Décembre 2009-2014 / 5 ans d’anniversaire : Bjfoot, la vraie histoire…

alodo sports et étoile d'agla soutiennent bjfoot.com
alodo sports et étoile d’agla soutiennent bjfoot.com

alodo sport soutient bjfoot!Durant ce mois de décembre, qui est celui de notre anniversaire, ou de nos anniversaires (5 ans de bjfoot.com, 10 ans de aubayskyblog.com), nous vous racontons notre histoire. Et espérons aussi vos messages !

C’est en 2004 que le premier blog actualisé quotidiennement sur le foot béninois a été créé. Le but étant, à la base, de sauvegarder sur internet des articles parus dans le journal pour lequel je travaillais. Des erreurs techniques sont survenues avec la suppression de fichiers (textes et photos) alors que j’avais des articles à publier. Suite à cela, j’ai donc commencé à me demander comment faire pour que n’importe quel collègue, par erreur ne supprime plus des fichiers, pour toujours. L’idée d’un blog a ainsi germé. La plate-forme n’a pas été facile à trouver. Pendant 3 mois, j’y ai réfléchi. Et enfin j’ai choisi skyblog. www.aubay.skyblog.com (aujourd’hui : www.aubay.skyrock.com ) est né en décembre 2014. Le premier article faisait le bilan de l’année des Ecureuils. Titre « Bilan 2004 de l’équipe nationale de football : Huit matches, 0 victoire : les Ecureuils au creux de la vague ».

C’était du « Tout info » avec comme sujet principal, les footballeurs béninois évoluant à l’étranger. Le blog avait donc une simple mission première : stocker des infos. Le but n’était pas forcément des visiteurs !

Mais après la Can 2005 des moins de 20 ans organisé par le Bénin, et mes premières apparitions dans les émissions tv Ortb en 2006, il n’était plus possible de priver autant de gens d’un accès illimité et permanent à des infos sur le foot béninois. Cette période de plus d’un an a marqué un tournant. Les visites ont commencé à s’accumuler et au fil des mois, et des années, de vraies relations se sont tissées avec les lecteurs assidus et sains. Beaucoup m’ont posé des questions et m’ont orienté et soutenu dans mon travail. D’autres ont fait autrement.

Les plus proches sont devenus Quentin Hoffmann, basé en France dans le temps… dont le pseudo « trogenti béninois » m’a marqué. J’ai donc commencé à échanger avec lu qui a découvert le blog grâce à Abou Maïga. Et puis, un jour, un étudiant béninois vivant au Maroc, Lookman a commencé à commenter les articles. Le Bénin allait jouer un match amical, sous Michel Dussuyer, contre le Maroc. Lookman et ses amis y étaient et m’avaient envoyé de nombreuses photos. Même si notre plan initial était de mettre les photos au fil du match, en live. Cet album-photos fut un franc-succès.

En 2009, alors que le blog est dans sa 5e année, Lookman va me proposer de passer à un format « site web ». J’avoue que comme beaucoup de lecteurs du blog, j’ai eu du mal à m’adapter à cette idée. Pendant 2 ans j’ai continué à alimenter les deux.

On a donc décidé du nom, du logo etc. Et www.bjfoot.com est né. C’était juste avant la Can 2010 en Angola. Les Ecureuils étaient en stage à Lomé et évidemment j’y étais. A coup de photos et d’articles, nous avons lancé le site et dans la foulée avec les premiers « live text » sur des matches des Ecureuils du Bénin. La Can 2010 a été une excellente rampe de lancement pour cette nouvelle aventure.

Et puis arriva Géraud. Sa connaissance de l’environnement du football a permis de maintenir un très bon niveau de couverture des événements même quand je me fais discret ou quand je suis occupé sur d’autres fronts. Géraud est aujourd’hui celui qui produit le plus d’articles sur le site, dans l’esprit bjfoot. Seul un activisme passionné peut permettre à nos sports béninois d’être exposés…Vivement que ça continue!

 

Pour accéder à 10 ans d’archives sur le foot béninois cliquez www.aubay.skyrock.com !

Le blog en date et chiffres : Création le 26/12/2004 à 13:35 – Total des visites : 149 113 visites (les visites ont continué depuis 5 ans malgré que bjfoot.com existe)

  • 5 230 articles – 1 822 commentaires

Photo: Aubay , lors de la réception du prix du meilleur journaliste de la presse écrite en en 2012

L’intégralité de la déclaration d’Anjorin

Cotonou le lundi, 29 juillet 2013
Béninoises, Béninois
Mes chers compatriotes,
Je vous remercie de bien vouloir m’accorder un peu de votre attention pour partager avec moi une décision d’une importance capitale.
Vous n’êtes pas sans savoir qu’à la Fédération Béninoise de Football, nous sommes en pleine campagne électorale dans la perspective du renouvellement du Comité Exécutif que je préside depuis deux mandats. Deux mandats marqués, comme vous le savez bien, par des hauts et des bas, par des turbulences de tous genres.
Mon propos ce jour ne sera pas d’aborder ni de parler de toutes les crises qui ont secoué ces dernières années notre football et à cause desquelles nos certitudes de progrès connaissent des coups d’arrêt particulièrement décevants et attristants.
La tristesse ici vient de la foi placée en nous par le peuple et surtout par le Chef de l’Etat, le Docteur Thomas Boni Yayi dont je saisis l’occasion pour remercier pour tout son soutien qu’il ne nous a jamais marchandé pour faire avancer le football national. La tristesse ici, vient de la déception du peuple, du Ministre des Sports, M. Didier Aplogan Djibodé et surtout du Chef de l’Etat et de son gouvernement qui ont toujours souhaité sans jamais la voir se réaliser, l’union sacrée des acteurs du football pour des performances dignes de leurs espoirs et espérances.
La période électorale que nous traversons en ce moment relance encore une fois, la guéguerre entre les acteurs. Une situation qui fait s’amonceler dans les cieux, des nuages des contradictions et des empoignades les plus redoutables.
L’une des illustrations de cette situation, c’est l’assemblée générale de mise en place de la Commission électorale qui s’est achevée dans des conditions qu’il ne me plait pas d’aborder ici. Ce qui est constant, c’est le fait que la Fifa nous ait rappelé à l’ordre. Une situation suffisamment préoccupante qui a amené le Ministre de la Jeunesse, des Sports et Loisirs à nous envoyer le 8 juillet 2013, une correspondance portant en objet, « les dispositions pour le renouvellement du Comité exécutif de la Fédération Béninoise de Football ».
Dans sa lettre, le Ministre a exprimé à juste titre, ses inquiétudes. Se référant à une lettre datée du 3 avril 2013 à nous envoyée par la Direction du Sport d’élite, il nous a reprécisé que « les services compétents de son département ont rappelé à notre intention que le mandat du Comité exécutif que je préside arrivera à échéance le 23 août 2013 et qu’ils nous invitaient par la même occasion à prendre les mesures nécessaires pour organiser l’assemblée générale élective dans le strict respect des délais prescrits par les statuts de la Fédération Béninoise de Football ».
Le ministre a poursuivi en disant ceci « A moins de deux mois du mandat où aucune information précise sur le niveau des préparatifs de l’assemblée générale élective n’est disponible, je voudrais également m’appesantir sur ce rappel qui vise à éviter à la fédération un vide juridique du fait du non renouvellement du mandat des instances dirigeantes à bonne date ».
Le ministre des Sports a terminé sa lettre en nous disant avec force que son « département ministériel se trouvera dans l’obligation de prendre ses responsabilités vis-à-vis de la Fédération Béninoise de Football si au lendemain du 23 août 2013, un nouveau Comité exécutif n’est pas mis en place conformément aux dispositions statutaires ».
Loin de considérer ce qui précède comme des menaces, je fais miennes les préoccupations du ministre Didier Aplogan Djibodé et je voudrais aujourd’hui devant vous, réaffirmer notre volonté d’organiser les élections à bonne date pour le renouvellement des instances dirigeantes de la Febefoot. Lesdites élections auront lieu à bonne date et je suis prêt à consentir tous les sacrifices nécessaires afin qu’elles se déroulent dans une atmosphère d’apaisement et de paix véritable.
Et si le retour d’une atmosphère apaisée doit passer par ma renonciation à rentrer dans la course à ma propre succession, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, je vous déclare aujourd’hui, la main sur le cœur, que je ne serai pas candidat aux prochaines élections.
Je laisse ouverte ma succession sans y participer en tant que candidat. Et pour donner la preuve de mon engagement dans ce sens, j’ai laissé la direction de la réunion du Comité Exécutif de la Fédération Béninoise de Football qui a eu lieu ce jour à Cotonou, à mon 1er vice Président. Je ne récupérerai la plénitude de mes fonctions qu’après la présente déclaration pour conduire à terme mon mandat, pas en qualité de président candidat, mais en tant que président sortant tout court.
Mon objectif ayant toujours été la promotion et le développement du football béninois je ne pense pas qu’il nous soit utile de continuer de nous affronter pour rien.
Je ne sais pas par quel alchimie cela a été possible, beaucoup de personnes qui déclarent aimer le football béninois, sont prêts à monter des coups fumants contre ce football parce qu’ils veulent abattre Moucharafou Anjorin. Il faut que ça cesse. Et pour que ça cesse, si cela va passer par ma renonciation à être candidat, je le répète encore une fois, je fais le sacrifice. Je ne serai pas candidat à ma succession.
Ne pas être le président de la Febefoot ne m’empêche pas de demeurer un officier de réserve sur qui le sport roi peut compter dans notre pays compte tenu de mon expérience accumulée depuis des décennies mais aussi et surtout de ma position dans les structures faîtières au plan continental et mondial.
Au moment où je suis en train de prendre une si importante décision, j’ai une pensée pour mes illustres prédécesseurs que je tiens à remercier pour tout ce qu’ils ont pu faire pour le sport national en général et le football béninois en particulier. De Norbert Imbs à Martin Adjagodo, c’est avec respect et déférence que je les remercie. Ils m’ont frayé le passage. En mettant les pieds dans les leurs, j’ai modestement apporté ma prière à l’édifice comme le fera la jeune génération qui prendra ma succession.
Vive la communauté sportive du Bénin !
Vive la famille du football béninois !
Vive le peuple béninois
Que Dieu bénisse le Bénin !
Inch’Allah !
Je vous remercie !
(source http://www.journauxdubenin.com/article/declaration-d-anjorin-moucharafou#sthash.XdHuTW2T.dpuf )

Amoros mis à l’écart par Anjorin

Au lendemain de la défaite des écureuils face à l’équipe nationale d’Algérie, nous apprenons la mise à l’écart du sélectionneur Manuel Amoros par le président de la FBF Anjorin Moucharaf. C’est Oumar Tchomogo et Jonas Bidé qui vont conduire les Ecureuils dimanche prochain a Bamako. La décision est intervenue en fin de journee à Porto-Novo, dans le camp de base des Ecureuils.

Manuel Amoros annoncé à la Js Kabylie aurait deposé, selon plusieurs sources, sa démission. Il réclamerait selon certaines sources, trois mois de salaires. Cette mise à l’écart pour un match de qualification à la CM est donc une aubaine pour le technicien francais qui pourra non seulement filer en Algérie, mais par la même intenter un procès contre la fédération béninoise auprès des institutions de la Fifa.

Préparation d’Algérie – Bénin du 24 mars prochain : Les Ecureuils en Arabie Saoudite puis à Oman : Pourquoi des sélections fictives ?

Ecureuils du Bénin, encore des errements…

 

L’équipe d’Oman encadrée par le français Paul Leguen a dominé les Ecureuils de Manuel Amoros 2-0 hier à Oman. Après l’Arabie Saoudite Espoirs en novembre, la sélection béninoise semble fan de ce genre de rendez-vous à la sauvette sans aucune préparation…

Aubay

« Tu n’es pas en forme ! Et pourtant, tu m’avais dit que c’était le cas quand avant le match je t’avais posé la question ! » Ces propos d’un technicien du staff national rapportés par un attaquant ayant pris part au voyage des Ecureuils bis à Ryad en novembre dernier illustrent bien la supercherie. La sélection béninoise se fait au téléphone désormais ! Une invention béninoise. On bat de nouveaux records avec pourtant deux sélectionneurs français… Manuel Amoros, malgré une carrière exceptionnelle de footballeur s’égare peu à peu dans les dédales de l’impréparation à la béninoise…Comment jouer un match amical à 5.000 kilomètres de sa base, sans aucun entraînement, avec des joueurs sans club et des locaux sans entraînement ? La question mérite d’être posée. A la sauvette, onze joueurs sont embarqués vers le Golfe arabe, via Lagos au Nigeria pour disputer un match tous frais payés. Là-bas, ils sont rejoints par quelques autres résidents en Europe, mais pas forcément en compétition. Après 5 mois sans boulot, c’est donc à ça que se sont confinés Nicolas Philibert et Manuel Amoros. C’est malheureux qu’ils acceptent cela. C’est encore plus inquiétant quand on sait que le prochain adversaire du Bénin est l’Algérie qui compte tellement de joueurs de qualité dans les championnats européens qu’on se demande si les Ecureuils ne sont pas déjà partis perdants. En 10 mois au Bénin, les deux techniciens français se sont bien tropicalisés, épousant des pratiques, qu’ils critiqueraient avec force conviction dans leur propre pays. C’est affligeant. Amoros conduisant une sélection senior face à l’Arabie Saoudite Espoirs ! Pendant que dans le même temps, la vraie sélection saoudienne jouait l’Argentine. Le Bénin n’est pas une sous-sélection parce qu’il accepte cette invitation. Mais le pays de Sessègnon devient une sélection sans zone quand il se présente sans entraînement avec une sélection de joueurs « amis » des coaches et qui finissent par perdre 0-3 contre des Espoirs.

Celui qui s’est battu pour obtenir les deux matches face à l’Arabie Saoudite et à Oman a pensé au match capital contre l’Algérie le 24 mars 2013 comptant pour la coupe du monde 2014. Ceux qui ont coaché l’équipe ont pensé à tout, sauf à ce match. Ils ont pris en compte d’autres paramètres. Des affinités. Sans plus. Et pourtant, ce sont là deux occasions de préparer le match de l’Algérie avec sérieux. Ils laissent passer ces opportunités alors qu’il n’y en aura plus d’autres avant le fatidique 24 mars à Alger. C’est dommage. Et pour un pays pauvre qui débourse 8 millions de francs Cfa par mois pour les deux techniciens, et les loge dans une villa de luxe en bord de mer, c’est cruel…

Aubay

 

 

Soccerex à Lagos : Ils parlent de l’événement

Babatundé Raji Fashola, Gouverneur de Lagos

« Accroître l’économie et le développement du football»

Le gouverneur de l’Etat de Lagos, son excellence Babatundé Raji Fashola a souligné que la firme organisatrice de l’événement, « Soccerex ouvrira ainsi Lagos comme une destination du football, et aidera à accroître l’économie et le développement du football local et dans la région.»

 

Seyi Akinwunmi, Lagos State Football Association (Lsfa)

« Deux sponsors majeurs décrochés… »

Seyi Akinwunmi tout en se réjouissant que l’événement crée des emplois au Nigéria, précise que le Séminaire de Lagos sera au moins jusqu’en 2015 un rendez-vous régulier chez notre voisin de l’Est.

« Nous avons permis à des personnes de se mettre en contact dès la première édition. Les légendes et les experts de l’industrie du football ont engagé des discussions franches, ce qui a été très instructif», relève le patron du foot de l’Etat de Lagos.

Il poursuit : « Nous avons déjà eu deux potentiels sponsors majeurs pour différents projets, ce qui pour nous est un début intéressant.»

«Nous sommes certains qu’après les 4 prochaines années, Soccerex placera forcément Lagos comme un pôle important du tourisme footballistique et de l’industrie global du football. Nous sommes sur la bonne voie », assure Seyi Akinwunmi.

 

Duncan Revie, le patron de Soccerex, firme organisatrice

«Bâtir un succès pour le développement du football à travers l’Afrique de l’Ouest »

Duncan Revie, le fondateur de Soccerex confie que le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, représente un marché à croissance rapide dont le potentiel  énorme pour l’industrie du football.

Il souligne : «il y a une énorme passion pour le football dans la région, mais l’industrie du football reste à développer et a donc besoin qu’on y apporte des formules modernes, tout en respectant les programmes nationaux de développement du football, et c’est là où, nous espérons être capables d’aider.»

«C’est une excellente plate-forme pour Lagos, le Nigéria et l’Afrique de l’Ouest. Un grand départ plein de promesses pour l’avenir.»

Le séminaire de Lagos a été un énorme succès. » Tout en remerciant le gouverneur de l’Etat de Lagos, il dira avoir ainsi « conclu un grand pacte pour le football ouest-africain et des amitiés durables avec des partenaires au Nigéria. En analysant l’affluence et le feedback, le séminaire de l’année prochaine sera plus grand et meilleur. Ce qui nous aidera à bâtir à terme un nouveau succès pour le développement du football à travers l’Afrique de l’Ouest», a-t-il conclu.

 

Sunday Oliseh, capitaine des Super Eagles au mondial 1998

« Je pense que la clé du succès est dans l’organisation et le développement structuré. Nous devons voir grand, poser des standards plus élevés parce que le football a évolué. La différence entre l’Europe et l’Afrique est que le développement du football en Afrique est basé sur le talent individuel. Nous devons trouver le moyen de mettre en place des programmes pour encadrer et faire progresser les footballeurs dès leur plus jeune âge.»

Réalisé et traduit de l’anglais par Aubay

 

Soccerex / Développement du football en Afrique de l’Ouest : Ce qu’il s’est passé à Lagos

Selon le site anglophone footballinsider, vendredi dernier, la capitale économique du Nigeria aura abrité un important événement du foot-business. Après deux jours passés à apprendre et comprendre, à établir des relations et à faire du foot-business, « nous sommes fiers d’annoncer que l’événement fut un énorme succès».

Selon les premières estimations 600 délégués étaient attendus au séminaire en comptant les autorités officielles, les membres de fédérations, des légendes du football, et plus de 40 marques parmi les plus prestigieuses au monde. Ces dernières apportant ainsi beaucoup d’opportunités pour développer de nouveaux contacts et relations d’affaires. Il y avait un taux de 75% de nigérians contre 25% de représentants de firmes internationales capables d’aider au développement du football en Afrique de l’Ouest, relève footballinsider.

Parmi les figures du football africain et mondial présentes, on peut citer le vainqueur du mondial 1998 et ex-joueur du Real de Madrid, Christian Karembeu et l’ex-défenseur ghanéen du Bayern de Munich, Sammy Kuffour. Les anciens internationaux nigérians Sunday Oliseh, Taribo West, Mutiu Adepoju, Samson Siasia et l’actuel sélectionneur des Super Eagles Stephen Keshi ont été parmi les invités présents qui ont illuminé l’événement.

Réalisé et traduit de l’anglais par Aubay

Afrique de l’Ouest : Lagos, carrefour du foot-business, quel part pour le Bénin ?

Le marché du foot n’est pas celui du ministère des sports à travers lequel l’Etat peut injecter des milliards sans retombées probantes. Il s’agit d’institutions, de structures et de transactions financières, de modèles économiques comme dans tout domaine où la rentabilité est calculable et réelle. A Lagos, on a parlé de développement du foot avec la crème du foot africain Continuer la lecture de « Afrique de l’Ouest : Lagos, carrefour du foot-business, quel part pour le Bénin ? »

Suite à la visite des experts de la Fifa à Cotonou : Athanase Bocco dénonce une démarche unilatérale

La conférence de presse tenu par Prosper Abéga et Primo Corvaro n’ont pas laissé insensibles, les alliés de Victorien Attolou, dont particulièrement Athanase Bocco, coordonateur des Requins qui réagit ici aux propos des mandatés de la Fifa et de la Caf. Entretien.

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Crise à la Fédération béninoise de football : La Fifa annonce la révision des textes

Primo Corvaro et Prosper Abéga , en mission à Cotonou au nom de la Caf et de la Fifa ont tenu une conférence de presse au Novotel. Comme substance de cette rencontre avec la presse locale on peut noter la  révision annoncée des textes de la Fédération  béninoise de football en vue des élections d’Aout 2013. 

Propos recueillis par Géraud Viwami

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Déclaration intégrale du Président de la Fédération béninoise de football

«  La situation de notre football n’autorise pas de discours, elle requiert plutôt une thérapie de choc.

Mais en pareilles circonstances, il est d’usage de lever un coin de voile sur les perspectives.

C’est à cela que nous allons nous atteler ici à travers une trilogie des R (Remerciements, Rassemblements et Rénovation).

Remerciements

–          Au Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du gouvernement qui a su prendre de la hauteur pour ne pas s’immiscer personnellement dans la crise que nous conjuguons au passé.

–          Au ministre de la Jeunesse, des sports et loisirs qui, préoccupé par le développement de notre football a crû devoir adopter la posture qui lui paraissait juste,

–          A l’endroit du tribunal arbitral du Sport en Suisse qui par sa décision du 13 septembre 2011 a davantage clarifié la famille du football dans le monde entier sur les relations entre la Fifa et les fédérations Membres de la Fifa,

–          A l’endroit des respectables institutions Fifa et Caf qui ont tout de même manifesté leur souci de voir la balle rouler au Bénin

–          A l’endroit du Cnosb qui s’est débattu comme il pouvait pour aider à une solution,

–          A toutes les fédérations sœurs qui nous ont soutenus pendant cette traversée du désert,

–          A l’endroit des anciens footballeurs qui n’ont pas lésiné sur les moyens pour tenter un arbitrage,

–          A tous les journalistes en général et aux journalistes sportifs en particulier qui n’ont ménagé aucun effort pour appeler au retour de la paix

–          A tous les anciens et actuels footballeurs de renommée internationale qui n’ont pas hésité à s’indigner de la violation flagrante des normes dans la gestion de cette crise,

–          A tous les supporters de nos différentes équipes qui ont su se contenir malgré leur passion

–          A l’endroit de toute la famille du football au Bénin sans exclusion aucune,

–          A cette dernière famille, nous rappelons que rien de bon ne se construit dans la désunion. Il nous faut nous rassembler, oui, nous rassembler sur la base de la justice et de l’éthique.

Rassemblement

« Ce n’est pas la victoire d’un camp sur l’autre, c’est la victoire du football »

La décision de la Cour d’Appel de Cotonou qui rappelons-le, n’a pas été saisie par nous, sonne le rassemblement. Ce n’est pas la victoire d’un camp sur l’autre, c’est la victoire du football.

Nul ne peut en effet se prévaloir de suffisamment de talent pour faire à lui seul décoller le football aussi bien chez nous au Bénin qu’ailleurs.

Chers amis du football, nous prenons ici, devant vous, en face du monde et devant Dieu le ferme engagement de ne poser aucun acte qui frise ce qu’on appelle « la chasse aux sorcières ».

Nous sommes convaincus, chers amis du football qu’il n’y a pas entre nous des sorcières pour qu’il y ait besoin de chasse.

Il y a de la place pour tout le monde et nous sommes à cet effet largement ouvert à toutes les propositions visant le retour à l’harmonie dans notre famille en vue d’une rapide rénovation de notre football.

Rénovation

Oui, il nous faut rénover. N’oublions pas qu’en 2009, notre football a connu une période novatrice qui a malheureusement cédé place à la crise qui elle aussi fort heureusement rentre dans l’histoire.

Chers amis du football, l’équipe que j’ai l’honneur de présider a été élue sur la base d’un programme auxquels vous avez massivement adhéré.

Plus de dix sept mois après cette élection, il est plus évident que les réalités ne sont plus les mêmes.

Nous allons donc faire très rapidement le tour du propriétaire en vue de sortir un chronogramme des actions à mener lequel chronogramme aura pour assiette bien évidemment notre plan d’action.

Chers amis du football, il y a certes une urgence à agir pour sortir notre football de sa torpeur mais il nous faudra comme le disait le défunt président chinois MAO TSE TUNG » agir en homme de pensée et penser en homme d’action ».

Fédération béninoise de football : Le football à la base comme priorité

(Dixit Victorien Attolou, président de la Fbf)

11h15, sur le perron du siège de la Fbf, Victorien Attolou entouré de son comité exécutif s’adresse, sans papier, au peuple du football…

Aubay

Une série d’hommages va débuter. Son père, ancien secrétaire administratif de la Fbf durant une dizaine d’années, puis son oncle, François, ancien arbitre international sont les deux premiers qui reçoivent ses hommages. Le nouveau patron du football béninois montre ainsi que les chiens ne font pas des chats et qu’il n’est pas un étranger dans le football.

Les anciens footballeurs défunts et tour à tour toutes les composantes du football béninois y passent. Victorien Attolou souligne la fin heureuse de la crise du football, mais rappelle tout de même que personne n’est sorti indemne de celle-ci. Il va alors en appeler au rassemblement dans la justice et l’équité, tout en précisant qu’aucune chasse aux sorcières ne serait engagée.

 

Arrêter le cirque et repartir à la base

« Une victoire par hasard et 2 défaites qui suivent », c’est le cycle qu’entend briser le nouveau patron de la Fbf. Ce cycle qu’il qualifie de cirque qu’il faut arrêter pour se consacrer à la préoccupation fondamentale : « le football à la base ». Et pour cela, le premier combat annoncé est celui des infrastructures.

 

77 communes, 77 terrains

Le nouveau défi est entendu. Le Bénin qui dispose de 77 communes devra avoir 77 terrains en pelouse synthétique annonce le nouveau président sous les clameurs des supporters présents.

 

Soulager l’Etat à travers le sponsoring

Pour finir, le président Attolou annonce que désormais la fédération béninoise de football développera « le sponsoring pour soulager les caisses de l’Etat.»

Loin d’un discours programme, cette adresse du président de la fédération béninoise de football est un prélude au chronogramme précis qu’il promet au peuple du football qui pourra ainsi suivre ses actes et ses promesses.

 

Fédération béninoise de football : Victorien Attolou et la carte de l’apaisement

 

17 mois d’attente et enfin décision de justice plus solide que les précédentes. Quels sont les réels enjeux aujourd’hui où la crise de la Fbf a rebondi vers un dénouement ?

Aubay

Les forces pacifistes doivent entrer dans la danse pour empêcher les faucons des deux camps de s’exciter. Le football c’est la passion et cela se ressent à tous les étages en général. Le gouvernement béninois, par la voix du ministère des sports avait décidé d’interpréter la décision du tribunal arbitral du sport pour ouvrir la voie à Monsieur Anjorin et son bureau coopté.

Les mois sont passés, et voici que la justice béninoise, pas celle de Lausanne en Suisse, vient ouvrir la voie à la prise de pouvoir de Victorien Attolou. Faut-il encore manœuvrer ? Au Bénin, tout est possible. Courant 2011, le tribunal de Porto-Novo avait déjà demandé à Monsieur Attolou et son bureau de prendre service. La police a été du côté du gouvernement, évidemment, et a protégé monsieur Anjorin. Cette fois-ci, la cour d’Appel a rendu une décision très claire et sans ambages.

 

Attolou, un tournant historique

Je me replace dans le contexte politique du Bénin il y a 22 ans. La conférence nationale a ménagé le sortant, pour favoriser les chances de réconciliation et d’alternance au sommet de l’Etat. Mathieu Kérékou sûr d’une retraite apaisée a laissé le pouvoir pacifiquement à Nicéphore Soglo. Nous en sommes là en fait dans notre football. Sans concession, sans amnistie, on sait que les faucons du camp Anjorin vont monter la tête à ce dernier, jusqu’au bout. Faire tourner en rond le pays, prendre en otage le foot, agiter la menace Fifa…pour gagner ou perdre du temps.

Quand on a raison, c’est difficile de rester patient, mais quand on a à faire à un groupe complexe d’individus, on doit avoir du tact et de la diplomatie. C’est l’obligation du vainqueur. Victorien Attolou a pu tenir de longs mois, avec anxiété pour attendre des décisions de justice. Je pense qu’il a beaucoup appris de ces attentes-là et qu’il sait manœuvrer en bon diplomate, bon rassembleur, pour obtenir gain de cause par finir. Il est l’une des clés de ce tournant. Son comportement et ses paroles pèseront lourds. Sa modestie habituelle est une arme face à tant d’entourloupes de ses amis d’en face. Les jours peuvent être très courts ou longs, mais au bout, seule la justice et le peuple béninois doivent être clamés comme vainqueurs. Attolou est come l’ange de la paix qui a fait un combat pour le peuple, il s’est montré jusque-là très digne des béninois, patients dans la souffrance et confiant en l’avenir. Il saura, à notre avis, prendre de la hauteur pour montrer qu’on peut diriger le foot sans être roublard pour deux sous et excité pour un oui ou pour un non. Quand la justice vous donne raison, vous êtes si fort que c’est votre calme qui fait peur à vos adversaires !

 

 

Décisions de justice et obligations du gouvernement

Notre justice a parlé. Mais cela ne s’appliquera pas par lui-même. Là commence le plus dur. Au-delà du football, d’autres considérations vont-elles venir pourrir encore plus l’ambiance ? La justice, si elle est appuyée par le gouvernement, peut ne pas avoir à rendre d’autres actes, des astreintes par exemple, pour faire appliquer sa décision. Le gouvernement béninois est donc face à une nouvelle responsabilité. La première pièce maîtresse de cette responsabilité demeure le ministre des sports et sa présentation des choses au Conseil des ministres. Didier Aplogan, à ce niveau, aura un rôle important, mais surtout difficile. Etre réaliste avec ses amis de plus de 20 ans en leur expliquant que la justice est un pouvoir à part, libre, et dont les décisions sont au-dessus du gouvernement. C’est difficile, mais tenable quand on est légaliste.

Aubay

 

 

 

Décision du TAS / L’analyse du camp Attolou aux antipodes de celle du ministère des sports

 

Nous vous proposons l’analyse de la décision du Tas telle que proposée par le camp Attolou. Vous y comprendrez pourquoi l’heure de la négociation semble encore loin d’être venue. L’analyse du camp Attolou, partie au procès – il ne faut pas l’oublier – étant aux antipodes de celle du ministère des sports, qui n’est pas partie au procès.

« En rejetant la demande reconventionnelle de la FIFA tendant à ne pas reconnaître la qualité de représentant de la FBF à Monsieur ATTOLOU Victorien, le Tribunal Arbitral du Sport a décidé qu’il a bel et bien la qualité pour agir pour le compte de la FBF.

S’agissant de la nature de la mesure contestée, les parties se sont opposées vigoureusement devant le TAS.

Pour la FIFA, cette correspondance ne constitue pas un acte décisionnel, justifiant ainsi l’irrecevabilité de l’appel.

Pour la FBF représentée par Monsieur ATTOLOU, au contraire, la correspondance constitue bien un acte décisionnel de non reconnaissance des nouvelles institutions de la FBF. Il ne peut en être autrement, car au regard de la définition donnée par le TAS conformément au droit suisse des associations, cette correspondance a modifié la situation juridique du Comité Exécutif présidé par Monsieur ATTOLOU depuis l’assemblée générale du 4 février 2011.

En réponse, le Ministre par sa correspondance n°0083/MJSL/DC/SGM/ DSE/ SP-C du 08 février 2011 a pris acte de la tenue de l’assemblée générale du 4 février 2011, mais a dit qu’il attend la décision de la FIFA pour opiner.

Dès que le contenu de la lettre du 15 février 2011 est rendu public, le Ministre qui, par une précédente lettre en date du 27 décembre 2010, invitant au respect de l’article 41 des statuts de la FBF, avait fait savoir que le Directeur Exécutif est désormais son seul interlocuteur jusqu’à l’assemblée générale élective, a révisé sa position pour ne reconnaître que ANJORIN Moucharafou, comme interlocuteur et président légitime de la FBF comme cela est écrit dans ladite lettre. En conséquence, la crise s’est accentuée et la situation est devenue plus tendue.

Au finish, le TAS a pris fait et cause pour la FIFA en déclarant que cette lettre du 15 février 2011 n’est pas un acte décisionnel pouvant lui permettre de se pencher sur le fonds de la requête de la FBF représentée par Monsieur ATTOLOU Victorien. Par conséquent, il conclut à l’irrecevabilité de l’appel.

Il découle de cette décision trois observations:

– La question de fonds relative aux immixtions intempestives de la FIFA dans les affaires internes des Fédérations membres, violant ainsi leur indépendance, demeure entier;

– Toutes correspondances provenant de la FIFA, en dehors d’une décision du Comité Exécutif de la FIFA, ne doivent plus être considérées comme acte décisionnel, imposable aux membres, car elles ne sont pas attaquables devant le TAS au cas où elles seraient contraignantes pour l’un de ses membres;

– La lettre du 15 février 2011 relative à la non-reconnaissance du Comité Exécutif dirigé par Monsieur ATTOLOU, étant remise en cause par la FIFA elle-même, cela veut dire simplement qu’il n’existe aucun autre acte qui conteste la légitimité dudit Comité Exécutif. La décision du 3 mars 2011 n’en a pas fait cas. Cette décision n’est rien d’autre que des recommandations  conditionnées. Elle n’est pas du tout impérative. De plus, aucune décision de la FIFA n’a confirmé le bureau des 12 cooptés.

En conclusion et au regard de tout ce qui précède, il paraît illusoire de penser que la FIFA était dans son droit en proposant le processus qu’elle a ordonné entre décembre 2010 et avril 2011.

(…)Le seul Comité Exécutif légal et légitime à ce jour est celui issu de l’assemblée générale extraordinaire du 4 février 2011.Toutefois, dans un souci d’apaisement de la situation, une nouvelle assemblée générale extraordinaire élective pourra être organisée.»

Formation/ Right To Dream au Ghana : 4 jeunes béninois immergés dans une académie de haut niveau

Abdou, ce jeune béninois aura peut-être la chance d'être formé par une aussi prestigieuse académie

 

 

C’est à Old Akradé, petit village sur les bords du lac artificiel volta que 4 jeunes footballeurs béninois âgés de 12 à 15 ans, élus parmi 1200 autres supervisés, découvrent le haut niveau de demain. Les yeux pleins de rêves dans le centre de formation Right to dream au Ghana, ils ont deux semaines pour s’imposer.

Aubay

Abdou, le plus jeune âgé de 12 ans, tente une accélération avec à ses trousses quelque 4 défenseurs…Il se procure deux coups francs dans ce premier match sous une pluie battante. De loin, ceux qui l’ont détecté à Cotonou pour ce stage de deux semaines l’observent. D’autres membres du staff aussi, pour confirmer ou non le potentiel du jeune béninois. Comme lui, Raphaël, Firas et Nicolas se débattent comme ils peuvent. Seulement 24 heures sont passées depuis leur arrivée et déjà, ils en sont plus loin qu’aux premières repères, malgré la barrière de la langue. Et pourtant…

Dimanche soir au moment d’intégrer le campement à Cotonou avant le départ très tôt lundi, les visages étaient tout aussi serrés que les cœurs. Quelques larmes, quelques sourires figés échangés avec leurs parents, et c’est la séparation pour deux semaines. Ces « trialists » (mis à l’essai) comme on les appelle dans l’académie vont dîner en compagnie d’Abraham Quenum, leur guide du moment afin de prendre des forces pour la nuit. Elle fut courte. Le petit malin Abdou, va réveiller tout le reste du groupe jurant au nom d’Allah qu’il est 5h30. La télévision affichera 3h30 du matin. Pas grave, racontent-t-ils plus tard dans le véhicule qui les emmène à Lomé. Leur nuit de sommeil, ils la rattrapent dans le véhicule, couchés les uns sur les autres. Ils ont fait connaissance, très rapidement. Quelques heures passent, et autour d’un jeu de cartes, ils vont se taquiner comme de vieux copains…le temps d’attendre le bus de l’académie qui viendra les chercher à la frontière pour les emmener quelque part, si loin de chez eux. Le trajet de 3 heures ne les perturbe pas tant que ça, car dans ce bus de 32 places mis à leur disposition, ce n’est pas l’espace qui manque pour dormir.

 

Sur les bords du lac Volta

Le lac Volta, le plus grand lac artificiel du monde, s’étend du Barrage d’Akosombo au sud-est du Ghana jusqu’à la ville de Yapei à 520 kilomètres au nord. Ce lac produit de l’électricité, permet le transport fluvial, et est une ressource potentielle pour l’irrigation et la pisciculture. Au fin fond d’un petit village, Old Akradé, leur seul repère sera le foot ou presque. Akossombo n’est pas loin, les belles pelouses de l’académie non plus. A Cotonou, le nom Akossombo est aussi celui d’un pseudo-quartier tout près du stade de l’Amitié où ces quatre jeunes ont été finalistes des détections. Akossombo rappelle les barrages hydroélectriques situés au Ghana et qui alimentent le Bénin et le Togo. Une histoire d’énergie électrique entre le Ghana pourvoyeur, et le Bénin, consommateur depuis des décennies. Le chemin emprunté par l’énergie électrique n’est pas celui du foot, c’est sûr !

Dans ce village loin et calme commence, ou se concrétise une partie de leur rêve de jeunes footballeurs. Joe Mulberry les appelle par leurs prénoms respectifs. Le « head of recruitement » de l’Académie Right to Dream au Ghana est physionomiste on doit dire. 10 jours sont passés, mais avec leur talent, les quatre jeunes béninois ont marqué des points on dirait. Il va falloir désormais concrétiser le rêve, être plus forts que les pensionnaires du centre ou tout au moins tutoyer leur niveau pour espérer rester au-delà des 2 semaines d’essai. «  To be exceptional » (être exceptionnel) comme ils le disent entre membres du staff. Le compte à rebours est lancé, paré sur 2 semaines. Et comme c’est le cas depuis leurs détections dans leurs quartiers respectifs, tout va vite. Ils sont accueillis très chaleureusement par leurs pairs et installés par tout le comité de gestion. Tout cela en mode accéléré, car la première séance d’entraînement débute dans moins d’une heure !

 

Deux semaines pour convaincre tout le staff

Tour à tour, tous les « patrons » du centre vont se succéder autour de la pelouse pour voir ces premiers jeunes béninois qui foulent le sol de l’académie Right to dream au Ghana. Ils apprécient, mais espèrent bien plus encore. Pour les 4 jeunes footballeurs, l’avenir se joue ici et maintenant. La suite, c’est un bon plat de riz à la ghanéenne qui le raconte ! Abdou écoute à peine le speech de Joe Mulberry qui présente Harry, chef de dortoirs. Les autres suivent et posent quelques questions traduites en anglais. Raphaël a froid. La fatigue ? Le mal du pays ? Il assure que non ! Le premier dîner fini, avec le programme du lendemain enregistré, ils vont filer en rang avec leurs nouveaux copains vers leurs nouveaux lits.

Au deuxième jour, bien loin de Tankpè (dans la commune de Calavi voisine de Cotonou) et de la terre rouge, la belle pelouse attend le jeune Firas. Dans son groupe d’âge, Abdou essaye de rester concentré sur ce bon terrain qui ne lui rappelle pas celui de Gbégamey à Cotonou. Raphaël et Nicolas de l’autre côté semblent plus alertes en cette deuxième séance avec leur groupe. La séance du matin semble plus intéressante, le match de l’après-midi sera leur premier vrai test. Bienvenue au haut niveau !

 

Encadré

Ils ont réussi, ils doivent des points à la communauté !

Le centre est gratuit. Tant le cursus scolaire validé et certifié par le très respectable Cambridge que l’académie de foot. La seule chose que vous devez à la communauté à la fin, au bout du succès, ce sont des points. Dans la peau du guide, c’est Joe Mulberry qui nous fait visiter les installations et nous raconte les belles histoires des gamins issus de milieux défavorisés qui se sont exportés. Les bourses d’études aux Etats-Unis et en Angleterre, les contrats professionnels en Finlande, Norvège, Suède, Angleterre pour les meilleurs en foot. En huit ans, ils sont plus d’une trentaine à s’exporter. Joe explique avec son anglais « so british » (si britannique) qu’un pensionnaire du centre cumule en fait des points au fil des années de formation. Chaque enseignement qui lui est donné est un point qu’il reçoit suivant des critères précis. Une sorte de dette envers la communauté. Il va lui falloir solder son compte une fois ayant réussi par le biais du centre à trouver sa voie.

Supposons qu’un joueur qui réussit en Europe sa carrière revienne en sélection nationale : il aura ainsi fait une belle action au service de l’Afrique. Il peut donc se voir retrancher 100 points de sa « dette globale » vis-à-vis de la communauté. S’il offre des livres à un orphelinat, il se verrait retrancher encore des points, le but étant de ramener le compteur global de sa dette à zéro. Ceci afin d’être quitte vis-à-vis de la communauté et de l’académie qui l’a formé pour soutenir le développement de l’Afrique, sa terre d’origine. Cette noble philosophie est l’essence même de la création du projet Right to dream. Elle résume à elle seule les raisons de la réussite de nombre de pensionnaires dans un centre où même les meilleurs qui s’apprêtent à filer dans des clubs de premiers plans en Europe gardent les pieds sur terre et la tête pleins de rêve pour l’Afrique de demain.

Aubay

 

 

 

Special: Au coeur du financement du football béninois et de la gestion des clubs

Au cœur du mal-être du football béninois…Qui finance et qui en profite?

Le football béninois, malgré l’argent de l’Etat et des sponsors, malgré les efforts de bonnes volontés qui aiment  le sport-roi, piétine et est englué souvent dans les question  de gestion non transparente et de luttes intestines à la fédération A cela, il faut ajouter,  l’intrusion tyrannique  et protectrice de certains hommes par  la FIFA, les incohérences d’intérêts de ceux qui dirigent le football  au détriment  du progrès des clubs et des joueurs. L’argent et le pouvoir, affolent  les esprits  des dirigeants,  alors que le football béninois a plus que jamais besoin de financement adapté,  des hommes compétents,  soucieux avant tout de la modernisation,  de la rationalisation et de la moralisation du secteur. Au cœur du mal-être du football béninois…

La Ligue du football pro, les subventions et l’endettement

Faire du football professionnel avec une élite réduite (10 ou 12 clubs vue la taille et les moyens), c’est le vœu de la Fifa qui entend rendre rémunérateur et mieux organisé le football en Afrique. Le Bénin, dans cette droite ligne s’est lancé en 2009. L’Etat a créé le cadre en imposant 50 millions (80 mille euros) comme caution bancaire aux clubs de Ligue1, et 30 millions de francs Cfa (50 mille euros) aux clubs de Ligue2. La machine est lancée avec un mécénat prononcé. Sébastien Ajavon a pris la tête de la ligue du football professionnel avec pour ambition la recherche de sponsors et la viabilisation des clubs. Après une saison et 3 quarts. Nous nous sommes procuré des chiffres. Et tout le monde sait qu’en général au Bénin, c’est compliqué d’avoir de vrais chiffres !

Première saison (dépenses et recettes)

Dépenses

Subventions directes aux clubs de Ligue1

14 x 15 millions par clubs de Ligue1 (3 clubs ayant eu 25 millions) = 240 millions F.cfa

Les fonds alloués aux clubs de Ligue2 sont indisponibles

Ortb / Production et diffusion des matches

48 millions de francs Cfa

Apport de la Fédération et du sponsor officiel

Fbf (arbitres et officiels): 44 millions

Sponsor – Moov : 125 millions

Dette : 119 millions fcfa

A la fin de la saison, le bilan certifié après un audit interne a été voté à l’unanimité par tous les clubs.

Deuxième saison (en cours)

Nous nous sommes procuré des chiffres que les clubs eux-mêmes n’ont pas encore.

Apports (Fbf, Moov, Cajaf) = 220 millions fcfa

Sponsor-Moov : 140 millions

(Payés en deux tranches – Reste : 60 millions pour la Ligue1 et 70 millions pour la Ligue2)

Cajaf Comon : 50 millions

Fbf : 30 millions

(Une baisse de 31% par rapport à la première saison)

Dépenses (273millions environs)

Subventions directes aux clubs de Ligue1

14 clubs x 8 millions = 112 millions fcfa (- 10 millions pour 2 clubs)

Les Dragons ayant porté des maillots non-officiels a reçu une pénalité et s’est donc refusé de toucher les subventions.

Tonnerres Fc ayant eu des sanctions la saison écoulée suite aux échauffourées sur le stade de Bohicon face à Soleil a refusé de toucher les subventions. Ceci par peur de se voir déflaquer les amendes.

Subventions directes aux clubs de Ligue2

12 clubs x 5 millions = 60 millions fcfa

Ortb = 12.millions500mille

2 jeux de maillots par clubs de Ligue2

12millions140mille

Frais d’organisation des matches

5millions100 mille x 17 journées = 86 millions700mille

Dette : 52 millions

Quelques indications

Ce point n’intègre pas la pose des grilles de sécurité sur les stades de René Pleven à Cotonou, Goho à Abomey, Stade municipal de Djougou et stade de Parakou.

Les rémunérations : le directeur administratif selon nos sources reçoit des indemnités pour les déplacements et la communication (environ 500 mille francs cfa par mois). Trois autres membres du conseil de gestion reçoivent chacun la moitié de ce montant. Is sont employés à plein temps.

Le fonctionnement mensuel de la Ligue étant de 4 millions f.cfa, autant dire que l’activité est menée à perte pour le moment…

Peut-on financer le football professionnel avec des subventions ?

Mécène, sponsoring (merchandising), subventions de l’Etat, des instances faîtières et transferts de joueurs. Voilà les sources principales de financement des nouvelles entreprises qui se créent peu à peu dans les pays en voie de développement. La jeunesse fait 65% et on aurait tort de croire que le football ne peut pas être rentable. Sa popularité même est sa première source de rentabilité.

Mais dans un pays où l’argent public a tourné la tête à la majorité des acteurs du football, avoir un club devient une occasion de penser vivre au crochet des subventions destinées aux joueurs. Même les clubs soutenus par des hommes d’affaires apparemment aisés se laissent aller à ce mode de pensée. Les subventions sont en général inférieures à 20% des budgets dans le meilleur des cas.

L’Etat entre la bulle « Ecureuils » et le financement des emplois locaux

Le championnat était inexistant au début des années 2000 quand Mathieu Kérékou et son gouvernement ont compris que le football méritait une attention. Que s’est-il donc passé ? Les fonds destinés au sport sont allés directement vers l’entretien de la bulle « Ecureuils » naissante. Les trois glorieuses ont suivi : première participation à la Coupe des nations (2004), organisation et médaille de bronze de la Can juniors (2005) et coupe du monde juniors aux Pays-Bas (2005). Depuis, Kérékou a cédé le pouvoir à Yayi et l’Etat a poursuivi ses folles dépenses au nom de la diplomatie ! 10 milliards de francs Cfa (15 millions d’euros) en 5 ans. Même l’Etat français n’a pas mis autant dans les Bleus.

Pendant ce temps, 9 ans sont passés sans que l’Etat n’investisse le moindre franc dans l’animation interne du football. Les clubs et les joueurs sont donc devenus des instruments orientés vers la bulle « Ecureuils ». Les réseaux se sont développés pour assurer aux joueurs locaux la promotion en maillot jaune de la sélection, seul moyen de glaner quelques sous.

Aujourd’hui, la crise met à nues les pratiques peu orthodoxes. Les affaires éclatent et le football interne, entre-temps organisé en Ligue professionnelle devient une entité dont la voix porte.

L’Etat ne peut plus continuer à faire semblant d’ignorer les employés du foot local au profit des expatriés-ambassadeurs majoritairement surévalués du point de vue du talent.

Quand les clubs professionnels roulent à perte faute d’organisation…

On peut être homme politique sans avoir appris la politique dans une université. L’instinct guide et parfois peut perdre. Dans le football professionnel, la passion et l’argent dont disposent les présidents de clubs font des merveilles dans bien des cas, tout en montrant leurs limites dans d’autres. Les structures sont à mettre en place et l’organisation à améliorer.

Passage du statut d’association à celui de société

Des amis se mettent ensemble et décident de créer ou de gérer un club existant. Ils y mettent leurs économies, pour le plaisir. Ce schéma est vieux et dépassé dans le contexte actuel. Le passage au professionnalisme demandé et puis exigé par la Fifa en Afrique oblige les amoureux du football de voir les choses autrement. Les clubs dans leurs anciens schémas ont donc quelques années, 5 au plus pour devenir de vraies sociétés. Ceci obligerait les membres des bureaux directeurs à comprendre que les recrutements fantaisistes de joueurs sans talents et donc non rentables à terme sont des opérations ruineuses.

Même dans un petit pays aux ressources limitées comme le Bénin, les clubs peuvent être professionnels, car le tissu économique est suffisant. Il reste le cadre légal à améliorer, et les mentalités à réformer pour y arriver.

Mécènes, sponsors et la logique de rentabilité

Roman Abramovic est à Chelsea ce que feu Robert-Louis Dreyfus était à L’Olympique de Marseille : un mécène. Ce sont des mécènes certainement comblés la plupart du temps, car ces clubs remportent des titres et sont populaires. Au Bénin, Valère Glèlè, Mathurin De Chacus et bien d’autres prennent le risque de devenir président de clubs non rentables, car mal gérés et surtout non sponsorisés. Le mécène en arrivant dans le sport ne saurait être un bailleur éternel. Au fil des années et des dépenses, les millions engloutis font mal et parfois le mécène se découvre d’autres talents dans le football. On a connu le cas de Séfou Fagbohoun qui dans les années 1980 avait porté très haut les Dragons avant de s’éclipser, refusant toute ambition politique dans le football.

L’étape du mécénat doit être dépassée au bout d’un certain nombre d’années pour passer à un stade mixte mécénat-sponsoring. Et enfin au niveau professionnel pur et simple. En dehors des clubs Aspac et Mogas appartenant à de grandes sociétés d’Etat, et ayant donc un sponsor-titre fixe, Tonnerres Fc de Bohicon semblait sur la bonne voie. En termes de régularité au niveau des résultats, le club du Centre du pays, avait le vent en poupe. Mais le cap des infrastructures, des structures, du sponsoring et des transferts internationaux n’a pas vraiment été passé. C’est là où le football peut devenir une activité bien ruineuse.

La logique de rentabilité est liée au sponsoring et surtout au placement en Europe de joueurs de talents détectés en amont. Ceci implique un projet sportif qui au Bénin met du retard au niveau des différents clubs.

Structures unipersonnelles et absence de politique de recrutement

La plupart des clubs sont financés par un petit groupe de personnes qui tirent leurs fonds d’activités non liées au football. De fait, ces personnes deviennent les « demi-dieux » autour desquels gravitent des courtisans. Ces derniers souvent sans emplois décents ou à rémunération correcte, se donnent corps et âmes pour la gestion quotidienne des clubs. Malheureusement, ce schéma de gestion des clubs professionnels ne respecte pas les exigences de structures professionnelles tout court, encore moins de structures de clubs professionnels.

On constate trois niveaux différents dans la gestion des clubs au Bénin. Les bailleurs. Les administratifs et les courtisans. Et enfin les techniciens. Ces derniers sont souvent exposés au bon vouloir des seconds qui sont essentiels dans leur recrutement. C’est la source des conflits dans les systèmes où l’entraîneur n’est pas le patron des recrutements. Ce faisant, les politiques de recrutement ne sont pas définies, ce qui amène le club à perdre beaucoup de bons éléments d’une saison à l’autre. Illustrons cela par le cas des Dragons qui à la fin de la saison dernière ont dû perdre quelques 5 internationaux, sans compter les autres bons joueurs laissés sur le carreau. Le club a manqué évidemment de suivi au plan technique et les investissements deviennent des dépenses à perte. Le coach belge recruté a filé à l’anglaise en début de saison et emporté avec lui les espoirs de transferts des meilleurs du club.

C’est en cela qu’on se pose des questions sur les différentes formations initiées par la Fifa. Elles sont souvent à l’endroit des présidents de clubs souvent peu compétents au départ pour gérer des clubs. Les vrais gestionnaires des clubs étant souvent laissés sur le carreau dans le cadre de ces formations. Au bout du rouleau, les pratiques changent peu malgré les formations. Les rôles sont souvent peu définis.

Le football professionnel ne saurait se bâtir sur des subventions publiques ou associatives. Il est une entreprise qui se gère comme toutes les autres. En Afrique noire, c’est encore difficile de le penser et le réaliser. Le chemin est long. Bien long.

Quid des cellules de recrutement ?

Les coachs qui coupent les salaires des joueurs, les dirigeants qui recrutent les plus offrants. La base technique des recrutements dans nos clubs professionnels est faussée. Les cellules de recrutement n’existent pas vraiment, car les courtisans sont nombreux autour du club. Du coup, les transferts ou arrivées de joueurs peu fructueux sont légions.

Le système se retrouve pris à son propre piège. Les dirigeants se surprennent que leurs joueurs ne « voyagent pas en Europe » comme ça se dit souvent. Les raisons sont là. Têtues. La mauvaise gestion des recrutements et de la détection est incompatible avec le haut niveau européen.

Ecureuils face à la Côte d’Ivoire : Ce qui a manqué

 Quand on perd, on doit éviter d’être fataliste. Analyser froidement la défaite permet de mieux comprendre et d’avancer. Ceci n’est pas le rôle des dirigeants, car trop politiques, encore moins celui des coaches, trop souvent braqués contre les analyses.

A Accra, les Ecureuils ont donné l’impression de défendre un match nul après avoir pris l’avantage et concédé l’égalisation face à la Côte d’Ivoire. Le score 2-1 est flatteur pour le Bénin qui n’aura pas eu la moitié des occasions ivoiriennes. Les Ecureuils dans ce match avaient de quoi prendre le dessus ou jouer le nul.

La préparation : guerre de listes, joueurs absents

Entre la guerre des listes, les conciliabules et les crocs-en-jambes, le Bénin a pris tout le temps pour jouer dans les couloirs du ministère un match qu’il fallait préparer sur le terrain. Mardi 22 mars à quelques jours du match, Denis Goavec le sélectionneur sous contrat et Fortuné Glèlè, officiellement adjoint étaient encore devant le ministre Modeste Kérékou pour s’entendre sur la liste à établir. Soutenu par des cadres du ministère, Moucharafou Anjorin parvient à contraindre le ministre à choisir Glèlè. Le passage en force est réussi, mais les jours ont passé et Goavec avait pourtant anticipé en débutant deux semaines avant le match, un stage avec les locaux laissés sans compétition en raison de la trêve imposée par la crise.

Le groupe n’a été au complet que jeudi, le sélectionneur adjoint attendant encore Omotoyossi et Louté qui manquaient à l’appel et qui n’arriveront jamais. Dans ce groupe, certaines présences sont injustifiées et surtout politiques. Celle de Mouri Ogunbiyi, convalescent en club et arrivé malade est surprenante. Le plus incisif des Ecureuils de ces 10 dernières années est resté spectateur, et bien utile. Sa place aurait pu servir à quelqu’un d’autre.

Les locaux convoqués ne sont pas les meilleurs

Daniel Lanignan, Seidou Barazé, Kenneth Odilo et Arnaud Séka ne sont pas chacun à leurs postes, les meilleurs du pays. Les raisons de leur présence sont à aller chercher ailleurs que dans la conception technique de la liste. Ces joueurs ont cessé depuis deux mois toute compétition. A ceux-ci s’ajoutent Mohamed Aoudou qui a pris de l’étoffe jusqu’en 2010 (deux buts miracles face au Mali et le Ghana en 2009) avant de commencer à replonger depuis son retour au pays. Et Fousséni Lazadi, un des meilleurs latéraux du pays, mais qui depuis 6 semaines n’a pas joué de match. Comment comprendre alors que ces joueurs-là aient été choisis au profit d’autres ? La crise. La scission du football béninois et la cristallisation des positions a vu Fortuné Glèlè choisir des seconds couteaux. Le coach snobe ainsi Salomon Junior, défenseur international régulier en sélection depuis 3 ans, titulaire à l’Aspac et qui une semaine avant ce match face à la Côte d’Ivoire était en Tunisie face à l’Espérance. Les cas de William Dassagaté meneur de jeu de l’Aspac en Tunisie en ligue des champions et encore de Fadel Suanon, actuel meilleur buteur du championnat sont édifiants. Si Lanignan sélectionnable, c’est que Suanon l’est 3 fois ! Mais au-delà de la liste, ce sont les choix tactiques de Fortuné Glèlè qui ont surpris.

Boco-dépendance, cas Adénon, Johnson et Lazadi

Coaching hésitant et minimaliste

C’est l’image de Fortuné Glèlè en train d’échanger avec Khaled Adénon abords de la surface de réparation la veille du match qui me vient à l’esprit. J’aurais tant donné pour connaître ce secret de vestiaires ! Le sort du match et donc la défaite des Ecureuils ont pu se jouer en ce moment-là.

 Pour tout comprendre, il faut remonter à plusieurs années. Khaled Adénon lors de ces débuts avec l’équipe première de l’Asec jouait en position de latéral droit. Depuis, il a grandi et pris son poste dans l’axe. En sélection, il y a toujours joué. Mais seulement voilà, dans le football les sacrifices sont légion. Fortuné Glèlè a manqué de poigne, il a hésité à s’affirmer en tant que patron de l’équipe en laissant aux joueurs le luxe de croire qu’ils pouvaient s’imposer à lui. Adénon devait débuter ce match comme latéral droit, Reda Johnson s’occupant du match sur Drogba. Cela aurait changé la configuration de notre défense. Lazadi étant trop juste et en manque de compétition pour être exposé à ce niveau-là. Glèlè a eu raison de lui dire qu’il ne lui reprochait pas grand-chose !

4-4-2 : Un échec

En attaque, le Bénin a joué avec deux joueurs en pointe. Depuis 5 ans, je n’ai pas vu ça ! On a perdu en récupération ce qu’on espérait gagner en attaque. C’est un échec. Poté était transparent, et Aoudou trop léger physiquement. Résultat des courses, ils totalisent à eux deux, 2 tirs dans le match. C’est une honte. Fortuné Glèlè aurait gagné à densifier son milieu de terrain, i à faire jouer Sessègnon en électron libre comme meneur de jeu. Nos contre-attaque auraient dangereux et notre défense ainsi soutenue par 5 milieux au lieu de 4 allait souffler. C’est une question de repère, les joueurs étant moins habitués à jouer avec deux avants-centre. Cette paire ayant eu du mal à se coordonner. Même lors de la mise en place tactique, les deux n’étaient pas dans cette configuration.

On ne saurait vider ce bilan technique sans parler de Bemenou. Il a eu sa chance sur un plateau, car ses parrains ont su évincer Djidonou, Alla et encore Allagbé. Il a su se faire respecter, même si l’essentiel était de ne pas encaisser. Difficile face à Drogba. Enfin, il lui faut de la concurrence pour qu’il s’impose en toute clarté. Et quand je parle de concurrence, je pense à mieux que Kenneth Odilo !

Aubay

Afrique de l’Ouest / Anouma versus Adamu & Anjorin : l’effet boomerang

 

Jacques Anouma réélu au sein du comité exécutif de la Fifa succède à lui-même pendant que l’Algérien Mohamed Raouraoua remplace le nigérian Amos Adamu accusé de corruption dans l’affaire d’attribution des coupes du monde 2018 & 2022. Jacques Anouma a dirigé l’Union des fédérations ouest-africaines de football (2004 – 2008). Mais en pleine ascension institutionnelle, l’ivoirien a été stoppé net par une assemblée générale extraordinaire. Un coup de force « légal » entériné par une assemblée générale de consensus suscité par une décision de la Caf.

Jacques Anouma a transmis à son successeur tous les états financiers et moraux de l’association il y a quatre ans. Sans solder les comptes personnels vis-à-vis de ceux qui l’ont évincé, Jacques Anouma s’est retiré durant 4 ans. Pendant ce temps, l’ivoirien a démontré par les résultats des Eléphants, deux fois qualifiés de suite en coupe du monde (2006 & 2010), qu’il était un leader important de l’Afrique de l’Ouest.

La crise de l’Ufoa qui a éclaté en 2007 précédait de peu la campagne électorale à la Caf (2009). Malgré ses déclarations tendant à expliquer qu’il n’était pas candidat, les suspicions étaient fortes. L’axe créé par Amos Adamu et soutenu par Moucharafou Anjorin n’a pas raté l’occasion de l’affaiblir pour lui succéder. Le temps est passé, l’eau a coulé sous le pont et les deux « ex-puschistes légaux » ont connu des fortunes diverses.

Les deux ouest-africains déjà élus à la Fifa en 2006 pour l’exercice 2007-2011 avaient tu leurs divergences. Mais c’est le nigérian Amos Adamu qui va passer à la trappe quand il se fait piéger par les reporters de la Bbc se faisant passer pour des lobbyistes pro-candidatures américaine ou anglaise.

Après appel, le nigérian voit sa sanction maintenue (3 ans plus une amende de 10.000 franc suisse). Evincé de la fédération nigériane en 2010, n’étant plus à la Fifa, Amos Adamu apparaît au bout de 4 ans comme l’homme qui a laissé le plus de plumes. Affaibli, ses ennuis déteignent sur ses amis, notamment le béninois Anjorin qui a échoué (19 contre 53) à l’élection au sein de la Caf.

L’axe Cotonou-Lagos épaulé par Issa Hayatou a pris un coup. Le paysage institutionnel, avec l’élection du ghanéen Kwesi Nyantaki va se recomposer, le Ghana devenant la puissante anglophone émergente qui entend s’affirmer sans le parapluie nigérian. Il n’en faut pas moins pour inspirer les analyses sur un changement à la tête de l’Ufoa.

Quatre années. Ça fait long et si peu à la fois. Mais ça suffit pour que la descente aux enfers des uns, coïncide avec l’ascension des autres. La morale de l’histoire est claire : la géopolitique a ses raisons que parfois les chefs ignorent. De là à conclure que le fauteuil du président de la Caf est menacé, il n’y a qu’un pas.

Aubay

(A suivre)

Fadel Suanon, Monsieur – but

fadel suanon

Jusqu’où ira Fadel Suanon ?  On ne pourrait répondre à cette interrogation qu’au soir de la 26e journée. Le buteur des pétroliers est en pleine ascension et  il multiplie les buts. Avec celui inscrit hier, l’ex-joueur de Komondor mène toujours le bal des buteurs avec 12 réalisations en 15 matches un ratio très convaincant. Même quand il ne brille pas de mille feux il sait apporter l’essentiel et ceci avec la manière. Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme déjà « Monsieur-But ».

Tp Mazembé : Comme une lettre d’or dans le football mondial

 

L’Afrique a organisé en un an et demi quatre compétitions majeures du football mondial. Les coupes du mondes Nigeria 2009 des cadets et Egypte 2009 des juniors, ainsi que la coupe des confédérations. Et enfin, la coupe du monde 2010 de football en Afrique du Sud. Le plus grand rendez-vous du sport mondial après les jeux olympiques. Si dan les catégories d’âge on retiendra la finale perdue à domicile par les Eaglets du Nigeria face à la Suisse, on gardera pour la postérité la victoire ghanéenne face au Brésil en finale du mondial égyptien des moins de 20 ans. 2009 a donc préparé 2010 avec la coupe des confédérations durant laquelle l’Afrique du Sud n’a pas été sportivement à la hauteur, mais avait déjà anticipé sur les ambiances dans les stades.

2010 arrive avec le mois de juin et cette si attendue coupe du monde qui dès le premier jour affichait 94.000 spectateurs au Soccer City de Jo’ Burg avec le match nul entre l’Afrique du Sud et le Mexique (1-1). Les 6 représentants se montreront bien en dessous du niveau mondial. On gardera en mémoire les performances ghanéennes. Le quart de finale du Ghana (éliminé aux tirs au but par l’Uruguay) durant le mondial 2010 sud-africain a permis de sauver la compétition.

L’année 2010 s’en va finir avec sur le continent, les coupes des clubs. Le doublé du Tp Mazembé est resté un événement purement continental en novembre. Le monde était loin de savoir que quelques semaines plus tard, les stars de Lubumbashi allaient conquérir le monde.

Face aux grandes équipes venues du monde entier, dont l’Inter Milan de Samuel Eto’o, c’est bien le Tp Mazembé qui  porte plus loin les couleurs du continent en se hissant en finale de la coupe du monde des clubs. La compétition est certes moins médiatisée, mais elle demeure un des piliers de la FIFA qui marque chaque année au mois de décembre la dernière pierre de l’édifice des compétitions. C’est d’ailleurs la seule qui se dispute chaque année, tel un comparateur permanent, un baromètre des confédérations s’agissant des clubs. Alors qu’à chaque fois les clubs africains ont échoué à quelques pas de la finale, le Tp Mazembé a décidé d’entrer dans l’histoire en s’offrant les chances d’y parvenir.

Une finale. Rien de plus. C’est le cadeau de noël qu’ont offert à leur public les joueurs de la Rd Congo. Un symbole de réussite, un exemple de régularité qui n’est pas sans rappeler celui des Black Stars ghanéens qui ont gardé le rythme et la même ossature d’une année à l‘autre en jouant la carte de la stabilité et du travail. Les succès se ressemblent et les enseignements qu’on en en tire sont les mêmes. L’Afrique peut gagner là où les autres gagnent. Les secrets de la réussite sont les mêmes.

Aubay