Ecureuils : un besoin d’équilibre 

Le sélectionneur Omar Tchomogo  a dévoilé la liste des joueurs retenus pour le match amical du 29 mai contre le Niger et la 5e journée des qualifications de la Can Gabon 2017 contre la Guinée Equatoriale. La composition du groupe laisse une fois encore des interrogations légitimes sur les profils retenus.  

Trop d’attaquants axiaux

C’est presque une triste  habitude, Omar Tchomogo a rarement confectionné une liste complémentaire depuis sa prise de fonction en juin 2015. Par exemple lors de la réception du Sud Soudan fin mars sur les sept remplaçants  il y avait : un gardien (Allagbé), un défenseur (Counou) et cinq attaquants (Suanon , Omotoyossi , Gounongbé,  Gestede et Mounié), on peut même y rajouter Jacques Bessan (Gasfa)  qui était en tribune. La question de l’équilibre de l’effectif se pose à juste titre. Dans son 4-3-3,  le sélectionneur va devoir trancher surtout à la pointe de l’attaque pour avoir une équipe plus ambitieuse et surtout équilibrée. Malheureusement ce ne sera pas le cas sur les deux prochaines sorties des Ecureuils.

A quoi bon de sélectionner  cinq attaquants axiaux si en réalité il en faut au maximum trois ?  La similarité des profils plombe la complémentarité. Rudy Gestede et Frédéric Gounongbé sont au dessus du lot, il va falloir régler le « problème » Poté qui a une préférence affichée pour le poste axial où il brille en club. Sur les flancs, David Djigla et  Jodel Dossou ont sérieusement marqué des points contre le Sud Soudan. Abdel Fadel Suanon est aussi un joker sur le coté.  Prendre un quatrième spécialiste du couloir n’aurait pas été une mauvaise idée.  Abdel Bouraima , passé par le BK Hacken en Suède et le FC Limerick en Irlande peut être une alternative crédible ou tenter les paris avec les binationaux Jonathan Tinhan auteur d’une belle saison avec Amiens ou encore Yannick Aguémon , l’ancien toulousain transféré en Belgique l’hiver dernier.  Même si Steve Mounié est entré souvent en cours de jeu sur le coté comme face au Sud Soudan, on est tous d’accord que ce n’est pas le poste de prédilection du Montpelliérain.  Tchomogo doit trancher.

Un milieu dégarni

L’habituel  trio du milieu Sèssegnon-Bello-Koukou (ou Adéoti), n’a pas de remplaçants. Ce n’est pas un hasard s’ils sont obligés de terminer tous les matches.  Le manque de concurrence est plus que flagrant. Les habituels remplaçants Sessi d’Almeida et   Mama Seibou ne figurent même pas dans cette dernière liste. Pourtant il parait nécessaire d’avoir six milieux terrains avec des remplaçants capables de suppléer les titulaires. En cas de blessure du capitaine Sèssegnon ou même de Bello, le sélectionneur sera face à un casse-tête presque anormal au milieu. Seidou Barazé (Al Ittihad) peut rendre bien des services au poste de sentinelle où il est plus utilisé en club, Arsène Loko (Africa Sports), récemment convoqué peut aussi être utile dans la conservation du ballon en fin de match, l’activité de Chams-Deen Chaona (Espérance de Tunis) ne serait pas de trop. Sans oublier les solutions locales issues du championnat de transition sauf que le sélectionneur n’a pas superviser la compétition dont la première phase a pris fin ce jour même.

Bref le sélectionneur ne manque pas de ressources et doit rééquilibrer ce secteur vital dans le jeu des Ecureuils. Mais il n’en est rien !

Suppléer les latéraux

E n défense, la question se pose un moins puisque des certitudes existent comme l’axe centrale Salomon-Adénon.  L’épineuse question d’arrière droit se pose moins avec le retour de Nana Badarou (MC Oujda) et à gauche Davidi Kiki (Niort) a déjà convaincu. Mais derrière cette défense-type se pose également la question des doublures.  Jordan Adéoti en bon joker a déjà évolué à tous les postes sauf celui d’arrière gauche. Le caennais est de loin plus performant en milieu comme en club où en défense centrale.  Sur les sept matches officiels dirigés par Tchomogo le poste d’arrière gauche n’a été doublé qu’à deux reprises. En juin 2015 lors du déplacement en Guinée Equatoriale avec Antonin Kassa (Aspac) et Kiki puis en octobre 2015 en match amical contre le Congo où Emmanuel Imorou et Kiki étaient tous deux présents. Après, Tchomogo s’est contenté du seul Kiki. Risqué ? Mais oui ! Il faut doubler le poste ! A droite,  le néophyte Paterne Counou est en mesure de dépanner tout comme dans l’axe.

Equilibre la liste des joueurs retenus sera un excellent moyen de juger les performances mais aussi de booster la concurrence car il est bien beau d’aligner les 21 noms pour le budget mais il est nécessaire d’avoir une sélection homogène et cela passe aussi par des choix cohérents. Tchomogo a encore du chemin à faire.

Géraud Viwami

Une réflexion au sujet de « Ecureuils : un besoin d’équilibre  »

  1. Tchomogo joue avec le feu , une équipe sans doublure et sans concurrence est une équipe sans arme,on a besoin d’avoir une sélection homogène et cela passe aussi par des choix cohérents. Tchomogo a encore du chemin à faire.

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