Entretien : David Kiki  » J’ai déjà eu des contacts et on est en pleins pourparlers »

Après la fin de son aventure avec le Stade Brestois, David Kiki est désormais libre de tout engagement. Le latéral gauche international béninois, âgé de 26 ans, pense déjà à sa prochaine destination. Pour Football365 Afrique, l’ancien des Chamois Niortais se plonge dans son passé avec le Stade Brestois et scrute l’avenir. Entretien.

David Kiki, votre aventure avec le Stade Brestois s’est achevée. Qu’en retenir ?

Ce que je retiens, c’est que j’ai beaucoup appris sur ma personne. J’ai appris aussi sur la vie d’un groupe et j’ai fait de belles rencontres là-bas. Néanmoins, j’ai vécu beaucoup de moments compliqués, mais ça fait partie de la vie d’un footballeur. Toutes ces expériences vont me servir pour la suite de ma carrière même si on ne m’y a pas vraiment donné ma chance.

Avez-vous des regrets par rapport à la saison dernière ?

Bien sûr que j’ai eu des regrets. J’aurais aimé avoir une chance pour faire mes preuves mais je n’ai pas eu cette possibilité. J’avoue que je regrette un peu quand même cela.

Vous êtes désormais libre comme l’air. Quelle sera votre prochaine destination ?

Ma prochaine destination, je ne la connais pas encore. Le mercato vient d’être ouvert et ensemble avec mon agent, nous sommes en train d’étudier des pistes pour bien analyser ce qui sera bien pour moi afin que je puisse jouer et montrer à nouveau ce dont je suis capable. Je suis plus qu’impatient d’exprimer à nouveau mon vrai talent.

Avez-vous déjà eu des contacts en vue de la saison prochaine ?

Oui, oui, j’ai déjà eu des contacts et on est en pleins pourparlers pour opérer un meilleur choix.

Qu’est ce qu’on peut retenir de votre parcours jusqu’à présent ?

De mon parcours, je peux dire que j’ai gravi des échelons, que j’ai beaucoup progressé. Je suis arrivé en France à Belfort. De CFA en National, je suis allé en Ligue 2, aux Chamois Niortais, puis dans l’élite après. J’en déduis que j’ai eu à progresser et que j’ai beaucoup appris aussi. C’est sûr que dans la vie d’un footballeur, il y a des moments difficiles mais ces moments permettent de mieux rebondir et de bien faire son métier. Je n’ai que 26 ans et j’ai donc encore beaucoup d’années devant moi pour apprendre. Tout ce qui m’arrive, je le prends positivement car je sais que ça va me servir pour la suite.

Quels regards portez-vous sur la crise sanitaire qui a chamboulé tous les calendriers liés au football ?

J’avoue que la crise sanitaire de la maladie à coronavirus a bouleversé tous les calendriers dans le monde entier. C’est vrai qu’on ne s’y attendait pas, mais c’est un virus qu’il faut vraiment prendre au sérieux en respectant les gestes barrières. La santé est plus importante que tout, c’est une année particulière.

Où en êtes-vous avec les Écureuils du Bénin ?

On avait un regroupement en mars dernier mais cela n’a pu être effectif et pour cause, le virus était déjà bien présent et dictait sa loi. Là aussi, tout est à l’arrêt et nous n’avons pour l’instant pas idée de quand nous pourrons poursuivre les éliminatoires de la CAN 2021 et débuter celles de la Coupe du monde.

Source : Football365

Entretien : Saturnin Allagbé «Je suis bien en Ligue 2. Mais j’en veux plus encore»

FOOTBALL LIGUE 2 / NIORT CONTRE NANCY / STADE RENE-GAILLARD LE 06/03/2020 / PHOTO PQR LE COURRIER DE L’OUEST BENOIT FELACE / PHOTO DE OWALABI ALLAGBE KASSIFA

En fin de confinement , Saturnin Allagbé (26 ans) a accordé un entretien à nos confrères du journal L’Evenement Précis cette semaine. Le portier des Chamois est revenu sur la fin de saison prématurée en France , ses débuts au Bénin et quelques souvenirs tranchants en équipe nationale. Entretien,

L’Evénement Précis : Comment se passe cette période de coronavirus à votre niveau ?

Saturnin Allagbé : Comme tout le monde, c’est une période inattendue et compliquée. C’était une crise sanitaire mondiale. Avec le confinement j’ai passé beaucoup de temps avec la famille à la maison et ce n’est pas plus mal. J’en ai profité. Aujourd’hui, la vie essaye de reprendre de chaque côté. J’espère que dans les semaines à venir tout ceci sera un lointain et mauvais souvenir.

En France, c’est déjà la fin de la saison. Comment apprécies-tu cette décision ?

C’est déjà acté. On n’y peut rien ! Niort est maintenu en Ligue 2, c’est le plus important en thème d’objectif. Personnellement, je revenais de blessure et je n’ai joué qu’un seul match avant l’arrêt. Ça me fait un peu mal parce que j’envisageais enchaîner les matches sur la fin de saison. Maintenant, c’est mort. Il faut déjà penser à la prochaine saison. Bien préparer la reprise.

Si on doit parler de Saturnin Allagbé, que pensez-vous que le fan béninois doit retenir de lui?

Je suis gardien de but des Chamois Niortais en Ligue 2 française et des Ecureuils du Bénin. J’ai été formé au centre Tanéka et passé également par l’Aspac en première division béninoise. Avec les sélections nationales de mon pays, j’ai disputé une coupe d’Afrique avec les U20 du Bénin en Algérie 2013 et une Can avec les A en Egypte 2019. J’ai été nommé aux trophées UNFP et meilleur joueur des Chamois Niortais en 2019. Voilà de façon brève ce qu’on peut dire. C’est parfois difficile de parler de soi-même. Je laisse souvent les autres le faire. Mais c’est l’essentiel.

Des proches à vous, vous appellent Sofak. Pourquoi ce surnom ?

C’est la somme de mes initiales. Au centre de formation chacun se trouvait un surnom dont j’ai créé un mix avec mes prénoms et noms. Saturnin Owolabi Franck Allagbé Kassifa donc Sofak. C’est resté malgré les années , mes coéquipiers et proches aiment bien m’appeler comme cela.

« En 2009, c’est le coach de l’Aspac Emile Enassouan qui a cru en moi et ma recruté »

 

Racontez-nous d’où est née votre passion pour le football ? Et surtout pour le poste de gardien de but ?

J’ai commencé par jouer dans la rue, au quartier comme tous les jeunes de mon âge. Au début, j’étais un joueur de champ. Et puis, sur un match avec mes amis, on n’avait pas de gardien et comme j’étais le plus grand de taille, je suis devenu gardien du jour et j’ai gardé le poste.
Mais à vrai dire, je pense que je l’avais un peu dans le sang quand même. Parce que mon père a joué à ce poste au niveau communal. Et mon oncle, Charles Ana, fut gardien de but de l’équipe nationale du Bénin.
Sur le terrain après ma reconversion inattendue, j’ai commencé à connaître le poste, m’intéresser de plus près. J’étais et je suis toujours fan d’Edwin Van Der Sar (gardien de but international néerlandais et de Manchester United) même s’il a arrêté. Pour moi c’était un monstre dans les buts. Après il y en a d’autres.

Racontez-nous des anecdotes sur votre formation. Est-ce que tout s’était passé comme vous le vouliez quand vous étiez au centre Taneka ?

C’était des moments inoubliables. On poursuivait tous un rêve, on a vécu trop de choses qui sont encore gravées dans ma tête. Que ce soit pour les matches ou tout ce qui se passaient autour.
Pour l’anecdote, sur le terrain. Je me souviens que nous étions en train de préparer un tournoi U15 qui devait se tenir en France. J’étais le titulaire et l’hors du dernier match de préparation j’encaisse un but. Le coach de l’époque était fâché et m’a remplacé en plein match. Je pensais que c’était juste sur le coup de la colère, mais cela m’a couté aussi le remplacement de mon passeport et je ne suis jamais revenu dans l’équipe qui s’est finalement déplacée en France. A l’époque, j’étais en colère et déçu de n’avoir pas été dans le groupe. Mais aujourd’hui, quand je pense à ça, j’en rigole.
En dehors du terrain, vous savez, on était tous hébergé au dortoir donc chacun avait sa petite réserve de ration de nourriture en plus des mets distribués à la cantine. Moi j’avais souvent du gari dans mon coin et je le fermais à clé. Comme si c’était de l’or parce que j’étais parfois le seul qui en avait et les autres venaient s’approvisionner chez moi (rires).
Aujourd’hui on se rend compte avec du recul qu’on n’avait pas si tant de moyens que cela mais on avait une forte volonté. On rigole de tout ça avec les anciens coéquipiers avec qui je partage un groupe whatsapp où on se rappelle de ces moments.

Votre arrivée au sein de l’Aspac s’est faite comment ? C’était en quelle année ?

En 2009, c’est le coach de l’Aspac Emile Enassouan qui a cru en moi et ma recruté. En ce moment-là, ce n’était pas un choix facile de miser sur un jeune portier. Je le remercie d’ailleurs de m’avoir donné ma chance. Tanéka avait un partenariat avec l’Aspac donc je pense que ça a pesé dans la balance aussi.

Comment vous sentiez-vous en ce moment ?

J’étais content à l’époque. Pour moi, c’était une étape supérieure de jouer en première division. Je quittais le centre de formation, j’allais montrer ce que je valais en compétition. L’Aspac était en train de s’installer en première division et je devais faire mon trou. J’étais motivé par l’enjeu.

Du N°3, vous êtes devenu le N° 1. Cela n’a pas été facile hein ?

Rien n’est facile dans la vie. J’ai été éduqué comme cela. Et au poste de gardien, la hiérarchie est généralement connue et se bouscule très rarement sauf concours de circonstances. J’ai eu la chance sur la saison 2009-2010. Alain Gaspoz, qui était notre coach, a, contre toute attente, instauré un turn over permanent entre les trois gardiens, Mama Karim, Wassiou Salami et moi. Cela m’a permis d’avoir du temps de jeu et de progresser. Au fil des années, j’ai pris ma place. Mais la concurrence était forte. On a été champion du Bénin en 2010 et 2012, et j’ai disputé les matchs des tours préliminaires de la Ligue des champions Africaine avec le club. Franchement, j’ai tout appris avec le club.

Quelques années après vous avez pris la direction de la France. Racontez-nous comment le projet est arrivé ?

Après la Can junior 2013, j’ai eu pas mal de sollicitations en Afrique notamment. Mais j’ai d’abord fait un essai à Bordeaux, la même année et je n’ai pas été conservé. Alors, j’ai repris avec l’Aspac. Un jour, mon agent m’a fait part de l’intérêt d’un club de Ligue 2 où je devais signer une seule saison. Finalement, le club me propose un contrat trois ans avec des objectifs bien clairs. Et c’est ainsi que tout est parti avec Niort.

« Je profite pour remercier encore nos supporters et tout le peuple béninois. Ils nous ont donné une force incroyable. »

 

Et vous devenez à ce jour le seul gardien de but a quitté le championnat béninois pour s’imposer dans un club en Europe…

On ne va pas faire la fine bouche. Je suis fier de mon parcours. J’ai réussi à m’imposer dans la durée. Même si le début n’a pas été du tout facile. J’ai franchi chaque étape. J’ai commencé avec la réserve ensuite N°2 avec l’équipe pro avant de passer N°1. Le poste de gardien de but est très exigeant même quand vous n’êtes pas titulaire. Avec du recul je peux relativiser et être content de mon parcours; mais je ne suis pas minimaliste. J’en veux plus encore. Quand je débutais à Tanéka, si on m’avait dit que je passerai pro dans un club européen, j’aurai signé des deux mains, même si dans ma tête c’était un objectif. Aujourd’hui je suis bien en Ligue 2 et j’ai envie d’aller voir au-delà et repousser mes limites. Écrire encore plus l’histoire et d’abord améliorer mon parcours. Je suis dans un club qui m’a fait confiance dès mon arrivée et qui me permet de progresser chaque saison. Mon entraîneur, Pascal Landais chargé des gardiens à Niort, je lui dois beaucoup, il a toujours été là pour moi.

Révélation béninoise lors de la dernière Can en Égypte, comment vivez-vous ce statut ?

Je vais être honnête, cela a changé ma vie. Mais je suis quelqu’un de posé et discret à la base donc ça contraste un peu. Mais je le vis bien. Les gens me suivent plus sur les réseaux sociaux et j’ai beaucoup de sollicitations. Je ne passe plus inaperçu. Ça fait partie aussi des exigences du métier public que l’on fait. Après, il ne faut pas se prendre pour quelqu’un d’autre et continuer de répondre aux attentes. Passé d’un discret numéro à ce statut, c’est waouh !

Racontez-nous un peu votre CAN. A votre avis, Les Écureuils ne pouvaient-ils pas mieux faire ?

J’étais déjà reconnaissant et heureux d’être parmi les 23. Sincèrement, c’est un rêve qui devenait réalité. J’étais numéro 2. C’était clair dans ma tête. Mais je restais concentré au cas où, en plus j’ai joué le dernier match contre le Togo. Donc, je me suis mis en tête que ça pouvait arriver qu’on me fasse appel. L’équipe partait pour au moins gagner un match. Et puis, au déjeuner du match contre le Cameroun, le coach m’annonce que je vais jouer. Je me prépare et j’ai vécu des moments incroyables sur les trois matches disputés contre le Cameroun, le Maroc et le Sénégal. On a réalisé quelque chose de grand pour un pays modeste comme le Bénin. L’engouement sur les réseaux sociaux nous démontrait déjà l’amour et la motivation du public. Mais quand nous sommes rentrés de l’aéroport au stade de l’amitié, l’accueil était digne des champions d’Afrique.
Je profite pour remercier encore nos supporters et tout le peuple béninois. Ils nous ont donné une force incroyable. On ne serait rien sans eux. Rien qu’à penser à ces moments, j’ai les yeux pleins d’étoiles, et je revois des images avec beaucoup de frissons.

Parlez-nous de votre meilleur moment en tant que footballeur ?

Euh je dirai, le jour de la signature de mon contrat pro. Tout est parti de là. C’est un jour crucial dans ma carrière. C’est un peu comme l’accomplissement, la récompense de tous vos efforts d’amateur ou centre de formation.

Qu’est-ce qui vous a marqué négativement dans votre carrière en équipe nationale qu’en club ?

Euh, en juin 2011, c’était lors des qualifications des Jeux Olympiques de Londres 2012. On disputait l’avant dernier tour contre l’Afrique du Sud. Nous avions gagné le match aller 3-1, à Porto-Novo. J’étais titulaire avec les U23. Et puis deux semaines plus tard, lors du match retour à Johannesburg, j’ai été écarté le jour du match sans explication. Je n’étais même pas sur la feuille de match, j’étais en tribunes. J’avoue que je l’ai mal vécu parce que nous avons perdu 5-1. J’étais frustré même si je n’avais rien contre la concurrence. Et je crois que c’est la manière qui m’a vraiment choqué. Parce que je rêvais des JO. Ça me tenait à cœur. C’est un évènement mondial, c’est un rassemblement de meilleurs sportifs du monde.Quand on était c’était grandiose et le tournoi de foot est très suivi. D’ailleurs je rêve toujours d’en disputer une si l’opportunité se présente dans le futur.

Nous tendons vers la fin de cet entretien. Des conseils aux plus jeunes ?

Si. Je voudrais leur dire ceci. Si vous avez un rêve, battez-vous pour. Travaillez en toute honnêteté. Entourez-vous de bonnes personnes pour le bien de votre carrière. Priez et vous aurez votre chance. Priez que Dieu vous ouvre toujours les bonnes portes.

Pour finir, s’il y a une chose que vous ne souhaitez pas revivre ce serait quoi?
Euh ! Mes deux blessures à la cheville.

Source : L’événement Précis.

Entretien : Jordan Adéoti « Quand on est rentré à Cotonou, on avait l’impression d’avoir gagné la compétition ! »

Dans un entretien accordé à nos confrères français de Maligue2.fr , Jordan Adéoti (31 ans) est revenu sur la fin de son aventure avec Auxerre. Cité parmi les plus gros salaires de la Ligue 2 français, le milieu défensif des Ecureuils annonce qu’il ne prolongera pas son contrat qui expire le 30 juin prochain en Bourgogne, il évoque sa saison compliquée et la Can 2019.

Tout d’abord, comment avez-vous vécu ce confinement et quelle est votre réaction par rapport à l’arrêt des championnats qui a été décrété ?
Je l’ai plutôt bien vécu. On pensait que ça allait être plus dur que cela mais personnellement, je fais partie de ceux qui ont la chance d’avoir une famille bien unie. On a de quoi profiter à la maison, ça nous a rapproché, ça a été une bonne chose pour cela. Mais après, c’est vrai que ça a été difficile d’un point de vue sportif parce que ne pas jouer au foot pendant tout ce temps, c’est compliqué à vivre quand on a l’habitude de ne faire que cela.
Par rapport à l’arrêt des championnats, on s’adapte, c’est un choix du gouvernement d’avoir instauré cet arrêt. Je faisais partie des joueurs qui souhaitaient reprendre, je l’admets. Je me dis que si on reprend les entraînements en juin ou en juillet pour la plupart des groupes, il n’y aura pas de grand avancement au niveau du virus. Est-ce que ça permettra de mieux organiser les choses ? Je pense qu’on est resté 2 mois à l’arrêt, et je ne vois pas ce qu’on va pouvoir trouver de plus dans deux mois comme consignes sanitaires pour pouvoir reprendre dans de meilleures conditions qu’aujourd’hui. On verra bien à l’avenir, la reprise du championnat allemand va déjà donner une réponse de ce qui aurait pu être fait. De ce point de vue là, je me voyais reprendre avec des conditions très particulières, mais je ne voyais pas le but de repousser la reprise de deux mois, car je pense qu’on ne sera pas plus avancés.
Vous arrivez en fin de contrat à l’AJA, est-ce qu’une proposition de prolongation vous a été formulée ?
Non, je n’ai pas eu de proposition. Ça a été une année assez particulière sur le plan personnel à Auxerre. J’ai moins joué cette année, je crois que c’est la saison où j’ai le moins joué depuis que je suis professionnel. J’ai quand même fait de bons matchs quand on a fait appel à moi (6 apparitions en Ligue 2), et j’ai passé une bonne saison sous les ordres de Jean-Marc Furlan. Mais je n’ai pas reçu d’offre de prolongation et je me dirige vers un départ au 30 juin de l’AJA.
Vu la situation actuelle, êtes-vous inquiet de vous retrouver sans contrat dans cette période ?
Malheureusement on ne sait pas, c’est la grande question. D’une part, il y aura sûrement pour les clubs le côté attractif des joueurs libres car il n’y a pas d’indemnité de transfert, donc ça peut présenter un avantage. Mais d’un autre côté, il y a aussi toujours cette inquiétude liée à l’économie des clubs, et peut-être que beaucoup de clubs se tourneront vers leur centre de formation où des divisions comme le N1 ou le N2 pour recruter.
C’est un peu l’inconnu. Moi personnellement quand c’est l’inconnu, je suis à la fois inquiet et optimiste, c’est assez particulier. On verra, en tout cas je suis prêt à répondre à un nouveau challenge et j’espère que j’en aurais un beau qui va se présenter à l’avenir.

« Si je trouve un bon projet de Ligue 2, ce sera un grand plaisir »

Vous donnez votre priorité à la Ligue 2 ?
Je ne priorise pas de championnat particulier. Je suis vraiment ouvert à tout, même des championnats auxquels on ne pense pas forcément aux premiers abords. Ils peuvent se révéler intéressants au niveau sportif, mais aussi pour la vie familiale et expérience de vie, ce sont des choses qui entrent en compte car nous, nous jouons, mais nous emmenons aussi avec nous nos femmes et nos enfants. Il faut aussi quelque chose dans lequel eux puissent se retrouver et se sentir bien.
Je n’ai pas de priorité, je suis ouvert à tout horizon. Après, si je trouve un bon projet de Ligue 2, ce sera un grand plaisir car c’est un championnat que je connais très bien. Je termine sur une note un peu amère avec l’AJA, donc j’aimerais pouvoir rejouer d’une autre manière et en sortir par une autre porte.
Quel bilan tirez-vous de vos trois saisons à l’AJA ? Vous avez été l’un des cadres de l’équipe, capitaine même, alors que cette saison vous avez beaucoup moins joué…
Un bilan mitigé, forcément. J’étais arrivé à Auxerre avec beaucoup d’ambition collective notamment. Je savais que je mettais les pieds chez un grand nom du foot français. Avec tous mes coéquipiers ces dernières années, on avait vraiment envie de remettre le club en Ligue 1. C’était le projet quand je suis arrivé, et on est loin d’avoir réussi, donc c’est une déception. Sur le plan individuel, j’ai connu des hauts et des bas. J’ai eu un peu de difficultés au démarrage, mais ensuite j’ai connu une très bonne période sous l’ère Pablo Correa. Ensuite, ça s’est détérioré avant le départ de Pablo, où j’ai commencé à moins joué quand Cédric Daury a repris l’équipe.
Puis l’été dernier, on m’a demandé expressément de quitter le club, donc c’est forcément une déception quand on passe en quelques semaines de capitaine à “on ne veut plus de vous”. C’est un choix que j’ai difficilement compris car ça ne venait pas du côté humain. J’ai toujours tout donné pour le club, je me suis toujours bien comporté. Sportivement, même si je suis conscient que j’aurais pu mieux faire, j’ai quand même répondu présent quand on a fait appel à moi. Justement, on m’a enlevé à un moment où je répondais présent. Ces 18 derniers mois m’ont un peu surpris mais ça fait partie des choses qui arrivent dans le football. Il faut les accepter et respecter les choix de nos dirigeants, ce sont eux qui décident et ils ont une vue plus globale de leur projet. Il faut l’accepter, mais je n’ai pas forcément compris car je pense que j’avais les qualités pour apporter une plus-value à l’équipe.
Malgré tout, Jean-Marc Furlan a toujours loué votre mentalité au sein du groupe, vous sortez avec une belle image et vous avez tout tenté pour regagner votre place sur le terrain ?
C’est une des qualités que je sais avoir : ne rien lâcher et avoir un état d’esprit irréprochable quelque soit ma situation individuelle. Je l’ai fait naturellement, j’ai essayé de pousser l’équipe comme je le pouvais. Après, j’ai vite vu que quelque soit la qualité des entraînements, ce serait compliqué de gagner du temps de jeu car la hiérarchie était bien établie. Mais malgré tout jusqu’au bout je n’ai pas lâché, et j’ai essayé de répondre présent à l’entraînement et en match.
Je suis frustré car je pense qu’il y avait une belle chose à faire. Le coach Furlan est probablement le meilleur coach que j’ai connu dans ma carrière et j’aurais vraiment voulu apporter quelque chose à son équipe. J’adhérais pleinement à ses principes de jeu et à tout ce qu’il faisait, donc c’en est d’autant plus frustrant.

« Le coach m’avait appelé quand il était à Brest, j’étais persuadé qu’il connaissait mes qualités et qu’il pouvait les faire ressortir »

Avant cette saison galère, vous aviez en revanche connu une CAN 2019 magique avec le Bénin, où vous avez atteint les quarts de finale de la compétition pour la première fois de l’histoire du pays !
C’était exceptionnel, vraiment ! Un souvenir magnifique. C’est ce qui était paradoxal : de passer l’été avec mon meilleur souvenir professionnel et sportif, et enchaîner par une saison qui sera, je l’espère, la plus décevante de ma carrière. Mais je reste sur le superbe souvenir de la CAN, c’était historique. Le pays n’avait jamais franchi les poules, ensuite on a éliminé la grande équipe du Maroc ! C’était exceptionnel. Au niveau des émotions, c’était unique. Quand on est rentré à Cotonou, on avait l’impression d’avoir gagné la compétition ! On a ressenti l’immense fierté de la population et ça nous a rendu encore plus fiers, et c’est à ce moment qu’on a réalisé ce qu’on venait d’accomplir.
Est-ce que le fait d’avoir disputé la CAN et de rentrer tard vous a empêché de trouver un nouveau club alors que l’AJA ne comptait plus trop sur vous, ou vouliez-vous rester pour prouver que vous pouviez gagner votre place ?
J’avais conscience qu’après la saison qu’on venait de faire avec Auxerre (jouer le maintien, ndlr), ce serait compliqué de trouver une solution pour me céder. Surtout, vu que Jean-Marc Furlan m’avait appelé quand il était à Brest, j’étais persuadé qu’il connaissait mes qualités et qu’il pouvait les faire ressortir. J’étais persuadé de pouvoir entrer dans la concurrence et de m’imposer parce que quand j’avais vu le coach en rentrant de la CAN, il m’a dit qu’il n’était pas du tout contre le fait de m’utiliser s’il me voyait performant à l’entraînement.
Après, il a une méthodologie bien particulière, avec des milieux qui fonctionnent par paire. Et c’est vrai que la doublette Bellugou-Touré a très bien marché en préparation et lors des premiers matchs, donc il a décidé de leur faire confiance sur la suite de la saison. C’est quelque chose que je respecte totalement, même si je pense que j’aurais pu amener quelque chose de différent.
Source: Maligue2.fr

Entretien exclusif : Steve Mounié « Nous avions rassemblé un peuple entier, c’était beau. »

La trêve forcée à cause du coronavirus, son début de saison, le football anglais, la Can 2019, son nouveau statut en sélection nationale, David Wagner et le mercato, l’attaquant d’Huddersfield Steve Mounié (25 ans, 23 matches, 8 buts s’est livré sans langue de bois. Après plus  de deux mois sans football, l’attaquant d’Huddersfield nous a accordé un entretien exclusif. Contenu.

 

Qu’est-ce qui vous manque le plus en ce moment ?

Ce qui me manque le plus actuellement c’est ma liberté de voir ma famille, mes amis, voyager. Je pense que c’est la chose qui me manque énormément.  C’est la chose la plus difficile pour tout le monde dans ce confinement. On n’a plus la liberté de faire quoi que ce soit et c’est vraiment compliqué

Quelles sont les dernières informations que vous avez concernant la reprise ?

Nous sommes censés reprendre les entraînements le 18 mai et les matches en juin. Mais cela est toujours en fonction des annonces du gouvernement. Il y a quelques jours, le premier ministre Boris Johnson a fait une annonce et franchement je n’ai pas trop compris. Je n’en sais strictement rien. C’est vraiment pesant. Nous sommes dans le flou entre deux chaises. On attend peut-être quelque chose qui n’arrivera jamais. C’est encore plus difficile.

Avant l’arrêt de la saison le 7 mars, vous étiez sur une série de huit buts sur les neuf derniers matches, après un début de saison compliquée la crise a quasiment coupé votre élan…

C’est vrai que depuis décembre, je revenais. J’ai réussi à marquer pas mal de buts sur une période très courte. J’ai eu la chance d’avoir du temps de jeu et j’ai prouvé que je n’étais pas fait pour le banc de touche. Si on m’utilise, je peux être efficace. J’ai fait mon boulot qui était de marquer des buts. En tant qu’attaquant, je sais que je marquerai toujours. A partir du moment où je suis sur le terrain, je sais que je peux marquer. J’ai été traité d’une certaine façon en début de saison mais j’ai gardé le cap pour montrer ma vraie valeur. C’est dommage que le corona soit venu. J’espérais passer la barre des dix buts avec un ratio but par match incroyable. J’ai mis huit buts en 9 titularisations, c’est déjà bien.

« La Premiere League, c’est le must, même en Championship, notre stade à Huddersfield fait 20 mille spectateurs tous les week-end et ça chante ! »

 

Après deux saisons en Premiere League, comment jugez-vous la Championship…

Les deux saisons en Premiere League étaient exceptionnelles même si la deuxième a été très compliquée. Aussi bien sur le plan mental que collectif et sportivement. Heureusement j’ai eu la Can pour remonter un peu tout cela. Je n’ai pas non plus fait un tournoi exceptionnel. C’est aussi parce que la saison a été compliquée mentalement. Par contre, la première saison était incroyable, le niveau de la PL, on le voit à la télé mais on ne s’en rend pas compte, c’est très élevé. Quand j’arrivais en équipe nationale après, je me sentais plus à l’aise que quand j’étais à Montpellier ou à Nîmes. Cela marque vraiment l’intensité qu’il peut avoir et ça aide pour la sélection. Je dirai que c’est le meilleur championnat du monde. Après la Championship, c’est un ton en dessous. Il y a plus d’espaces, les défenseurs font plus d’erreurs. Il y a plus de facilités à marquer des buts qu’en PL. Des fois en PL, je faisais des matches entier sans avoir tiré une fois au but. J’étais dans une « petite » équipe mais ça pouvait arriver de faire un match sans frapper une seule fois au but. Je n’étais pas le seul attaquant dans ce cas. En Championship, les occasions, elles viennent.

…Et le foot anglais en général après la France ?

C’est un football de passionné, les fans, les stades remplis, ça donne des frissons. Quand on rêve de jouer au foot en étant petit, c’est ce que je vis en Angleterre. Les belles pelouses, les stades pleins, les chants, franchement là même le fait d’en parler j’en ai déjà des frissons. La PL, c’est le must, même en Championship, notre stade à Huddersfield on fait 20 mille spectateurs tous les week-end et ça chante.

D’ailleurs vous avez votre propre chanson auprès des  supporters des Terriers …

Quand ils sentent qu’un joueur se bat pour l’amour du maillot et réalise de bonnes performances, Ils n’hésitent pas à lui faire une chanson personnelle assez rapidement. J’ai eu la chance de bien démarrer à Huddersfield en pré saison ou début de saison pendant la première année, ça a fait que j’ai eu droit à une chanson très vite. Et à chaque fois que je marque un but jusqu’à ce jour ou que dès que je fais une action chaude sur le terrain, j’ai droit à ça. Et je vous assure que c’est des frissons quand j’entends tout le stade qui chante « Olé Olé Mounié ». Franchement c’est incroyable de vivre cette sensation. Je remercie les fans d’Huddersfield pour cela parce qu’ils m’ont fait vivre des frissons sur le terrain. Quand vous l’entendez dans le stade, vous avez envie de vous donner deux fois plus pour l’entendre encore

Et cette chanson a inspiré un rappeur béninois qui a composé un titre à votre honneur …

Tess Ridfa , c’est l’artiste en question. Il a fait cette chanson avec le clip qui va avec  pour la Coupe d’Afrique. Franchement quand j’ai vu le son arriver , je me suis dis : Whaouh ! Merci mon gars. Tu m’as fais honneur. La chanson, elle est top. Franchement, Tess Ridfa , il a géré.  Grand rappeur. Je suis en contact avec lui d’ailleurs , on se parle de temps en temps. Je sais qu’il est jeune, mais il a beaucoup de talents parce que la chanson, les paroles sont bien. Le clip qu’il a monté aussi n’est pas mal. Franchement ça m’a fait grave plaisir. En début de carrière comme ça entendre une chanson à son honneur, une chanson officielle enregistrée c’est un truc de fou ! Après c’est parce qu’on a réalisé quelque chose d’assez exceptionnelle. Cela faisait dix ans qu’on ne s’était pas qualifié pour la Can. C’est un peu comme une reconnaissance, on a vécu un moment historique et cette chanson aussi fait partie de l’histoire.

Vous aurez encore une année de contrat à la fin de saison, on parle d’un retour en France à Lens, après les rumeurs de Reims, Marseille et Nice dernièrement, vous envisagez vraiment un retour dans l’Hexagone ?

Je ne suis pas au courant de toutes ces rumeurs. J’ai vu celle de Lens sur Instagram. C’est mon agent qui gère ça. Après les deux dernières saisons à Huddersfield, c’est un sujet d’actualité. Nous verrons bien avec la crise actuelle, ce qui peut se faire ou pas.

Vous n’étiez pas loin de quitter le club l’été dernier ?

J’ai eu des contacts mais cela ne s’est pas fait pour X et Y raisons. Je suis heureux ici. Il me reste une année de contrat, les choses peuvent vite changer.

Quels clubs étaient intéressés ?

Des clubs de Premiere League et de Bundesliga en Allemagne.

 

« Avoir une fondation, c’est un projet que j’avais en tête depuis tout petit. C’est très important de rendre ce que la vie nous a donné »

 

Alors comment vous meublez vos journées, en cette période ?

Je fais du sport, il faut se maintenir. Je n’ai jamais été aussi bien physiquement. J’ai un summer body, je suis prêt pour la plage (rires).  Tous les jours à 17 heures, pendant le confinement, je jouais à Mario Kart sur Nitendo Swicth avec la famille. C’est un moyen de rester en contact avec eux. J’ai pu m’occuper de différents projets, d’accélérer certaines choses.

En parlant de ça, vous avez lancé votre fondation récemment dans quel but ?

J’ai créé la Fondation Steve Mounié en janvier 2020. Elle a réalisé sa première action en avril. Un don de matériels pour la lutte contre le coronavirus dans trois villes du Nord du Bénin, Parakou, Kouandé et Sinandé. Ce sont les villes dont mes parents sont originaires. C’était important pour moi de faire ce geste. C’est pour montrer que je pense à mes frères et je les soutiens pendant cette crise sanitaire qui touche le monde entier. Si je peux leur apporter un peu d’aide c’est avec grand plaisir. Avoir une fondation, c’est un projet que j’avais en tête depuis tout petit. Je voyais mes idoles, les grands joueurs africains réaliser ce genre de choses. Ils faisaient des fondations qui aidaient à leur façon le développement de leur pays. Je me suis dit un jour j’espère que j’aurai la possibilité de faire cela à mon tour au Bénin et aujourd’hui je peux le faire, je le fais avec plaisir. C’est très important de rendre ce que la vie nous a donné. Le projet va s’étendre sur plusieurs thématiques. D’abord, « L’eau pour tous » ensuite le recyclage des déchets plastiques, la culture. C’est important de promouvoir la culture béninoise à l’étranger mais aussi de la transmettre entre nous. Il faut garder notre identité. Le dernier thème sera consacré au sport. En 2021, on va essayer d’organiser un match de gala sur Parakou. Nous allons inviter des joueurs de l’équipe nationale mais j’espère aussi des amis qui évoluent en Europe et qui voudront bien venir. Ce serait vraiment cool de faire cela et récolter des fonds pour la fondation, réaliser des opérations dans la ville.

Vous semblez très lié à la ville de Parakou où vous êtes d’ailleurs né ?

C’est ma ville natale. Je suis né là-bas, donc forcément jusqu’à ma mort j’aurai un lien avec Parakou. C’est là où mes parents vivent. Mon oncle et grand-mère aussi. Elle y a son hôtel depuis quarante-cinq ans maintenant. Franchement, Parakou c’est toute l’histoire de la famille Mounié. On y est attaché. C’est chez nous. J’ai envie de faire des choses pour ma ville.

« Dans les tribunes, je vous jure que je n’ai même pas stressé, comme si je savais qu’on allait passer contre le Maroc »

 

Quand on vous dit Can Egypte 2019, vous pensez à quoi ?

Je pense à des moments inoubliables. C’était énorme. Nous avions réalisé quelque chose d’exceptionnelle. Même si je n’ai pas participé au match contre le Maroc, je me souviendrai toute ma vie de ça. Arriver en quarts de finale, on ne se rend pas compte mais nous avions réalisé quelque chose de dingue. Cela restera à jamais dans nos mémoires et celles des béninois aussi.  Nous avions rassemblé un peuple entier. C’était beau. J’ai encore des images qui défilent dans ma tête, des moments de joie quand nous sommes rentrés à Cotonou. C’était vraiment exceptionnel de voir tout le Bénin ensemble derrière nous, la patrie, l’amour du maillot. J’espère qu’on pourra refaire de telles performances pour revivre des moments pareils.

Comment avez-vous vécu ce match contre le Maroc en tribunes puisque vous étiez suspendu ?

Franchement sur ce match, je n’ai eu aucun stress bizarrement. Même sur le pénalty de Ziyech en fin de partie. Dans les tribunes, je vous jure que je n’ai même pas stressé, comme si je savais qu’on allait passer. C’était incroyable. Après c’était un peu dur parce que je n’ai pas pu aller dans le vestiaire comme j’étais suspendu. Je n’ai même pas pu être dans le vestiaire pour célébrer la victoire. Je devais attendre dehors sur le parking où on prenait notre bus. C’était vraiment difficile parce que je n’étais pas de la partie.  Sinon après c’était une joie immense, quand Mama Seibou a marqué le penalty de la qualification. C’était exceptionnel. Et Saturnin Allagbé qui nous a sorti des arrêts incroyables. C’était beau à vivre.

Depuis votre première sélection en 2015, votre statut a vraiment évolué chez les Ecureuils , maintenant vous êtes le choix numéro un au poste de numéro 9…

Je suis juste un joueur, un peu plus expérimenté, il y a des jeunes qui sont arrivés aussi. Je suis l’attaquant, je suis là pour marquer des buts, parfois me sacrifier pour l’équipe comme je l’ai fait à la Can. Mon rôle est simple parce que nous avons encore nos cadres qui sont là. Sèssegnon, Poté, Farnolle et Adénon, ils sont là pour nous montrer la voie.

Une dernière pour la route Wagner il attend quoi pour vous passer un coup fil pour débarquer à Schalke 04.

(Rires) Wagner est un grand coach, j’espère qu’un jour, je pourrai retravailler avec lui. Il m’a vraiment appris beaucoup de choses. Il a une idée du football différente de ce que j’avais pu voir avant. C’était ce que j’étais venu chercher en signant pour lui en 2017.  C’est pour lui que j’ai signé, son discours, la façon dont il voulait me faire jouer. Je sentais que j’allais progresser avec lui et ça été le cas. Même au plan statistique cela ne s’est pas vu aux yeux du monde je sais très bien que j’ai bien progressé. Wagner est un grand homme et si un jour il veut me reprendre ce sera avec plaisir.

Entretien réalisé par Géraud Viwami entre Lyon (France) et Huddersfield (Angleterre)

Angleterre : Mounié « Sèssegnon, c’est le meilleur joueur avec lequel j’ai joué »

En cette période de confinement , les internationaux livrent des petits secrets. Dans un entretien accordé au site web de son club , qui lui a demandé de composer une équipe de  cinq joueurs , Steve Mounié, l’attaquant d’Huddersfield (24 ans) a désigné , Stéphane Sèssegnon (35 ans) dans sa sélection avec des commentaires élogieux à l’endroit du capitaine des Ecureuils. « J’ai joué avec lui à Montpellier et en équipe nationale. C’est le meilleur joueur avec lequel j’ai jamais  joué. Il a le mental.  Sa capacité à garder le ballon et créer des occasions. Il a les qualités pour changer un match tout seul. Il est incroyable. Il n’a peut-être pas eu la carrière qu’il mérite »

Victorino Hilton (Montpellier) , Ellyès Skhiri (Cologne) , Renaud Ripart (Nîmes) et Karlan Grant , complète le reste des choix du natif de Parakou.

Géraud Viwami 

Envoyé spécial : Seidou Barazé « le foot , c’est notre boulot mais la santé passe avant tout »

Il devrait être entrain de se produire contre Lille à l’heure où nous étions entrain d’enregistrer cet entretien, dans les travées du stade d’Aar, Seidou Barazé (29 ans) et le Fc Schiltigheim se sont pliés à la décision de la Fédération Française de football du 12 mars dernier de suspendre toutes les activités en compétitions comme entraînements des clubs en France. Le défenseur international béninois  nous a accordé un entretien exclusif dans ce contexte particulier  où il parle de la crise sanitaire, son club, la Can 2019 et la vie sans le foot.

 

Le terrain vous manque déjà suite à la suspension de toutes les compétitions , décidée il y a quelques jours à cause de la propagation du Coronavirus?

Evidemment ! J’ai envie de jouer, d’enchaîner les matches. Mais une décision a été prise pour le bien de tous. Le club nous a annoncé qu’on avait dix jours de repos sans entraînement collectif mais chaque joueur a reçu un programme personnel à suivre pendant cette période. Je suis le mien et on  verra dans les semaines à venir.

Tous les championnats sont suspendus en Europe, l’heure est grave…  

C’est un peu flippant quand même. La menace est réelle. Le foot c’est une passion, notre boulot mais il y a des enjeux plus importants. La santé passe avant tout. On ne va pas se mentir, on a envie de jouer, les gens ont envie de venir au stade mais il  y a trop de risques.

La Caf aussi a annoncé le report des qualifications de la Can Cameroun 2021 alors que vous étiez pressenti pour effectuer votre retour chez les Ecureuils ?

Avec les Ecureuils on a des échéances importantes à venir dans les qualifications. La Caf a décidé de ne pas prendre de risques surtout pour les joueurs qui arrivent d’Europe comme nous. C’est plutôt logique. Mais dommage pour nos supporters qui espéraient nous voir bientôt.

 

En parlant justement de club, le retour de Can a été compliqué pour vous ?

Pas vraiment. Avant et pendant la Can j’avais des touches assez avancées en France et des offres dans le golf. J’ai eu des discussions avec mon ancien agent de l’époque mais rien ne s’est fait. C’est le mercato , on ne décide pas de tout. Aujourd’hui, je peux avoir des regrets mais cela ne servira à rien. J’ai changé de main.J’étais toujours avec Moulins, mon ancien club,  jusqu’à la trêve. Depuis janvier, ça va beaucoup mieux. J’ai retrouvé un bon groupe, la compétition à Schiltigheim. Nous sommes en plus sur une bonne dynamique, avec trois victoires sur  les quatre derniers matches. On est bien remonté en milieu de tableau. Il faut bien finir la saison et  j’espère retrouver un bon challenge dans les mois à venir.

« Il faut être sur le terrain pour comprendre ce que l’on ressent. »

Vous avez vécu une première Can en Egypte l’été dernier, c’était une grosse expérience ?

(Il reste silencieux, les yeux émotionnés)  c’est une sensation indescriptible. Etre sélectionné, ensuite quand vous sortez du tunnel, entendre l’hymne national… Il faut être sur le terrain pour comprendre ce que l’on ressent. Rien qu’à y repenser, je frissonne encore.  C’est un rêve de gosse qui se concrétise. On a vécu une aventure incroyable avec un public formidable. J’ai disputé de gros matches contre le Ghana, le Cameroun et le Sénégal, c’était de gros clients et on a été performant. C’est sans doute le meilleur souvenir de ma carrière jusqu’ici.

Contre le Maroc en huitièmes, vous étiez absent, comment avez-vous  vécu ce match devenu historique de loin ?

J’étais blessé au tendon d’Achille. Je me disais que j’allais manquer le match le plus important. J’étais  dans les tribunes avec Steve Mounié qui était suspendu. Les pieds me grattaient.  Puis il y cette séance de tirs aux buts. Je chambrais des marocains assis à coté de moi. Quand, Saturnin Allagbé arrête le tir d’En Nesry , je ne tenais plus , je suis descendu dans le tunnel au bord du terrain.

Et quand Mama Seibou marque le tir gagnant ?

Je voulais monter sur le terrain pour célébrer mais j’ai été bloqué par le commissaire au match qui pensait que j’étais suspendu. Ensuite ils ont vérifié et m’ont laissé passer, c’était la folie…

« la région sent le foot »

Sinon, la vie en Alsace ?

C’est plutôt une ville tranquille. Il y a de la vie. Les gens aiment le foot. Sur nos matches à domicile cela se voit. Schiltigheim est connu pour ses bons parcours en coupe de France notamment, même l’année dernière, ils ont été jusqu’en  trente – deuxième de finale avant de se faire éliminer par Dijon. En plus, Strasbourg, le rival  est en Ligue 1, la région sent le foot. Comme vous le voyez tout se passe bien.

Alors sans le foot dans les jours à venir, vous allez faire quoi ?

(Rires) dormir. Il y a les entraînements personnels à faire. Je suis plutôt du genre à rester à la maison. Je vais regarder de nouvelles séries, comme il n’y aura pas non plus de foot à la télé. Je suis fan de NBA mais eux aussi sont suspendus. Ce sera un peu chaud quand même.

Un dernier selfie pour la route…

Entretien réalisé à Schiltigheim (France) par  Géraud Viwami

 

Envoyé Spécial : Entretien avec David Djigla « Le huitième de finale contre le Maroc , il fallait le vivre  » « 

L’ailier international béninois, David Djigla (24 ans, 10 matches , 2 passes décisives en Ligue en 2019-2020 ) nous a accordé un entretien exclusif à Niort  au lendemain du match nul des Chamois face à Nancy en fin de semaine dernière. Le numéro 7 s’est confié sur ses difficultés physiques, Bordeaux , la situation de son club en Ligue 2 , la CAN 2019 , les Ecureuils et ses ambitions personnelles.

Entretien  réalisé en compagnie de notre rédaction en chef , Géraud Viwami , à voir en exclusivité sur le lien ci-dessous.

Entretien : Fabrice Hounkpè « sur le terrain il n’y a plus de petit »

Six mois après ses débuts en Europe, le prometteur gaucher Fabrice Hounkpè (18 ans) pensionnaire de Tallina Kalev en première division estonienne nous accordé un entretien exclusif sur sa première expérience sur le Vieux Continent. Entretien.

 

Vous êtes élu joueur du mois d’octobre vous terminez très fort votre saison pour une première ?

Oui, c’est grâce aux efforts puisque j’étais revenu d’une blessure et quand on sait d’où on vient on ne doit jamais baisser les bras.

Alors vos premières impressions sur ce début d’expérience en Europe ?

J’ai compris qu’ici en Europe qu’avec le travail et la détermination tu t’en sortiras et surtout avoir un mental de fer.

Qu’est ce qui vous a marqué dès votre arrivée en Estonie ?

Ce qui m’a marqué et m’a même surpris c’est l’intensité du championnat. Quand j’étais au centre de formation, je me disais qu’une fois venu en Europe, j’aurai un jeu doux pas trop physique comme ce que je voyais à la télé. Ici ça a été le contraire, ce que je dis c’est seulement celui qui est monté sur le terrain qui comprendra.

Après avoir débuté avec les U21 vous avez progressivement été lancé en équipe première avec assez de réussite, cela veut dire que l’adaptation n’a pas été facile pour vous ?

L’adaptation n’a pas été facile mais j’ai essayé de voir les vidéos des matchs antérieurs du club pour savoir comment jouait l’équipe et ça m’a beaucoup aidé. Je suis aussi très attentif aux consignes du coach.

Vous avez des modèles de joueurs qui vous inspirent ?

Mon idole c’est Messi, mais je ne peux pas le suivre puisqu’il fait des choses hors du commun donc je suis plus Blaise Matuidi, Florian Thauvin et Thomas Lemar. Je regarde leurs déplacements sur le terrain à chaque match et ça m’aide beaucoup.

Quels sont vos objectifs personnels ou quel type de carrière est-ce que vous voyez faire ?

Mon objectif c’est de jouer dans les plus grands clubs ici en Europe. Jouer l’Europa League, la Champions League. Je sais que rien n’est impossible dans la vie donc je vais continuer à travailler dur chaque jour et par l’aide de Dieu mes rêves deviendront réalités.

Il y a quelques mois vous étiez encore pensionnaire d’Alodo Academy et puis maintenant vous êtes professionnel en Estonie, c’était un grand saut pour un jeune comme vous ?

Oui évidemment comme me l’ont toujours dit mes coachs au centre « le football va très vite ».Tout ça c’est grâce au travail quotidien. Comme je l’ai dit à mes coéquipiers ici a Kalev tu peux m’appeler jeune ou petit hors du terrain, mais sur le terrain il n’y a plus de petit.

Alors, à quoi ressemble une journée pour vous à Tallinn ?

Rire….Une journée à Tallinn je prends un « day off » (ndlr : jour de repos) par exemple, je me réveille à 10h, petit déjeuner après salle de gym ou natation à la piscine, Le soir je fais un bon repas à la béninoise, Après j’apprends un peu l’anglais avec des livres et à 22h au lit.

Vous serez encore pensionnaire de votre club la saison prochaine, vous vous êtes déjà fixé des objectifs ?

Pour la saison prochaine je ferai tout pour finir meilleur buteur, passeur de mon club pourquoi pas du championnat, même si on ne marque pas beaucoup. Je ferai tout pour finir meilleur Joueur de mon club.

Entretien réalisé par Géraud Viwami 

 

Entretien : Emmanuel Imorou « Tu sentais que les gens étaient fiers de nous »

Passé de joueur titulaire en Ligue 1 (71 matches en première division) avec le Stade Malherbe de Caen à quelques mois de chômage, entrecoupés d’un quart de finale de la CAN avec le Bénin, Emmanuel Imorou (31 ans) joue désormais en Régional 1 avec Thonon Evian Grand Genève FC. Pour Foot Mercato, le latéral gauche nous a parlé du monde amateur et de sa possible après-carrière. Entretien.

Foot Mercato : vous êtes passé d’un quart de finale de la CAN avec le Bénin à quelques mois au chômage, comment avez-vous vécu la situation ?

Emmanuel Imorou : je m’y attendais plus ou moins. J’avais quand même conscience que je n’allais pas crouler sous les offres, mais je ne pensais pas que ça allait être à ce point. Après la Coupe d’Afrique des Nations, je pensais trouver un projet qui allait me correspondre, mais ça n’a pas été le cas. Je n’ai pas eu la proposition qui m’a plu tout simplement. Forcément, j’ai eu des moments où c’était pénible, il y a eu des longueurs, mais il faut relativiser. Même si je n’ai pas trouvé ce que je cherchais, je ne regrette en rien les offres que j’ai refusées et je suis heureux d’être ici (NB : Evian).

FM : quel était le projet que vous attendiez ?

EM : je savais que ça allait être très compliqué de trouver un projet en Ligue 1 même si honnêtement j’aurais au moins pu être une doublure dans un club de première division. J’aurais aimé un projet dans un bon club de Ligue 2 (NB : il compte 98 matches en Ligue 2). Je n’avais pas envie d’aller en dessous de la Ligue 2 c’était clair et net. J’ai eu deux offres à l’étranger (Ferencvárosi et Atromitos), mais ça ne me branchait pas. Je voulais être sûr d’être dans un projet où tous les aspects étaient réunis et ce n’était pas le cas. C’est à dire sportif, familial et salarial. À savoir d’être payé en temps et en heure, de jouer dans un championnat où je prends du plaisir, l’école pour les enfants, je n’étais pas sur de tout cela. Ma priorité était de rester en France pour ses différents aspects, mais j’aurais bien pu aller à l’étranger s’ils avaient été réunis, mais ce ne fut pas le cas.

FM : pourquoi avoir choisi Thonon Evian (Thonon Évian Grand Genève FC) si tu ne voulais pas descendre plus bas que la Ligue 2 ?

EM : je ne voulais pas jouer en National 1. C’est un championnat où j’ai joué pendant une année et il ne correspond pas à mes attentes. Quand tu évolues en National 1, tu as un peu le cul entre deux chaises. T’es entre le monde pro et le monde amateur. Le niveau n’est pas fou et les clubs sont souvent dans des situations financières difficiles. Il y a de nombreux déplacements sauf que tu n’as plus les droits télés, les stades ne sont pas vraiment remplis. Ce n’est pas très excitant. Je n’aurais pas pu signer dans n’importe quel club de Régional 1. Le Projet de Thonon Evian est concret et contrairement à beaucoup de clubs, le leur est réel. Il y a un investisseur qui a mis des moyens, qui a une académie. On le voit même dans les joueurs qui sont avec nous, il y en a pas mal qui ont eu des contrats professionnels, d’autres comme moi ont déjà eu des carrières (Alexis Thébaux, ex-Caen et Brest). Ce n’est pas pour rien que je suis ici. Les conditions d’entraînements sont très bonnes et en National 1 je n’aurais pas eu tout ça.

FM : quels sont les objectifs à court et long terme avec Thonon Evian ?

EM : à court terme, c’est de monter avec le club. On a la meilleure équipe du championnat après ce n’est pas pour autant que les matches sont faciles, bien au contraire (Thonon Evian est 4eme sur 14 à 5 points du leader). Les mecs d’en face ne sont pas des peintres contrairement à ce qu’on peut croire. Les équipes que l’on affronte sont très regroupées derrière. Ce n’est pas évident de jouer contre ce genre d’équipes, car il y a peu d’espaces. En revanche, il y a des équipes qui jouent comme la réserve de Bourg-en-Bresse. C’était plus facile pour nous malgré leur bon classement en championnat (victoire 4-0). C’est assez paradoxal. La réserve de Grenoble a pris pas mal d’avance, mais ce n’est pas fini.

Sur le long terme, l’objectif est de monter chaque année au moins jusqu’en National 1 (3eme division française). J’ai envie de m’inscrire dans la durée avec Evian. Si tout se passe bien, je suis là pour la durée. J’ai signé un an, mais on a un accord sur trois ans. L’avantage c’est que je connais bien les hommes du club comme Patrick Trotignon (président) et Olivier Chavanon (directeur sportif). Il y a une relation de confiance entre nous, on fera le point chaque année pour voir si on a toujours les mêmes objectifs.

FM : la présence de Patrick Trotignon (président d’Evian) a-t-il été un argument pour rejoindre Evian ?

EM : oui, c’est lui qui m’avait fait signer mon premier contrat pro à Châteauroux. La première personne qui m’a contacté c’est Bryan Bergougnoux (ancien joueur du club, aujourd’hui coach des U18) puis le directeur sportif et le président Trotignon. Ils m’ont bien vendu le projet. Je suis venu sur place pour voir ce qu’il en était réellement. Souvent, les clubs font les beaux parleurs pour faire signer les joueurs, mais ici je n’ai pas senti de pression. Ils m’ont laissé venir voir pour me faire mon propre avis en me vendant les points forts de leur projet bien sûr. J’avais besoin de temps pour prendre ma décision et ils l’ont respecté.

FM : le niveau est-il bon en Régional 1 (6eme division en France) ?

EM : je savais en signant ici, qu’on n’allait pas gagner 9-0 à tous les matches parce que le football est un sport universel, n’importe quelle équipe avec une tactique peut tenir un score. Les joueurs de cette division savent jouer au football. Ce n’est pas le boucher du coin qui vient faire son match du dimanche. Dans la région lyonnaise, le vivier de joueur est important et très intéressant. Je m’étais préparé à ce niveau. Intrinsèquement, on est meilleur que les autres équipes, c’est une certitude, mais ce n’est pas pour autant que les matches sont faciles. Aujourd’hui, il y a moins d’écart entre un très bon joueur de National 3 et un joueur moyen de Ligue 2. De nos jours, tout le monde sait jouer au football et il y a plein de mecs qui jouent en amateur et qui sont passés à côté d’une carrière sur un petit détail. Comme des joueurs pros qui auraient pu jouer en amateur sans certains éléments. Je ne suis pas surpris positivement par le niveau, car je savais qu’il y avait de bons joueurs. Ce qui est difficile c’est plutôt la qualité des terrains sur lesquels on joue les week-ends.

FM : quelle est la grande différence entre le foot amateur et le foot pro ?

EM : l’avantage de jouer à Evian, c’est que je ne ressens pas la différence entre le monde pro et le monde amateur en termes d’infrastructures. Le centre d’entraînement est top, c’est l’ancien de l’ETG. L’investisseur a mis les moyens pour qu’on s’entraîne dans de bonnes conditions. Il y a deux nouveaux terrains qui sont en train d’être finis notamment. Juste le week-end, les terrains ce n’est pas ça. Récemment, on a joué un match de Coupe de France et le terrain était catastrophique. On joue sur de la boue et le ballon n’est pas maîtrisable. Il y a beaucoup de faux rebonds et les appuis ne sont vraiment pas bons et malheureusement cela dégrade le niveau. Parfois il y a également des choses sur les arbitres qui ne sont pas évidents. On a l’impression qu’ils sont plus là pour être respecté que de remplir leur rôle d’arbitre. Sur certaines décisions, j’ai l’impression qu’il n’y a pas forcément beaucoup de cohérence. Une fois il va siffler et une autre fois il ne va pas siffler. À certains moments, les décisions sont incompréhensibles. En Ligue 1, il y avait très peu de dialogue avec l’arbitre, ici il est inexistant. Le problème avec eux, c’est qu’on ne peut pas discuter. Si on parle avec un arbitre, on a l’impression d’insulter toute sa génération donc ce n’est pas évident. Le problème de l’arbitrage global, c’est qu’on ne peut pas échanger avec eux. Par exemple, ce serait très intéressant de les voir s’exprimer à la presse après un match, ça les humaniserait un peu plus. Pourquoi pas leur donner des micros comme au rugby, mais certains arbitres parleraient sûrement autrement je pense. Ce n’est pas que de leur faute, mais c’est dommage.

FM : est-ce possible de vous revoir dans un club pro à l’avenir ?

EM : rien n’est impossible. En étant réaliste, je m’imagine mal trouver un projet qui me correspond après une année en Régional 1 alors que cet été je sortais d’une saison en Ligue 1 et un quart de finale de CAN avec le Bénin. J’ai 31 ans, ça veut dire que le club qui me prendrait ne pourrait pas faire une plus-value en me revendant. Je n’accepterais pas non plus d’avoir un contrat comme si j’étais un jeune qui débute. Je ne signerais pas un contrat juste pour avoir le statut pro. Si j’ai un contrat dans un club, c’est parce qu’on me respecte et que je suis désiré. Cet été, Valenciennes et le Paris FC recherchaient un latéral gauche, mais je ne leur convenais pas. Ce sont des choix sportifs et économiques c’est compréhensible. Latéral gauche n’est pas le poste le plus important dans une équipe. C’est compliqué, mais la porte n’est pas fermée de mon côté pour un retour dans le monde pro. Actuellement, je suis bien et je ne regrette pas mon choix d’avoir rejoint Thonon Evian.

FM : que pensez-vous du choix de carrière de votre ami Nicolas Benezet, qui a rejoint la MLS en juillet dernier ?

EM : c’est top pour lui. À Guingamp la situation était compliquée pour lui. Il découvre un nouveau championnat, un nouveau mode de vie. L’approche du sport est différente aux États-Unis. Il est allé en finale de MLS (perdu face à Seattle Sounders 1-3) avec son nouveau club (Toronto FC) donc ce n’est pas rien. Les infrastructures sont extraordinaires. Il vit une aventure magnifique donc c’est super.

FM : jouer aux États-Unis vous intéresserez ? Si oui avez-vous eu des offres durant votre carrière pour y jouer ?

EM : je n’ai jamais reçu d’offres, mais j’aurais aimé jouer là-bas oui. La porte est toujours ouverte même si ça risque d’être plus compliqué désormais.

FM : pourquoi avez-vous quitté le Stade Malherbe de Caen ? Avez-vous reçu une offre de prolongation de la part des dirigeants ?

EM : à la fin de saison dernière, j’ai eu un entretien avec le président Gilles Sergent et Yohann Eudeline (directeur sportif). On avait discuté et j’avais exposé mon envie de rester, c’était ma priorité. Ils attendaient d’avoir le nouveau coach pour prendre une décision. Quelques jours après, ils ont appelé mon agent pour lui dire qu’ils allaient me faire une proposition pour prolonger. Malheureusement, elle n’est jamais arrivée. Quand Rui Almeida a signé, ils m’ont appelé pour m’annoncer que le coach ne voulait pas me garder. C’était ma priorité de rester à Caen malgré la descente en Ligue 2. J’étais là-bas depuis 2014, j’ai acheté une maison et ma famille se sentait bien en Normandie. C’est un club que j’apprécie. Je suis encore en contact avec beaucoup de personnes au club et j’avais une bonne relation avec les supporters, le staff et de nombreux joueurs. C’était une rupture, mais c’est comme ça. Le monde du foot est difficile et on ne fait pas toujours ce que l’on veut. Le Stade Malherbe de Caen reste un club particulier pour moi.

FM : vous n’êtes pas déçu d’avoir reçu aucune offre, sachant que le coach est parti quelques semaines après le début de saison (fin septembre 2019) ?

EM : non pas du tout. Tout simplement parce que Pascal Dupraz (actuel entraîneur du Stade Malherbe de Caen) n’aurait peut-être pas voulu de moi. Je ne vis pas dans le passé et avec de la rancune. Quand tu commences une carrière de footballeur, tu es soumis à ce genre de situation. Quand un contrat arrive à échéance et que la personne qui décide ne veut pas de toi, tu subis et tu ne peux rien y faire. J’ai accepté la situation depuis longtemps. Ça marque une fin, mais ce n’est pas la fin du monde. Je ne garde aucune amertume, quand il y a les matches de Caen, je suis devant la télé à les encourager et je suis leur premier supporter.

FM : que retenez-vous de cette aventure en Normandie ?

EM : beaucoup de choses. J’y ai découvert la Ligue 1. Quand je repense au jeune pro que j’étais à mes débuts, il n’aurait jamais pensé jouer en Ligue 1. Ce n’était même pas un objectif, tellement ça me paraissait inaccessible. J’ai vécu des moments extraordinaires avec Caen, notamment la première saison où on est dernier à la trêve et on fait une deuxième partie de saison de fou. On fait une incroyable année civile 2015 (4eme). Il y a également les deux matches au Parc des Princes où on fait deux nuls (2-2, 1-1), dont notamment le match du maintien à la dernière minute en 2016/2017. Il y a aussi la victoire contre Lyon qui jouait le titre cette année-là, qu’on bat 3-0 à domicile ou encore les deux victoires au Vélodrome face à l’OM. J’ai rencontré des partenaires extraordinaires qui sont désormais des amis. Même s’il y a des blessures et des moments où j’ai moins joué, ça fait partie du métier. L’expérience globale était top.

FM : le Bénin en quart de finale d’une CAN c’est historique, vous éliminez le Maroc pourtant l’un des favoris et vous tenez tête au Sénégal de Sadio Mané, cela doit être une fierté pour vous ?

EM : le Bénin compte 4 participations à la CAN, donc un quart de finale c’est incroyable ! On a joué le Ghana, le Cameroun et le Maroc sans perdre une seule fois, c’était fou. On est aussi les derniers à avoir battu l’Algérie, ce qui n’est pas rien. On sent désormais qu’on n’a plus le même statut. On a changé de chapeau pour le tirage des éliminatoires par exemple. Le Bénin n’est plus la petite nation que l’on va battre facilement. On avance positivement, les personnes du staff, le coach et le président font les choses de manière à faire progresser le Bénin. Tout le monde tire dans le même sens même si tout n’est pas parfait. On prend tous du plaisir à venir en sélection et à se revoir durant les trêves.

Manu Imorou

@Manuimorou

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FM : comment avez-vous été reçu au pays après ce quart de finale à la CAN ?

EM : les rues étaient blindées, c’était fou. C’est dur de le décrire tellement c’était incroyable. Tu sentais que les gens étaient fiers de nous. Ils étaient fiers de leur pays et du coup nous aussi on était fier de voir ses gens fiers de nous (rires). Pour un petit pays comme le nôtre, c’était historique d’atteindre ces quarts de la CAN.

Manu Imorou

@Manuimorou

C’est incroyable 😭😭 Ça devient sérieux cette connerie là. Quart de finale putain

FM : quel est votre rôle au sein de l’équipe ?

EM : je suis un des plus anciens dans l’équipe avec Stéphane Sessegnon, Mickaël Poté et Khaled Adenon. Je fais partie de l’équipe depuis fin 2009 et la CAN 2010. Je ne suis pas un leader d’équipe et je n’en serais jamais un, je pense, ça ne reflète pas ma personnalité. Je n’ai pas envie d’être au centre de l’équipe. Mon rôle est comme celui d’un joueur lambda de sélection. Après, je peux me permettre d’apporter mes conseils au vu de mon expérience à titre individuel. Sur le plan collectif, je ne suis pas un leader.

FM : malgré le fait que vous jouez en R1, le sélectionneur Michel Dussuyer vous a quand même rappelé lors du dernier rassemblement, il compte sur vous ?

EM : avant de signer à Thonon Evian, je l’ai appelé pour discuter avec lui de mon choix, même si cela n’aurait pas changé ma décision. Je voulais lui expliquer mon point de vue et pour avoir le sien. Il a été embêté par mon choix de rejoindre Evian et ça l’embête toujours autant aujourd’hui. Pour reprendre ses mots « il perd un des ses cadres » en termes de niveau de compétition. Je lui ai assuré que j’étais entouré de joueurs qui avaient un beau niveau, même si le week-end je ne joue pas en Ligue 1 ou Ligue 2. Parfois quand je jouais à Caen et que je n’étais pas dans le groupe pour disputer un match, j’allais jouer en réserve et pourtant j’étais quand même sélectionné avec le Bénin. C’est pour moi la même chose aujourd’hui. Lors du dernier rassemblement, j’ai joué ça prouve qu’il a toujours confiance en moi. Après je ne suis pas fou, je sais que demain s’il y a un joueur meilleur qui joue dans une division au-dessus de moi, j’ai conscience que ce sera plus compliqué à ce moment-là d’aller en sélection. Aujourd’hui, je peux apporter un plus grâce à mon expérience. Les faits font en sorte que je puisse continuer à être appelé, mais c’est instable, ma situation est précaire. Le prochain rassemblement est en mars donc d’ici là les choses peuvent changer. J’ai toujours pris la sélection comme un bonus. Si je ne suis plus appelé, je l’accepterais même si je suis un compétiteur.

FM : vous êtes devenu consultant pour beIN SPORTS, comment se déroule cette nouvelle expérience ?

EM : j’avais sympathisé avec le chef d’édition beIN SPORTS sur Twitter il y a plusieurs années. Plusieurs fois, il m’avait invité quand je jouais à Caen sur le plateau de l’émission « L’Expresso » le samedi matin et le dimanche matin. J’y suis retourné une deuxième fois cet été. Quand l’équipe de l’émission a vu que je ne trouvais pas de club, la directrice m’a appelé pour me proposer de venir de temps en temps. J’ai tout de suite adhéré, c’est une partie du football que j’aime bien. Analyser les matches et en discuter, c’est quelque chose que je kiffe. J’ai saisi l’opportunité, dès que j’ai des moments disponibles le week-end, je leur communique et ils m’appellent quand ça les arrange également. Ça reste assez ponctuel et on verra comment ça évoluera sur le long terme.

FM : quel est l’objectif après avoir obtenu le diplôme de communication digitale que vous préparez ?

EM : je viens de commencer la formation le mois dernier. Mon objectif est d’obtenir le diplôme d’ici un an et demi. L’avantage du programme, c’est que la formation peut avoir la durée de mon choix. Tant que je paye, j’ai accès au programme et j’ai également une mentore avec qui j’ai un rendez-vous toutes les semaines. Elle m’aide à avancer et elle peut m’aiguiller en cas de problèmes. Je fais cette formation pour préparer mon après-carrière tout simplement. La communication digitale c’est un truc qui m’attire, notamment avec mon utilisation de Twitter. C’est un monde que j’ai découvert et que j’apprécie énormément. Je ne veux pas arriver sur le marché du travail en n’ayant aucun diplôme. J’ai besoin d’être crédible et de montrer que je travaille. Je ne veux pas m’arrêter à ça, je me suis renseigné sur une formation pour être manager général, mais ce n’est pas très accessible en termes de places. Pourquoi pas devenir entrepreneur, en s’occupant de la communication de certains joueurs de foot. J’ai différentes envies, mais le plus important c’est de garder la notion de plaisir au travail vu que je n’ai jamais eu l’impression de travailler depuis le début de ma carrière. Quand le foot ça sera vraiment fini, j’aurais besoin de me challenger et d’avancer. Il faut y penser dès maintenant parce que je ne veux pas rester chez moi à ne rien faire ou à jouer à la play, même si j’aime ça (rires). Ce qui est sûr, c’est que je veux travailler dans le monde du foot, car ça sera toujours ma passion.

FM : vous êtes très actif sur Twitter, comme Pierre Bouby (ancien joueur de l’US Orléans), vous êtes une attraction sur le réseau. Voyez-vous un avenir là-dedans pour votre après-carrière ?

EM : je ne pourrais pas être influenceur par exemple. Parce que ces personnes-là sont dans le calcul. C’est un peu moins vrai sur Twitter que sur Instagram, mais c’est un peu de la mise en scène, jouer sur sa communauté pour gagner de l’argent et vendre des choses. Ce n’est pas ce qui m’attire, sur Twitter je ne réfléchis pas et tout ce que je fais est spontané. Je ne recherche aucun but derrière. Si je fais un truc sur Twitter, cela doit m’apporter de manière concrète.

FM : avez-vous un petit message à faire passer à WeAreMalherbe, un compte de fans qui traite l’actualité du Stade Malherbe de Caen d’une manière unique ?

EM : on s’écrit tous les jours. Je suis juste un peu déçu qu’ils aient récupéré leur compte (rires) parce qu’ils s’étaient fait bannir sur Twitter.

SOURCE : FOOTMERCATO 

Entretien : Jérôme Agossa (AC Djoliba) « Le premier match est  capital pour  bien rentrer dans le tournoi»

Attendu ce dimanche pour faire ses débuts sur la scène continentale en coupe de la Caf avec les maliens de l’AC Djoliba contre les libyens d’Al Nasr au stade Al Salam du Caire à l’occasion de la première journée du groupe C, le milieu international béninois Jérôme Agossa (25 ans) nous a accordé un entretien exclusif où il parle de sa nouvelle aventure à Bamako, ses ambitions et ses premières apparitions avec les Ecureuils. Extrait.

 

En l’espace de quelques mois, vous êtes passé de l’Aspac à  un match de phase de groupe de la coupe de la Caf et trois apparitions d’affilée avec les Ecureuils, tout est allé trop vite…

Exactement, le foot va vite. J’espère que cela va continuer ainsi. Etre en appelé en sélection après avoir réussi à signer un contra à l’étranger. Je veux continuer sur cette lancée. C’est déjà un match capital, il faut prendre les trois points et rentrer à Bamako.

Vos débuts au Djoliba ont été  retardés par des soucis administratifs  en championnat comme en coupe de la Caf, alors comment vous vous êtes adapté ?

Le terrain m’as manqué du fait que j’ai loupé les deux tours précédents de la Coupe de la Caf. Après j’ai disputé deux matches de championnat déjà et j’ai pris goût. Pour l’adaptation cela a pris un peu de temps mais au finish je me suis déjà habitué. L’ambiance est bonne au sein du groupe, je me suis senti chez moi. Je me sens comme en famille.

Un écart avec l’Aspac ?

Vraiment il y a une différence. Sans faire la fine bouche. Cela joue plus vite. Ça se rentre dedans. Ça joue dur. C’est tout à fait différent par rapport à l’Aspac sans manquer de respect au club.

A la veille de ce premier match de groupe, quel sentiment vous anime ?

Ils ont disputé deux tours avant de me qualifier. Là nous sommes en groupe, le premier match est  capital pour  bien rentrer dans le tournoi. Il y a aura un peu de pression. Cela ne va pas m’empêcher de faire mon jeu. Tout dépendra de moi. Et j’espère que  tout va bien se passer.

Quels sont les ambitions du Djoliba sur cette campagne, les dirigeants ont mis la barre à quel niveau ?

C’est un grand club.  On nous a fixé beaucoup d’objectifs. Il faut franchir les groupes et aller en quarts de finale. Si possible les demies et plus. L’objectif numéro un : c’est de passer le premier tour.

Du point de vue personnel, vous avez des ambitions aussi ?

Evidemment. Je me suis fixé des objectifs.  C’est de faire une bonne saison en championnat et en coupe de la Caf. Faire des statistiques et des merveilles pour décrocher d’autres opportunités. Me faire voir. Par la grâce de Dieu j’espère réaliser tout cela.

Après l’Ufoa vous avez été lancé en équipe nationale A par Michel Dussuyer sur les trois derniers matches des Ecureuils, vous semblez prendre déjà vos marques.

Depuis  2013 après la Can U20, je n’ai plus jamais été convoqué chez les A. Là subitement  j’ai été convoqué. Cela m’a beaucoup touché,  m’a donné du courage. J’avoue que cela m’avait manqué. L’environnement de la sélection m’avait laissé de bons souvenirs lors de mon premier passage. Dans ce nouveau groupe aussi c’était super. Ils m’ont accueilli comme si j’étais avec eux depuis longtemps. Je me suis senti dans une famille. Surtout le capitaine Stéphane Sessègnon , j’avais un peu de pression mais  il m’a bien remonté le moral. Il m’a dit que le coach me faisait confiance c’est pour cela qu’il m’a appelé, de montrer de quoi je suis capable. Cela m’a beaucoup encouragé et motivé. Sur les matches j’ai su gérer pour être au niveau.

Demain vous allez jouer sur le stade Al Salam du Caire, le même où le Bénin a éliminé le Maroc lors de la Can 2019, vous le saviez …

Rires ! Oui j’ai appris ça.  J’espère que cela nous portera chance, cela fait plaisir quand même.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

 

 

 

Ecureuils : Faycal Fajr « je ne dis pas qu’on a pas respecté le Bénin… »

Présent à la Can  avec le Maroc , le milieu offensif de Getafe , Faycal Fajr a accordé une interview à nos confrères de FranceFootball où il parle de l’élimination des Lions de l’Atlas par les Ecureuils.  Quand on lui demande d’analyser l’échec des siens « C’est de la faute de tout le monde, du groupe en lui-même. Dans le football, il faut respecter tout le monde. Je ne dis pas qu’on n’a pas respecté le Bénin, mais, je ne sais pas… C’est incompréhensible ! C’est pour ça qu’aujourd’hui, en Afrique, il n’y a pas de matches faciles. Toutes les équipes se donnent, mouillent le maillot. Il y a peut-être eu une insuffisance de notre part. Si le Maroc est allé à la Coupe du monde ou est devenu une équipe redoutée en Afrique ces quatre dernières années, c’est parce qu’on avait un groupe. Un bon groupe. »

G.V.

Ecureuils : Les premiers mots de Melvyn Dorémus

Convoqué pour la première fois avec les Ecureuils , l’arrière droit de l’AF Bobigny , Melvyn Dorémus (23 ans) a livré ses premières impressions à son arrivée à Cotonou hier soir au micro de nos confrères d’Ado TV.

« C’est un grand plaisir de pouvoir représenter le pays de ma mère où elle est née. C’est une satisfaction. On verra si j’ai la chance de jouer ou non. Mais déjà être sélectionné , cela fait toujours plaisir.  C’est une bonne ambiance , ils accueillent bien. Pour l’instant tout se passe bien. Pour le bizutage on va voir la chanson, on va réfléchir encore »

G.V. 

Ecureuils : le meilleur de la conf’ de Michel Dussuyer

Dans la foulée de l’annonce de la liste , le sélectionneur des Ecureuils, Michel Dussuyer  a donné une conférence presse. Morceaux choisis.

 

Sur le nouveau, Melvyn Dorémus

« C’est un joueur que je suis allé découvrir, qui fait une bonne saison avec son club. Je me suis déplacé pour aller le voir au poste d’arrière droit. C’est un joueur qui mérite d’être vu , qui a une marge de progression. C’est un profil intéressant. »

Sur la défense

« Je sais que face au Nigéria on aura beaucoup d’absents. Je vais essayer de construire la meilleure équipe possible avec les joueurs du moment. On aura très peu de temps pour travailler. Je suis content qu’on ait eu des matches amicaux avant. Cela nous a permis de travailler. Il y aura forcément un joueur qui sera moins expérimenté en défense centrale.  A droite aussi , il y aura Youssouf Assogba qui est un  jeune.  Il faut être encore plus concentré. C’est toute l’équipe  qui doit faire les efforts. »

Sur le délai

« Nous n’avons pas trop de joueurs qui jouent dimanche , beaucoup de nos joueurs seront là tôt. Il y a Soukou, Farnolle et Agossa qui jouent dimanche. Ces joueurs-là nous rejoindront lundi. On décolle au Nigéria mardi matin par un vol affrété. On se sera surplace à midi pour faire la reconnaissance du terrain à 17h.  J’ai été surpris et désagréablement par le calendrier de la Caf.  J’ai eu le sélectionneur du Nigéria qui était aussi déçu d’ailleurs. Cela mets en danger l’intégrité physique  des joueurs. Ils joueront le week-end puis seront seront dans les transports après, tout ça pour rejouer le surlendemain. Pour le travail , on ne peut rien faire en 48 heures. J’ai beaucoup de regrets par rapports à cette décision. La Caf a fait son planning par rapport aux droits Tv sans tenir compte des paramètres des joueurs. Le match contre la Sierra Leone est programmé le dimanche 17 novembre à 14h , nous avons fait une demande pour jouer à 17 heures. Espérons que cela aboutisse. »

Sur le Nigéria

« On sait que c’est un grand d’Afrique. Mondialiste , troisième de la dernière Can. Ils ont un gros effectif avec des joueurs qui jouent au plus  haut niveau. On sait les écarts qu’on a au niveau du potentiel. On est là pour défendre nos chances sur le terrain, si on est discipliné. On a déjà un vécu par rapport au fait de jouer les grandes équipes. On va jouer un match avec des ambitions. »

Sur la Sierra Leone

« J’ai déjà joué contre cette équipe avec la Côte d’ivoire. On a fait deux fois match nul. Il n’y a pas de matches faciles dans les qualifications. C’est une équipe avec des joueurs qui jouent à l’étranger. Ils ont le même entraîneur , une bonne ossature. Une sorte de continuité. C’est un concurrent direct pour la qualification. Je m’attend à un match difficile. »

Sur  le cas Farnolle

« Le match contre la Zambie n’était pas évident pour lui. Il a eu une réaction qui aurait pu être pénalisant si c’était en match officiel.  Le contexte était particulier avec les rumeurs qui circulaient sur la hiérarchie. Depuis le début de la saison, il est performant en club. J’ai de la chance d’avoir deux grands gardiens. »

Sur la blessure d’Allagbé

« Il a vécu une blessure similaire il y a deux ans. Je l’ai eu au téléphone. Il semble touché aux ligaments. Il va voir un chirurgien pour en savoir plus. C’est une épreuve difficile à traverser. Je suis bien placé pour le savoir car j’ai été blessé aussi. C’est bien d’être entouré avec des gens qui vous attendent. »

Sur l’absence de Mael Sèdagondji

 » C’est un jeune joueur. Il y a un temps d’adaptation. Sur les regroupements de septembre et octobre j’ai senti que sur les séances , il avait encore des progrès à faire. Il ne s’agit pas de le lancer de le grand bain dans la difficulté. Patientons. J’ai parlé avec lui sur ses axes de progressions en club. Ce qui me guide , c’est mon ressenti sur les entraînements. »

Sur Chérif Dine Kakpo

« Il était avec nous à la Can. C’est un joueur qui aurait pu en profiter. Il y a eu un petit relâchement. Sa responsabilité est en engagé sur les buts encaissés pendant le Chan. Je suis dans la continuité, ceux qui ont un potentiel fort , il faut les accompagner. Ils ont parfois du mal à gérer à leur niveau. Cela reste ouvert entre Dandjinou et lui pour le poste de numéro deux. »

Sur le retour d’Emmanuel Imorou

« Il a déjà enchaîné cinq matches. Je suis allé le voir jouer. J’étais sur le match de coupe de France. La différence fondamentalement c’est le rythme de jeu par rapport au niveau. Il a son capital expérience, c’est un joueur qui répond présent. Pour le reste je lui fais confiance. »

Sur Jean Ogouchi

« C’était une réflexion difficile pour moi entre Junior Salomon et lui.  Certains éléments plaidaient pour l’un et d’autres pour le second. Salomon n’a pas eu de temps de jeu , il a peu de rythme. Ogouchi joue régulièrement, c’est un jeune joueur.  Il fallait prendre une décision. Il a déjà travaillé avec nous. »

Sur Marcellin Koukpo

« Tout était en sa faveur, ces performances, il fait un bon début de saison.  Il y a une sorte de réflexion entre Désiré Azankpo et lui. J’ai vu le match contre la Zambie et les entraînements. »

Sur Jérôme Agossa

« Il a su élever son niveau contre la Zambie. Il va falloir que Kossi retrouve du temps de jeu en club. Jérôme est dans une meilleure configuration. »

Propos recueillis par Géraud Viwami

Coupe de la Caf : Marcel Dandjinou « aborder ce match avec beaucoup d’envie »

 

Avant d’affronter Génération Foot demain soir à Dakar , pour le compte du match aller des barrages de la Coupe Caf , le gardien capitaine d’Esae , Marcel Dandjinou nous accordé un entretien exclusif d’avant – match. Extrait

Ce sera finalement Génération Foot votre adversaire après une nouvelle attente malgré le tirage au sort , vous vous vouliez éviter le Zamalek…

(Rires) La semaine dernière, c’était un match de foot entre Zamalek et Génération Foot. Nous attendions un adversaire plutôt jouable et nous sommes tombés sur  les sénégalais. Ce n’est pas grave. C’est une bonne équipe. Parce que parvenir à ce niveau ce n’est pas donné, cela veut qu’ils aient des choses à prouver.

Après Salitas , vous héritez de Génération Foot qui a un profil similaire avec  une bonne base de formation mais aussi une équipe première compétitive qui sera votre adversaire , vous pensez que les sénégalais sont un cran au dessus des burkinabés ?

Génération Foot est une très bonne équipe, ils ont des jeunes joueurs. On a eu  la chance de jouer Salitas  qui est  du même profil. Je pense qu’on a appris, on a tiré des leçons de ce tour disputé contre eux. Mais nous allons aborder ce match avec beaucoup d’envie, d’engagement et de rigueur  pour faire un grand match à Dakar.

Alors quel votre objectif sur cette rencontre de demain, jouer pour gagner ?

L’objectif du groupe c’est d’aller à Dakar faire d’abord un grand match. Esae joue plutôt bien à l’extérieur, nous pensons allez gagner, pas y aller en victime.

Une victoire  à l’extérieur vous mettra dans une position de force en vue du retour à Cotonou la semaine prochaine ?

C’est une chance du  tirage qui fait qu’on  joue  ce match aller à Dakar.  Nous voudrions faire un bon résultat à l’extérieur pour être plus à l’aise à domicile. C’est devant  notre public, le match retour et nous ferons tout ce qu’il faut pour lui faire plaisir et arracher la qualification. Nous allons d’abord faire le maximum à Dakar.

Vous êtes le capitaine , aucun but encaissé sur les deux premiers tours , un pénatly stoppé  au premier tour et un autre au second tour ,  le club attend encore plus de vous, cela vous mets la pression ?

Je ne parlerai pas de la pression, c’est vrai que j’ai stoppé des pénos. J’ai fais quatre matches sans encaisser. J’avoue que les dirigeants et le staff attendent beaucoup de moi. Je pense bien continuer sur cette lancée avec les clean sheet. Mes coéquipiers aussi me poussent, ils ont confiance en moi. Je ferai tout pour être au top mais je n’ai pas trop de pression.

En championnat vous avez perdu votre dernière rencontre contre la JSP 1-0 , vendredi dernier , les têtes étaient déjà tournées vers la coupe Caf ?

Notre début de saison est moyen. On a commencé par un succès puis un nul et une défaite, c’est le même scénario que la saison précédente. Avec le temps cela va prendre. A cause de la coupe Caf , le coach a fait  reposer certains cadres. Cela a pesé mais ne justifie pas tout.

Vous avez été convoqué par Michel Dussuyer chez les A en septembre mais en octobre vous n’y étiez pas , dans  quelques jours la liste des Ecureuils pour les premières journées des qualifications de la Can 2021 sera publiée , vous y pensez ?

J’ai découvert le groupe des A lors contre la Côte d’ivoire et l’Algérie. C’était une belle expérience. Je continue de bosser pour avoir ma place. Actuellement j’ai plus ma tête sur la Coupe Caf  parce que notre objectif est de rentrer dans la phase de groupe.  Le plus difficile c’est de revenir dans le groupe et s’y maintenir mais j’ai toujours cette ambition.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Ecureuils : Yannick Aguémon « Montrer qu’on a le potentiel pour tenir sur la durée »

Convoqué pour la première fois avec les Ecureuils en mars 2019, Yannick Aguémon a fait ses premières apparitions en septembre dernier, l’ailier de l’OH Louvain est de nouveau retenu dans le groupe qui affrontera la Zambie demain en match amical à Porto-Novo. Il nous accordé un entretien exclusif où il s’exprime sur les Ecureuils, ses choix de carrière et ambitions. Extraits.

 

Cela fait plusieurs années que votre nom est cité, pourquoi rejoindre les Ecureuils maintenant ?

J’avais déjà été convoqué par l’ancien sélectionneur Omar Tchomogo mais j’avais un match important pour la montée en club et je n’ai pas pu venir. Ensuite Michel Dussuyer m’as contacté je devais venir en octobre 2018 contre l’Algérie mais la semaine avant la liste je me suis blessé au genou pour trois mois. Ce qui a fait que je suis venu en  mars 2019.

Après avoir porté le maillot des Espoirs en France et disputé le tournoi de Toulon, maintenant vous êtes chez les Ecureuils en A , vous voyez une différence ?

Le palier espoir est à franchir pour arriver chez les A. C’est des objectifs quand tu es plus jeune. Quand tu es au centre de formation quand tu te rapproches du groupe professionnel. Une fois  chez les A, c’est vraiment autre chose. C’est tout  un peuple qui est derrière toi. Tout un peuple qui te suit avec ferveur et passion et avec engouement et c’est autre chose, le niveau est plus élevé. C’est des matches d’hommes qui sont regardés sur la scène internationale, c’est carrément autre chose.

Vous avez été surpris d’avoir été titulaire contre la Côte d’ivoire  pour vos débuts,  comment s’est passé cette première avec le maillot du Bénin?

Comme une fierté. J’ai beaucoup pensé à mes parents, à mes proches à ma grand-mère. Mon père était dans les tribunes, mon frère et mes amis aussi.  Je pense que j’étais préparé à jouer ou à entrer, en tout cas je m’étais préparé à avoir du temps de jeu. Je sais que le coach voulait  voir ce que je valais sur le terrain, ce qu’il en était pour moi par rapport au niveau international. Je me suis senti timide au début mais  je m’en suis bien sorti quand même. Pour une première sélection ça été satisfaisant. J’ai pu au fur et à mesure du match, faire ce que je pouvais. Sur le match contre l’Algérie, je suis rentré en cours de jeu.  J’ai montré aussi ce que je pouvais. Je pense que j’ai fais une bonne rentrée aussi contre l’Algérie. J’ai essayé d’apporter du dynamisme de provoquer, de rapporte du danger. De toute façon, on a beaucoup de joueurs qui  apportent des qualités, qui ont à peu près les mêmes caractéristiques, c’est bien pour l’équipe.

En parlant de concurrence, à un poste où il y a des clients comme Dossou , Djigla , Soukou et Poté , c’est déjà trop fort…

Non ! Justement au contraire  c’est bien pour le Bénin d’avoir beaucoup de joueurs  à ce poste. C’est vrai que c’est des postes clés, où on aime avoir ce déséquilibre, ces joueurs  d’un contre un, attaquer et provoquer, obtenir des fautes, des coups francs. C’est tant mieux pour l’équipe moi je dis la concurrence est saine. Les mecs qui sont là, ils ont fait du très bon travail avant que je ne vienne.  C’est à moi petit à petit d’avoir ma place dans ce onze, de montrer ce que je sais faire. Et tout cas  ça  va passer des entraînement, des matches amicaux et qualifications. Travailler quotidiennement en club et être performant  pour susciter l’intérêt et poser des problèmes, de bons problèmes au  coach.

« Mais avant ce match contre le Maroc, j’avais un bon pressentiment. J’avais dis à des amis qu’on allait passer, qu’il ne fallait pas nous sous-estimer parce que sur les matches couperets, à  élimination directe tout est possible ».

Vous avez manqué la Can 2019, les qualifications de la Can 2021 débute le mois prochain, et celles du Mondial 22 en mars prochain, alors quels sont vos objectifs à titre personnel avec les Ecureuils ?

Comme  j’ai dis, je pense qu’il y a un objectif commun avant  d’avoir  un objectif personnel.  Mais personnellement c’est d’être le meilleur possible, de  scorer, de faire des statistiques pour l’équipe, tu aides ton équipe et tu as des chances d’être qualifié. Etre le meilleur possible et donner le maximum pour servir le collectif. Quand le coach fait appel à moi je réponds de la meilleure des manières.

Vous étiez supporter du Bénin à la Can, vous allez nous décrire comment vous avez suivi le huitième de finale entre le Bénin et le Maroc…

(Il coupe) non  je n’ai pas suivi. J’avais un match de préparation parce que j’avais déjà repris avec mon club. A ce même moment on avait un match amical, j’ai suivi le résultat…

Et quand vous aviez appris le résultat. ?

Quand je suis arrivé dans les vestiaires, c’est un ami qui avait déjà son téléphone en main et qui m’a dit que le Bénin était passé. Mais avant ce match, j’avais un bon pressentiment. J’avais dis à des amis qu’on allait passer, qu’il ne fallait pas nous sous-estimer parce que sur les matches couperets, à  élimination directe tout est possible. Avec la force mentale qu’on a avec la motivation et l’état d’esprit des gars, franchement il n’y avait pas beaucoup d’équipes qui pouvaient nous surpasser dans ce domaine. A partir du moment où vous êtes unis dans une équipe c’est compliqué de se faire bouger.

Vous étiez en contact avec des joueurs dans le groupe présent en Egypte ?

Oui oui ! À chaque fois qu’il y a avait des résultats, je n’hésitais pas à envoyer des messages, que ce soit moi ou d’autres personnes qui n’ont pas été sélectionnés ou qui étaient au sein du groupe. On s’échangeait. Comme j’ai dis il y a 23 joueurs qui sont sélectionnés mais c’est plus que cela. Il y a des joueurs qui sont sur la présélection et d’autres qui sont aux portes de la sélection. Tout ça c’est un groupe qui doit nous ramener à des résultats positifs.

Vous êtes né à Cotonou mais formé au Toulouse Football Club en France, comment on passe d’une naissance à Cotonou au centre de formation du Téfécé ?

(Rires). Cette question, elle est bonne. Je suis parti assez tôt  de Cotonou, quand j’avais deux ans. Après tout s’est fait naturellement, j’ai joué au début à l’école, puis dans le quartier, là où j’ai grandi. Puis j’ai été inscrit dans un club de foot de ma ville. Après j’ai fais les échelons étape après étape. J’ai eu la chance aussi de rencontrer de bonnes personnes, un coach qui m’a fait énormément confiance quand j’avais douze ans, qui m’as inscrit à Clairefontaine. De là, j’ai passé les tests  et j’ai fais partie des 25 joueurs retenus pour intégrer le centre de formation de Clairefontaine. J’y aie fais trois ans. Et j’ai signé entre temps au centre de formation de Toulouse où j’ai passé cinq ans et signé mon premier contrat professionnel.

« Il y avait Malines, Saint-Trond et le Cercle de Bruges aussi qui étaient intéressés »

Mais ensuite vous aviez disputé juste quelques minutes en Ligue 1 avant de rouler votre bosse ailleurs, vous n’avez pas de regrets de n’avoir pas pu vous imposer plus longtemps au Téfécé. ?

Si ! J’ai des regrets  parce que je pense que je méritais un peu plus que cela. Vous  savez qu’en ce moment là il y avait une grosse génération avec Etienne Capoue, Franck Tabanou , Moussa Sissoko  , Cheikh Mbengue , Machado , et Congré. C’était compliqué aussi de se faire sa place. Il me fallait du temps de jeu. J’étais jeune et  je voulais absolument jouer et c’est pour cela que j’ai fais le choix de partir du TFC.

Vous avez  fait Vannes, puis Strasbourg, vous avez participé à la remontée du club Alsacien..

On est montée de la National en Ligue 2, mais je suis parti en cours de saison. Je voulais voir autre chose partir à l’étranger. J’ai eu l’opportunité de la Belgique que je ne connaissais pas du tout. Je suis parti là-bas et j’ai montré mes capacités. J’ai pu évoluer, progresser sans regrets.  Aujourd’hui je suis bien en Belgique.

Vous entamez une quatrième  saison  en deuxième division belge, il vous manque quelque chose pour accrocher la première division ?

(Rires) J’aurais pu.  Il y a eu des opportunités de partir en première division. Malheureusement cela ne s’est pas fait. Mon club ne voulait pas forcément me laisser partir. Ils comptaient sur moi à Louvain. Il y a un gros projet pour remonter. Le coach aussi ne voulait pas me lâcher.

Vous étiez courtisé par quels clubs ?

Il y avait Malines, Saint-Trond et le Cercle de Bruges aussi qui étaient intéressés mais comme j’ai dis. Pour partir, il faut que les deux parties soit d’accord. A ce moment là ce n’était pas le cas. J’avais aussi à cœur de faire monter le club, c’est pour cela je suis resté. C’est comme cela le football. Il faut faire des choix. J’ai fais un choix et aujourd’hui  je suis bien à Louvain mais l’objectif c’est d’aller en D1.

C’est votre dernière saison en deuxième division alors…

Je ne sais pas franchement. Actuellement on est premiers et on n’a l’ambition de monter. Il ne reste pas beaucoup de matches pour remporter la tranche. On verra comment cela évolue.  Je me laisse tous les choix possibles mais mon premier objectif c’est de faire  la meilleure saison possible et ne pas avoir de regrets. Profitez au maximum avec les mecs avec qui je travaille depuis trois ans et faire monter le club. Mon avenir,  on le verra plus tard. Travailler, donner le maximum, tu seras forcément récompensé.

Après avoir découvert  l’ambiance du stade Général Mathieu Kérékou sur un match décisif contre le Togo en mars 2019 et dimanche vous allez forcément fouler la pelouse du stade Charles de Gaulle de Porto-Novo, comment sentez-vous le groupe à l’approche de ce match amical contre la Zambie.

On travaille bien, on essaye de s’adapter aux conditions. Le groupe  vit bien. On travaille dur. On essaye de donner  le maximum pour rendre le peuple fier. Pour moi il n’y a pas de matches amicaux. Tous les matches sont importants, à l’extérieur ou à domicile. Quand tu joues devant ton peuple, tu es obligé de donner le maximum et jouer comme si c’était une finale. Il faut rester humble et ne pas oublier d’où l’ont vient. Je pense qu’on est sur  une bonne dynamique. Pour rester là-dessus, il faut continuer, il faut toujours se remettre en question. Ne pas se relâcher. Si on a perdu contre l’Algérie, si on fait une deuxième défaite. On va vite retomber. Ce n’est pas ce qu’on veut, le coach ne veut pas ça. On veut rester dans la dynamique. Grandir, match après match. Compétitions après compétitions. Montrer qu’on a le potentiel pour tenir sur la durée. Ca passe par des résultats que ce soit en match amicaux ou en compétitions officielle. Le groupe sait ce qu’il doit faire et on aura l’ambition de gagner. De toute façon joue tous les matches pour gagner.  Il faut se préparer , basculer dans les qualifications et je pense que ça commence dès le match de dimanche pour avoir un bon capital confiance pour se déplacer au Nigéria et ce match important contre la Sierra Leone à la maison.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Crédit Photo : Géofroid Aballo 

 

Ecureuils : le meilleur de la conf’ de Michel  Dussuyer

 

Le sélectionneur des Ecureuils Michel Dussuyer était présent en conférence de presse ce matin au ministère des sports en prélude au match amical prévu le dimanche 13 octobre prochain contre la Zambie à Porto-Novo. Morceaux choisis.

 

Sur le choix des adversaires 

L’idée sur ce match est de regarder devant et se préparer. On va jouer le Nigeria et la Sierra Leone trois jours après. L’idée est de se familiariser avec la pelouse avec  ce match amical est  importante.

Affronter une équipe proche de la Sierra Leone. L’avantage leur football était plus proche de la Guinée Bissau. On affronte la Zambie qui est bon adversaire anglophone  comme la Sierra Leone.  Après l’organisation revient au ministère. Il y a eu des tergiversations de la Guinée Bissau qui a envoyé un courrier pour refuser puis accepter.

Sur l’absence de Rodrigue Fassinou  

Cela part de l’appréciation que je fais des performances.  J’ai eu le temps de le  voir sur  la Can et sur le tournoi de l’UFOA.  Je veux voir si j’ai d’autres possibilités, actuellement il y à Assogba. Si  je ne suis pas convaincu  je prendrai d’autre.

Sur l’absence de Chérif Kakpo Dine

 Il doit être constant dans ces performances.  Il était avec nous à la Can. Nous l’avons vu avec les Buffles et au tournoi de l’Ufoa où il n’était pas titulaire. Il doit se remettre en cause et travailler pour mériter sa place. C’est pareil pour tous les joueurs.

Sur Cédric  Hountondji.

La blessure de Cédric Hountondji n’est pas  si grave. Normalement il a trois semaines pour être retour. Il  y a de bonnes chances qu’il reprenne vite la. Si tout se passe il retrouvera du temps de jeu avant la trêve internationale de novembre.  Je pense qu’il sera opérationnel.

Sur le retour  de Désiré Azankpo Sègbè

 Avec  le forfait de Rudy Gestede , j’ai rappelé Désiré parce qu’il  a du temps de jeu en club. Il faut partie du groupe, l’occasion  de le  familiariser à nouveau avec le groupe. Azankpo aura surement sa chance certainement comme j’ai lancé d’autres  lors des autres matches amicaux.

 Sur le seul match prévu

On joue un  match pour qu’on ait plus de temps pour travailler. Avec deux matches on aurait eu moins de temps pour bosser. Deuxième raison : se concentrer sur un match. J’ai jugé bon qu’on joue un match dans cette période d’octobre où beaucoup de matches s’enchainent  puisqu’on va encore jouer deux matches en novembre.

Sur le manque de temps de jeu de certains cadres.

Je préfère le contraire. C’est juste une partie d’entre eux ce n’est pas tout le monde. J’essaye aussi de faire en sorte que tout  le monde se sente mieux.

Sur l’état de la pelouse du stade Charles De Gaulle  

On a un niveau d’exigence partout au niveau des résultats. J’espérais avoir mieux que ce que j’ai vu hier. On aurait pu faire mieux c’est très important d’avoir une pelouse. Je connais bien cette équipe de la Sierre Leone, ça fait un mois qu’on savait qu’on allait jouer à Porto-Novo. Si l’état  de la pelouse ne favorise notre expression technique pour améliorer notre performance. Il faut un entretien et du matériels pour maintenir la pelouse en bon état.

Sur Marcellin Koukpo 

Il a fait un bon tournoi de l’Ufoa avant de prendre des décisions, je discute avec mon adjoint. J’avais le choix entre Azankpo et Koukpo et j’ai décidé. Il y au eu des  choix à faire.

Sur Arsène Loko

Je le connais bien je l’ai vu régulièrement quand il était en à l’Africa Sports en Côte d’ivoire. Tout le monde ne peut pas venir. Cela ne veut pas dire que les portes sont fermées. Je n’écarte pas les possibilités.

Sur Khaled Adénon

Il a une blessure au genou. Ensuite  il y a eu une blessure à l’amiable avec son club pour qu’il résilie  pour qu’on se puisse le traiter.  Afin que le club puisse recruter immédiatement.

Sur Steve Mounié

C’est un cas que nous avons tous. Nous sommes entrain de l’accompagner. Dans une carrière, il y a des moments où ca marche  et d’autre non. Mounié passe par ce moment et je pense qu’il doit travailler. Nous sommes conscients de la situation. Je pense qu’il faut l’aider à se retrouver.

Absence de troisième gardien

Il y a le tournoi de l’Ufoa qui a fait qu’il fallait jongler. J’avais pris la décision de laisser couler.  J’avais la possibilité de ramener  mais je ne l’ai pas fait  pour laisser les deux qui sont là s’exprimer.

Sur la direction technique nationale

C’est un domaine  qui m’empêche  pas de bosser mais pour le développement du foot. Mais  c’est important pour mettre la formation des cadres et des jeunes parce que  je pense qu’il y’a du potentiel au Bénin qui n’est pas exploité

Sur le jeu offensif

Il y a tellement d’impatience quand on n’a pas de résultat. Notre assise défensive a été plus performante.  On a montré des choses intéressantes sur les matchs amicaux avec moins de déchets techniques notamment contre la Côte d’ivoire.  On continue de travailler.

 Sur la présence des joueurs A’ à l’entraînement

Dans la construction de la séance on avait besoin de 22 Joueurs, Olivier Verdon a des douleurs à l’adducteur donc j’anticipe. De prendre des jeunes avec les A  leur permet de  bénéficier de l’environnement et apprendre.

Sur Fabien Farnolle 

Fabien a eu besoin de souffler sur le dernier regroupement. On a la chance d’avoir deux très bons gardiens. J’aimerais qu’on soit aussi qu’on soit plus juste dans les analyses. C’est un gardien de haut niveau tout comme Saturnin. En sélection,  il a apporté à l’équipe. Allagbé est un très bon gardien si j’ai un problème avec un je suis tranquille.

Sur le cas Didavi

Je me suis rapproché de la famille. J’avais été déjà voir Daniel lors de mon premier passage au Bénin  à l’époque il  jouait avec la réserve de Stuttgart. Il jouait en équipe de jeunes en Allemagne et avait le choix de continuer avec. Aujourd’hui il était peut-être temps pour lui de s’investir sur le Bénin avec des échéances à venir. Ça ne promet pas parce que la famille m’a dit qu’ils me feront signe. On ne peut pas faire venir quelque qu’on contre son gré.

Propos recueillis par Géraud Viwami

 

Entretien Exclusif : Khaled Adénon « toute l’Afrique était étonnée parce que personne ne nous voyait en quarts »

Trois mois après l’exploit des Ecureuils quarts de finaliste de la Can 2019 en Egypte, Bjfoot.com vous révèle un entretien exclusif avec Khaled Adénon, le défenseur et vice-capitaine des Ecureuils dresse un bilan complet du tournoi du Béni. Première partie.

 

Absent en quarts de finale, vous étiez déçu de n’avoir pas joué ou d’avoir perdu ?

 Oui !  J’étais déçu des deux : de ne pas pouvoir aider les coéquipiers sur le terrain et puis  apporter ce que je sais faire. Je n’ai pas pu faire ça.  En plus, je suis déçu du résultat parce que ce n’est pas passé loin. Il nous manquait juste la réussite, je crois parce que  les gars, ils ont tout donné,  ils ont joué à fond. Comme tout joueur, on est tous compétiteurs, on a toujours envie de gagner tout ça pour dire que j’étais un peu déçu mais c’est la vie et c’est le foot. Il doit avoir un gagnant est un perdant et ce jour là c’était nous. Pendant cette Can on a appris de bonnes choses et comme je l’avais dit dans une interview mes  deux premières c’était pour apprendre donc à la troisième c’était la bonne. On a tout fait, on a tout misé pour pouvoir faire une bonne Can en Égypte et c’était le cas.  En espérant que cela va nous servir prochainement pour  essayer d’aller encore plus loin.

 Vous vous rendez compte quand même que le Bénin a fait un quart de finale de coupe d’Afrique des nations, dites-nous en toute honnêteté quand vous aborder le groupe C avec le Ghana et le Cameroun vous vous étiez fixé, entre vous,  quel objectif au départ ?

 Comme tout le monde disait,  c’était pour aller gagner le match à la Can parce que cela n’était jamais arrivé. Ensuite passer au plus vite le premier tour. On a su passer le premier tour mais on n’a pas réussi à gagner un match (sur le temps réglementaire). Au fur et à mesure pendant la CAN on a vu qu’on pouvait aller loin, donc on a misé là-dessus. On a eu l’appétit en mangeant en fait. On a su gratter  pour arriver en  huitième de finale et  quarts de finale même si les gens ne pensaient  pas qu’on pouvait aller jusque-là. Nous nous savons qu’on pouvait y arriver entre nous les joueurs  on savait de quoi  nous étions capables et jusqu’où on pouvait aller. Donc cela  ne nous étonne pas d’être arrivé là.  Ça a étonné l’Afrique parce qu’à la base il ne nous voyait pas là. C’est aussi grâce au soutien du peuple béninois grâce aux prières qu’on est arrivé là. C’est une première pour le pays, c’est bien tout simplement.

 Avec un peu de recul comment analysez-vous votre premier match de la compétition face au Ghana ?

 Oui le premier match face au Ghana on a vu que tous les joueurs étaient super concentrés. Contre ces équipes il faut être super concentré et motivé. On a su avoir ça. Ce n’est pas évident parce qu’on était menait puis on se fait rattraper et dépasser.  Il faut avoir le mental pour revenir au score même si ils ont joué à dix, on n’a pas lâché.  On n’a pas baissé les bras, on a su aller de l’avant on a obtenu ce match nul. Et franchement ça nous a  fait du bien. Ça nous a tout de suite mis dans la Can parce que tout le monde voyait le Ghana nous battre. Donc  ça nous a mis dans la compétition. Cela nous a donné plus de courage, parce que faire un match nul contre le Ghana même s’ils ont joué à dix ce n’est pas tout le monde qui le fait. C’est une grande nation.

 Deuxième match face à la  Guinée-Bissau, c’était  annoncé comme le match le plus facile ou le plus abordable pour le Bénin mais ça ne s’est pas passé comme ça…  

 Oui sur le papier et par rapport au nom du pays la Guinée Bissau, les gens  pensaient qu’on allait gagner facilement. Mais s’ils sont arrivés à la Can c’est parce qu’ils ont de bons joueurs. Il faut reconnaître que moi aussi sur le papier c’est ce match qu’on devrait gagner. Mais comme je l’ai dit c’est une bonne équipe avec de bons joueurs qui voulait aussi gagner. Ils  pouvaient être aussi troisièmes parce qu’ils avaient un point. Aussi,  ils étaient venus avec la mission de ne pas perdre contre nous. Oui il y avait un peu de déception sur ce match parce qu’il fallait au moins gagner,  mais bon on a pris un point. Et ça nous a permis de se qualifier et on est passé au deuxième tour.

« Jouer les quarts de finale ce n’est pas donné à tout le monde surtout pour le Bénin. Tout le monde était en joie, on sautait partout. C’était magnifique ! »

 

 Et la grande affiche face au Cameroun qui est sans doute le match qu’on peut citer comme  le plus difficile pour le Bénin…

 Oui le Cameroun c’était un match difficile. On a beaucoup couru derrière le ballon mais on n’a pas lâché parce qu’on voulait passer au deuxième tour.  Le Cameroun, c’est une bonne équipe et puis c’est le tenant du titre donc ils ont mis ce qu’il fallait dans le match. Posséder le ballon nous faire courir. On a su gérer parce qu’il nous fallait un match nul pour pouvoir passer. Il ne fallait donc pas perdre ce match là donc on a su bien gérer toutes les attaques camerounaises. Même si c’était compliqué ça nous a permis de passer au deuxième tour.

Et puis il y a ce match qui est devenu historique dans les deux sens, particulièrement pour vous et pour toute la nation béninoise celui face au Maroc…

 Ah oui le match contre le Maroc tout le monde nous voyait perdre. Parce que c’est le Maroc, ils ont des joueurs qui jouent dans des grands clubs en ligue des champions. C’était un peu plus compliqué pour nous mais bon on a su mettre en place ce qui nous a été demandé. On a marqué le premier but ; bien sûr on a eu plus de confiance pour dire qu’on peut les battre mais pour mon rouge l’arbitre  a décidé autrement mais comme on le dit il y a un Dieu pour les faibles.

 Vous étiez comment pendant la séance de tirs au but puisque que vous n’étiez pas sur le terrain…

 Mais je n’ai même pas eu accès au stade pour aller regarder jouer mes coéquipiers. Je  ne savais pas comment ça s’est passé. C’est après que j’ai entendu des chants béninois depuis le vestiaire donc je me suis dit qu’on a gagné

Donc vous  n’aviez pas regardé les tirs au but dans les vestiaires? 

 Non non! je n’ai pas regardé il y avait pas de télé, je ne savais rien. C’est après quand j’ai entendu les chansons béninoises , j’ai donc su qu’on a gagné qu’on a passé ce cap. J’étais très content parce que ce n’était pas évident parce que l’arbitre a tout fait pour qu’on perde ce match. 

C’était la folie dans les vestiaires rire…

 Malgré ma sortie, les gars ont su bien finir. Après dans les vestiaires tout le monde était content parce que jouer les quarts de finale ce n’est pas donné à tout le monde surtout pour le Bénin. Tout le monde était en joie, on sautait partout. C’était magnifique !

« Alors,  mon coéquipier Moïse  (Adilehou) a eu une crampe donc je viens en aide pour qu’il puisse faire quelques étirements mais l’arbitre vient par derrière et me tire et me dis : viens on y va. Et moi j’ai dit : lâche-moi » 

Si on peut revenir sur le carton rouge ,  les deux cartons jaunes que vous prenez est-ce qu’on peut enfin savoir ce qui s’est passé ? 

 (Rires) franchement moi-même je ne sais pas ce qui s’est passé. Sur le premier jaune,  je crois qu’il a dit à saturnin qu’il perdait trop de temps à dégager le ballon et moi je passe et je dis mais ça fait que dix minutes  seulement qu’on joue et  vous lui dites qu’il perd le temps.  Là j’ai eu le premier carton. Sur le deuxième, c’est incroyable quand même. C’était à la 86e minute,  tout le monde était fatigué avec la chaleur. Alors,  mon coéquipier Moïse  (Adilehou) a eu une crampe donc je viens en aide à mon coéquipier pour qu’il puisse faire quelques étirements mais l’arbitre vient par derrière et me tire et me dis : viens on y va. Et moi j’ai dit : lâche-moi. C’est tout ce que j’ai dit puis j’ai reçu un second jaune. C’était très difficile de quitter mes coéquipiers puisque ce sera difficile de gagner ce match mais pas la grâce de Dieu ils ont tenu jusqu’aux tirs aux buts. Dieu a fait parler sa merveille.

 Et les  quarts de finale comment l’avez-vous vécu dans la tribune c’était sans doute le match le plus difficile de votre carrière. Vous avez déjà été suspendu pour des matchs mais pas pour les quarts de finale de Can ?

 C’était compliqué vraiment. En tant que joueur je ne souhaite pas ça à mes coéquipiers d’être  suspendu pour les quarts de finale, demie ou finale et d’être dans les tribunes. C’était très dur pour moi très difficile. J’étais dans les tribunes et j’ai transpiré parce que je ne pouvais rien.  C’était difficile pour moi sur chaque action. C’était dommage de ne pas pouvoir être sur le terrain avec mes coéquipiers pour donner ce que je sais faire où apporter un peu de mon expérience.  Franchement, j’avoue c’était difficile. Mais on a joué contre le Sénégal  c’était un match très tendu.

La seule différence qu’il y a eu c’est qu’ils ont su marquer en une deux trois situations. Et  qu’on n’a pas su bien gérer c’est dommage quand même.  Dieu a décidé autrement on devait s’arrêter mais avec beaucoup de fierté et pas beaucoup de regrets parce qu’on est rentré au pays la tête haute pour dire aux béninois qu’on n’a pas sali le drapeau.  On l’a bien porté  même si on n’est pas allé en finale.

Entretien réalisé par Géraud Viwami 

Amical : Michel Dussuyer  » l’Algérie , c’est la meilleure équipe africaine du moment »

Le sélectionneur du Bénin, Michel Dussuyer, s’est exprimé, cette après-midi en conférence de presse, au sujet de la rencontre amicale qui opposera ses hommes à l’équipe algérienne demain soir au stade du 05-juillet.

Le technicien français a débuté au sujet des changements chez les uns et les autres depuis le dernier match entre les deux équipes il y a moins d’un an : « Ce qui a changé depuis le dernier match ; c’est que l’équipe d’Algérie a beaucoup progressé. C’est devenu en une seule année une équipe très performante qui a été récompensé en gagnant logiquement le titre (CAN 2019, ndlr). Ça a été la meilleure équipe sur le tournoi. ».

Michel Dussuyer a ajouté : « Aujourd’hui dans cette équipe algérienne, on sent qu’il n’y a pas seulement que des valeurs individuelles, il y a aussi des valeurs collectives. C’est ça qui les amène au plus haut niveau et à être performant. C’est la meilleure équipe africaine du moment. ».

Le coach des Écureuils a enchaîné : « On va essayer de donner le meilleur de nous-mêmes. Donner la réplique à cette équipe d’Algérie. Ces matchs amicaux nous servent à grandir parce qu’on se frotte à de grands joueurs, c’est à travers ces matchs là qu’on progresse. », avant d’ajouter : « On a envie de montrer le meilleur visage possible après les forces de cette équipe d’Algérie on les connaît. On a travaillé sur ça et on va essayer de poser le plus de problèmes possibles. ».

Au sujet de l’adversaire algérien, le coach français dira : « C’est une équipe qui est complète, aujourd’hui. Elle a des individualités qui peuvent faire la différence avec des attaquants de grande qualité. Au milieu de terrain ça travaille : le meilleur joueur de la deuxième partie de la Coupe d’Afrique c’était un algérien, et derrière c’est costaud. Il n’y a pas de trou dans cette équipe. ».

L’ancien sélectionneur de la Guinée a conclu : « On sait ce qui nous attend, ce sera un match difficile. Le challenge est relevé mais on est habitué ces derniers temps à affronter de grandes équipes. Les derniers matchs c’était face au Maroc, le Sénégal, le Cameroun, la Côte d’Ivoire. On n’a jamais été distancé lors de ces matchs-là. On s’est toujours accroché et on a essayé de faire le meilleur résultat possible. On y est arrivé pas mal de fois. ».

Source : DZfoot

Côte d’ivoire : Abdel Bouraima « le foot ne s’arrête jamais »

Fraîchement débarqué au Williamsville AC dans le championnat ivoirien , Abdel Bouraima nous accordé un entretien exclusif à la veille de l’ouverture de la troisième journée de championnat qui opposera son nouveau club au RC Abidjan ce vendredi en direct sur Canal + à 16h30. L’ailier international béninois parle sa nouvelle aventure, sa carrière et des Ecureuils.Entretien. 

 

Alors,  la vie est belle à Abidjan ?

Cela fait plusieurs semaines que je suis là. C’est une ville animée très vivante. J’y étais déjà venu par le passé donc je ne suis pas totalement dépaysé. En plus j’ai retrouvé quelques contacts surplace. Déjà,  il y a Kabirou Koutché au club on se connaissait. J’ai aussi mon ami Christophe Aifimi , qui me donne aussi les repères. En ce moment, la ville est un peu bizarre avec la disparition de DJ Arafat (le musicien), tout le pays est en deuil.

Vous êtes un fan de DJ Arafat ?  

Oui ! (rires) je dois l’avouer. Je suis un « chinois » Qui n’a pas danser sur un morceau de Dj Arafat. On ne s’en rend peut-être pas compte mais il a tellement marqué notre époque. C’est triste de le perdre ainsi. Mais comme on dit les artistes ne meurt jamais.

On a été un peu surpris de vous voir au Williamsville AC…

C’était une opportunité à saisir je suis content d’être là. Sincèrement j’ai fais un choix après mûre réflexion. Le club est ouvert, ça travaille bien pour mettre les joueurs en lumière tout en ayant des objectifs sportifs. J’aime la mentalité et le défi. J’avais eu des sollicitations de pays exotiques notamment mais le Wac avait ma faveur. Le club a de l’ambition, on m’as présenté un bon projet avec un recrutement cohérent. Avec le coach Gaflaoui qui est très exigeant. On a un bel effectif pour faire quelque chose.

Vous avez à votre actif plus d’une vingtaine de passes décisives sur les deux dernières saisons à l’Aspac et Energie, vos objectifs avec les Guêpes?

Déjà de rapidement m’adapter  en premier lieu à la compétition. J’avance déjà bien sur ce plan. Avoir le plus de temps de jeu ensuite être décisif pour l’équipe marquer ou faire marquer peu importe. Il faut être  utile voire indispensable par mes prestations. Jouer sur mes qualités et être au top.

« Dans une carrière tout se ne passe pas comme on veut »

Vous êtes déjà entré en jeu lors de la première journée contre la SOA (1-1), vous vous attendez à débuter prochainement?

Evidemment que j’ai envie de débuter. On travaille tous les jours pour cela. A l’approche des matches on a peu les pieds qui grattent mais c’est normal. J’ai envie de jouer le maximum de matches. La saison sera longue, cela, va tourner mais faut toujours être à l’affût.

Vos premières impressions sur la ligue ivoirienne. ?

C’est chaud ! Toutes les équipes se valent à ce que je vois quand on regarde le début de saison du promu Sol FC D’Abobo par exemple. La SOA a été championne l’année dernière. En tant que promu, le Wac avait été vice-champion il y a quelques saisons. Rien n’est joué d’avance. Globalement c’est assez rythmé avec des matches intéressants d’un bon niveau pour passer un cap davantage.

En parlant de cap, vous avez déjà connu l’Europe mais vous repassez la case départ presque…

(Il coupe) Pas la case départ ! Je ne suis plus le même footballeur qu’à mes débuts. J’ai beaucoup appris de mes expériences en Suède et Irlande. Cela m’a fait grandir humainement et sur le terrain. Après,  dans une carrière tout se ne passe pas comme on veut. Il faut avoir le mental et repartir de l’avant parce que le foot n’arrête jamais à moins que vous abandonnez.

La sélection nationale reste dans un coin de  votre tête ?

Honnêtement ! Oui c’est un objectif. J’ai déjà connu les U20 et les A’. Le prochain niveau c’est l’équipe fanion. Je sais que ça parle de moi dans les médias et sur les réseaux notamment avant la Can comme sélectionnable. Je  suis fière d’être ainsi considéré. C’est le haut niveau, vous avez vu l’incroyable performance réalisée à la Can. Cela met la barre haute pour autre aspirant. Notre équipe progresse avec un coach qui travaille très bien. Si tu as la chance d’être convoqué il faut tout donner. J’attends mon heure c’est tout.

Entretien réalisé par Géraud Viwami

Can Egypte 2019 : Saturnin Allagbé « Ce n’est pas une fin en soi »

Après la défaite face au Sénégal en quarts de finale de la Can Egypte 2019 , le gardien des Ecureuils , Saturnin Allagbé s’est arrêté à notre micro en zone mixte. Extrait. 

 » On est des compétiteurs , quand tu perds un match , il y a de la frustration et de la déception. Même si personnellement on savait qu’on allait tout donner. On a essayé de tout donner , même physiquement. On a manqué de fraîcheur physique, jouer trois matches en dix jours. Cela pèse aussi. On n’a pas pu gérer nos occasions . On était en face d’une belle équipe sénégalaise avec de grands joueurs en face. Ils ont mis leur occase au fond , c’est ce qui nous a manqué.C’est une déception , la lutte continue. Sur les matches que j’ai joué , j’ai fais au mieux pour aider l’équipe. Ce soir je n’ai pas été décisif au moment opportun. Je suis frustré mais ce n’est pas une fin en soi. Je vais continuer à travailler dans mon club et quand la sélection aura besoin de moi, je serai présent  »

Propos recueillis par Géraud Viwami au Caire