Entretien :  Paterne Counou «  la saison a été sauvée avec la coupe »

Il vient de boucler un troisième exercice à plus de trente matches et une deuxième coupe du Nigéria  glanée sur trois possibles avec Akwa United , Paterne Counou (21 ans) sort d’un parcours riche dont il nous parle dans cet entretien exclusif juste après le récent sacre en coupe nationale.

 

4e en championnat, vous avez remporté la Coupe du Nigéria, il y a une dizaine de jours c’était la consécration d’une longue saison ?

Je me sens. Je suis content. On a manqué la troisième place en championnat  qualificative pour la Coupe des Confédérations pour un point. Enyimba nous a chipé cette place.  Nous nous sommes ensuite focalisés sur la coupe nationale afin d’avoir une place Africaine  la saison prochaine. Nous avons réussi à le faire,  ça fait plaisir. La saison a été longue mais sauvée avec la coupe.

Vous étiez sur le banc pour la finale face à Niger Tonardoes , vous êtes forcément déçu …

C’est toujours un regret de ne pas jouer.  L’objectif d’un  joueur c’est de jouer tout le temps. Mais quand le coach décide autrement on n’a pas le choix. Je souhaite le meilleur à mes coéquipiers sur le terrain. On est allé jusqu’aux tirs aux buts, j’en avais les pieds qui tremblaient. C’était des moments fort. C’est mieux quand tu es sur le terrain. L’essentiel a été fait, c’était de remporter cette coupe.

C’est votre troisième saison à Akwa United, comment jugez-vous personnellement votre saison ?

Avec un trophée, c’est forcément positif du point de vue collectif. Personnellement, je pense que je capable de faire encore mieux. Je m’étais fixé des objectifs de jeu , ils m’ont pas tous été atteints. J’ai manqué un peu le début de saison mais je reste concentré pour la suite puisque c’est la progression qui compte.

Vous n’avez pas l’air très satisfait visiblement…

Comme je le disais, en début de saison  on avait un nouveau coach qui avait débarqué avec ses recrues qui avaient du mal à s’adapter malgré sa confiance donc au fil des matches il a fini par donner la main aux anciens comme moi. Certaines recrues sont parties à la mi- saison d’ailleurs. J’ai manqué le début de saison aussi parce que j’étais en renégociation.

En fin de contrat, qu’allez-vous faire, prolonger ou partir ?

Je ne sais pas encore honnêtement. Il y a encore du temps. Le championnat reprend dans deux mois environ. Le marché est fermé aussi est un peu partout, on verra la suite à partir du prochain mercato mais je ne me prends pas la tête. J’ai des touches. Je suis patient.

On vous a vu le mois dernier avec les Ecureuils lors du tournoi de l’Ufoa au Ghana , une grosse première expérience sous le maillot national…

Je crois que nous avons fait un bon tournoi jusqu’à la quatrième place. C’était un tournoi assez riche d’enseignements pour moi. C’était mes grands débuts en compétition avec les Ecureuils. J’ai su gérer parce qu’on jouait chaque 48 heures ce n’était pas évident.  On a fait un bon tournoi je pense.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

Entretien : Emmanuel Imorou « En Belgique , ça va très vite d’un but à l’autre»

Cédé en prêt avec option d’achat par Caen (Ligue 1 France) au Cercle Bruges (D2 Belge), club satellite de l’As Monaco, l’arrière gauche international béninois, Emmanuel Imorou (29 ans , 7 matches cette saison) sort d’un premier mois accompli en Belgique. Dans un entretien accordé à nos confrères de France Football , il parle de vie loin de la Ligue 1. 
La Ligue 1 ne vous manque pas trop ?
Quelque part, si, ça me manque. J’aurais préféré rester en Ligue 1, c’était ma priorité. Je ne regrette en aucun cas mon choix, je m’y retrouve au final. Je continue de suivre la Ligue 1 pour garder le contact. Quand je ne joue pas au même moment, je regarde les matches. Parfois, je me concentre juste sur le match de Caen.
Quel regard portez-vous sur le bon début de saison du SM Caen ?
Je suis content pour eux. Après, je ne suis même pas surpris, dans la mesure où les joueurs qui sont arrivés apportent une réelle plus-value à l’équipe. Il fallait que la mayonnaise prenne. En soit, la qualité des joueurs est là. Le principal problème était de reprendre confiance par rapport à la saison dernière (Caen s’est sauvé lors de la dernière journée, en allant arracher le match nul à Paris, ndlr). À Caen, il ne faut jamais croire que tout est acquis, parce qu’on a vu par le passé que ça pouvait être parfois compliqué, mais ils ont les capacités pour faire une belle saison.
Il y a des joueurs de Ligue 1 qui vous manquent ?
Oui, plutôt au sein du vestiaire. Damien Da Silva, par exemple, qui est un très bon ami. On s’est vu sur Bruxelles la semaine dernière. J’ai aussi vu Dennis Appiah(Anderlecht), on était souvent ensemble à Caen. J’ai des nouvelles de Jordan Adéoti (Auxerre), dont j’étais proche. Nicolas Benezet (Guingamp), je sais que je serai amené à le revoir à un moment ou un autre, que ce soit dans le foot ou pas. On reste en contact malgré tout.
«J’ai l’impression que Paris va lâcher moins de points. Ils ont encore plus l’obligation d’être champions, avec l’arrivée de Mbappé et Neymar.»
Y’a-t-il des joueurs que vous êtes content de ne plus croiser ?
Il n’y en a pas tellement. C’est sûr qu’il y avait des joueurs dont je n’appréciais pas la personnalité, ou ce qu’ils dégageaient sur le terrain. Mais il n’y a pas de joueurs que je n’aimais pas dans le sens où j’avais peur de passer un mauvais moment (rires). Au contraire, un mec comme Neymar, j’aurais été content de l’affronter. Moi, c’est dans ces matches que je prends du plaisir. Quand j’ai joué contre Lyon, Paris, Marseille…c’est dans ces moments que le métier prend toute sa valeur.
Quelle analyse faites-vous de la Ligue 1, saison 2017-2018 ?
Je pense un peu comme tout le monde que Paris est ultra favori. On voit que Monaco, qui a perdu beaucoup de joueurs, continue d’être une grosse machine. L’année dernière, pendant très longtemps, on pensait que Monaco allait finir par craquer. Cela va beaucoup dépendre d’eux. J’ai l’impression que Paris va lâcher moins de points. Ils ont encore plus l’obligation d’être champions, avec l’arrivée de Mbappé et Neymar. Tout le monde a un peu l’image de Neymar qui sait faire des grigris. C’est bien plus que ça, dans sa qualité de passe, de déplacement, de contrôle, de vision du jeu…il est fort partout ! Ce sera compliqué pour les autres équipes, même si Lyon a quand même des résultats, Marseille reste une équipe qui doit accrocher une place européenne, et Nice aussi…
Bielsa à Lille, Ranieri à Nantes… Quel est votre avis sur les entraîneurs étrangers de L1, qui connaissent pour l’instant des fortunes diverses ?
Sur Twitter, on en parle souvent de ces débats… Je ne suis ni pro-coach français, ni pro-coach étranger… Je suis pour la meilleure solution. Je peux tout à fait comprendre qu’un club veuille avoir un coach français, ne serait-ce que pour la barrière de la langue et pour conserver une culture de club. Je peux tout aussi bien concevoir un club qui va vouloir un coach étranger pour amener des méthodes différentes. Dans le cas de Bielsa, le but est d’amener un jeu plus attirant, qui donne envie de prendre plus de plaisir dans le match, quitte à donner des points. Ce que je trouve dommage, c’est que j’ai l’impression qu’il y a un bashing avec les coaches étrangers quand ils n’y arrivent pas en France
Comment s’est passée l’adaptation à Bruges ?
Plutôt bien, parce que dans l’équipe, 90% des joueurs parlent français. Je sors d’une saison où je n’ai pas beaucoup joué (9 matches de Ligue 1 en 2016-2017), et je viens de faire sept matches en un mois. Forcément, ça tire un peu partout. On ne va pas se mentir : moi, je suis prêté, je m’y retrouve financièrement. J’avais des touches en Ligue 2, mais ce n’était tout simplement pas possible. Peut-être qu’on est perdants sur le plan de la compétitivité quand on joue le week-end, mais Bruges a des installations du niveau de la Ligue 1.
Par rapport à la Ligue 1, comment se situe votre Championnat ?
C’est la D2 belge, ce n’est forcément pas le niveau de la Ligue 1, mais il y a de bonnes individualités.Tactiquement, les équipes sont souvent coupées en deux, ça va très vite d’un but à l’autre. On a beaucoup moins la notion de bloc équipe, d’attaque plus posée, ça va beaucoup plus vite vers l’avant. Souvent, quand une équipe ouvre le score, l’autre équipe commence à se couper en deux. Mon premier match (contre Lierse lors de la quatrième journée, victoire 2-0, ndlr), c’était totalement ça, ce qui m’a d’autant plus surpris. Tu n’as pas le temps de souffler, on dirait que tu joues en 5-0-5 en fait !»
Source : France Football 

Entretien : Adilehou « j’ai eu un appel de José Anigo »

Avant de rejoindre la sélection béninoise pour affronter le Gabon en match amical en région marseillaise, Moise Adilehou (21 ans) le défenseur de Levadiakos (D1 Grèce) s’est confié en exclusivité à nous. L’ancien du Fc Porto parle de ses choix carrières, de son début de saison, des Ecureuils, de son avenir et ses modèles. Entretien.

 

Levadiakos fait un bon début saison en se positionnant en haut de tableau, 5e après 6 journées, vous avez joué la moitié des matches, vous vous sentez bien en ce moment…

Je me sens bien. Le groupe fonctionne bien. On travaille dur. J’ai joué 50% des matches. Tout le monde se sent concerné, le groupe des 28 joueurs. En étant tous concernés on ira très loin dans le championnat.

Dans ce groupe justement, à 21 ans vous êtes le défenseur le plus jeune du lot, est-ce à dire que vous avez besoin d’avoir plus d’expériences pour être davantage aligné ?

Ça c’est sur le papier. On est un groupe. Il n’y a pas de jeunes. C’est sûr qu’en termes d’années d’expérience je suis le joueur qui a le moins d’expérience mais si je suis bon je jouerai.  Il y a les joueurs plus expérimentés, je vais apprendre à côté d’eux chaque jour à l’entraînement même en match.

«Mes années de formations j’ai été mal conseillé»

Vous avez décidé de vous stabiliser en Grèce où c’est votre deuxième saison, alors le foot et la vie grecque ça ressemble à quoi ?

C’est un championnat très serré. On le voit dans ce début de saison que les petites équipes battent les grosses.  Et ces dernières peuvent être en bas de tableau. Après c’est  un championnat très compliqué il faut avoir les armes. Les grosses équipes comme le Panathinakos, l’Olympiakos , l’AEK Athènes et PAOK Salonique ,  ils arrivent à faire la différence parce qu’ils ont un gros effectif, même sur le banc. Donc à la longue ça leur permet de finir en haut de tableau. Nous on va faire avec nos armes. On va se battre. Mais je pense qu’il y a moyen d’être une surprise de finir parmi les cinq six premiers et d’avoir l’occasion de faire les barrages de l’Europa League. Maintenant la saison est longue, on verra, on vient de commencer. On a bien commencé et espérons bien finir.

Vous avez été formé à Valenciennes ensuite vous avez pas mal bougé, les équipes de jeunes du FC Porto , retour en France à Vitré et Pau en amateur puis départ en Slovaquie pour finir en Grèce , si jeune qu’est-ce qui vous fait bouger autant ?

Mes années de formations j’ai été mal conseillé. Et puis j’ai fait un an sans club.  J’ai pris de nouveaux objectifs. Je me suis bien entouré. Ce qui fait qu’aujourd’hui je suis en première division grecque. On peut dire en regardant mon CV que j’ai beaucoup voyagé etc mais chaque année j’évolue.  J’ai été en club amateur puis j’ai signé pro en Slovaquie. Après le rêve de tout footballeur c’est n’est pas de rester dans des championnats comme en Slovaquie. L’opportunité de joueur en Grèce qui est pour moi supérieur au championnat slovaque. Je n’ai pas hésité j’ai foncé. Maintenant l’année dernière j’étais à Kerkyra. Ça se passait plutôt pas mal. Le coach qui comptait beaucoup sur moi et qui voulait me lancer cette année est parti donc j’ai eu l’appel de José Anigo (Ndlr : entraîneur de Levadiakos) et le projet m’as convaincu donc je ne regrette pas. J’ai joué trois matches sur six. L’année dernière j’ai joué trois matches sur trente. Donc pour le moment je suis bien parti. J’ai beaucoup à progresser. Les cartes sont dans ma main. C’est un mal pour un bien d’avoir voyagé.

Alors la connexion avec Anigo, qui est votre coach s’est passée comment ?

J’étais dans ancien club à Kerkyra ensuite j’ai eu l’appel de mon agent qui m’as dit qu’il allait avoir peut-être l’occasion de rejoindre Levadiakos qui allait avoir un coach français qui souhaitais travailler avec moi parce que j’avais déjà une saison en Grèce. Après j’ai rejoint le groupe en stage. Le coach m’as apprécié parce qu’il voulait me voir. Et après ça s’est fait.

« La ligue des champions, c’est dans un coin de ma tête j’ai encore du chemin »

Le Fc Porto vous avez des regrets de n’avoir pas pu vous imposer quand on connait l’ouverture que donne ce club aux jeunes talents recrutés assez tôt ….

C’est sûr que passer par Porto ça attire la convoitise mais après je ne regrette rien. Aujourd’hui je suis professionnel. Il y en a dans mon équipe au Fc Porto ils sont restés cinq six ans, ils ont fait toute leur formation là-bas et aujourd’hui ils n’ont pas réussi à passer le palier. Après il faut passer à autre chose. Si j’avais eu plus d’années j’aurais appris un peu plus. J’aurai eu plus de portes de sortie. C’est dommage, c’est triste mais c’est comme ça. Je suis professionnel et je suis content de mon parcours. Parfois c’est sûr qu’être dans le confort c’est bien. Mais c’est un mal pour un bien comme on peut dire parce que tu peux en étant dans la difficulté tu apprends plus et après tu ne fais pas les mêmes erreurs.

Sur le terrain vous êtes défenseur central, vous jouez à droite ou même en milieu défensif, votre kiff c’est où ?

C’est vrai que l’an dernier j’ai pu rentrer en numéro six mais mon poste de formation c’est défense centrale et c’est le poste où je me sens le mieux.

Aujourd’hui la carrière idéale pour vous se résume à quoi…

La carrière idéale ? Je suis plutôt quelqu’un qui vis au quotidien. Ce qui serait bien pour moi c’est de jouer d’abord parce que je suis jeune. Ensuite pourquoi ne pas signer dans un gros club en Grèce et jouer la ligue des champions. C’est mon rêve. C’est dans un coin de ma tête j’ai encore du chemin, il faut d’abord que je fasse une saison pleine et après penser à ces choses-là.

Pour moi mon prochain objectif c’est de jouer le maximum de matches, apprendre et quand un grand club estimera que j’ai les qualités, il m’appellera tout simplement.

Alors vous êtes plutôt Sergio Ramos ou Thiago Silva ?

Avant j’aimais beaucoup Thiago Silva, je l’aime toujours mais bon. Si on compare sur les deux dernières années Sergio Ramos il est devant et de loin.  Il fait de grosses saisons, il gagne des titres, il se blesse rarement. J’opte plus pour Ramos.

« Je vais jouer pour mon père contre ma mère »

Sinon le défenseur modèle que vous voulez devenir doit dans cinq, six ans doit avoir quelles qualités face aux joueurs offensifs actuels…

Déjà Anigo me répète toute le temps, à chaque entraînement « t’as des qualités de vitesse », que je suis bon de la tête et il me dit que je suis à l’aise techniquement. Il me dit que j’ai tout pour réussir, à chaque fois il me le répète, il me met en confiance. Je l’écoute et j’essaye de travailler. Je pense que j’ai beaucoup à travailler tactiquement sur la concentration aussi parce que à ce poste il faut toujours être concentré. Après c’est à force de jouer les matches que je vais progresser et que mes qualités vont se perfectionner. Je pense que si on résume tactiquement j’ai beaucoup à apprendre, à force de jouer ça va venir naturellement de toute façon et de la concentration pendant 95 minutes et pas 80 minutes parce que ça paie cash au haut niveau.

Votre nom avait pas mal circulé en sélection de jeunes béninoises avant d’obtenir votre première cap en mars dernier, c’est quoi le lien avec le Bénin pour vous qui êtes né en France, ça représente quoi de porter le maillot des Ecureuils ?

En ce qui concerne la sélection, déjà je suis très fier de porter les couleurs béninoises, les couleurs de mon père. C’est  une fierté pour mon père aussi. Ensuite j’ai été contacté très tôt par la sélection béninoise. J’étais encore en centre de formation, j’avais 15 ou 16 ans je pense. Ça me touche. Parce que c’est les premiers qui ont fait le pas. J’aurai pu choisir le Togo aussi. En 2014 j’ai pu participer à un match amical à Porto- Novo contre le Nigéria avec la sélection juniore. Je me souviens c’était la première fois que je portais le maillot des Ecureuils. C’était incroyable, le public. Ce jour-là je m’en étais bien sorti. Tout le monde m’applaudissait. J’avais un sentiment énorme. Je me suis dit mon père : il peut être fier de moi. Quand j’étais en U20, c’était un objectif d’être en A. c’était un rêve.  Je me rappelle que j’étais parti les voir en match et à l’entraînement aussi. J’avais plein d’objectif je voulais être pro et jouer en sélection A et voilà aujourd’hui je suis première division grecque et je vais encore jouer avec la sélection contre le Gabon dans quelques jours. J’ai travaillé et j’ai rien lâché malgré les épreuves.

Votre mère est togolaise, en mars 2018, le Bénin va jouer contre le Togo, vous allez jouer pour votre père contre le pays de votre mère?

Franchement ça va me faire bizarre. Parce que ma mère est togolaise, je vais jouer pour mon père contre ma mère. Ça va me faire bizarre. J’espère qu’on gagnera. Sans rancune avec ma mère (rires) je pense qu’elle comprendra. Je pense même qu’elle me supportera. Elle ne suit pas trop  le foot et son bonheur c’est que je sois heureux. Après c’est sûr que si on peut le battre le Togo et comme c’est le deux premiers du groupe qui doivent se qualifier que le Togo se qualifie avec nous, ça me ferait plaisir. Il faut qu’on les bat aller-retour mais c’est mon souhait.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Entretien : Glodjinon « prendre le maximum de points »

Auteur d’une prestation très convaincante face au Cap Vert mardi dernier pour le premier tour éliminatoire du tournoi de l’Ufoa, le gardien des Ecureuils Steve Glodjinon (23 ans)   nous accordé un entretien intéressant. Le portier de la JA Cotonou nous parle sa première sortie réussie, de l’équipe béninoise et ses ambitions pour la suite la compétition et du duel de demain soir face aux ivoiriens.   

 

Après une première période totalement manquée face au Cap Vert, on a vu une équipe béninoise d’un autre niveau seconde période, il s’est passé quoi à la pause ?

L’entame de match a été un peu difficile. Nous même on s’attendait à avoir un match difficile vu la qualité l’adversaire. Ils nous ont pressés haut ce qui nous a empêchés de développer notre jeu en début de match. Donc c’est ce qui nous a gênés. A  la mi-temps, le coach a redonné les consignes on s’est réorganisé, ce qui a fait que la seconde mi-temps on a mieux joué.

Vous avez réalisé des arrêts décisifs dans ce match, vous êtes en pleine confiance, comment analysez-vous votre performance ?

Ce n’est pas facile de faire des arrêts décisifs en cours de match il faut être vraiment concentré.  C’est super d’en faire. Je suis fière de cela. Cela me donne de la confiance pour la suite de la compétition pour que les prochaines rencontres je puisse être encore plus décisif. On venu pour gagner, les arrêts c’est le fruit du travail. La confiance ça vient match après match. J’ai joué pas de mal de matches au niveau international ce qui fait que j’ai mûri un peu plus. Je continue de travailler pour pourvoir apprendre. Quand je suis en sélection A avec Fabien (Farnolle) et Saturnin (Allagbé), je suis concentré pour apprendre d’eux également.

Vous avez joué avec une nouvelle défense centrale pendant ce match, c’était un peu compliqué..

J’ai déjà eu la chance de m’entraîner plusieurs fois avec Junior Salomon et Paterne Counou chez les A. Je les connaissais un peu plus. Je compte beaucoup sur eux pour apporter un plus à la charnière centrale.

Le Bénin a passé un premier tour décisif, vous allez débuter la phase de groupe demain, qu’est ce qui est le plus important à ce niveau de la compétition ?

L’objectif c’est d’atteindre la finale. Faire tout ce qui est possible pour passer la phase de groupe et atteindre les demies. Nous sommes assez conscients.  On fera tout pour ramener une médaille. Maintenant on a gagné un premier important mais ça rentre déjà dans le passé, on va se concentrer pour la suite. On a une chance de passer les groupes,  essayé de prendre le maximum de points que nous pouvons.

Vous faites partie des joueurs les plus expérimentés de l’effectif, comment ressentez-vous la vie du groupe vous qui travaille ensemble depuis mars dernier…

Je pense que durant toute la préparation qu’on aura faite pour le Chan il y a une très bonne ambiance. Beaucoup de joies, beaucoup de plaisir. On prend du plaisir à jouer. On se concerte. C’est un groupe formidable. On travaille en harmonie, en sincérité. A  ce tournoi de l’Ufoa on a toujours un bon groupe, on essaye de communiquer pour faire avancer l’équipe.

Dans le groupe B, le Bénin va affronter des adversaires que vous avez croisé récemment en amical ou au tournoi de l’Ufoa, comment entrevoyez-vous ce premier duel de demain soir face à la Côte d’ivoire que vous avez déjà vu jouer contre le Togo ?

C’est un groupe assez relevé. Il y a de très bonnes équipes. Ils sont tous en jambe. On les a joués en match de préparation. On les connait. On a une chance d’aller au second tour à nous de la saisir. De tout mettre de notre côté pour gagner contre le Côte d’ivoire. C’est ce qui nous permettra de prendre une sérieuse option. On a vu l’équipe jouer on est assez conscient de ce qui va se passer demain. D’entrée de jeu on va essayer de les prendre en haut pour faire la différence.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Entretien : Poté « Jouer contre CR7, c’est comme un aboutissement de quelque chose »

Avant d’entrer en lice en Ligue des Champions face au Réal Madrid ce soir , l’attaquant international béninois de l’Apoel Nicosie a accordé un entretien à nos confrères de Football365.fr. Poté revient sur ce rendez-vous important,  CR7 et son nouveau club. 

Mickaël, tu as démarré un nouveau projet sportif avec l’APOEL Nicosie. Comment t’y sens-tu ?

Oui, j’ai démarré un nouveau projet c’est vrai et c’était mon ambition. Je suis quelqu’un d’ambitieux, je cours vers la fin de ma carrière ; j’avais la possibilité de rester en Turquie, mais le projet sportif est une priorité pour moi. Aujourd’hui, je suis content parce que je ne me suis pas trompé. On s’apprête à jouer la plus grande des compétitions. C’était exactement ce que je voulais et je suis très content.

 

Jusqu’où penses-tu aller dans le football ?

Je n’ai pas de limite. Tant que mon corps me permettra de jouer, je pense que je jouerai le plus longtemps possible. Dieu m’est témoin que je suis un passionné, j’aime vraiment le foot, c’est ma passion et j’ai la chance de vivre d’elle ; donc je vais pousser au maximum jusqu’à ce que mon corps et mon esprit ne suivent plus, mais ce n’est pas le cas pour l’instant. Je me sens vraiment bien avec un peu d’expérience, je n’ai aucune raison pour l’instant d’envisager quoique ce soit. Je vais essayer d’aller le plus loin possible, de gagner le plus de titres possible aussi bien individuellement que collectivement.

 

Tu t’apprêtes à jouer l’un des gros matchs de ta carrière contre le double tenant de la Ligue des Champions, le Real Madrid. Comment comptes-tu aborder ce match ?

Oui, c’est vrai, je vais jouer contre la plus grande équipe du moment. C’est une grande fierté, mais ce n’est pas une fin en soi. C’est un aboutissement de beaucoup d’années de travail et de sacrifices et c’est une belle récompense de jouer aujourd’hui dans l’un des plus beaux stades au monde contre la meilleure des équipes à l’heure actuelle, contre de grands joueurs, des exemples. C’est enrichissant et en même temps cela véhicule une bonne image en tant que joueur béninois, africain que de jouer ce match regardé par toute la planète. C’est donc quelque chose de positif pour moi. On est des ambassadeurs dans le foot et, aujourd’hui, cela passe par des matchs comme celui-là. Nous abordons ce match comme les autres matchs parce que c’est quelque chose de particulier et en même temps nous ressentons une pression positive : on n’a rien à voir avec eux mais en football on ne sait jamais. On va aller là-bas pour essayer de ramener quelque chose même si on sait que la probabilité est très basse. Mais je le répète : en football, on ne sait jamais.

 

Et qu’est-ce que cela fait de jouer contre Cristiano Ronaldo ?

Jouer contre CR7, pour moi, c’est comme un aboutissement de quelque chose. On aura l’opportunité de les rencontrer deux fois au minimum, c’est beau. Après, il n’y a pas que lui : le Real Madrid, ce n’est pas juste Ronaldo, c’est tout un club, toute une histoire, ça part du stade en passant par le coach Zidane et il y a Modric, Isco, Bale. Benzema est absent de ce match-là mais il y a Sergio Ramos, vous les connaissez tous… C’est vraiment une très grande fierté et on va tout faire pour ne pas être ridicule.

 

Tu lances à cette occasion un appel au peuple béninois au public sportif africain…

Oui un appel au peuple béninois, tout le pays sera devant la télévision parce que c’est une fierté, j’attends leur soutien, j’attends leurs ondes positives (sourires) pour m’encourager afin que tout se passe pour le mieux. Dans mon quartier là-bas, à Gbégamey à Cotonou, le match sera retransmis en direct et tout le monde est invité à aller le regarder. C’est une petite fierté, pas seulement personnelle mais aussi collective et pour tout le monde : aussi bien pour la famille, pour le pays que pour tout le continent.

Entretien réalisé par Gilles Biguezoton. Source : Football365.fr

Entretien – Côte d’ivoire : Loko (Africa Sports) « finir avec la coupe nationale ce n’est que bonheur. »

Au terme d’une seconde partie de saison réussie (14 matches, 4 passes décisives et un but)   ponctuée par la  coupe nationale ivoirienne  remportée avec l’Africa Sports, 4e du championnat , le milieu relayeur international béninois Arsène Loko (22 ans), nous a accordé un entretien exclusif où il fait le point de son exercice, parle de son parcours, sa vie en Côte en d’ivoire et son mercato.

Après une première partie de saison délicate, vous êtes bien revenu sur la phase retour (17 matches disputés) et vous gagnez un trophée, vous ne pouvez pas mieux finir… 

La première partie a été très difficile, j’ai été blessé à la cheville.  Vers la fin de la phase aller j’ai retrouvé la pelouse et petit à petit. J’ai commencé à gagner en temps de jeu. Finir avec un trophée à l’appui c’est bénéfique pour nous les joueurs et le club. Vu que l’Africa Sports jouait le titre en championnat mais on a fini quatrième. Avec la coupe nationale on a su terminer en beauté. La plus grosse satisfaction est d’être Africain la saison prochaine c’était nécessaire, c’était notre priorité. Finir avec ce trophée ce n’est que bonheur.

Personnellement comment jugez-vous votre propre saison comparée aux deux précédentes ?

Je pense que ma saison a été moyenne. Du fait que je n’ai fait qu’une partie de saison où j’ai enchaîné les matches. La phase retour a été bénéfique pour moi. J’ai marqué mon unique but de la saison. Par rapport aux autres saisons, elle a été moyenne. Le plus important aussi c’était de bien finir. C’est une grâce. Dieu m’a fait grâce de retrouver ma forme et mon niveau pour enchaîner les matches. C’était important de bien finir les matches sans se blesser.

Aujourd’hui la Ligue 1 ivoirienne est entrée dans une autre dimension avec la diffusion des matches sur la chaine cryptée Canal + , comment appréciez-vous cet apport médiatique?

C’est ma troisième saison avec l’Africa Sports, avec l’apport de Canal + et la diffusion des matches, ça a donné une autre envergure à la Ligue 1 ivoirienne vu que les matches sont suivis. C’est de bonnes augures pour nous. Ça pousse les joueurs à travailler plus et se donner à chaque match à fond. Il y a plus de concurrence, d’enjeu. Personnellement chaque joueur travaille plus pour être au niveau attendu. C’est que du bonheur parce que tout joueur évoluant en Afrique doit travailler plus pour espérer un lendemain meilleur. L’apport de de Canal + est un plus pour la Ligue 1 ivoirienne.

En parlant d’exposition, nous sommes en plein mercato, vous avez encore un an de contrat, vous envisagez un départ ?

Justement nous y sommes. Tout joueur envisage toujours un départ vers un club mieux que le précédent mais pour l’instant je suis encore sous contrat avec l’Africa Sports. Le championnat est fini. Je me concentre sur les propositions d’ici là je vais prendre une décision. Rester à l’Africa ou quitter pour une autre destination. J’espère. Pour l’instant je me penche sur les propositions avec mes contacts et j’espère avoir quelque chose de bon.

Quand on regarde votre parcours de l’académie de l’Union Sportive de la Plage à Cotonou jusqu’à l’Africa Sports vous avez beaucoup appris ?

J’ai beaucoup appris. J’ai reçu une bonne formation à l’Usp. Je remercie d’ailleurs le coach et tout le staff dirigeant et le président qui ont beaucoup contribué à mon évolution. Aussi bien quand j’étais encore au centre ou à mon arrivée en Côte d’ivoire notamment à Korogho qui était très difficile. Même quand j’ai signé à l’Africa, ils m’ont beaucoup soutenu. J’ai beaucoup progressé mais rien n’est fait encore tant qu’il y a encore à faire. C’est à moi de me donner au travail. Tout mettre en œuvre pour que ça se passe bien pour espérer jouer au haut niveau. Sincèrement j’ai beaucoup appris en Côte d’ivoire notamment dans le jeu et j’aimerais faire plus.

En parlant de haut niveau, vous étiez pensionnaire de l’académie de l’Usp avec un certain David Djigla qui était votre pote…

David Djigla était non seulement mon coéquipier, mon pote mais c’était un frère avec qui j’ai fais les classes. Ça fait plaisir de le voir à Niort. Mon souhait est qu’il aille encore plus haut parce qu’il a les qualités pour ça. Il a la volonté, il aime le travail. J’espère que les saisons à venir on pourra le retrouver à un meilleur niveau. C’est aussi le moment de dire que notre génération à l’USP c’était une belle génération ce n’est pas seulement une équipe mais une famille.

Vous êtes reconnu pour votre qualité technique, vous êtes utilisé en position de milieu relayeur ou meneur de jeu, vous avez une préférence ?

Je n’ai pas de préférence particulière par rapport au poste. Je me sens bien à ces deux postes. Maintenant je me mets à disposition du coach et par rapport à ce qu’il attend de moi de me donner à fond et de répondre favorablement à ses attentes pour le bien de l’équipe et pour ma progression  aussi. Je travaille pour être meilleur à chaque match et chaque match à ces exigences. Chaque domaine une certaine discipline tactique et certains conditions que le coach seul à le secret, c’est à lui de demander à ses joueurs de mettre en application.

La Côte d’ivoire est un pays reconnu pour sa joie de vivre mais le pays a traversé  aussi quelques crises ces dernières années, vous avez débuté au nord du pays à Korhogo  avant d’arriver dans la capitale Abidjan, récemment la ville a été secoué par les protestations des mutins, alors comment traversez-vous genre de moment ?

Cette situation est difficile à vivre. Mais grâce à Dieu avec l’Africa Sports, on a quelques dirigeants qui prennent les dispositions qu’il faut pour qu’on soit en sécurité.

Entretien réalisé par Géraud  Viwami

Entretien : Mounié « ça me rend fier parce qu’on parle aussi du Bénin grâce à moi »

Steve Mounié (22 ans) qui réussit ses débuts en Première division anglaise a accordé un entretien à nos confrères de Sofoot.com. L’attaquant international béninois d’ Huddersfield parle de vie en  Angleterre, des Ecureuils et de son doublé inaugural.

Pourquoi rêve-t-on de rejoindre la Premier League ?

En fait, c’est un objectif que je m’étais fixé depuis le départ. Parfois, il y a des objectifs que l’on se fixe et qu’on ne pense pas pouvoir atteindre, mais au fil de ma carrière, j’ai vu que j’en étais capable. Finalement, ça s’est donc concrétisé cet été et me voilà en Premier League. J’en suis le plus heureux.

Qu’est-ce qui t’attirait particulièrement dans ce championnat ?

À l’heure actuelle, c’est le meilleur championnat du monde : il est diffusé dans plus de cent pays, des milliards de personnes regardent la Premier League donc en matière de diffusion, c’est le top. Qualitativement, c’est pareil, il n’y a que des bons footballeurs et quand tu es compétiteur, tu as envie de te confronter aux meilleurs, c’est normal. Venir ici, pour moi, revenait à devenir un meilleur joueur.

Comment t’es-tu retrouvé à Huddersfield ?

J’ai appris l’intérêt d’Huddersfield quand j’étais en sélection nationale, avec le Bénin. Tout a ensuite été très vite, j’ai été touché par leur discours, le système de jeu que m’a présenté le coach, la philosophie de l’équipe et j’avais aussi envie de retrouver un club similaire, dans la mentalité, à ce que j’avais à Montpellier. Rapidement, je me suis dit que, pour faire ses débuts en Angleterre, il n’y avait pas mieux que ce club là. Je sais que je vais bosser, qu’on va me faire progresser, mais c’est aussi un pari personnel parce que je pense qu’à l’heure actuelle, tout le monde nous voit descendre en fin de saison. J’aime bien relever les challenges, comme j’ai pu le faire avec Nîmes (il a été prêté à Nîmes lors de la saison 2015-2016 alors que le club avait une pénalité de huit points en début de saison, ndlr). Changer de pays en était un aussi, pour découvrir de nouvelles choses.

Avant cet appel, qu’est-ce que tu connaissais d’Huddersfield ?

Honnêtement, rien du tout. Je n’en avais jamais entendu parler. Après, j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire du club et j’ai découvert qu’il avait remporté le championnat d’Angleterre trois fois de suite (en 1924, 1925, 1926, ndlr). Une fois sur place, j’ai rapidement compris qu’Huddersfield était un club historique, que tout le monde avait du respect pour son histoire. Si en France la majorité des gens n’arrive certainement pas à prononcer le nom, en Angleterre, c’est autre chose (rires).

Quels souvenirs gardes-tu de tes premiers jours sur place ?

Je ne vais pas te cacher qu’au début, je n’ai pas eu la chance d’avoir du beau temps. Mais là, on discute et il y a un grand ciel bleu, je suis en T-shirt, c’est magnifique. La température est raisonnable, ce n’est pas encore choquant, mais on verra en hiver. Sinon, mon adaptation a été assez rapide parce que j’avais déjà des petites bases en anglais, pas de souci pour rouler à gauche non plus…

Justement, David Wagner, ton entraîneur à Huddersfield, a souligné la qualité de ton anglais à ton arrivée et a même expliqué que ça avait été décisif pour te recruter. C’est un coach reconnu partout en Angleterre aujourd’hui pour ce qu’il a fait avec le club. Qu’est-ce que tu retiens de cette rencontre ?

Son discours m’a tout de suite parlé, surtout que c’est quelqu’un qui accorde une grande confiance aux jeunes joueurs. Quand il m’a expliqué la façon de jouer de l’équipe, la façon dont il souhaitait m’intégrer dans son système, je me suis dit que ça allait marcher et que j’allais me battre pour ce coach. C’est quelqu’un qui donne envie qu’on s’arrache pour lui.

L’an passé, Wagner avait décidé d’emmener le groupe sur une île en Suède, pour muscler sa préparation. Tu n’as pas eu cette chance toi ?

Je n’étais même pas au courant, mais cette année, c’est resté plus classique. Ce qui m’a changé surtout, c’est qu’on a énormément travaillé avec ballon, même en préparation, ce qui est rare. Bon, après, on n’a pas eu beaucoup de jours de repos, mais c’est normal, c’est la prépa donc on avait deux entraînements par jour, ça rigolait pas. On est footballeurs, on est payés pour ça.

Il y a des joueurs qui t’ont impressionné déjà ?

Oui, bien sûr, surtout Philip Billing, un grand milieu danois qui est très impressionnant. Déjà, il fait deux têtes de plus que tout le monde donc il est balèze et techniquement, il est très fort. Pour être franc, je suis arrivé là et je n’ai vu que des bons joueurs. Tu en as quelques-uns qui sont un peu au-dessus, mais tu n’as surtout pas un gars à propos de qui tu vas te dire : « ah ouais, celui-là il est un peu en dessous » .

Tu te souviens de l’avant-match à Selhurst Park samedi dernier ?

Déjà, il n’y avait pas besoin de nous motiver. C’est le premier match de la saison, le premier match de Premier League pour certains, on attendait ça depuis le début de la préparation. D’autres attendaient même ça depuis la fin de la saison dernière. Finalement, on est arrivés sur le terrain, on s’est battus comme des chiens et on a réussi à ramener la victoire (3-0). Moi, j’ai préparé ce match comme les autres, c’est un match de football, qu’on soit en Angleterre ou ailleurs : le terrain, c’est le même, le ballon aussi et les mecs en face ont deux bras, deux jambes… Je ne vais pas faire des choses différentes parce que je suis en Angleterre, en Chine ou je ne sais où.

Marquer un doublé dès son premier match, c’est déjà différent.

Oui, surtout que c’est la première fois de ma carrière que je marque un doublé dès mon premier match. Forcément, j’étais plutôt content de ma performance, mais, au-delà de ça, la performance collective du groupe a été très belle, c’est le plus important. Les supporters attendaient ça depuis 45 ans donc gagner 3-0 d’entrée à Crystal Palace, c’est assez exceptionnel.

Après la rencontre, tu as parlé de ton idole Didier Drogba à la presse. Tu t’en inspires ?

Pour moi, c’est un exemple à suivre, notamment sa carrière. Tous les Africains le prennent en référence. C’est important d’avoir des exemples comme ça, pour s’en inspirer ou pouvoir même faire mieux si possible. Je pense que tous les joueurs regardent des vidéos de Ronaldinho ou d’autres pour travailler. Moi, c’est Didier Drogba, comme je peux regarder des vidéos d’autres attaquants. Il faut toujours s’inspirer des meilleurs attaquants si on a la volonté d’en faire partie. Il n’y a pas de secret.

 

Plusieurs joueurs français se sont perdus en allant à Londres, c’est aussi pour ça que tu as choisi Huddersfield ?

Tu sais, je suis quelqu’un d’assez discret et calme donc je ne suis pas le genre à sortir tout le temps. Je suis plutôt casanier, je vais à l’entraînement, je me repose… Pour se relâcher, il y a les vacances. Pendant la saison, que je sois à Paris ou à Londres, je ne vais pas faire de trucs bizarres. Mon choix n’a été que sportif.

Quitter Montpellier a été compliqué ?

Au début, j’ai eu un peu de mal oui, surtout que ma copine est restée à Montpellier. Je ne peux pas cacher que ça a été difficile de laisser tout ça derrière moi surtout que j’ai grandi dans le sud. J’y ai passé dix-huit ans de ma vie donc décider de partir au fin fond de l’Angleterre alors que tu as toujours vécu dans le sud de la France, ça peut faire peur. J’ai eu cette crainte, mais aujourd’hui, même quand j’ai quelques jours de repos, je n’ai pas forcément envie de rentrer.

 

Petit, tu blaguais avec tes potes sur le fait de représenter un jour le Bénin. Aujourd’hui, tu comptes sept sélections, tu as même déjà marqué. Comment ça se passe ?

Si tu veux, l’équipe nationale a commencé à m’appeler quand j’étais en 19 ans nationaux. Pour moi, c’était un peu tôt, mais quand je me suis senti prêt, j’y suis allé. Il n’y a rien de plus beau que jouer pour son pays, que rendre fière sa famille. Mes parents sont rentrés au pays aujourd’hui donc c’est encore plus fort. Tu vois, quand on dit qu’un joueur béninois a signé en Premier League pour tant d’argent, ça me rend fier parce qu’on parle aussi du Bénin grâce à moi. On reste un petit pays qui essaye de se développer donc chaque détail comme un transfert en Angleterre est positif.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR MAXIME BRIGAND POUR SOFOOT.COM

Entretien : Allagbé «l’essentiel, c’est d’être décisif»

 

Avant la réception  de Tours demain soir pour le compte de la quatrième journée de Ligue 2 française , le gardien international béninois de Niort , Saturnin Allagbe (23 ans) a accordé un entretien au site officiel de son club. L’ancien gardien de l’Aspac qui a conservé ses buts inviolés sur les trois premières journées parle sa bonne forme et celle des Chamois en ce début de saison.  

 

Saturnin bonjour. À quoi attribues-tu ce meilleur départ en championnat que celui de la saison dernière?
Au travail, tout simplement. À l’engagement et l’envie du groupe aussi.
On est dans la continuité. Le groupe a peu changé, ce qui nous permet aussi de travailler plus sereinement.

Cette première victoire contre Auxerre va-t-elle lancer votre saison?
Évidemment. Une première victoire, c’est toujours libérateur, surtout quand ça arrive tôt.
Maintenant, il faut rester concentré pour enchaîner les bons résultats.

Votre seule défaite a été concédée à Tours, en Coupe de la Ligue. Et vous les recevez vendredi soir. Ça peut jouer?
Ce sont deux compétitions différentes, même si on joue à fond sur tous les tableaux. Il n’y a pas de désavantage psychologique. La défaite en coupe est déjà derrière nous. C’est à nous de mettre tous les avantages de notre côté pour faire un bon match. On joue pour gagner.

« QUAND ON JOUE À RENÉ GAILLARD, C’EST POUR GAGNER. »

Gagner deux fois de suite à la maison n’est jamais facile. Si vous y parvenez, vous pourriez vous retrouver sur le podium. Vous y pensez?
Honnêtement, non. Le classement n’est pas forcément la priorité après si peu de journées. Même si ça fait toujours plaisir et redonne confiance d’être en haut de tableau.
Le plus dur sera de continuer sur cette lancée. Pour y arriver, il faut qu’on continue à être solide comme on le fait depuis le début de ce championnat.

Tours, votre adversaire, reste sur trois échecs en trois matches. Est-ce le bon moment pour les affronter?
Il n’y a jamais de bon moment pour affronter une équipe. Eux, ils auront envie de se relever. Nous devons rester concentrés, ne pas sous-estimer l’adversaire. Être sérieux sur le terrain.
Peu importe la série de Tours, on sera devant notre public et, quand on joue à René Gaillard, c’est pour gagner et faire plaisir aux supporters.

Vous n’avez toujours pas encaissé de buts. D’où provient cette solidité défensive?
Ah bon? (rires) Sérieusement, c’est tout le travail défensif collectif de l’équipe que je mets en valeur. Même si ça fait toujours plaisir d’enchaîner des matches sans prendre de but.
Il y a le travail effectué avec le staff qui paie, et la confiance. J’espère que ça continuera. L’essentiel, c’est d’être décisif.

Comment allez-vous aborder la rencontre de vendredi afin d’obtenir les 3 points?
Être patient, contenir l’adversaire, ne pas se mettre la pression, jouer notre football comme on le fait depuis le depuis de la saison et le résultat arrivera.

source: Chamoisniortais.com 

Entretien : Aifimi « je voulais découvrir autre chose »

Son transfert dans les rangs de Black Leopards (D2 Afrique du Sud) a été officialisé cette semaine, nous avons eu un entretien exclusif avec le gardien international béninois Christophe Aifimi (27 ans) qui s’est engagé pour deux saisons. Il nous parle de sa nouvelle vie en Afrique du Sud et ses ambitions pour la saison à venir.

Vous arrivé dans un club où la lutte pour le poste de numéro un est ouverte, quel sera votre rôle ?

 

C’est ouvert parce qu’il y a déjà trois gardiens  qui sont là. Deux étaient déjà présents la saison dernière et deux nouveaux dont je fais partie. Mais le numéro un de la saison dernière n’est plus là du coup c’est ouvert pour tout le monde. On bosse on joue les matches amicaux maintenant c’est le coach qui va définir. Pour le moment il n’y pas encore d’hiérarchie. Seul le travail définira ma position.

Vous aviez débarqué en Afrique du Sud il y a sept mois avec une première expérience au FC Durban (D3 sud-africaine)…

Je suis arrivé en Afrique du Sud en fin décembre 2016 juste après le tournoi de l’Uemoa avec la sélection nationale. Je suis arrivé avec une blessure à aux adducteurs contracté en sélection d’ailleurs  qui a perturbé un peu mon mercato de janvier. Je pensais que j’étais guéri mais ce n’était pas le cas. Du coup j’ai fait deux trois mois de soins. Parce qu’après  j’ai contracté deux maux au niveau de la cuisse et à l’épaule  qui m’ont vraiment ralenti.  Je n’avais plus d’opportunités étant blessé et je suis resté avec Durban Fc.  Je me suis soigné au club le temps de rebondir. Je m’entrainais et je jouais les matches. Je n’avais pas de repos, le but était d’être opérationnel pour ce mercato. J’apprenais en même temps la langue anglaise, la culture sud-africaine. C’était un défi pour moi parce que je pouvais revenir en Côte d’ivoire par exemple. Mais je voulais autre chose. Je n’ai pas voulu trop attendre et j’ai saisi la première opportunité avec Black Leopards.

Quand on a connu sept mois compliqués comment on arrive à convaincre un club ambitieux comme Black Leopards de miser sur vous ?

J’ai galéré on peut dire niveau blessure.  Ne pas avoir la chance de jouer les matches intenses, d’être sous pression. J’ai su combler ça par le travail mais j’ai eu la chance d’avoir le soutien de mes proches. J’ai signé à Black Leopards grâce un à un ami proche qui a un bon carnet d’adresse, Wilfried Ayedon. Je le remercie c’est lui qui m’as mis en contact avec le club et a facilité ma venue grâce à ses relations avec le coach Jean-François Loscuito notamment. J’avais d’autres pistes en première division mais c’est le foot, la première offre qui se déclare il  faut y aller.

Après avoir été meilleur gardien du championnat ivoirien en 2015, vous allez ouvrir un nouveau chapitre de votre carrière en Afrique du Sud, vous vous êtes déjà fixés des objectifs ?

Il faut dire que j’ai passé dix saisons en Côte d’ivoire j’ai commencé en troisième division. Ensuite six ans le Stella Club d’Adjamé et deux ans à l’As Tanda. Pour moi il était tant de partir. Il y a ce qu’on veut et ce que Dieu décide. Je voulais partir. Mes agents travaillaient dans ce sens afin que je joue dans un championnat encore plus professionnel. J’ai tout connu en Côte d’ivoire. J’ai opté pour l’Afrique du Sud en décembre, hélas je me suis blessé. Je ne regrette pas mon choix. Souvent dans la vie il faut forcer le destin. Je n’ai pas la carrière de Neymar ou Messi mais j’ai mon football à moi. Je suis arrivé avec un fort mental. Quand tu regardes le championnat sud-africain tout est réuni pour faire du foot de qualité. Je me suis engagé avec Black Leopards pour un autre défi. J’ai pour but de faire une bonne saison et continuer à progresser.

Alors la définition de la saison parfaite pour vous ?

Pour tout joueur, faire une saison parfaite c’est d’abord jouer tous les matches sans se blesser. Jouer tous les matches en aidant son équipe à atteindre ses objectifs.

Parlez-nous de votre intégration dans  votre nouvelle équipe ?

J’ai de la chance.  Je n’ai pas eu trop de soucis à me faire. D’abord le coach il est belge, il parle français. Le capitaine parle français  il est défenseur. Du coup ils me permettent de vite m’intégrer. J’essaye avec mon anglais même si c’est encore à l’état brut. J’essaye quand même de m’exprimer et d’échanger. C’est sur le terrain que je veux faire parler de moi. C’est à travers les matches qu’on obtient le respect de tous. Sinon tout va bien. Je sais ce que je veux je reste concentré sur mon principal objectif.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Entretien : Adjidé  « j’admire Eden Harzard »

Il fait ses classes chez les U16 d’Amiens, nous avons réalisé un entretien  intéressant avec l’ailier polyvalent franco-béninois, Jonas Adjidé (15 ans). Ce gaillard (1m85) nous parle de sa vie de jeune footballeur, son modèle, ses objectifs  et du Bénin.

 

Vous venez de boucler une saison avec les jeunes d’Amiens, si vous deviez résumer cette saison et votre parcours. ?

J’ai eu un début de saison un peu compliqué. J’avais  du mal à m’imposer. Au fil de la saison je me suis senti plus à l’aise. J’ai réussi à gagner ma place. Jouer plus de matches et marquer plus. (16 matches 9 buts et 8 passes décisives). Sinon J’ai commencé le foot à Méaulte FC ensuite je suis parti dans un club à côté Albert Sport. Puis j’ai été recruté par Amiens en U12, il y a quatre ans.

Ces quatre années ont changé quoi dans votre vie de footballeur encore que cette saison l’équipe fanion va jouer en Ligue 1 ?

Ces quatre années m’ont permis de devenir autonome. J’ai mûri dans mon style jeu. J’ai essayé de m’adapter pour gagner ma place. J’ai évolué techniquement, tactiquement mais en tant qu’homme aussi.

Alors quand on joue en U16, une journée normale ressemble à quoi ?

Une journée normale c’est toute la matinée les cours jusqu’à quinze ou seize heures ensuite direction entraînement. Tous les jours jusqu’à dix-heures. C’est mon quotidien. Et j’ai la chance malgré mon âge de m’entraîner avec les U17 même si je joue avec les U16

En parlant de terrain, vous êtes connu comme un joueur de couloir, ailier moderne ou latéral offensif c’est quoi votre préférence parce qu’on sait que vous êtes polyvalent

Naturellement je suis plus un ailier moderne, jouer à gauche et revenir sur mon pied droit et mettre des buts. C’est toujours plus intéressant de marquer des buts. Mais je suis capable de jouer latéral et de faire le boulot et d’être là où il faut au bon moment et savoir défendre.

A Amiens le béninois le plus connu c’est Khaled Adénon , vous l’avez déjà croisé ?

J’ai eu des contacts avec lui. On s’est parlé en face quelques fois. Je connais son frère. Je le supporte naturellement et j’espère qu’il va continuer plus fort et ça va marcher pour lui en Ligue 1.

En Ligue 1, vous supporter Amiens ?

Depuis tout petit je supporte Lyon. Mais comme j’ai joué à Amiens je supporte le club.

Alors ta référence à ton poste…

Le joueur que j’admire le plus à mon poste c’est Eden Hazard. Il est tellement dribleur et habille dans ces gestes, il laisse peu de chances à l’adversaire.

Vous avez toujours vécu en France, quels sont vos attaches avec le Bénin ?

Je suis né en France mais je suis déjà allé au Bénin deux trois fois en vacances. On a une maison au pays. Et je compte bien si je peux venir porter le maillot des Ecureuils.

Vous êtes en fin de contrat, alors l’avenir se présente comment ?

Je suis libre. J’espère me trouver un autre club d’ici et atteindre mon objectif devenir professionnel le plus vite possible.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Entretien : Bouraima « Glodjinon me disait qu’il allait arrêter le tir togolais suivant »

Trois jours après la qualification  des Ecureuils locaux face au Togo au premier tour des éliminatoires du Championnat d’Afrique Kenya 2018, nous avons rencontré l’ailier de l’Aspac Abdel Bouraima (24 ans) qui nous raconte la folle journée de dimanche dernier.

L’après-match

C’était fou!  vu le scénario c’était presque inespéré.  On a savouré, on était libéré.  On a chanté dans le bus, on était content.

L’appel du Président Talon

Dans la célébration  le dimanche soir à l’hôtel, nous avions reçu la visite du ministre des sports, Oswald Homeky qui était en ligne avec le président Patrice Talon au téléphone.  Il a mis la conversation sur haut-parleur et le président nous a facilité et a promis mettre les moyens à notre disposition. C’était touchant et encourageant.

l’avant-match 

c’était un dimanche pluvieux. Le ciel était sombre depuis le matin. Puis il y a eu cette forte pluie juste avant le coup d’envoi qui a rendu la pelouse un peu difficile. Nous étions confiants et motivés et je pense que cela s’est remarqué dans notre début de match.

Ce n’est que le premier tour

Oui on en est conscient. On doit rapidement se concentrer d’ailleurs on reprend la préparation dès demain lundi.

Le Nigéria , un gros morceau

Un très gros même je dirai. Mais comme souvent plus l’adversaire est favori plus ça nous libèrent et nous motivent. Nous savons qu’ils seront athlétiquement prêts parce qu’ils sont en championnat. Mais nous voulons écrire l’histoire du Bénin et décrocher cette première qualification.

Votre tir au but manqué

C’était la catastrophe. Après mon dernier coup d’œil, je voulais prendre le gardien à contre-pied mais le dosage était trop fort malheureusement et ça passe au-dessus. Je ne veux même plus y penser (rires). J’étais abattu mais le gardien Steve Glodjinon était venu me réconforter et me disait qu’il allait arrêter le tir togolais suivant et il l’a fait. Ça m’a soulagé et j’ai commencé à y croire de nouveau. C’était trop fort émotionnellement. Je n’ai rien vécu de pareil dans ma carrière.

 Votre analyse de la double confrontation

Je dirai que le match aller était équilibré même si je pense qu’on aurait pu gagner si on avait pas manquer de concentration en début de seconde période. J’étais impliqué dans notre but. On s’en sort bien avec un nul à l’extérieur.  Ensuite sur le retour à domicile, on mène encore et on se fait rattraper. Même j’étais remplaçant je pense qu’on a fait une première période très aboutie. En seconde période on a encore baissé un peu du pied, il falloir qu’on y travaille dans les semaines à venir. En somme je pense qu’on aurait pu passer sans aller aux tirs aux buts avec un peu plus de concentration. Le Togo a une bonne pépinière aussi, c’était un bon adversaire. L’essentiel était de passer et c’est fait.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

Entretien : Steve Mounié, «Je me trouvais au Bénin, en sélection, lorsque j’ai appris l’intérêt de Huddersfield»

L’international béninois a accordé un entretien à nos confères FranceFootball, il parle de son transfert en Angleterre, de la saison à venir et Louis Nicollin.

Auteur de 14 buts en L1 avec Montpellier en 2016/17, Steve Mounié a pris le large et a répondu favorablement à l’offre de Huddersfield Town, promu en Premier League. L’attaquant béninois raconte ses premiers pas outre-Manche. Et assure qu’il est prêt au défi.

«Vous voilà joueur de Huddersfield Town depuis le 5 juillet dernier. Comment se sont déroulées vos premières heures avec votre nouveau club ?

C’est la découverte d’un nouveau pays, le début d’une nouvelle aventure. Une langue différente à apprendre, et un peu d’adaptation à avoir comme par exemple au niveau du climat, de la nourriture. Ensuite, question entraînement, les séances se font beaucoup avec ballon. Même le travail d’endurance, on le fait avec le ballon. C’est légèrement différent que ce que j’ai pu voir en France. Ils insistent aussi beaucoup sur la prévention des blessures.

La nourriture, le climat, c’est pas trop dur ?

(Il sourit.) Il y a certains trucs un peu marrant. Par exemple, à la collation, on mange des pâtes, du poulet, de l’omelette. En France, généralement, ce sont plutôt des choses sucrées. Il faut s’adapter ! Le matin, tu as des œufs avec des beans… À l’anglaise ! Le climat ? C’est sûr que Montpellier et Huddersfield (NDLR : à 305 kilomètres au nord de Londres, entre Leeds et Manchester), ce n’est pas vraiment la même situation. Mais depuis que je suis arrivé (NDLR : jeudi 6, notre interview a été réalisée le jeudi 13), j’ai eu cinq jours de soleil. Donc ça va. Il ne fait pas 35 degrés comme à Montpellier mais c’est agréable. Le temps ne pèse donc pas sur mon moral pour le moment.

Rendez-vous en hiver alors…

Oui ! Même si je pense que ça va changer dès septembre.

Revenons rapidement sur votre très belle saison 2016/17, la première complète en Ligue 1 et la première dans la peau d’un titulaire. Avec 14 buts et 2 passes décisives, était-ce une saison inespérée ?

Pas du tout. En commençant la saison, lors du stage de préparation, Frédéric Hantz nous avait demandé de noter sur un petit papier le nombre de buts qu’on souhaitait marquer. J’avais inscrit 12. Dès le début de la saison, je savais que j’étais capable de le faire. Je n’ai pas été surpris par mes capacités à pouvoir marquer en Ligue 1. Ma saison avec Nîmes, en Ligue 2, avait déjà gonflé ma confiance. À Montpellier, je m’attendais à avoir un temps d’adaptation bien sûr, mais je savais que je pouvais scorer. 

Si on fait une rétrospective de ces dernières semaines, comment s’est déroulé ce transfert ? Vous vous y attendiez ?

Pas forcément. Je me trouvais au Bénin, en sélection, lorsque j’ai appris l’intérêt de Huddersfield. Au début, je ne connaissais pas du tout le club. Je me suis renseigné sur le coach, l’équipe, sa manière de jouer. Le projet, au contraire du climat, m’a plu dans son ensemble (il sourit). Je me suis dit que je pouvais m’inscrire dedans : être un promu avec le challenge de prouver qu’on n’est pas là pour rigoler.

Un départ était inéluctable pour vous cet été ?

J’attendais de voir si j’avais des offres, sans me prendre la tête plus que ça. Rester une saison de plus à Montpellier m’allait très bien également. Il s’est avéré que l’offre de Huddersfield était très intéressante pour moi au regard de mon style de jeu et pour ma progression personnelle. Découvrir un nouveau pays, parler une nouvelle langue, dans ma vie personnelle, c’est une expérience enrichissante. Ça faisait huit ans que j’étais à Montpellier, donc changer d’air ne pouvait pas me faire de mal.

Quelle a été votre réaction quand on vous a annoncé qu’un club de Premier League souhaitait vous recruter ?

Je n’ai pas eu de réaction particulière. Je m’y attendais au regard de ma saison dernière. Après, c’est vrai que je ne pensais pas que les offres arriveraient si tôt. J’en suis très content.

Y avait-il d’autres offres ?

Avant Huddersfield, non, aucune autre proposition de Premier League. Ce n’est qu’après ma signature que j’ai eu d’autres sollicitations. Mais c’était trop tard.

Votre bizutage en chanson, c’est déjà fait ?

Non, pas encore. Cela se passera sûrement lors du prochain stage en Autriche.

Et vous allez chanter quoi ?

Je chante toujours “Juicy” de Notorious B.I.G. Je chante anglais, c’est déjà pas mal. Je ne parle pas très bien la langue, mais je commence à comprendre la majeure partie de ce qu’on me dit. Ce n’est pas encore parfait.

Vous étiez bon en anglais à l’école ?

J’ai toujours été un élève très studieux. Bon, l’anglais n’était pas ma langue favorite, je préférais plutôt l’espagnol, que j’avais commencé assez tôt au collège. Mais le fait d’avoir passé plusieurs vacances dans des pays anglophones comme la Barbade ou les États-Unis, m’a fait progresser. En arrivant en Angleterre, je n’étais pas complètement perdu

Jouer en Angleterre, c’était un rêve de gosse ?

C’était davantage un objectif que je me suis toujours mis en tête. Aujourd’hui, j’y suis, je peux donc cocher la case “objectif atteint”.

La Premier League, ça vous fait tout de suite penser à quoi ? Aux stades mythiques ? Aux stars ?

C’est le Championnat le plus relevé et le plus compétitif au monde. Il n’y a que des internationaux, que des grandes équipes, que des stades pleins. Il n’y a rien de plus excitant que d’évoluer là où jouent les meilleurs. J’ai hâte de commencer.

Y a-t-il un stade plus qu’un autre que vous avez envie de découvrir ?

Il y en a plein ! Je suis déjà passé devant l’Etihad Stadium (Man City) qui a l’air magnifique. L’Emirates Stadium (Arsenal), Stamford Bridge (Chelsea), pfiou… Tous les stades sont magnifiques ! En fait, j’ai plutôt hâte de jouer pour la première fois à domicile pour apprécier l’ambiance qu’il peut y avoir. En deux jours, 20 000 abonnements se sont vendus ici !

C’est aussi ça qui vous a motivé…

Faire perdurer ce club en Premier League est un vrai challenge. Tout le monde ne s’attend pas à ce qu’on reste. C’était la même chose pour Leicester. Quand ils sont montés, personne n’imaginait qu’ils allaient devenir champions. J’espère qu’on sera le nouveau Leicester.

Vous avez été acheté 13 millions d’euros. C’est quelque chose qui peut vous mettre la pression ?

Non, ce n’est pas vraiment une forme de pression, mais je sais que je suis le record du club au niveau des transferts et qu’il y a beaucoup d’attentes. Je donnerai tout ! Je ne vais rien inventer parce que je suis le joueur le plus cher. Maintenant, c’est le travail, l’adaptation à un Championnat très physique. Je ne pense pas que je serai véritablement prêt dès le premier match. Mais avec le travail, je vais m’accrocher.

Y a-t-il un secteur où vous vous êtes dit que vous alliez devoir insister dessus pour vous mettre au niveau exigé ?

Je ne me sens pas en-dessous du niveau. Mais je sens que la dimension physique est différente, c’est vrai. L’arbitre siffle rarement, c’est d’ailleurs pour ça que c’est si intense. Il faut prendre le rythme.

Que répondez-vous aux gens qui vous voient partir en Angleterre après une saison en Ligue 1 et qui estiment que vous allez faire comme les Thauvin ou Cabella, à savoir vite revenir en France ?

Sans critiquer les qualités de Thauvin ou Cabella, je n’ai déjà rien à voir avec ce type de joueurs. Je n’ai pas le même gabarit, pas le même style de jeu. Eux sont plus des joueurs techniques. Et, ensuite, pourquoi moi je ne réussirais pas ? Chacun a une capacité d’adaptation différente. On en reparlera en fin de saison, pour évoquer la difficulté de la chose. Je n’ai pas peur de ça.

Rendez-vous le 12 août pour la première journée face à Crystal Palace, avant votre première à domicile devant Newcastle…

Les premiers matches sont primordiaux. Ce ne sera pas face au top 5, mais c’est dans ces moments-là qu’on se doit de prendre le maximum de points.

Pour terminer, en tant que joueur formé à Montpellier, le décès de Louis Nicollin a forcément dû vous toucher…

Quand je l’ai appris, j’étais en Angleterre pour ma visite médicale. Ça m’a fait un choc. Même si je ne le voyais pas énormément au centre de formation, on savait qu’il était présent, on sentait sa présence. C’est lui qui a construit ce club, et sans lui, je ne serai pas là où je suis. Louis Nicollin, quand on le voyait, on se disait qu’il était immortel, qu’il serait toujours là. Même là, en parlant, j’ai l’impression qu’il est toujours là. Je représente encore toutes mes condoléances à sa famille.»

Entretien réalisé par Thimoté Crépin pour France Football

Entretien : Mounié « je suis un Terrier  »

En partance pour Huddersfield, Steve Mounié (22 ans) a accordé un entretien  à nos confrères  de  Lindépendant.fr l’attaquant international béninois qui va quitter Montpellier parle essentiellement de son futur club en Premiere League anglaise. En attendant l’officialisation des deux clubs, Mounié a bel et bien confirmé son départ et validé sa future destination. 

Vous devriez désormais jouer dans le grand monde, la Premier League. En signant en Angleterre, vous changez de dimension…

L’Allemagne m’attirait aussi (Fribourg l’avait contacté). Mais l’Angleterre, c’est « The place to be ». Le rêve quoi ! Vous imaginez, évoluer à l’Emirates Stadium, Old Trafford, Anflield Road… Défier Manchester City, United, Arsenal, Liverpool, Tottenham… ça fait rêver. Me projeter marquer un but face à de telles équipes, rien que d’y songer, j’ai les poils qui se hérissent. L’ambiance est fabuleuse dans les stades. A Huddersfield, les 20 000 abonnements (John Smith’s Stadium contient 24 500 places) sont partis en un rien de temps. Quand j’étais petit, je portais un maillot d’Arsenal. J’étais supporter des Gunners parce qu’il y avait plein de joueurs français. Mais maintenant, je suis un « Terrier » (nom des joueurs d’Huddersfield). Je vais découvrir l’Angleterre, moi qui n’y ai jamais mis les pieds.

Connaissez-vous le calendrier d’Huddersfield ?

Nous allons à Crystal Palace, puis nous recevons Newcastle avant de disputer un tour de Coupe je crois. Les premiers matches, il va falloir que je marque mon territoire. Car en Angleterre, ça ne rigole pas, vous êtes bidon et vous être mis au placard. Même si vous avez coûté 13 millions d’euros. Rien que pour la montée, le club a touché 200 millions de droits TV. Alors recruter un avant-centre à 20 millions au mercato, ça ne leur fait pas peur.

Pourquoi avoir, a priori, choisi Huddersfield plutôt que Watford, l’autre club anglais qui souhaitait votre venue ?

À Huddersfield, les choses ont tout de suite été claires. Ils me veulent, je veux y aller, point. À Watford, le président est également propriétaire du club italien de Udinese. Le club souhaitait me recruter pour me prêter dans la foulée dans le club du Frioul, en Italie. Non, je n’étais pas d’accord.

Votre ex-coéquipier à Montpellier Stéphane Sessegnon, le capitaine du Bénin, qui a joué à West Brom ou Sunderland, vous a-t-il donné des conseils sur les travers à éviter en Angleterre ?

J’ai aussi discuté avec mon coéquipier de Montpellier Yacouba Sylla (Mali), qui a joué à Aston Villa. C’est amusant mais les deux m’ont invité à prendre un préparateur physique privé. Maintenant, à Huddersfield, l’entraîneur est Allemand. Ça doit bosser pas mal, alors peut-être que cela ne sera pas utile. Benjamin Stambouli, qui a joué à Tottenham, m’a prévenu que physiquement ça tapait fort en match comme à l’entraînement. Du coup, j’ai accentué un peu la musculation ces derniers temps (sourires). Ils m’ont également mis en garde contre le piège des filles qui sont de mèche avec les tabloïds pour déclencher des scandales. Avec moi, pas de danger. Je vais rester cool, tranquille. Bien concentré sur le job.

 

Huddersfield, c’est aussi le pays du XIII… Vous iriez soutenir les Dragons Catalans quand ils affronteront les Giants?

Malgré ma fibre catalane, je n’apprécie que très modérément le rugby. Alors je ne vous promets pas vraiment d’aller supporter les Dragons.

Quels souvenirs conserverez-vous de vos années Montpellier ?

J’y ai passé neuf années tout de même. Une très belle maison. Que de bons souvenirs avec ce titre de champion de France de CFA2. Et puis j’ai aussi participé au sacre de l’équipe une en Ligue 1. Bien sûr que je suis triste de quitter l’Hérault. Mais avec le chèque que va toucher le club, je me dis que c’est un bon renvoi d’ascenseur. Mais pour moi, tout a commencé à Nîmes en Ligue 2 il y a deux ans. Un club qui avait démarré le championnat avec moins 8 points et avec lequel je me suis éclaté en marquant 11 buts. Et puis dans le Gard, quelle passion. Là-bas, je suis arrivé enfant et j’en suis parti homme.

 

  • Réalisé par Arnaud Hingray pour Lindépendant.fr

 

Entretien : Counou « accrocher une place Africaine »

Il totalise 18 apparitions sur 26 journées avec  Akwa United 4e en première division nigériane, le défenseur polyvalent Paterne Counou (21 ans) s’est confié à nous. L’ancien du Cifas nous parle de sa vie au Nigéria, son statut en club, les Ecureuils et son mercato. Entretien

 

 

Il y a quelques semaines vous avez affronté MFM de  Giscard Tchato dans un duel bénino-béninois c’est nouveau pour qui êtes à votre troisième saison  dans ce championnat de jouer des compatriotes?

C’était déjà arrivé avec Junior Salomon et Emmanuel Fabiyi. Ce n’est pas si nouveau que ça. Mais ça rajoute une petite motivation en plus. J’étais quand même fier d’affronter d’autres internationaux. A l’aller on s’était imposé 2-0 chez nous c’était une belle opération et je l’avais chambré. Au retour non a fait 0-0. J’étais remplaçant, lui était titulaire. Je suis entré en fin de match.

Vous étiez frustré d’être sur le banc ?

Personne n’est content d’être sur le banc. Dans la semaine j’ai été touché à l’épaule à l’entrainement, le docteur m’a soigné.  Mais le coach ne voulait pas prendre de risque. J’aurais aimé débuter mais bon.

Après un début de saison compliqué, la remontée de votre club au classement a coïncidé avec votre retour dans l’équipe, comment avez-vous vécu cela ?

Ce n’était pas ordinaire pour moi de voir mes coéquipiers jouer sans moi. Je négociais encore mon renouvellement avec la direction du club et cela pris un peu plus de temps que prévu. La saison a débuté avant que qu’on ne tombe d’accord. Ce qui a fait que j’ai manqué quelques matches en début de saison.

Vous vouliez un gros salaire…

Rires. J’avais un statut, je suis vice capitaine. Vous savez comment se passe les négociations il faut être pointu sur tous les points possibles. Et le club avait sollicité par d’autres clubs du championnat qui me voulait. Akwa voulait me prolonger finalement tout est rentré dans l’ordre.

Sur le terrain vous êtes trimbalé à droite et dans l’axe vous n’avez pas une préférence.

Ma polyvalence est un atout pour moi. Je ne suis pas du genre à me plaindre. Je m’adapte très vite entre les deux postes  j’ai mes repères et  je sais m’y prendre. J’ai une préférence pour le poste axial je suis vraiment dans mon élément à ce poste là.

Akwa United est 4e avec un match en retard vous êtes à un point du deuxième El Kanemi Warriors et mercredi prochain vous allez vous déplacez chez Remo Stars, c’est quoi l’objectif de la fin de saison

Accrocher une place africaine, ça serait un vrai dommage si on n’y arrive pas. Il faut être concentré pour aller au bout.   Chaque match est encore plus difficile.  Par exemple Remo Stars joue sa survie même s’ils sont dernier ce sera un match  compliqué.

Revenons sur votre parcours, le Niger puis le Nigéria depuis quatre ans vous êtes parti à l’étranger vous avez le goût de l’aventure ?

C’était l’une des conditions de ce métier, vous ne pouvez pas prétendre faire une carrière professionnelle en partant du Bénin si vous n’êtes pas prêt à voyager. Face à l’instabilité des compétitions locales j’ai vite eu des sollicitations étrangères. Je ne regrette pas ce choix. J’ai beaucoup appris aussi même si ce n’était pas assez facile.

Parlez-nous de votre adaptation au Nigéria…

Il faut avouer  que c’était compliqué. Quand on arrive au Nigéria on se dit que c’est proche du Bénin mais on oublie que le pays est très vaste. Donc on fait beaucoup de déplacement. La barrière linguistique elle est tombée petit à petit en plus je parle couramment le Yoruba, une langue populaire dans le pays. Je me suis fait à la vie à la nigériane.

Et vous êtes devenu un cadre dans votre club?

C’est une marque de confiance. Je l’ai mérité au fil de mes matches, ici on ne te donne rien surtout quand t’es étranger pour t’imposer tu dois  cravacher. Deux ans après mon arrivée je suis devenu vice-capitaine. Le club compte sur moi. Je fais partie des rares anciens. On a gagné la coupe nationale en 2015 et l’aventure continue.

D’ailleurs récemment vous avez décroché la coupe de votre Etat qui vous permet de prétendre au titre national

Oui c’est un bon pas vers le sacre nationale, le parcours est encore long on le connait. On sait comment ca fonctionne. On a célébré mais on reste concentré pour le prochain tour.

Donc  vous allez jouer toute votre vie à Akwa United.

Rires. Mais non je vais finir par découvrir autre chose. Il ne faut pas partir pour partir. Je suis dois aller vers quelque chose de mieux. Mon agent s’occupe de cet aspect.

Un départ prévu pendant ce mercato ?

Rien n’est à exclure. Le calendrier fait que nous sommes encore en plein championnat, on joue mercredi notre 26e journée on  est dans la dernière ligne droite. C’est difficile pour les clubs de laisser partir des joueurs dans cette période même si le marché est ouvert à l’étranger. Si il y une offre concrète sur la table on avisera.

Vous étiez présent à Bamako en septembre 2016 avec du recul comment analysez-vous cet echec ?

Beaucoup de regrets. J’étais triste, abattu , dégouté. On vit avec et on avance. Déjà c’est quelque chose d’énorme d’être convoqué en sélection nationale à mon âge. Comme je n’aime pas avoir de limites je continue mon parcours en club pour mériter d’être convoqué les prochaines fois. On a raté cette Can, j’espère qu’on accrochera le prochain wagon pour la Can 2019.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

Entretien : Kiki « je veux découvrir la Ligue 1 »

Avant de reprendre le chemin de l’entraînement avec son club Niort, David Kiki (23 ans) nous a accordé un entretien exclusif. L’arrière gauche des Ecureuils revient sur sa saison dernière, son match face à la Gambie et parle de son mercato. Entretien.

 

A quelques jours de la reprise après une saison aussi longue en club et en sélection nationale comment on se remet en route ?

La saison été longue, c’est le haut niveau qui demande ça. De toute façon on joue pour jouer autant de matches. Je suis content de ma saison. Tant que je peux continuer à faire beaucoup de matches comme ça dans une saison  moi ça me va.

En début de saison en club, il y avait un nouveau coach, Denis Renaud et de la concurrence au poste d’arrière gauche avec Jonathan Brison venu de Saint Etienne, comment vous arrivez à surmonter tout cela pour terminer titulaire ?

C’est vrai que  quand on change de coach, ils aiment au départ les joueurs expérimentés. Donc Jonathan est un joueur expérimenté qui a joué à Saint Etienne. Pour moi au début c’était compliqué, le coach avait préféré faire jouer Jonathan parce qu’il avait l’expérience. C’est difficile. Quand t’es tout seul c’est compliqué. J’avais ma copine et mes amis autour. Après on continue de travailler sur le terrain montrer au coach qu’on a des choses à montrer.  On se donne après ça paie. Le coach fait tourner l’équipe. Quand on tourne et tu joues tu te donnes à fond. C’est petit à petit que je me suis imposé, j’ai gagné ma place. Franchement c’est difficile de vivre des situations comme ça surtout psychologiquement. Il faut être prêt quand le coach te fait appel parce que ça peut arriver à tout moment.

Quel a été le match du déclic pour  vous. ?

Je pense que le match au Red Star qu’on m’a titularisé et j’ai fais un bon match. Le coach savait déjà de quoi j’étais capable, ce match a plus confirmé.

Vous étiez en fin de contrat en juin mais vous avez prolongé jusqu’en 2019, est ce parce que vous n’avez pas eu mieux où Niort vous a convaincu ?

Je n’ai pas prolongé  parce que je n’avais pas d’offre ailleurs. Le club m’a convaincu qu’il me faisait confiance. Il fallait que je termine la saison avec eux. Niort c’était le premier club qui m’as donné mon contrat pro donc par respect je suis resté. Mais je n’ai pas prolongé parce que je n’avais pas d’offres. J’avais des offres. J’ai préféré continuer à Niort pour la confiance et à la fin de la saison on verra bien ce qui va se passer je n’ai que 23 ans.

Vous êtes un ancien attaquant replacé arrière gauche au fil du temps, quelle est la spécificité de ton poste actuellement  et vos références           ?

Le poste d’arrière gauche maintenant ce n’est plus comme avant où les gars défendent tout le temps.  Quand t’es arrière gauche maintenant ton premier rôle c’est de défendre après il faut apporter aussi  offensivement. Pour atteindre le haut niveau, il faut que je m’améliore dans tous les domaines. Je suis en Ligue 2, c’est parce que je n’ai pas encore atteint tous les niveaux que je suis encore là. Si j’étais exceptionnel je ne serai pas en Ligue 2, ça veut dire que forcement j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, à progresser dans beaucoup de domaines. A voir mes références en Ligue 1, je suis beaucoup Benjamin Mendy de Monaco, Marcelo (Real Madrid)  et David Alaba (Bayern Munich) je m’inspire un peu de ces joueurs là.  Celui qui m’impressionne le plus c’est Marcelo , je  regarde beaucoup de ces résumés pour essayer de faire un peu comme lui mais en sachant que je suis David Kiki et j’ai aussi ma touche personnelle.

Face à la Gambie, le 11 juin dernier avec les Ecureuils vous avez pris beaucoup d’initiatives mais vous avez manqué quelques centres, en club vous seulement délivré deux passes décisives malgré toute votre qualité technique, il y a des progrès à faire…

Déjà le terrain était compliqué à jouer. Donc pour faire les passes décisives, il te faut des attaquants avec qui tu t’entends bien. De toute façon comme j’ai dis il faut que je travaille beaucoup déjà mes  centres à l’entraînement. Je me suis amélioré et il me reste encore  à faire. Je travaille au quotidien pour améliorer mes passes, mes centres toutes mes qualités c’est petit à petit. Il faut aussi de la réussite pour les attaquants devant les buts pour valider tout ce qu’on fait.

Le Bénin a débuté par une victoire, on pourrait  regretter de n’avoir gagné qu’un but à zéro face à un adversaire à sa portée lors du décompte final ?

La victoire est plus importante, on aurait pu marquer beaucoup de buts. Mais on fera les calculs après. Pour gagner au Bénin c’est compliqué. On a eu des occasions on n’a pas été efficace.  Le plus important c’était de bien commencer, pour le reste on verra comment ca va se passer.

Personnellement quand on enchaine deux bonnes saison en Ligue 2, c’est quoi votre prochain objectif ?

Je veux viser haut. Le mercato est ouvert donc on verra bien ce qui va se passer d’ici à la fin. L’objectif il reste toujours le même c’est de jouer en Ligue 1 ou à l’étranger en Angleterre ou Espagne. Pour l’instant je veux bien découvrir la Ligue 1 d’abord avant d’aller à l’étranger.

En 2015-2017 Niort s’est maintenu difficilement puis la saison dernière vous avez assuré votre survie rapidement, il y a du progrès collectif…

Je  pense que le changement de coach à redistribuer les cartes. Chacun se donnait un peu plus. Le club a été intelligent dans le recrutement. Il  y a eu de bonnes recrues. Le nouveau coach a apporté sa nouvelle philosophie, on a un bon groupe qui vivait bien. C’est grâce à tout ça on a fait une bonne saison.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

Inter: Claesen « On ne sait jamais qui va gagner la coupe des Confédérations »

Ancien coach des Dragons et des Tonnerres au Bénin , Daniel Claesen , le technicien belge qui possède une grosse expérience sur le continent Africain s’est confié à Aubay Rolland Zohoun dans un entretien exclusif à voir ci-dessous. Passé par le Cameroun , Claesen nous parle des Champions d’Afrique camerounais qui débutent demain en coupe des Confédérations, de l’académie malienne de l’Etoile du Mandé vainqueur du Tic2f en avril dernier qu’il a dirigé pendant quelques mois et du foot béninois.

 

Entretien : Allagbé « Etre capable de faire mieux »

Après deux jours de stage, le gardien des Ecureuils, Saturnin Allagbé nous a accordé un entretien exclusif, il nous parle de son exercice en club à Niort (Ligue 2 France) et de la prochaine campagne des Ecureuils qui débute dimanche prochain à Cotonou  contre la Gambie.

Alors ça fait du bien de retrouver les Ecureuils même si ça coupe vos vacances…

C’est toujours avec plaisir qu’on arrive en sélection. On a fini en club ça fait un moment en Ligue 2. Je suis déjà habitué à ce genre de stage. Donc ça va.

Aujourd’hui vous avez enchaînez deux séances journalières,  comment se  passe le travail ?

Dans une bonne ambiance. On connait le mode de travail du coach. On se donne à fond, c’est engagé on a envie de faire quelque chose.

Après l’élimination de Bamako comment le groupe revit ?

C’est la seconde fois qu’on se retrouve après ce fameux match. Le groupe a un peu changé avec les jeunes locaux et les nouveaux comme Cédric Hountondji , Olivier Verdon et Moise Adilehou. C’est intéressant on a un bon niveau. On  est au complet avec l’arrivée du capitaine Sèssegnon. On retrouve notre ambiance habituelle petit à petit.

Vous étiez titulaire lors de deux premières journées des qualifications de 2017 ensuite  Fabien Farnolle est passé un numéro, vous vous attendez à jouer dimanche prochain ?

Il  faut être prêt à tout moment quand tu viens en sélection nationale. On se préparer pour jouer. Après le choix revient au coach . Avec Fabien on a une concurrence saine. C’est un ainé qui me conseille, on de bonnes relations. Peu importe qui sera dans les buts,  l’autre sera là pour le soutenir.

Vous avez échoué aux portes des qualifications de la Can 2017, pour cette campagne vous avez un groupe avec l’Algérie, le Togo et la Gambie que vous recevez dimanche, c’est jouable ?

C’est sur le terrain que la vérité se saura. Lors des éliminatoires de 2017, on a été au maximum sauf ce dernier match où on a flanché. Ça nous sert d’expérience. On a fait de bonnes choses il ne faut pas l’oublier et retenir uniquement l’élimination. On a été proches de battre le Mali à Cotonou.  Avec le Togo et l’Algérie ce sont deux pays qui étaient à la Can qui sont en reconstruction avec de gros moyens. La Gambie est présentée comme le “petit ” mais nous on prendra tout le monde avec le même sérieux. Pour sortir de ce groupe et aller au Cameroun nous devons élever notre niveau et ça commence dès dimanche.

Revenons sur votre saison en club, finalement c’est facile de s’imposer en Ligue 2 française ?

(rires) il faut d’abord le faire. Je suis content de ce que j’ai réalisé. Ce n’est que le début.  Il a fallu un temps pour s’adapter, travailler dans l’ombre pour saisir sa chance.  J’ai fais de très bons matches j’en suis fier. Il y en a d’autres où j’ai été moins bon. C’est cela le défi, progresser davantage et franchir d’autres paliers. Etre titulaire en Ligue 2 c’est très bien mais je dois être capable de faire mieux.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Ecureuils : ce qu’on aimerait voir pendant ce  stage

Les Ecureuils débutent cet après-midi leur stage de préparation en vue d’affronter la Gambie dans une semaine pour la première journée des qualifications de la Can Cameroun 2019, à domicile. Après avoir échoué si près de but de lors des qualifications de la Can 2017, le groupe d’Omar Tchomogo  entre dans une phase décisive. Voici  trois choses qu’on aimerait bien voir pendant ce stage de préparation.

 

La remobilisation du groupe

L’élimination de Bamako a laissé des séquelles émotionnelles chez  les joueurs, sur les 23 convoqués  112  étaient dans la capitale malienne en septembre dernier. La charpente de l’équipe va devoir relever  la tête et se remotiver pour cette nouvelle campagne. L’état d’esprit des joueurs sera scruté. Certains comme Khaled Adénon l’homme de base de la défense a manqué l’unique match amical disputé en Mauritanie en mars dernier, Jodel Dossou habituel titulaire est resté sur le banc sans entrer en jeu à Nouakchott, Saturnin Allagbé auteur d’une saison régulière à Niort n’a disputé la moindre minute. Tchomogo devra trouver les mots pour  rassembler et redynamiser l’équipe. Une communion indispensable pour faciliter l’intégration aux néos internationaux que sont Olivier Verdon, Moise Adilehou et Cédric Hountondji qui vont vivre un première à Cotonou. Titulaire et peu convaincant à Nouakchott  où il a été sorti à la mi-temps, Richard Bakary cherche encore ses repères dans le cocon des Ecureuils.  Quand on sait le sélectionneur doit gérer également l’intégration des huit locaux dont six néophytes propulsés en sélection A, l’ancien guingampais  et son staff ont du boulot

La progression dans le travail

En poste depuis juin 2015, Tchomogo peine encore a installé son identité de jeu.  Même si l’équipe a rendu des copies très correctes comme face au Mali en septembre 2015 à domicile (1-1) où face au Sud Soudan en mars 2016, on a du mal à identifier la philosophie de jeu propre au sélectionneur. Après l’échec de son 4-4-2 qui n’a tenu qu’un quart d’heure face au Burkina Faso en novembre 2015 lors du tour préliminaire  des qualifications du Mondial Russie 2018, il s’est rabattu sur son 4-3-3  qui est son système le plus utilisé. Au Sud Soudan en mars 2016, il a mis en place un 4-4-2 en losange avec deux attaquants de pointe qui a été plutôt concluant avec une victoire à l’extérieur et un match assez maitrisé. En mars dernier face à la Mauritanie, le sélectionneur a essayé un nouveau schéma en avec un trio défensif en 3-5-2.  Un système inhabituel dans lequel l’équipe avait peu de ressources. Tchomogo a reconduit le même dispositif avec les A’ il y a quelques semaines contre le Burkina Faso à domicile.  Les choix tactiques du coach seront attendus et sa semaine de travail devrait laisser entrevoir des indices. Mais il est évident que les Ecureuils ont des progrès à faire en terme de jeu dans un groupe où il y deux clients de la taille du Togo et de l’Algérie, élever son niveau de jeu est un minimum si on veut faire mieux que lors de dernières qualifications et effacer le drame de Bamako des têtes. Le capitaine Stéphane Sèssegnon et ses acolytes sont avertis.

Le niveau des locaux

Enfin on s’interroge tous sur le niveau réel des locaux convoqués. Malgré les cinq  matches de préparation internationaux disputés dont quatre le mois dernier ces jeunes, sans championnat,  découvriront le haut niveau international et peuvent être lancé en fonction de la situation. Inconnus du grand public on ne demande qu’à être éblouit. On a déjà vu de belles histoires comme celle de Jocelyn Ahoueya lancé avec réussite en sélection A en 2003 alors qu’il était encore dans le championnat local au Mogas 90. “Kini Kini” avait même été titulaire lors de la Can 2004 en Tunisie. Donner la chance aux jeunes de se frotter aux cadres de la sélection est une manière subtile de préparer l’avenir mais en auront-ils  les moyens ? On ne demande qu’à voir.

Géraud Viwami

Ecureuils : Farnolle sera apte pour la Gambie

Touché au genou, Fabien Farnolle (32 ans) n’a plus foulé de pelouse en club depuis fin mars mais le gardien convoqué en sélection nationale face à la Gambie le 11 juin prochain, contacté par nos soins a donné des précisions sur son état de forme. « Je me sens très bien, j’ai repris avec le groupe. C’est moi-même qui aie opté pour ne pas jouer la fin de saison, pour ne pas revenir trop tôt. Ma blessure me permettait de rejouer les deux derniers matches mais  il n’y avait plus rien à jouer j’ai préféré bien me renforcer, me remettre en forme pour la sélection. Maintenant après c’est le choix du coach. Il y aura une discussion après on verra. Athlétiquement je me sens très bien. »  nous a confié l’ancien bordelais. Il sera donc en mesure de tenir son rôle de numéro un face à la Gambien dans une dizaine de jours.

Géraud Viwami

Entretien : Sogbo « c’est assez incroyable comme résultat »

Attaquant de Gbikinti  (D1 Togo) cette  saison, Joel Sogbo (18 ans) nous accordé un entretien exclusif, l’international béninois nous parle de l’actualité de son ancien club  et de sa carrière.

Comment avez-vous vécu la fin de saison de Gbikinti qui s’est maintenu en première division togolaise lors de la dernière journée en gagnant dimanche dernier 11-0 face à Maranatha ?

De loin !  Ça c’est sure parce que je ne suis plus au club. J’ai été aussi surpris comme tout le monde par le score final. C’est assez incroyable comme résultat. Cela n’arrive pas souvent dans le football.

Est-ce que vous croyez vos anciens coéquipiers avaient les moyens de réaliser une telle performance ?

Rires. C’est une question piège. C’est vrai qu’on était sur une bonne dynamique et on réalisait un bon début de saison.  On était même leader. Après ça a dégringolé avec le changement de coach et tout. Mais honnêtement je n’ai plus trop suivi les matches de l’équipe depuis mon départ. Je m’informe de temps des résultats pas plus. Je ne saurai vraiment juger

Pourquoi avez-vous quitté le club ?

J’avais été sollicité par d’autres clubs. Il faut avouer aussi qu’il y avait des choses à régler avec le club aussi, on était en discussions.  Donc j’ai préféré partir.

Vous avez participé au tournoi de l’Uemoa avec les Ecureuils en novembre dernier à Lomé, comment analysez-vous cette expérience ?

C’est toujours un honneur de porter le maillot national. Mon rêve s’est enfin réalisé. J’étais déjà avec les juniors quelques mois plutôt mais on n’a pas pu jouer les qualifications parce qu’on a été disqualifié. Mais au tournoi de l’Uemoa on avait un bon groupe et je me suis senti bien.

La saison est maintenant terminée, vous avez des pistes pour ce mercato. ?

Je suis patient. Mon agent discute par rapport aux propositions que nous avons eues. Par la grâce de Dieu je trouverai une porte de sortie. Récemment on était en contacts avancés avec des clubs étrangers mais rien n’est encore fait. Il y a d’autres pistes on attend que ça se concrétise.

Entretien réalisé par Géraud Viwami