Sessegnon: Parodie des coulisses d’un clash

Vous découvrirez dans la suite de cet article la stratégie Sessegnon par le PSGMAG. Très drôle comme histoire!!

Après une semaine d’entraînement à l’Insep, Stéphane Sessegnon avait décidé de s’octroyer une petite soirée tranquille, avec son agent, Rudy Raba. Les enfants couchés, il ne restait plus qu’à retrouver comment diable on mettait en marche son installation télévisuelle pour regarder les matches.
« Dis-donc, ça t’embête si on se regarde le match du PSG sur Foot+ ?, demanda Rudy Raba.
— Ben… C’est qu’à la base, j’avais pas vraiment prévu de m’offrir cet abonnement-là moi, répondit Sessegnon, un peu gêné. En théorie, je ne prévoyais pas de suivre la L1 depuis mon salon… Et en plus je ne trouve pas la quatrième télécommande. »
Rudy Raba posa le saladier de chipsters sur ses genoux avant de regarder son poulain extirper d’entre les coussins du canapé assez de manettes de Playstation pour réapprovisionner un supermarché au lendemain de Noël. Rudy connaissait la fragilité des bons rapports à tisser entre un agent et son joueur. Aussi entreprit-il d’amadouer le milieu béninois. Confiance et rassurance sont les deux mamelles du bon agent, comme le disait toujours Jean-Pierre Bernès, qui s’y connaissait en mamelles.
« Allons, avec ce que tu vas gagner en Angleterre grâce à notre plan, c’est pas un petit match sur une chaîne payante qui va te ruiner.
— Non, répondit Sessegnon d’un ton si froid qu’il aurait pu contribuer à lutter contre la fonte des glaces si la fenêtre avait été ouverte. D’autant qu’avec mes 20 000 € de retenue sur salaire à chaque match du PSG, je ne suis plus vraiment à ça près, hein ? »
Essuyant les miettes grasses tombées sur le magnifique napperon tricoté par Mamie Sessegnon, Rudy sentit confusément qu’était venu le moment de faire une petite concession.
« Tu as raison Stéphane : on va plutôt se regarder le multiplex sur Canal. Ce sera sympa. Comme ça, on pourra suivre l’ensemble du classement. Tu vas voir à quel point le PSG ne peut se passer d’un milieu droit !
— Tu crois ?, répondit Sessegnon, une lueur de tristesse dans les yeux.
— Mais oui ! Une fois descendus de trois ou quatre places, ils seront bien obligés de te vendre pour racheter quelqu’un d’autre ! T’inquiète pas va…
— C’est que je suis pas sûr que… »
Oulà ! Confiance et rassurance, certes, mais dans un gant de fer en velours alors, pensa un Rudy Raba expert en expressions idiomatiques. Il ne s’agissait pas de laisser le doute gagner l’esprit du joueur alors qu’ils tenaient presque l’opportunité de faire évoluer la carrière du gamin et son propre compte en banque de manière significative.
« Dis donc Stéphane, on n’en a pas parlé ensemble ? On n’était pas d’accord que la motivation et le mental étaient la clef ?
— Si Rudy, c’est vrai… »

Tiptibibidi-Tim-Dim-didim… Et but au Parc des Princes ! C’est Sochaux qui ouvre le score de la tête sur corner, contre le cours du jeu il faut bien le dire. Un ballon imparable que le pauvre Edel voit finir sa course au ras du poteau sans que sa responsabilité ne puisse être mise en cause…

« Alors, fanfaronna Rudy Raba. Qui avait raison ? Qui avait dit que sans un joueur de ta classe, le PSG ne pouvait pas s’en sortir ? Tu vois, dès que tu n’es plus là ils sont perdus !
— Oui… Mais quand même, depuis l’engagement, ils attaquent là…
— Attends, ils attaquent, ils attaquent… C’est vite dit !
— Bah si, lança Sessegnon. Là, ils attaquent !
— Bon, OK, ils attaquent, si tu veux. Mais c’est stérile, ils ne reviendront pas. Tiens, regarde ce corner : Nenê ne sait pas les tirer. Ça va rien donner, parce que sans toi… »

Égalisation du PSG, en direct ! Deux minutes à peine après l’ouverture du score, Paris qui égalise sur cette superbe reprise de Sakho. Fautif sur le premier but, le capitaine parisien remet son équipe sur les rails et…

Rudy Raba profita d’un raclement de gorge pour mettre fin au silence gênant qui s’était installé depuis à peu près une année. Tournés vers l’écran géant, les deux hommes n’osaient pas se regarder.
« Hum… Mais attends, ce n’est pas un attaquant qui marque là. Pour toi, ça ne change rien : ils ont encore besoin d’un milieu droit. C’est pas un exploit de défenseur central qui va modifier quoi que ce soit !
— Mais tout de même, je commence à me demander si…
— Dis donc Stéphane, gronda l’agent. Tu n’as plus confiance en moi ?
— Mais si, répondit le joueur d’un ton de petit garçon. C’est juste que…
— Ne t’ai-je pas toujours bien conseillé ?
— Eh bien c’est-à-dire…
— Non mais à part cette fois-là j’veux dire.
— Justement Rudy, parfois je trouve que…
— Tu trouves ? Tu trouves ? Mais Stéphane, ton truc c’est le jeu, le dribble, le ballon : t’es pas payé pour trouver toi !
— Oui… Enfin ces jours-ci, quand on y réfléchit, je ne suis même plus payé du tout alors…
— Bon, se radoucit Rudy. On ne va pas se disputer pour ça. Je vais te dire ce qui va se passer moi ! Tu veux savoir ce qui va se passer ? »
Sessegnon haussa les épaules, peu convaincu.
« Je vais te le dire quand même, tête de mule : ce match face à Sochaux, le PSG ne le gagnera jamais ! Nenê ne pense qu’à sa sélection au Brésil, il joue pour sa gueule. Et de l’autre côté, Giuly ne traîne plus une caravane, il est d’ores et déjà retenu pour la prochaine saison des « convois de l’extrême » sur M6 ! Ce gars est cramé. Archi-cramé. Incapable de faire une course ou de cadrer un tir. Sans toi, il n’y a plus de milieux offensifs au Paris Saint-Germain. C’est bien simple, si ça continue… »

Tiptibibidi-Tim-Dim-didim… Paris prend l’avantage face à Sochaux ! Il est toujours plus vert : Ludovic Giuly qui avec ses jambes de vingt ans s’en va tromper le gardien sochalien sur un extraordinaire service de Nenê ! Le Brésilien a trouvé son coéquipier d’une ouverture limpide avant que celui-ci, d’une frappe sèche ne crucifie…

Devant le regard noir de Sessegnon, l’agent reposa dans le saladier la poignée de chipsters qu’il allait engloutir.
« Attends, souviens-toi de Lyon et Monaco : c’est pas fini ! À chaque fois, il y a eu un coup du sort qui a empêché le PSG de gagner !
— Oui, mon tir non cadré à Gerland à la 90e, et ma blessure dans le temps additionnel face à l’ASM…
— Arrête de voir la situation en noir : je n’ai pas abattu ma dernière carte ! Aie confiance un peu, bon sang ! J’ai des contacts dans la presse. Ils veulent la guerre ? Je vais lancer notre arme secrète. Ils ne s’en remettront pas. On va dégommer Giuly et ils seront bien forcés de te vendre pour recruter un nouveau milieu droit. »
Sessegnon hocha doucement la tête, peu convaincu.
« Rudy, ça ne me semble pas être une très bonne idée…
— Mais puisque je te dis que je connais un journaliste ! C’est du tout cuit. Un coup de fil, je te lui explique qui il faut descendre, l’autre vieux avec ses soi-disant jambes de vingt ans, et ça va être vite réglé ! Il me doit un service ce journaliste, il fera comme je dis, tranquille. »

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Deux jours plus tard, dans la salle de rédaction d’un quotidien régional francilien…
« Bon, Laurent, ton article sur les questions clés des ambitions du PSG, là, je veux bien… Nenê, Erding, Sessegnon, je veux bien aussi. Mais niveau crédibilité, le petit coup de pute sur Edel là : “Il va falloir resserrer les lignes. Et si Edel peut sauver une ou deux fois ses coéquipiers, personne ne s’en plaindra”, tu peux nous expliquer ? »

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