Afrique : les grands castings, un diable rouge chez les Eléphants

Après une campagne 2017 manquée au Gabon lors de la Can, la Côte d’ivoire vient de choisir son nouveau sélectionneur, un choix de grande importance pour une nation  appelée à jouer les premiers rôles lors des qualifications du Mondial Russie 2018 et de la Can Cameroun 2019. Voici notre premier sujet consacré à l’arrivée du belge Marc Wilmots (48 ans) à la tête des Eléphants.

 

Pas le temps d’attendre

Championne d’Afrique en titre, la Côte d’ivoire a quitté prématurément la Can 2017 au premier tour. Entre des contenus de matches insipides et une ambiance pourrie, le sélectionneur Michel Dussuyer s’est vite retrouvé fragilisé. Au lendemain de cette lamentable élimination, le français a rendu le tablier. La fédération ivoirienne a désigné comme successeur, le belge Marc Wilmots dont la venue a été officialisée le 21 mars dernier. En signant l’ex-sélectionneur des Diables rouges de la Belgique, la FIF envoie un signal fort à toute l’Afrique. D’abord à son groupe de qualification au Mondial  où les Eléphants comptent déjà quatre points en deux journées et domine le carré devant le Mali (1 point) , le Gabon et le Maroc (2 points chacun). Gagner son ticket pour Russie 2018 sera une rude bataille et le belge en est conscient. Il connait l’importance du Rendez-vous planétaire pour un pays ayant connu les trois dernières coupes du monde.

Son deuxième combat sera les qualifications de la Can Cameroun 2019 dans un groupe composé de la Guinée, du Rwanda et la Centrafrique. Après avoir suivi les deux matches amicaux de mars face à la Russie et le Sénégal des tribunes, Wilmots n’aura même pas le temps de gamberger, il sera attendu dès son premier match officiel début juin face à la Guinée à domicile.

 

Gros salaire, gros vestiaire et grosse pression

Quart de finaliste lors du mondial 2014 et de l’Euro 2016 sur le banc de la Belgique, Wilmots connait bien le haut niveau international. Avec la Belgique qu’il a dirigée entre 2012 et 2016 il a signé 34 victoires en 54 matches avec un pourcentage de victoire de 66%.  Il a surtout mené la Belgique 47e lors de la sa prise de fonction à la première place du Classement Fifa. Un pur exploit. Il a également déjà connu un vestiaire de star et de talents pour avoir dirigé Eden Hazard, Romelu Lukaku, Kevin De Bryune and co. Il arrive à la tête d’une équipe où la gestion des égos sera l’une des clés de sa réussite là où des prédécesseurs comme Sabri Lamouchi et Michel Dussuyer ont connu un peu moins de réussite dans la tenue du vestiaire.

Lié à la Côte d’ivoire pour deux ans, l’ancien bordelais est l’entraineur le mieux payé du continent avec un salaire estimé à plus de 50 mille euros net mensuels.

Ses premiers pas en Afrique seront à suivre. On a récemment vu l’espagnol José Camacho  ex-entraineur du Real Madrid et de l’Espagne patiner avec le Gabon malgré son impressionnant CV. Rien n’est gagné d’avance sur le sol africain.

L’effet Zaha

Le Belge s’active déjà pour son effectif où il doit trouver un équilibre entre les jeunes prometteurs et les cadres de l’équipe. Reconnu comme l’un des pays africains ayant le meilleur système de détection et de formation, la Côte d’Ivoire depuis peu rapatrie également les binationaux et pas des moindres. « Il faut faire le meilleur mélange possible avec des joueurs expérimentés comme Yaya Touré, Gervinho, Salomon Kalou. » a-t-il laissé entendre.

Après Wilfried Zaha, l’ailier de Crystal Palace qui a rejoint les Eléphants juste avant  la Can 2017 malgré quelques apparitions en amical avec l’équipe d’Angleterre, deux autres binationaux ont donné leur accord  la semaine dernière pour arborer la tunique orange des Eléphants. Le prometteur milieu de terrain d’Udinese , Séko Fofana (21 ans , 21 matches , 5 buts en Serie A) formé à Manchester City et passé par les équipes nationales de France au niveau des jeunes et l’attaquant lyonnais Maxwell Cornet  (20 ans,  27 matches , 4 buts en Ligue 1) qui jouait jusque-là avec les espoirs français. Deux arrivées qui témoignent de la volonté de la Côte d’ivoire de bâtir une équipe d’avenir.

Mais il doit  aussi  digérer le récent choix du monégasque, Tiemoué Bakayoko  qui a opté sur pour l’équipe de France le mois dernier alors qu’il était espéré par la Fif.  Entré en jeu face à l’Espagne en amical, l’ancien rennais reste sélectionnable puisqu’il  n’a pas joué de matches officiels mais la pilule est déjà bien amère pour les dirigeants ivoiriens.

Prêté par Lille, Soualiho Meité (23 ans, 31 matches 1 but en Jupiter League) très en forme cette saison avec Zulte Waregem, approché, n’a pas donné avis favorable aux avances de Wilmots. Le franco-ivoirien courtisé par Monaco et Dortmund garde espoir  d’être convoqué en équipe de France dans les mois à venir.

Enfin la dernière bataille que Wilmots s’est assignée lui-même c’est de convaincre Yaya Touré d’effectuer son retour chez les Eléphants.

A sa prise de fonction il disait qu’entraîner la Côte d’ivoire « c’est un défi beau à relever » On ne demande qu’à voir.

Géraud Viwami

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