FBF : Une transition et des questions 

Les « clans » en conflit dans la crise du football au Bénin ont, au bout des discussions, décides le 24 décembre dernier  de la mise en place d’un bureau de consensus pour les dix-huit prochains mois.

En plus des quinze membres actuels du comité exécutif, les « clans »  de l’ancien président de la FBF Augustin Ahouanvoebla et du mécène Sébastien Ajavon, ont fourni chacun 3 représentants qui porteront le bureau à vingt-et-un  membres.  Les 21 membres auront la lourde tache de mener à bien cette étape décisive à la relance du foot national.

Une volonté politique affichée

Avec l’onction du président de la république le ministre des sports Oswald Homeky a pris  le pari de la réconciliation ou plutôt de la transition vers la résolution de la crise du football béninois. Le bureau exécutif de la FBF dirigé par Moucharafou Anjorin fortement décrié par les clubs locaux est loin de faire l’unanimité sur le plan local malgré la bénédiction de la Caf et de la Fifa. Le ministre Homeky a tenu plusieurs séances afin d’écouter les différents « clans » pour déboucher sur un consensus ou une porte de sortie convenable pour tous. Un point sur lequel ses prédécesseurs, trop subjectifs, ont lamentablement échoué, parfois même sans s’y atteler.

Le foot est devenu une affaire d’Etat sous l’ère de la « Rupture » quand le président de la république en personne a reçu les « clans » impliqués dans la crise. Des mois de rencontres parfois houleuses ont fini par déboucher sur l’élargissement du Comité Exécutif de la fédération avec un complément de six membres. Les désormais 21 membres de la fédération auront pour mission principale non pas de copiner mais travailler sur les futurs textes qui mèneront le foot béninois vers une nouvelle ère. Maintenant on ne peut plus dire que l’Etat ignore le foot.

Les grands travaux

Un toilettage des textes s’impose afin d’assainir ou polir juridiquement le mode de fonctionnement de la fédération. Ensuite il faudra s’atteler sur les compétitions locales et leurs organisations avec un meilleur cadre. La mise en place d’une ligue professionnelle, la création des championnats de jeunes réguliers, dynamiser les ligues amateurs et aussi le foot féminin sont autant de réformes attendues. Le bureau transitoire aura 18 mois pour tracer les sillions et redonner de l’espoir après une si longue attente.  Un vrai défi avec de grands travaux en perspectives.

Le piège de la cohabitation

Divisés pour diverses raisons depuis décembre 2010, la question de la cohabitation  des membres issus des « clans » suscite bien des interrogations.  Récapitulons, après la démission de 2010, Moucharafou Anjorin puis Augustin Ahouanvoebla se sont succédé avant le retrait de l’agrément à la Fbf par le gouvernement en  mars 2014. Puis en mai dernier, sous le coup de la menace de suspension par la Fifa, Anjorin  est revenu aux affaires. Après la démission en 2010, tous les clubs soutenus par le clan « Ajavon » se sont retirés et ont paralysé le foot local en quelque sorte  puisque la ligue professionnelle qui suscitait tant d’espoir s’est éteinte avec ce retrait massif.

Aujourd’hui, il s’agit de permettre à tout le monde d’avoir son mot à dire pour la bonne marche du foot béninois. Si les égos ne se heurtent, si les visions ne divergent pas, si l’intérêt général  prime, ils peuvent y arriver.  Mais c’est loin d’être gagné.

Quid de la Fifa

Une fois encore le Bénin surprend sur la scène internationale avec cette transition délibérée et acceptée par le bureau exécutif de la fédération en place.  Il faut avouer que c’est une première. En alerte sur la situation du football béninois, la Fifa envisageait de créer un tribunal spécial  pour le cas du Bénin afin de se pencher plus en profondeur sur  les différends soulevés avec récurrences ces dernières années.  Ce bureau transitoire devrait sans aucun doute recevoir l’onction de la Caf puis de la Fifa afin de ne pas travailler dans « l’informel » un peu comme le CRO mis en place précédemment par l’ancien ministre des sports Safiou Affo. Les conclusions du congrès convoqué par la FBF le 7 janvier prochain donneront un premier aperçu en attendant la réaction de la Fifa sans doute la plus  attendue et si elle est positive ce sera déjà une première bataille gagnée.

Géraud Viwami

 

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