Moussa Kamara, directeur de Diambars : « Aujourd’hui, compte tenu des compétences, l’Afrique peut prétendre à gagner quelque chose au plan mondial»

 

Trois joueurs du Diambars étaient invités à la première édition du « Talent Camp 2011» qui s’est tenu du 21 au 25 novembre au Ghana. Présent pour les encadrer, Moussa Kamara, le Directeur de l’académie de football Diambars basé au Sénégal a répondu sourire aux lèvres à nos questions. Interview Exclusive! (Suite et fin)

 

Le fait ou le joueur qui en huit ans vous marqué ?

Ils ont tous le talent, mais parfois le mental fait défaut. Celui qui nous a le plus impressionné est encore en gestation, c’est Idrissa Gana Gueye qui est à Lille en concurrence avec Pedretti et Mavuba. Mais je pense que c’est un gamin qui est sérieux et appliqué et qui mérite sa réussite. Il y a aussi Lopi à Sochaux et qui est en réussite. Il y en a plein qui sont sur la bonne voie et ça fait plaisir.

  

Entre les débuts du projet, les détections, la formation et le placement en Europe des jeunes talents, quelle est l’étape la plus difficile ?

Tout a été dur. Rien n’est facile. Je pense que le plus dur à Diambars, c’est le choix des gamins. Sur 5000 on en prend une vingtaine. C’est un travail très ardu et…

 Impitoyable ?

Oui ! Impitoyable, parce que c’est des jeunes qui sont en désarroi, et qui viennent avec plein d’espoirs et qui ont finalement éliminés en phase finale. Ça fait vraiment mal. Je crois que la phase de détection est la plus difficile.

 Il y a eu combien de générations qui ont intégré Diambars en 8 ans ?

On part du principe selon lequel chaque année il doit y avoir une rentrée de promotion. Mais compte tenu du fait qu’on ne trouve pas d’accueil immédiatement à l’université ou dans des clubs pros au fur et à mesure, on a dû décaler de deux ans certaines rentrées de promotion. Mais l’objectif de Diambars est de faire rentrer chaque année une promotion.

Par rapport à l’environnement du foot sénégalais, que faut-il améliorer pour que des institutions comme Diambars puissent pleinement jouer leur rôle ?

Le sérieux, le travail et l’amélioration des infrastructures. Diambars par exemple a deux terrains synthétiques et là on en installe 3 autres. Ce qui fera 5 terrains synthétiques plus 2 terrains en herbes. Tout ceci sera effectif à partir de l’année prochaine. Ce qu’il nous faut aussi améliorer en Afrique, c’est la compétence, le sérieux et la rigueur.

 Quand on forme des jeunes destinés au haut niveau européen, quelles sont en général les qualités recherchées chez les africains par les clubs ?

Toutes les qualités modernes au niveau d’un footballeur de haut niveau. C’est la vitesse, la rapidité, la clairvoyance, la discipline, par exemple. Nous on travaille à viser cela et il n’y a pas de complexe à avoir par rapport aux joueurs européens qui à bas âge ont la chance de commencer la formation par des phases d’éveil et d’initiation. Ce qui en Afrique est complètement occulté. C’est une phase important. Chez nous à Diambars, on prend les jeunes à 13 ans. Quand on calcule par rapport au début de la phase d’éveil et d’initiation, ça fait donc 5ans environ qu’ils sont laissés à eux-mêmes. On essaye donc chez nos de leur donner cette base. 

Les vitrines des centres de formation, ce sont les clubs et les sélections nationales. Quel serait l’impact selon vous, à long terme, d’institutions comme Diambars sur le foot africain ?

L’impact espéré est que l’Afrique puisse au moins gagner quelque chose sur le plan mondial. Et nous à Diambars, l’objectif est de gagner des titres au plan national puis au plan continental. Aujourd’hui, compte tenu des gens compétents qui ont vécu à l’étranger et qui sont revenus en Afrique, et d’autres compétences surplace, l’Afrique peut prétendre à gagner quelque chose.

 

Sénégal, Côte d’Ivoire, Ghana : pour la prochaine Can, quel est votre favori ?

Bien sûr le Sénégal ! Là je parle en tant que supporter ! Mais je pense qu’il ne faut pas aller plus vite que la musique. Le Sénégal doit être modeste au vu du vécu du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Mais le Sénégal doit être ambitieux, car il a les moyens de gagner la coupe d’Afrique. Compte tenu du parcours dans les éliminatoires avec beaucoup de buts marqués et une défense qui tient la route, on peut espérer gagner la Can.

Réalisée à Old Akradé par Aubay

 

 

 

Auteur : Rolland

journaliste sportif…

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