Prise de possession du siège de la Fbf

Les employés introuvables, le bureau du président vide…

Avant tout discours, c’est sous bonne escorte que se sont ouvertes les portes de la fédération béninoise de football devant Victorien Attolou et son comité exécutif. Massés dehors, les supporters ont suivi de loin l’inspection des lieux qui aura duré 1h30 environ.

Aubay

« Scellés apposés ce jour, 16 juillet 2012 par le ministère de Maître Janvier Rigobert Dossou-Gbété, Huissier de justice près le Tribunal de première instance de Porto-Novo et la Cour d’Appel de Cotonou ».

On retrouve cette mention sur 3 bureaux au 1er étage du siège de la fédération béninoise de football. La visite du siège peut commencer. Les membres du comité exécutif de la Fbf, l’huissier Charles Coovi et le commissaire central de Porto-Novo vont entreprendre une mission de vérification. Au secrétariat, la paperasse foisonnante est étudiée avec minutie. C’est le seul bureau où il y a un signe de vie administrative…

Au 2e étage, on retrouve la salle de congrès Moucharaf Gbadamassi et autres bureaux non-scellés.

Anjorin laisse un cachet « Le président » sur un bureau

Ce sera ça, l’héritage du passage de Moucharaf Anjorin dans un bureau immense vidé de tout document. A 10h47, quand les dizaines de visiteurs y pénètrent, c’est un cachet griffé « Le président », et sur un encreur posés sur une table qui les accueillent. Rien de plus. L’huissier présent et ses collaborateurs vont faire le point avant, la dernière étape, le dernier étage. Le magasin y est quasi-vide. C’est de cette terrasse très spacieuse avec vue imprenable sur la lagune et également sur la ville de Porto-Novo que Victorien Attolou va saluer le peuple du foot venu le soutenir et poser en compagnie des membres de son bureau. Signe des temps qui changent…

 Ingérence ?

Le ministère des sports, qui a pris l’initiative de reconnaître Moucharafou Anjorin et son bureau coopté après l’aval du Conseil des ministres a choisi la voie du silence. Deux analyses nous sont inspirées par cette attitude. Premier aspect, le ministre des sports déçu par la défaite judiciaire de Moucharafou Anjorin avec qui les relations tissées sont au beau-fixe, a décidé de garder ses distances. Les tenants d’une thèse de la connivence du ministre des sports avec la Fbf sont donc servis. Mais attention, qui ne dit mot consent aussi…et ce silence montre bien que le gouvernement ne va pas sauver une fois encore le soldat Anjorin.

Deuxième aspect, le gouvernement en plein bras de fer contre les magistrats se refuse d’intervenir dans la bataille juridique entre membres d’une même association pour éviter d’irriter encore plus les juges. Dans le même ordre d’idées, le ministère des sports, fait preuve de sagesse en se tenant à l’écart, car en réalité, un seul mot de l’Etat béninois équivaudrait à une «ingérence dans les affaires du football ». Principal argument utilisé en Afrique par la Fifa pour menacer les pays de suspension. Dans le cas d’espèce, Moucharafou Anjorin ayant soumis un appel devant un tribunal ne peut se soustraire à la décision de ce dernier. On peut noter ici que contrairement aux autres cas en Afrique, ce n’est pas le ministère des sports qui fait plier un président de fédération, mais la justice, 3e pouvoir dans un état de droit.

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