ce qui m’a changé surtout, c’est qu’on a énormément travaillé avec ballon, même en préparation, ce qui est rare. Bon, après, on n’a pas eu beaucoup de jours de repos, mais c’est normal, c’est la prépa donc on avait deux entraînements par jour, ça rigolait pas. On est footballeurs, on est payés pour ça.

Il y a des joueurs qui t’ont impressionné déjà ?

Oui, bien sûr, surtout Philip Billing, un grand milieu danois qui est très impressionnant. Déjà, il fait deux têtes de plus que tout le monde donc il est balèze et techniquement, il est très fort. Pour être franc, je suis arrivé là et je n’ai vu que des bons joueurs. Tu en as quelques-uns qui sont un peu au-dessus, mais tu n’as surtout pas un gars à propos de qui tu vas te dire : « ah ouais, celui-là il est un peu en dessous » .

Tu te souviens de l’avant-match à Selhurst Park samedi dernier ?

Déjà, il n’y avait pas besoin de nous motiver. C’est le premier match de la saison, le premier match de Premier League pour certains, on attendait ça depuis le début de la préparation. D’autres attendaient même ça depuis la fin de la saison dernière. Finalement, on est arrivés sur le terrain, on s’est battus comme des chiens et on a réussi à ramener la victoire (3-0). Moi, j’ai préparé ce match comme les autres, c’est un match de football, qu’on soit en Angleterre ou ailleurs : le terrain, c’est le même, le ballon aussi et les mecs en face ont deux bras, deux jambes… Je ne vais pas faire des choses différentes parce que je suis en Angleterre, en Chine ou je ne sais où.

Marquer un doublé dès son premier match, c’est déjà différent.

Oui, surtout que c’est la première fois de ma carrière que je marque un doublé dès mon premier match. Forcément, j’étais plutôt content de ma performance, mais, au-delà de ça, la performance collective du groupe a été très belle, c’est le plus important. Les supporters attendaient ça depuis 45 ans donc gagner 3-0 d’entrée à Crystal Palace, c’est assez exceptionnel.

Après la rencontre, tu as parlé de ton idole Didier Drogba à la presse. Tu t’en inspires ?

Pour moi, c’est un exemple à suivre, notamment sa carrière. Tous les Africains le prennent en référence. C’est important d’avoir des exemples comme ça, pour s’en inspirer ou pouvoir même faire mieux si possible. Je pense que tous les joueurs regardent des vidéos de Ronaldinho ou d’autres pour travailler. Moi, c’est Didier Drogba, comme je peux regarder des vidéos d’autres attaquants. Il faut toujours s’inspirer des meilleurs attaquants si on a la volonté d’en faire partie. Il n’y a pas de secret.

 

Plusieurs joueurs français se sont perdus en allant à Londres, c’est aussi pour ça que tu as choisi Huddersfield ?

Tu sais, je suis quelqu’un d’assez discret et calme donc je ne suis pas le genre à sortir tout le temps. Je suis plutôt casanier, je vais à l’entraînement, je me repose… Pour se relâcher, il y a les vacances. Pendant la saison, que je sois à Paris ou à Londres, je ne vais pas faire de trucs bizarres. Mon choix n’a été que sportif.

Quitter Montpellier a été compliqué ?

Au début, j’ai eu un peu de mal oui, surtout que ma copine est restée à Montpellier. Je ne peux pas cacher que ça a été difficile de laisser tout ça derrière moi surtout que j’ai grandi dans le sud. J’y ai passé dix-huit ans de ma vie donc décider de partir au fin fond de l’Angleterre alors que tu as toujours vécu dans le sud de la France, ça peut faire peur. J’ai eu cette crainte, mais aujourd’hui, même quand j’ai quelques jours de repos, je n’ai pas forcément envie de rentrer.

 

Petit, tu blaguais avec tes potes sur le fait de représenter un jour le Bénin. Aujourd’hui, tu comptes sept sélections, tu as même déjà marqué. Comment ça se passe ?

Si tu veux, l’équipe nationale a commencé à m’appeler quand j’étais en 19 ans nationaux. Pour moi, c’était un peu tôt, mais quand je me suis senti prêt, j’y suis allé. Il n’y a rien de plus beau que jouer pour son pays, que rendre fière sa famille. Mes parents sont rentrés au pays aujourd’hui donc c’est encore plus fort. Tu vois, quand on dit qu’un joueur béninois a signé en Premier League pour tant d’argent, ça me rend fier parce qu’on parle aussi du Bénin grâce à moi. On reste un petit pays qui essaye de se développer donc chaque détail comme un transfert en Angleterre est positif.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR MAXIME BRIGAND POUR SOFOOT.COM

Entretien : Allagbé «l’essentiel, c’est d’être décisif»

 

Avant la réception  de Tours demain soir pour le compte de la quatrième journée de Ligue 2 française , le gardien international béninois de Niort , Saturnin Allagbe (23 ans) a accordé un entretien au site officiel de son club. L’ancien gardien de l’Aspac qui a conservé ses buts inviolés sur les trois premières journées parle sa bonne forme et celle des Chamois en ce début de saison.  

 

Saturnin bonjour. À quoi attribues-tu ce meilleur départ en championnat que celui de la saison dernière?
Au travail, tout simplement. À l’engagement et l’envie du groupe aussi.
On est dans la continuité. Le groupe a peu changé, ce qui nous permet aussi de travailler plus sereinement.

Cette première victoire contre Auxerre va-t-elle lancer votre saison?
Évidemment. Une première victoire, c’est toujours libérateur, surtout quand ça arrive tôt.
Maintenant, il faut rester concentré pour enchaîner les bons résultats.

Votre seule défaite a été concédée à Tours, en Coupe de la Ligue. Et vous les recevez vendredi soir. Ça peut jouer?
Ce sont deux compétitions différentes, même si on joue à fond sur tous les tableaux. Il n’y a pas de désavantage psychologique. La défaite en coupe est déjà derrière nous. C’est à nous de mettre tous les avantages de notre côté pour faire un bon match. On joue pour gagner.

« QUAND ON JOUE À RENÉ GAILLARD, C’EST POUR GAGNER. »

Gagner deux fois de suite à la maison n’est jamais facile. Si vous y parvenez, vous pourriez vous retrouver sur le podium. Vous y pensez?
Honnêtement, non. Le classement n’est pas forcément la priorité après si peu de journées. Même si ça fait toujours plaisir et redonne confiance d’être en haut de tableau.
Le plus dur sera de continuer sur cette lancée. Pour y arriver, il faut qu’on continue à être solide comme on le fait depuis le début de ce championnat.

Tours, votre adversaire, reste sur trois échecs en trois matches. Est-ce le bon moment pour les affronter?
Il n’y a jamais de bon moment pour affronter une équipe. Eux, ils auront envie de se relever. Nous devons rester concentrés, ne pas sous-estimer l’adversaire. Être sérieux sur le terrain.
Peu importe la série de Tours, on sera devant notre public et, quand on joue à René Gaillard, c’est pour gagner et faire plaisir aux supporters.

Vous n’avez toujours pas encaissé de buts. D’où provient cette solidité défensive?
Ah bon? (rires) Sérieusement, c’est tout le travail défensif collectif de l’équipe que je mets en valeur. Même si ça fait toujours plaisir d’enchaîner des matches sans prendre de but.
Il y a le travail effectué avec le staff qui paie, et la confiance. J’espère que ça continuera. L’essentiel, c’est d’être décisif.

Comment allez-vous aborder la rencontre de vendredi afin d’obtenir les 3 points?
Être patient, contenir l’adversaire, ne pas se mettre la pression, jouer notre football comme on le fait depuis le depuis de la saison et le résultat arrivera.

source: Chamoisniortais.com